Miguel de Bragança (1878-1923)

aristocrate portugais
Miguel de Bragança
Description de cette image, également commentée ci-après
dom Miguel de Bragança.
Biographie
Titulature duc de Viseu
Dynastie maison de Bragance
Nom de naissance Miguel Maria Sebastião Maximiliano Rafael Gabriel Gonzaga Francisco d'Assis e de Paula Eustachio Carlos Afonso José Henrique Alberto Clemente lgnacio Martinho Antonio Gerardo Jorge Emmeric Mauricio de Thurn e Taxis de Bragança
Naissance
Reichenau an der Rax, Autriche-Hongrie
Décès (à 44 ans)
New York (État de New York), États-Unis
Père Miguel de Bragança
Mère Elisabeth von Thurn und Taxis
Conjoints Anita Stewart
Enfants Isabel Nadejda de Bragança
John de Bragança
Miguel de Bragança
Description de l'image Armas duque viseu.svg.

Miguel de Bragança, né à Reichenau an der Rax, en Autriche-Hongrie le et mort le [1], est un membre de la famille de Bragance et prétendant au titre de duc de Viseu. Il est le plus âgé des enfants du prétendant miguéliste au trône du Portugal, Miguel de Bragança. Il épouse une héritière américaine en 1909, dont il a trois enfants. Son père et lui renoncent au trône en 1920, pour favoriser l'union d'une partie des monarchistes portugais.

BiographieModifier

JeunesseModifier

 
Miguel (en haut à droite) avec son père, son frère François-Joseph et sa sœur Marie-Thérèse.

Miguel de Bragança est le fils aîné et héritier du prétendant miguéliste au trône de Portugal, Michel de Bragance, et de sa première épouse, la princesse Élisabeth von Thurn und Taxis et en ligne maternelle, un neveu de l'impératrice d'Autriche, de l'ex-reine des Deux-Siciles, de la duchesse d'Alençon et un cousin germain de la reine des Belges et de la princesse royale de Bavière.

Le père de Miguel est le chef de la branche cadette des Bragance (qui devient aînée en 1891), exilée en vertu de la loi portugaise de bannissement de 1834[2] et de la constitution de 1838, ce qui est dû à ce que, en 1828, son grand-père Michel a usurpé le trône de Portugal qui revenait à sa nièce, la reine Marie II. Il a régné comme roi jusqu'en 1834, date de la restauration de Marie II. Sa mère meurt à l'âge de 21 ans après avoir donné le jour à son troisième enfant.

Comme son père, Miguel embrasse une carrière militaire et sert dans un régiment de cavalerie du royaume de Saxe. Le , alors que Miguel roule vers la ville dans un phaéton après avoir assisté à un dîner dans une maison de campagne, sa voiture est happée par les roues de la voiture du prince Albert de Saxe, le fils du prince Georges, et le neveu du roi régnant Albert. La collision est si violente que la voiture du prince Albert verse dans le fossé. Le prince Albert meurt quelques heures après. Parce qu'il ne peut être déterminé si l'accident était intentionnel Miguel échappe à la cour martiale, mais il est forcé de renoncer à son commandement dans l'armée et doit quitter le pays[3].

Un an plus tard, il provoque une nouvelle controverse quand il est établi que, pendant que le roi Charles Ier rendait visite au Royaume-Uni, Miguel est entré au Portugal pour aider un soulèvement contre le roi. Lorsque cela est découvert, il devient effectivement un paria[4].

Mariage et descendanceModifier

Le , à Londres, Miguel annonce ses fiançailles avec l'héritière américaine, Anita Stewart, fille de William Rhinelander Stewart et Annie McKee Armstrong[5]. Après que ses parents eurent divorcé, en , sa mère épouse le milliardaire James Henry Smith[6]. Miguel et Anita Stewart se marient au château de Tulloc[7]près de Dingwall en Écosse le [1]. La cérémonie religieuse a lieu dans la chapelle catholique Saint-Laurent, à Dingwall. Les époux sont unis par l'évêque catholique d'Aberdeen, Mgr Aeneas Chisholm (en), qui lit la bénédiction du pape[8] et rappela qu'en 1336 [sic] le roi Jean Ier de Portugal était venu en Écosse se marier avec Philippa de Lancastre[9]. Ce mariage n'empêche pas à Miguel de garder son rang dans l'ordre de succession car les mariages morganatiques n'existent pas dans la loi portugaise[10].

Juste avant le mariage, Anita Stewart est titrée princesse de Bragance par l'empereur d'Autriche, François-Joseph[11]. C'est le premier mariage royal en Écosse depuis l'époque des Stuart[12].

De leur mariage Miguel et sa femme ont trois enfants, Isabel Nadejda, John et Miguel[1]. Les enfants, nés « princesse et princes de Bragance », sont infante et infants de Portugal pour les miguelistes jusqu'en 1920, lorsque le prince Miguel renonce à ses droits dynastiques, pour lui et ses descendants[13].

EnfantsModifier

Nom Naissance Mort Notes
Nadejda de Bragança[14] Isabel Maria Teresa Micaela Rafaela Gabriela Nadejda de Bragança

Mariée d'abord en 1930 à Włodzimierz Dorożyński dont elle a un fils avant de divorcer en 1932. Elle est mariée pour la deuxième fois à Londres le à René Millet. Elle est morte après une chute qui est requalifiée plus tard en suicide.

John de Bragança 7 septembre 1912 12 mars 1991 John Miguel Guilherme Aloísio Maria José Rafael Gabriel Francisco de Assis Carlos Henrique António Sebastião Huberto de Bragança

Diplômé de Harvard, il sert dans la marine américaine pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de devenir vice-président et trésorier de la Rhinelander Real Estate Company, une banque d'investissement immobilier. Il est d'abord marié, le , à New York avec Winifred Dodge Seyburn (1917-2010), petite-fille du pionnier de l'automobile de Détroit, John Dodge — dont il a un fils, Miguel, avant de divorcer en 1953. Il est ensuite marié, le , avec Katharine Bahnson, née King (1921-2007)[15].

Miguel de Bragança Miguel Luís Guilherme Maria de Bragança

Il travaille comme pilote civil et est marié, à Miami le , avec Anne Hughson dont il a deux enfants, Anita (née en 1947) et Michael (né en 1953).

Dernières annéesModifier

Peu de temps avant son mariage, Miguel est assigné en justice par un syndicat qui lui avait prêté de l'argent quelques années avant alors qu'il avait des difficultés financières. Après avoir promis de rembourser le syndicat par un cinquième de toute la dot, il peut contracter le mariage. Par la suite, il essaie de rembourser son emprunt[16] et bien qu'il ait payé la majorité de ses créanciers, certains restent mécontents et font saisir ses meubles et divers biens qui sont vendus aux enchères[17].

Après son mariage Miguel est gratifié du titre de courtoisie de « duc de Viseu » par son père, mais ce titre n'est pas reconnu par le roi Manuel II, qui estime être le seul à pouvoir l'octroyer[18].

En 1911-1912, Miguel participe aux soulèvements pro-monarchistes conduits par Henrique Mitchell de Paiva Couceiro, dans une tentative infructueuse de renverser la Première République[19]. Il est aussi très actif dans la collecte de fonds pour financer ces soulèvements[20].

Plus tard, Miguel trouve du travail à Londres où il est employé comme courtier par la firme Basil Montgomery, Fitzgerald & co[18]. Bien que forcé de démissionner de l'armée portugaise, il retourne servir dans le corps motorisé de l'armée allemande pendant la Première Guerre mondiale, atteignant le rang de capitaine[21].

Après l'échec du soulèvement royaliste de 1919 (appelé « monarchie du Nord »), les royalistes de l'Intégralisme lusitanien cessent de soutenir l'ancien roi Manuel II et concluent avec les miguelistes du Parti légitimiste, l'accord de Bronnbach[22] : les intégralistes se rallient à la branche migueliste des Bragance, à la condition que le duc de Bragance et son fils aîné, le duc de Viseu, renoncent à leurs droits en faveur du jeune Édouard de Bragance (demi-frère du duc de Viseu, et troisième fils du duc de Bragance). En effet, les intégralistes ne voulaient pas[23] de « Michel II » et de son fils aîné, qui avaient soutenu les Empires centraux (ils avaient servi, les uns dans l'armée autrichienne — « Michel II » était Feldmarschall-Leutnant, et son deuxième fils, François-Joseph (pt) (1879-1919), était filleul de l'empereur éponyme —, l'autre — le fils aîné, Michel, « duc de Viseu » — dans l'armée allemande comme capitaine[24]) pendant la Première Guerre mondiale. Des représentants des deux mouvements monarchistes furent reçus[25] le au château de Bronnbach (dans l'ancien grand-duché de Bade), par le prétendant migueliste, son épouse et leur héritier. Le , Miguel de Bragance, « duc de Viseu », renonça[26], pour lui-même et ses descendants, à ses « droits » de succession au trône. Son père y renonça aussi, dix jours plus tard. Pour les légitimistes et pour les intégralistes, Édouard de Bragance (Duarte Nuno de Bragança) devenait le nouveau prétendant, sous le nom d'« Édouard II ».

Plus tard, Miguel de Bragance s'établit à New York, où il vend de l'assurance-vie (« Royal Prince Sells Life Insurance Here. » - p. 1 du New York Times daté du ), avant d'y mourir d'une pneumonie contractée à la suite d'une grippe[27], le .

GénéalogieModifier

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
16. Pierre III
 
 
 
 
 
 
 
8. Jean VI
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
17. Marie Ière de Portugal
 
 
 
 
 
 
 
4. Michel Ier
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
18. Charles IV d'Espagne
 
 
 
 
 
 
 
9. Charlotte d'Espagne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
19. Marie-Louise de Parme
 
 
 
 
 
 
 
2. Michel de Bragance
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
20. Charles de Löwenstein-Wertheim-Rosenberg
 
 
 
 
 
 
 
10. Constantin de Löwenstein-Wertheim-Rosenberg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
21. Countess Sophie Luise of Windisch-Grätz
 
 
 
 
 
 
 
5. Adélaïde de Löwenstein-Wertheim-Rosenberg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
22. Charles-Louis de Hohenlohe-Langenbourg
 
 
 
 
 
 
 
11. Agnès de Hohenlohe-Langenbourg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
23. Amélie-Henriette de Solms-Baruth
 
 
 
 
 
 
 
1. Miguel de Bragança, duc de Viseu
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
24. Charles-Alexandre de Tour et Taxis
 
 
 
 
 
 
 
12. Maximilian Karl de Tour et Taxis
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
25. Thérèse de Mecklembourg-Strelitz
 
 
 
 
 
 
 
6. Maximilien de Tour et Taxis
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
26. Ernst de Dörnberg
 
 
 
 
 
 
 
13. Wilhelmine de Dörnberg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
27. Wilhelmine Henriette Maximiliane von Glauburg
 
 
 
 
 
 
 
3. Elisabeth von Thurn and Taxis
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
28. Pie Auguste en Bavière
 
 
 
 
 
 
 
14. Maximilien en Bavière
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
29. Amélie Louise d'Arenberg
 
 
 
 
 
 
 
7. Hélène en Bavière
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
30. Maximilien Ier de Bavière
 
 
 
 
 
 
 
15. Ludovica de Bavière
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
31. Caroline de Bade
 
 
 
 
 
 

TitulatureModifier

  •  : Son Altesse royale Miguel de Bragança, infant de Portugal (naissance) ;
  •  :Son Altesse royale le duc de Viseu.

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

  1. a b et c (en) Charlotte Pike, Almanach de Gotha, , 182e éd. (ISBN 0-9532142-0-6), p. 186
  2. (it) Andrea Borella, La successione e le leggi dinastiche della real casa del Portogallo (Les règles de succession dynastique de la maison royale de Portugal), Rome, Societas Internationalis Studiorum Dynasticorum, , 15–16 p. (lire en ligne)
  3. « A Veteran Diplomat: « Where Americans Lose Caste », New York Times, daté du page SM2 ».
  4. DOM MIGUEL. THE THRONE OF PORTUGAL, vol. LXXIV, Evening post, (lire en ligne), p. 12
  5.  : « Anita Stewart Will Wed Prince Miguel; Holds To Her Faith », p. 1 du New York Times daté du
  6. Anita Stewart Will Wed Prince Miguel, New York Times, , p. 1
  7. Liste des châteaux de Highland
  8. https://cdnc.ucr.edu/cgi-bin/cdnc?a=d&d=LAH19090916.2.33
  9. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k534458t/f2
  10. « Miss Stewart Weds; Holds To Her Faith », p. no 1 du New York Times daté du
  11. « Miss Stewart A Princess », p. no 1 de l'Evening Post daté du
  12. « Portuguese Prince Married », p. no 7 dans l'Evening Post daté du
  13. « Genealogy of the Royal House of Portugal », Guy Stair Sainty ; publié par « Chivalric Orders »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  14. (en) Neil Pearson, Obelisk : A History of Jack Kahane and the Obelisk Press, , 528 p. (ISBN 978-1-78138-783-2, lire en ligne), p. 328.
  15. (ang) "John de Braganca, Investment Banker, 79", The New York Times, 15 Mars 1991.
  16. « Braganza Sued For Million - p. 1 du New York Times daté du  »
  17. « Braganza's Effects Seized. » - p. 1 du New York Times daté du
  18. a et b (en) « Braganza A Broker's Clerk », The New York Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  19. Guy Coutant de Saisseval, (1966). Les Maisons Impériales et Royales d'Europe. Éditions du Palais-Royal. p. 427 (1966).
  20. « '"Braganza Gets $10,000,000". - p. 6 du New York Times daté du . »
  21. « "Prince Miguel Promoted"-p 11 du New York Times daté du . »
  22. (es) José J. Albert Márquez, Hacia un estado corporativo de justicia. Fundamentos del derecho y del estado en josé pedro galvao de sousa., , 230 p. (ISBN 978-84-15929-28-4, lire en ligne), p. 105.
  23. O integralismo lusitano nas origens do salazarismo, Manuel Braga da Cruz, Análise Social vol XVIII (70), 1982-1.º, p. 143, note 20.
  24. PRINCE MIGUEL PROMOTED. Husband of Miss Anita Stewart Now a German Captain. : The New York Times, .
  25. https://archive.org/stream/questodinsti00junt#page/42/mode/2up
  26. https://archive.org/stream/questodinsti00junt#page/46/mode/2up
  27. « "Prince Miguel Dies From Pneumonia. - p. 15 du New York Times daté du . »