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Mikhaïl Zadornov (humoriste)

humoriste et écrivain soviétique et russe
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Zadornov.
Mikhaïl Zadornov
Description de cette image, également commentée ci-après
Mikhaïl Zadornov en 2008.
Naissance
Jurmala, RSS de Lettonie, URSS
Décès (à 69 ans)
Moscou, Russie
Profession humoriste, écrivain
Autres activités dramaturge, scénariste
Site internet http://zadornov.net/

Mikhaïl Nikolaïevitch Zadornov (en russe : Михаи́л Никола́евич Задо́рнов), né le à Jurmala et mort le à Moscou[1], est un humoriste, écrivain, scénariste, acteur et dramaturge soviétique puis russe. Il est également connu pour son slavophilisme, ses recherches et déclarations en étymologie populaire[2],[3],[4].

Sommaire

BiographieModifier

Mikhaïl Zadornov est le fils de l'écrivain soviétique Nikolaï Zadornov. Né à Riga, alors dans la RSS de Lettonie il est scolarisé à l'école no 10, puis, entame des études à l'Université technique de Riga. Après deux ans d'études il transfère son dossier à la faculté du génie mécanique de l'Institut d'aviation de Moscou. Diplômé en 1974, il reste attaché au département de propulsion des aéronefs de l'Université en qualité d'ingénieur, puis ingénieur en chef, jusqu'en 1978.

Parallèlement à ses études Zadornov s'illustre comme acteur, metteur en scène et directeur artistique du théâtre étudiant Rossia, avec lequel il effectue de nombreuses tournées sur tout le territoire de l'Union soviétique et particulièrement sur les sites de grands projets de construction communistes. Il reçoit pour son activité artistique le Prix du Komsomol.

Sa carrière d'humoriste commence à la Télévision centrale de l'URSS en 1982, avec le sketch intitulé La Lettre d'un étudiant à ses proches. Il écrit ensuite le monologue satirique Deux neuvièmes wagons, qu'il lit lors de l'émission télévisée Vokroug smekha en 1984. Cette représentation lui apporte une vraie notoriété. Il devient ensuite le rédacteur de la rubrique humoristique de la revue Iounost en 1984-1985[4]. Au début des années 1990, Zadornov présente plusieurs émissions télévisées, comme Anschlag, Smekhopanorama, Prognose satirique, Dotchki-materi. Ses parodies de Mikhaïl Gorbatchev sont célèbres[3] tout comme son discours télévisé du Nouvel An à la place de Gorbatchev, après la dislocation de l'URSS, diffusé à la télévision le 31 décembre 1991 qui retarde d'une minute la télédiffusion des horloges à carillon du Kremlin, car l'humoriste parle trop longtemps[5]. En 1995, l'ancien membre du groupe Nouvelle collection Igor Kezlia met en musique son sketch où le chef d'État soviétique s'adresse à ses concitoyens afin de leur apprendre à bien parler le russe, ce qui se transforme en une déferlante de formes verbales absurdes et hilarantes. Ce single appelé Dadou Vnedriozh (Даду внедрёж) atteint les sommets des hit-parades[6],[7].

À partir de 1990, Zadornov publie plusieurs livres : La Fin du monde (Конец света), Je ne comprends pas (Не понимаю!), Le Retour (Возвращение), Le Grand pays au passé imprédictible (Великая страна с непредсказуемым прошлым), Nous sommes tous de Chy-Chy-Chy-Py (Мы все из Чи-Чи-Чи-Пи), Étoiles minuscules (Крохотные звёзды), Zadorinki (Задоринки), les pièces de théâtre Gens modernes (Современные люди) et Une petite veste (Кофточка). Il apparait dans les films Le Génie (Гений, 1991), La Dépression (Депрессия, 1991), Je veux votre mari (Хочу вашего мужа, 1992).

Dans la Fédération de Russie nouvellement créée, sa critique du mode de vie occidental devient particulièrement virulente, au point qu'il emploi régulièrement le mot "stupides" en parlant des américains[2]. En 2002, il annule son visa pour les États-Unis suite à ce qu'il considère comme les manifestations du chauvinisme américain lors des Jeux olympiques d'hiver de 2002[3].

Mikhaïl Zadornov tient un blog dans LiveJournal et sur le site du journal Moskovski Komsomolets. Depuis 2010, il est aussi actif sur le réseau social russe VKontakte et sur YouTube.

En décembre 2009, l'artiste fonde à Riga la bibliothèque russe qui porte le nom de son père Nikolaï Zadornov. Avec son soutien sont érigés trois monuments à la bonne d'enfant d'Alexandre Pouchkine Arina Rodionovna - le premier en 2008, au parc Etnomir dans l'oblast de Kalouga, le deuxième en septembre 2009 à Bolchoïe Boldino dans l'oblast de Nijni Novgorod et le troisième en mai 2010 au village Voskresenskoïe dans l'oblast de Léningrad[8],[9],[10].

En octobre 2016, Mikhaïl Zadornov annonce sur sa page dans VKontakte être atteint d'une tumeur au cerveau et devoir annuler la plupart de ses concerts pour suivre une chimiothérapie. Il est ensuite soigné à l'Hôpital universitaire de la Charité de Berlin et dans une clinique privée des Pays baltes. Il meurt dans un hôpital de Moscou le 10 novembre 2017. Son corps est rapatrié à Riga. Plus de quatre cents personnes viennent lui dire adieu lors d'une cérémonie à l'Église Saint-Alexandre-Nevsky, parmi eux le maire de Riga Nils Ušakovs[11],[12]. Selon sa volonté, il est enterré au cimetière Jaundubulti de Jurmala auprès de son père.

FilmographieModifier

HommagesModifier

L'astéroïde (5043) Zadornov de la ceinture principale découvert le à Nauchnyj par Lioudmila Tchernykh est nommé en hommage à Mikhaïl Zadornov[13].

RéférencesModifier

  1. (ru) « Михаил Задорнов умер в московской клинике », РЕН ТВ,‎ (lire en ligne)
  2. a et b (en) Merhat Sharipzhan, « Mikhail Zadornov, Comic Who Skewered Soviet Rule And Railed Against The West, Dies At 69 », sur Radio Free Europe (consulté le 14 novembre 2017)
  3. a, b et c (en) Laurence Senelick, Historical Dictionary of Russian Theatre, Rowman & Littlefield, coll. « Historical Dictionaries of Literature and the Arts », (ISBN 9781442249271, lire en ligne), p. 515
  4. a et b (en) Helena Goscilo, Vlad Strukov, Celebrity and Glamour in Contemporary Russia: Shocking Chic, Routledge, coll. « Routledge Series on Russian and East European Studies », (ISBN 9781136924347, lire en ligne)
  5. « L'histoire des discours du Nouvel An en Russie », sputniknews.com,‎ (lire en ligne)
  6. (ru)Господин Дадуда, дрессировщик “цифровых собак”, Музыкальная правда, n°38, 06/10/1997
  7. (en) Charles Hecker, « 'Gorby and Raisa' Get Down on Steamy Techno Tune », old.themoscowtimes.com,‎ (lire en ligne)
  8. (ru) Надежда Фаткуллина, « Михаил Задорнов установил памятник Арине Родионовне в Ленобласти и навещал его, даже несмотря на болезнь », sur kp.ru,‎ (consulté le 25 novembre 2017)
  9. (ru) « Задорнов на свои деньги установил памятник Пушкину и его няне под Петербургом », sur ren.tv,‎ (consulté le 25 novembre 2017)
  10. (ru) Евгения Цинклер, « В селе Воскресенское Гатчинского района установлен памятник Арине Родионовне », sur rg.ru,‎ (consulté le 25 novembre 2017)
  11. (lv)Dievnamā Rīgā atvadās no Mihaila Zadrnova. sur jauns.lv
  12. (lv)Simtiem cilvēku atvadās no satīriķa Zadornova. sur tvnet.lv
  13. (en) « (5043) Zadornov = 1974 SB5 », sur le site du Centre des planètes mineures (consulté le 3 décembre 2017)

Liens externesModifier