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Micheline Calmy-Rey

politicienne suisse
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Micheline Calmy-Rey
Illustration.
Photo officielle de Micheline Calmy-Rey en 2011.
Fonctions
Présidente de la Confédération suisse

(1 an)
Réélection
Vice-président Eveline Widmer-Schlumpf
Chancelier Corina Casanova
Prédécesseur Doris Leuthard
Successeur Eveline Widmer-Schlumpf

(1 an)
Élection
Vice-président Pascal Couchepin
Chancelier Annemarie Huber-Hotz
Prédécesseur Moritz Leuenberger
Successeur Pascal Couchepin
106e conseillère fédérale

(9 ans)
Élection
Réélection
12 décembre 2007
Prédécesseur Ruth Dreifuss
Successeur Alain Berset
Cheffe du Département fédéral des affaires étrangères

(9 ans)
Prédécesseur Joseph Deiss
Successeur Didier Burkhalter
Conseillère d'État du canton de Genève

(5 ans et 23 jours)
Élection
Réélection
Successeur Charles Beer
Présidente du Conseil d'État du canton de Genève

(1 an)
Prédécesseur Carlo Lamprecht
Successeur Laurent Moutinot
Députée au Grand Conseil du canton de Genève

(11 ans et 1 mois)
Législature 51e (1985-1989)
52e (1989-1993)
53e (1993-1997)

(3 ans et 10 mois)
Législature 50e (1981-1985)
Biographie
Date de naissance (74 ans)
Lieu de naissance Sion (Suisse)
Origine Canton du Valais
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Parti politique Parti Socialiste Suisse (PSS)
Diplômé de Université de Genève

Micheline Calmy-Rey
Conseillers fédéraux de Suisse
Présidents de la Confédération suisse

Micheline Calmy-Rey, née le à Sion, est une femme politique suisse, originaire de Chermignon. Membre du Parti socialiste suisse, elle fut conseillère fédérale et cheffe du Département fédéral des affaires étrangères de 2003 à 2011[1]. Elle a exercé la fonction de présidente de la Confédération suisse en 2007 et 2011.

Études et début de carrièreModifier

 
Micheline Calmy Rey à la grève des femmes du 14 juin 2019 à Genève

Elle nait le à Sion dans une famille catholique, et est originaire de Chermignon. Ses parents sont Adeline Fournier et Charles Rey, un instituteur syndicaliste qui devient chef de train, et qui s'engage également en politique en tant que socialiste dans la commune de Saint Maurice. Sa sœur Éliane Rey est municipale libérale à Lausanne en 2001[1].

Elle étudie à l'école de commerce de Saint-Maurice, obtient une maturité commerciale à Sion, puis une licence en sciences politiques à l'Institut de hautes études internationales de l'Université de Genève.

Elle travaille d'abord dans une entreprise de construction[2]. Elle est à la tête d'une entreprise de diffusion d'encyclopédies avec son mari durant vingt ans, jusqu'en 1997[3].

Carrière politiqueModifier

Membre du Parti socialiste, elle préside sa section genevoise à deux reprises de 1986 à 1990 et de 1993 à 1997. Élue députée au Grand Conseil genevois dès 1981, elle préside cette assemblée en 1992-1993.

En mars de cette même année, elle obtient lors du congrès du parti cantonal, la destitution du conseiller d'État Christian Grobet. Cette victoire politique lui permet de se lancer dans la course au Conseil d’État. Sa combativité lui vaut parfois l'appellation de Dame de fer de Genève[4].

Conseillère d'État genevoiseModifier

Élue membre du Conseil d'État genevois aux côtés de son collègue Laurent Moutinot en 1997, elle est chargée du département des finances jusqu'en 2002. Elle préside également le Conseil d'État en 2001-2002.

Son bilan de conseillère d’État est caractérisé par une maîtrise de la croissance de la dette, réforme de la comptabilité financière intégrée, amélioration des systèmes d’information du Département des finances, réorganisation de la centrale d’achats, des réformes qui portent leurs fruits aujourd’hui encore. Elle s’est de même engagée de manière décisive pour le sauvetage de la Banque cantonale de Genève (BCGE)[1], banque où elle occupe alors un siège de membre au conseil d'administration[5].

Certains de ses adversaires remettent en cause ce bilan en soulignant que son dernier budget s’est soldé au terme de l’exercice 2003 par un déficit de plus de 500 millions. Selon l'Administration fiscale cantonale de Genève, le résultat de 2003 s'explique par une croissance des charges et par une baisse temporaire des recettes, notamment liée au passage du pré- au post numerando ainsi qu'à la réduction d'impôts votée par le peuple en 2002[6].[réf. nécessaire]

Conseillère fédéraleModifier

Le , après avoir été désignée candidate de son parti aux côtés de la fribourgeoise Ruth Lüthi, elle est élue au 6e tour de scrutin par 131 voix contre 68 à Mme Lüthi. Elle dirige le département fédéral des affaires étrangères. Entre le 1er janvier 2004 (non-réélection de Ruth Metzler-Arnold) et le 14 juin 2006 (élection de Doris Leuthard) elle est, durant cette période, la seule femme sur les sept membres du gouvernement suisse.

En 2006, elle devient vice-présidente de la Confédération, le président étant son collègue de parti Moritz Leuenberger. Elle pratique la discrimination positive en faveur des femmes dans les cas ou la parité entre hommes et femmes n'est pas respectée[réf. nécessaire].

Le 13 décembre 2006, elle est élue présidente de la Confédération, pour 2007, par 147 voix sur 215 (192 bulletins valables) et devient ainsi la seconde femme à exercer la présidence de la Confédération après Ruth Dreifuss, en 1999. Elle est à nouveau élue le à la vice-présidence de la Confédération pour les mois de novembre et décembre 2010, à la suite de la démission de Moritz Leuenberger.

En tant que cheffe du Département fédéral des affaires étrangères, elle s'implique dans le développement des relations entre la Suisse et l'Europe, notamment en promulguant la solution originale des bilatérales et en concuant les accords bilatéraux. Elle s'engage aussi pour une visibilité accrue de la Suisse dans les relations internationales, avec des positions en faveur des droits humains et de la neutralité de la Suisse.

Elle joue notamment un rôle important dans le lancement de l’Initiative de Genève[7], un plan de paix alternatif établi par les anciens partenaires des négociations de Taba pour résoudre le conflit israélo-palestinien. Elle contribue à l’établissement du Conseil des droits de l’homme. Elle s'implique également dans le processus d’indépendance du Kosovo, et les médiations entre l’Arménie et la Turquie, la Géorgie et la Russie. Elle participe aussi à l'entrée du Magen David Adom dans la Croix-Rouge et le Croissant Rouge[3].

Le 8 décembre 2010, elle est élue pour la seconde fois à la présidence de la Confédération, mais avec le plus faible score jamais enregistré depuis 1920 (106 voix sur 189 bulletins valables)[8],[9].

Le 7 septembre 2011, elle annonce son retrait du gouvernement pour la fin de l'année[10],[9].

Positions politiquesModifier

Micheline Calmy-Rey est membre du parti socialiste et pro-Union européenne. En février 2014, elle affirme que la Suisse doit se joindre à l'UE pour rentrer dans le jeu décisionnel continental[11]. En 2016, elle déplore l'impact du Brexit sur la souveraineté européenne, mais recommande toutefois à la Suisse de s'ouvrir à Londres car les deux pays se retrouvent maintenant dans une configuration similaire face au pouvoir européen[12].

Vie privéeModifier

En 1966 elle épouse André Calmy. Il est d'origine roumaine et juive, et est arrivé en Suisse avec sa mère à l'âge de 12 ans dans les années 1950[13], après avoir connu le nazisme et le communisme. André Calmy est d'un grand soutien à Micheline Calmy Rey dans sa carrière politique, comme elle le soulignera lors de ses obsèques en 2015[14], même s'il reste très discret en arrière plan de la carrière de Micheline Calmy Rey[15].

Elle quitte un temps son travail pour se consacrer à l'éducation de sa fille. Alexandra Calmy Rey, qui devient en 2014 professeure à la faculté de médecine de l'Université de Genève[16]. Elle a aussi un fils, Rafael.

PublicationsModifier

  • « The Art and Science of Negociations : “De–Politicizing and Technicizing Negotiations”, in WTO Accessions - The Upper Floors of the Trading System, WTO & Cambridge University Press (in Druck).
  • « Doktrin in globalen Kontext », in Konrad Hummler et Franz Jaeger, Kleinstaat Schweiz – Auslauf- oder Erfolgsmodell?, Zürich, NZZ Libro, 2017
  • Die Schweiz, die ich uns wünsche. Übersetzt aus dem Französischen von Irma Wehrli, mit einem Vorwort von Charles Lewinsky. Nagel & Kimche, Zürich 2014, (ISBN 978-3-312-00610-6).
  • La Suisse que je souhaite. Lausanne, Éditions Favre, 2014
  • « The Swiss Model », Horizons, Autumn 2014
  • « Justice sociale et liberté politique selon Calvin : clarification et perspectives », La Vie Protestante, Genève 2010

HommagesModifier

2011 : Prix Diaspora pour son rôle dans la reconnaissance de l’Etat du Kosovo[17]

2012 : Médaille d’honneur de la République d’Arménie[18]

2012 : Docteur honoris causa de l’Université internationale de Genève[3]

2014 : Ordre de l’amitié de la Fédération de Russie en reconnaissance de sa contribution pour dans le renforcement de l’amitié et la coopération entre la Russie et la Suisse[19]

2017 : Citoyenne d’honneur de la commune de Viti, Kosovo

Une plaque en l'honneur de Micheline Calmy-Rey a été placée en août 2017 à Vitina au Kosovo, en mémoire du rôle joué par l’ancienne conseillère fédérale (chargée du Département fédéral des affaires étrangères en 2003-2011) dans l'indépendance du pays acquise en 2008[20],[21].

BibliographieModifier

  • Lucienne Hubler, Micheline Calmy-Rey, Dictionnaire historique de la Suisse[1]

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d Dictionnaire historique de la Suisse.
  2. Bertil Galland, « Micheline Calmy-Rey sous la plume de Bertil Galland, en 1993 », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 6 septembre 2019)
  3. a b et c « Micheline Calmy-Rey - Global Studies Institute - UNIGE », sur www.unige.ch, (consulté le 6 septembre 2019)
  4. Cédric Waelti, « Micheline Calmy-Rey, dame de Chermignon »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur 24 heures (consulté le 15 décembre 2007)
  5. Micheline Calmy-Rey entartée à Genève: "C'était brutal", www.rts.ch, 6 mars 2012 (consulté le 13 août 2017)
  6. « Archives | Finances publiques », sur ge.ch (consulté le 3 octobre 2017)
  7. Keller, Alexis, 1962- ... et Impr. Corlet), L'accord de Genève : un pari réaliste, Éd. du Seuil, (ISBN 2020660016, 9782020660013 et 2830911288, OCLC 469495015, lire en ligne)
  8. « Petite élection à la présidence pour M.Calmy-Rey », sur Télévision suisse romande (consulté le 8 décembre 2010)
  9. a et b La présidente suisse Micheline Calmy-Rey annonce son départ, www.lemonde.fr, 7 septembre 2011 (consulté le 13 août 2017)
  10. Annonce de son départ sur swissinfo, le 7 septembre 2011.
  11. Micheline Calmy-Rey explique pourquoi la Suisse devrait intégrer l'UE, www.rts.ch, 2 février 2014 (consulté le 13 août 2017)
  12. Laure Lugon, Micheline Calmy-Rey: «La Suisse ne doit pas courir à Bruxelles!». www.letemps.ch, 24 juin 2016 (consulté le 13 août 2017)
  13. S. W. I. swissinfo.ch et a branch of the Swiss Broadcasting Corporation, « Suisse-Israël: 50 ans de relations mouvementées », sur SWI swissinfo.ch (consulté le 20 septembre 2019)
  14. Evelyne Emeri, « «Il a été mon plus grand soutien» », Le Matin,‎ (ISSN 1018-3736, lire en ligne, consulté le 20 septembre 2019)
  15. Valérie de Graffenried, « Dans l'ombre de Madame la présidente », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 20 septembre 2019)
  16. « Nominations des professeurs - Alexandra Calmy », sur www.unige.ch (consulté le 6 septembre 2019)
  17. « Les Kosovars de Suisse remercient M. Calmy-Rey », rts.ch,‎ (lire en ligne, consulté le 15 septembre 2017)
  18. « Micheline Calmy-Rey honorée par l'Arménie », sur Tribune de Genève, (consulté le 14 septembre 2017)
  19. Frédéric Burnand, swissinfo.ch, « Une Suisse funambule entre Occidentaux et Russes », SWI swissinfo.ch,‎ (lire en ligne, consulté le 15 septembre 2017)
  20. « L'ex-conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey honorée au Kosovo », sur www.rts.ch, RTS info, (consulté le 4 août 2017).
  21. Nefail Maliqi, Micheline Calmy-Rey a trouvé «asile» au Kosovo, www.tdg.ch, 12 août 2017 (consulté le 13 août 2017)

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier