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Michel Pigenet
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Michel Pigenet, né en 1948, est un historien français. Professeur émérite d'histoire contemporaine, ses travaux portent sur l'histoire du travail et des mouvements sociaux.

BiographieModifier

Après des études de géographie à Toulouse et sa réussite à l’agrégation (1971), il a enseigné aux lycées de Vierzon et Louis-le-Grand[1], période pendant laquelle, il entreprend des recherches en histoire. En 1983, il soutient à Toulouse, une thèse de 3e cycle, menée sous la direction de la professeure Rolande Trempé et consacrée aux Bûcherons du Cher (fin XIXe siècle-1914, des luttes à l’organisation ; activités saisonnières et conscience sociale. Il prépare ensuite une thèse d’État, sous la direction du professeur Maurice Agulhon, qu’il soutient à Paris 1 en 1987, intitulée Les ouvriers du Cher (fin XVIIIe siècle-1914). Travail, espace et conscience sociale.

Maître de conférences à l’Université de Grenoble II en 1989, il est élu professeur à l’Université de Rouen (1992), puis à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne (1999), dont il a été membre du Conseil scientifique (2012-2016) et où il a dirigé le Centre d'histoire sociale du XXe siècle, actuel Centre d’histoire sociale des mondes contemporains(UMR CNRS 8058).

Ses deux thèses, publiées[2], ont contribué au renouvellement de l’histoire du travail abordée comme activité, matrice de rapports sociaux, source de valeurs et d’identités. Elles furent aussi le point de départ d’une approche, précisée par la suite, des « politiques ouvrières »[3]. En rupture avec l’histoire classique des organisations ouvrières, elles esquissaient une relecture socio-anthropologique de la manière dont les groupes populaires s’approprient les ressources de la politique institutionnelle et lui opposent, sur ses marges comme à la faveur de crises politiques, des pratiques alternatives.

En histoire du travail, ses recherches traitent des modes de rémunération[4], de la construction et des usages du droit[5]. Elles ont aussi porté sur différentes activités et professions, notamment celles aux marges du salariat ordinaire, à l’exemple des ouvriers agricoles, des téléopérateurs[6] ou des dockers[7], dont il a impulsé la connaissance historique en France. Elles ont encore été pionnières dans l'analyse des masculinités ouvrières. Ses études s’intéressent, enfin, à la croisée des précédents domaines, aux mobilisations collectives populaires[8].

Auteur de plusieurs ouvrages à titre individuel, il a dirigé de nombreux ouvrages collectifs, ainsi que des numéros spéciaux de revues scientifiques d’histoire et participe au comité éditorial du Mouvement social.

Organisateur de colloques, de journées d’étude et de séminaires, Michel Pigenet est membre fondateur de l’Association française pour l’histoire des mondes du travail, créée en 2013, dont il a exercé la présidence jusqu’en 2016[9]. Il a également participé à la formation, à Amsterdam, en 2013, du Réseau européen d’histoire du travail. Il se réclame d’une histoire d’intervention, soucieuse de valoriser les résultats de la recherche, mais aussi de dresser des passerelles, dans le respect des spécificités des uns et autres, entre les chercheurs et les acteurs sociaux. Cette préoccupation est ancienne. Ainsi l’ouvrage tiré de sa thèse d’État, fut-il édité en 1990 par l'Institut CGT d'histoire sociale, préfacée par Maurice Agulhon, avec un avant-propos de Georges Séguy. Depuis, il a notamment dirigé et codirigé des projets de recherche, animé des stages de formation à l’histoire syndicale avec la CFDT, la CGT, la CGT-FO, la FSU et le SNJ. Contributeur du Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social[10], il est membre du jury du Prix Maitron.  

Membre du conseil scientifique du Comité d’histoire des administrations chargées du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle, il est également modérateur du comité scientifique de l’Institut CGT d’histoire sociale. Son expertise reconnue l’amène à collaborer avec des dizaines de médias en quête d’un éclairage historique sur les questions d’actualité sociale et politique. Sous forme d’entretiens ou d’articles, ses analyses sont ainsi régulièrement sollicitées par des agences – AFP, Associated Press, Afrique Press – les magazines et journaux -  Le Monde diplomatique[11], Le Nouvel Obs[12], L'Humanité[13], L'Humanité Dimanche, Mediapart, Huffington Post[14], Le Figaro[15], Le Parisien, –, les chaînes de radio et de télévision – BBC News, France Info (radio et TV), France Culture, France Inter, Europe 1, Radio France International, Radio télévision suisse, Radio Canada, BFM Télé, Canal Plus, FR3, LCI, Paris Première, etc.

PublicationsModifier

IndividuellesModifier

  • Les ouvriers du Cher (fin XVIIIe siècle - 1914). Travail, espace et conscience sociale, Institut CGT d'histoire sociale, 1990 (Prix littéraire de la ville de Bourges) ( (ISSN 0184-489X)) [présentation en ligne]
  • Au Cœur de l'activisme communiste des années de guerre froide. « La manifestation Ridgway », « Chemins de la mémoire », L'Harmattan, 1992 (ISBN 2-7384-1674-8)
  • « Ouvriers, paysans, nous sommes.. ». Les bûcherons du Centre de la France au tournant du siècle, « Le monde de la vie quotidienne », L'Harmattan, 1993. Préface de Rolande Trempé (ISBN 2-7384-2164-4) [présentation en ligne]
  • Les « Fabiens » des barricades au front (septembre 1944 - mai 1945), L'Harmattan, 1995 (ISBN 2-7384-3679-X)

CollectivesModifier

  • (avec Marcel Cherrier), Combattants de la liberté. La résistance dans le Cher, Les Éditions sociales, 1976.
  • (avec Phryné Pigenet, Robert Rygiel, Michel Picard), Terre de luttes (les précurseurs 1848 - 1939). Histoire du mouvement ouvrier dans le Cher, éditions sociales, 1977.
  • « Syndicats et services », (dir. du n° spécial), Les  Cahiers de l’IRM, no 51, 1993.
  • « Histoire ouvrière », (dir. avec Jean-Louis Robert du n° spécial), Historiens & Géographes, no 350, octobre 1995.
  • Le Syndicalisme docker depuis 1945, Presses Universitaires de Rouen, 1997, (ISBN 2877752275)
  • Les Victimes civiles des bombardements en Haute-Normandie(1er janvier - 12 septembre 1944)(dir. avec B. Garnier), CRHQ-IRED-La Mandragore, 1997 (ISBN 2-912468-02-7).
  • « Industrialisations européennes », (dir. avec Michel Margairazdu n° spécial), Le Mouvement social, no 185, octobre-décembre 1998.
  • La France démocratique (combats, mentalités, symboles). Mélanges offerts à Maurice Agulhon (dir. avec Christophe Charle, Jacqueline Lalouette, Anne-Marie Sohn), Publications de la Sorbonne, 1998.
  • Industrialisation et sociétés en Europe occidentale (1870-1970) (avec Michel Margairaz, Pierre Saly, Jean-Louis Robert), Atlande, 1998 (ISBN 2-912232-05-8).
  • « Les Marches », (dir. avec Danielle Tartakowsky, Centre d’histoire sociale des mondes contemporains, du n° spécial), Le Mouvement social, no 202, janvier-mars 2003.
  • L'apogée des syndicalismes en Europe occidentale 1960 – 1985 (dir. avec Patrick Pasture, Jean-Louis Robert), Publications de la Sorbonne, 2005 (ISBN 2-85944-527-7).
  • La CGT des années 1950 (dir. avec Élyane Bressol, Michel Dreyfus, Joël Hedde), Presses universitaires de Rennes, 2005 (ISBN 2-7535-0137-8).
  • Campagnes et sociétés en Europe, 1830-1930 (dir. avec Gilles Pécout), Éditions de l’Atelier, 2005 (ISBN 2-7082-3819-1).
  • « Rémanences des passés », (dir. avec Danielle Tartakowsky, Centre d’histoire sociale des mondes contemporains, du n° spécial), Sociétés & Représentations, no 22, oct. 2006.
  • « Relations de services », (dir. du n° spécial), Le Mouvement social, no 216, juillet-septembre 2006.
  • Victor, Emile, Georges, Fernand et les autres… Regards sur le syndicalisme révolutionnaire (dir. avec Pierre Robin), Éditions d’Albret, 2007 (ISBN 978-2-913055-15-5).
  • Mémoires du travail à Paris, Créaphis, 2008, (ISBN 978-2-35428-014-7)
  • Retraites. Une histoire des régimes spéciaux, ESF Éditeur, 2008 (ISBN 978-2-7101-1947-0)
  • Estados y relaciones de trabajo en la Europa del siglo XX (dir. avec Santiago Castillo et Francine Soubiran-Paillet), Ed. Cinca-Fundacion F. Largo Caballero, 2008,
  • Les meuniers du social : Force ouvrière, acteur de la vie contractuelle et du paritarisme, fin des années cinquante-début des années quatre-vingt (dir. avec Michel Dreyfus), Publications de la Sorbonne 2011. (ISBN 978-2-85944-684-0),
  • Histoire des mouvements sociaux en France de 1814 à nos jours (dir. avec Danielle Tartakowsky), éditions La Découverte, 2012 (reéd. 2014). (ISBN 978-2-7071-6985-3)
  • Pratiques syndicales du Droit : France, XXe – XXIe siècles (dir. avec André Narritsens), Presses universitaires de Rennes, 2014 (ISBN 978-2-7535-3248-9)
  • Histoire de la CGT. Bien-être, liberté, solidarité(avec René Mouriaux, Jérôme Beauvisage, André Narritsens, Danielle Tartakowsky, Jean Magniadas, Joël Hedde, Stéphane Sirot, Elyane Bressol), Ed. de l’Atelier, 2015 (ISBN 978-2-7082-4471-9).
  • Travail, travailleurs et ouvriers d'Europe au XXe siècle (dir. avec Nicolas Hatzfeld et Xavier Vigna), Éditions universitaires de Dijon, 2016. (ISBN 978-2-36441-185-2)
  • « Les syndicats face aux travailleurs du secteur public », (dir. avec Odile Join-Lambert et Arnaud Mias du n° spécial), Sociologie du travail, no 59, janvier-mars 2017 http://sdt.revues.org/513 ; DOI : 10.4000/sdt.513.
  • « L’histoire du travail au carrefour », (dir. du n° spécial), Historiens & Géographes, no 438, mai-juin 2017.
  • Les jours heureux: dans les archives du Conseil national de la Résistance-Louis Saillant (dir. avec Rossana Vaccaro), Codhos, 2018. (ISBN 2-9517903-4-1)
  • La CGT en question(s). Regards croisés sur 125 années d’un syndicalisme de transformation sociale (dir. avec Michel Dreyfus), Éditions universitaires de Dijon, 2019. (ISBN 978-2-36441-309-2)
  • Le prix du travail. France et espaces coloniaux, XIXe – XXIe siècles (dir. avec Michel Margairaz), Editions de la Sorbonne, 2019, (ISBN 979-10-351-0309-5)

Articles de référence[16]Modifier

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  • « Bleu, blanc, rouge, jaune, vert... ; le vocabulaire des couleurs dans l’identification politique et sociale en milieu populaire », Ethnologie française, XX, 1991, 4, p. 399-409.
  • « Les adjectifs de la République. Voies et conditions de la politisation des milieux populaires » in Michel Vovelle (dir.), Révolution et République ; l’exception française, Paris, Ed. Kim‚, 1994, p. 523-533.
  • « Droit, syndicalisme et identité sociale. Les bûcherons et la loi sur les accidents du travail (1898-1914) » in R. Salais, M. Mansfield, N. Whiteside (dir.), Aux sources du chômage, 1880-1914, 1994, p. 355-379.
  • « Les questions financières, une approche des problèmes de structure et d’orientation de la CGT (1895-1914) », Le Mouvement social, no 172, juillet-septembre 1995, p. 53-88.
  • « Grandes heures et épuisement d’une marque républicaine ; les arbres de la liberté dans le département du Cher (1830-1945) » in Maurice Agulhon (dir.), Cultures et folklores républicains, Edit. du CTHS, 1995, p. 111-124.
  • « Aux fondements d’une identité. Retour sur deux siècles de travail ouvrier », numéro spécial « Histoire ouvrière » d’Historiens et Géographes, no 350, octobre 1995, p. 241-256.
  • « Les dockers ; retour sur la construction d’une identité collective en France, XIXe – XXe siècles », Genèses, no 42, mars 2001, p. 5-25.
  • « L’histoire du travail, une histoire en chantier », entretien avec Sylvie April et Anne Jollet, Cahiers d’histoire.Revue d’histoire critique, no 83, 2001, p. 99-122.
  • « Identité professionnelle et masculinité. Une approche historique des rapports sociaux sexués dans les ports français aux XIXe et XXe siècles », Le Mouvement social, no 198, janvier-février 2002, p. 55-74.
  • « Modalités d’embauche et pratiques professionnelles. Aux sources des sociabilités militantes dans le syndicalisme docker », Politix, Revue des sciences sociales du politique, no 63, 2003, p. 79-90.
  • « Les travailleurs de la manutention portuaire ou les métamorphoses du modèle corporatiste ”, in S. Kaplan, P. Minard (dir.), Le corporatisme : impasse ou troisième voie ?Paris, Belin, 2004, p. 265-280.
  • « Les risques du métier ? Les accidents du travail dans les ports français », Cahiers d’histoire du mouvement ouvrier, no 20, 2004, p. 67-80.
  • « Syndicalisme et nouveaux salariés de services : aperçu sur l’expression cégétiste dans les centres d’appels d’Air France (1989-2004) », Mouvement social, no 216, juillet-septembre 2006, p. 101-133.
  • « Solidarité internationale et fermeture professionnelle : les horizons multiples des dockers français », Matériaux pour l’histoire de notre temps, no 84, oct.-décembre 2006, p. 38-48.
  • « Les syndicats de dockers et la Fédération des ports et docks à l’épreuve du syndicalisme légal. 1940-1944 », in M. Margairaz, D. Tartakowsky (dir.), Le syndicalisme dans la France occupée, Rennes, PUR, 2008, p. 213-224.
  • « Les dockers, leur statut… et le reste (1947-2008) », in M. Cartier, J.-N. Retière, Y. Sibot (dir.), Le salariat à statut. Genèses et cultures, Rennes, PUR, collection Pour une histoire du travail, 2010, p. 83-95.
  • « Modalités et enjeux des politisations ouvrières aux XIXe et XXe siècles », Les Cahiers du CHATEFP, no 14, juin 2011, p. 64-71.
  • « Virilités ouvrières », in Alain Corbin, J.-J. Courtine, Georges Vigarello (dir.), Histoire de la virilité, t. 2, Le triomphe de la virilité. Le XIXe siècle, Paris, Seuil, 2011, p. 203-240.
  • « Le VIH-sida, nouveau terrain d’intervention syndicale dans les transports internationaux », Le Mouvement social, numéro spécial « Travail et mondialisations », no 241, octobre-décembre 2012, p. 181-199.

Notes et référencesModifier

  1. Présentation en 4e de couverture des Ouvriers du Cher.
  2. Les ouvriers du Cher (fin XVIIIe siècle - 1914). Travail, espace et conscience sociale, Institut CGT d'histoire sociale, 1990 (Prix littéraire de la ville de Bourges). Préface de Maurice Agulhon  ; « Ouvriers, paysans, nous sommes.. ». Les bûcherons du Centre de la France au tournant du siècle, « Le monde de la vie quotidienne », L'Harmattan, 1993. Préface de Rolande Trempé.
  3. « Bleu, blanc, rouge, jaune, vert... ; le vocabulaire des couleurs dans l’identification politique et sociale en milieu populaire », Ethnologie française, XX, 1991, 4, p. 399-409 ; « Les adjectifs de la République. Voies et conditions de la politisation des milieux populaires » in M. Vovelle (dir.), Révolution et République ; l’exception française, Paris, Ed. Kim‚, 1994, p. 523-533 ; « Modalités et enjeux des politisations ouvrières aux XIXe et XXe siècles », Les Cahiers du CHATEFP, no 14, juin 2011, p. 64-71.
  4. Le prix du travail. France et espaces coloniaux, XIXe – XXIe siècles (dir. avec Michel Margairaz), Editions de la Sorbonne, 2019.
  5. Pratiques syndicales du Droit : France, XXe – XXIe siècles (dir. avec André Narritsens), Presses universitaires de Rennes, 2014.
  6. « Syndicalisme et nouveaux salariés de services : aperçu sur l’expression cégétiste dans les centres d’appels d’Air France (1989-2004) », Mouvement social, no 216, juillet-septembre 2006, p. 101-133.
  7. cf. Orientations de recherche et bibliographie [archive]
  8. Cf. « L’histoire du travail, une histoire en chantier », entretien avec Sylvie April et Anne Jollet, Cahiers d’Histoire, revue d’histoire critique, n<sun° 83, 2001, p. 99-122 et « Modalités et enjeux des politisations ouvrières aux XIXe et XXe siècles », Les Cahiers du CHATEFP, no 14, juin 2011, p. 64-71.
  9. https://afhmt.hypotheses.org
  10. annuaire des auteurs du Maitron.
  11. Michel Pigenet, articles dans Le Monde diplomatique
  12. Les Hors-série de l’Obs, 68, Le grand tournant', no 98, mars 2018 : Travail ; l’échec de l’utopie démocratique.
  13. L'Humanité, 16 juin 2016
  14. https://www.huffingtonpost.fr/michel-pigenet/violences-les-gilets-jaunes-entrent-dans-lhistoire-des-conflits-sociaux-en-france_a_23654764
  15. Le Figaro, 6 décembre 2018 : pourquoi les gilets jaunes sont inédits dans l'histoire de France
  16. Sélection d’après liste exhaustive Orientations de recherche et bibliographie

Liens externesModifier