Michel Ier Bouvard de Fourqueux

magistrat et administrateur français
Michel Bouvard de Fourqueux
Fonctions
Procureur du roi à la Chambre des comptes de Paris
Biographie
Naissance
Décès
Activités
Magistrat, administrateurVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Charles Michel Bouvard de Fourqueux
Mère
Marie Françoise Rouillé
Conjoint
Claude Marie ou Marguerite Hallé
Enfant
Autres informations
Membre de
Blason Fourqueux.svg
D'azur à trois fasces d'or, accompagnées en chef d'un croissant et en pointe de trois étoiles rangées de fasce, le tout du même

Michel Ier Bouvard de Fourqueux est un magistrat et administrateur français né en 1686 et mort en 1754 au château de Fourqueux. Issu d'une famille de médecins et de parlementaires, il est brièvement membre du Conseil de finances pendant la polysynodie et procureur de la Chambre des comptes de Paris de 1716 à 1743. Il est procureur de la Chambre de justice de 1716. Il organise la restitution au Trésor des chartes de manuscrits médiévaux possédés par son oncle Rouillé du Coudray.

Une famille de médecins et de parlementairesModifier

L'ancêtre de la famille est Charles Bouvard (1572-1658), premier médecin de Louis XIII et par conséquent surintendant du Jardin royal des plantes médicinales, à l'origine de l'actuel Jardin des Plantes[1]. Il est anobli par Louis XIII en 1639. Son fils, Michel Bouvard, seigneur de Fourqueux, lui succède comme intendant du Jardin royal[2] et y fait construire la première serre[3]. Au XVIIIe siècle, la famille comporte encore des médecins, comme Michel-Philippe Bouvard, docteur régent de la faculté de Paris[4].

Dans la famille Bouvard de Fourqueux, plusieurs générations successives exercent une charge de conseiller au Parlement de Paris[5].

Michel Bouvard de Fourqueux est le fils de Charles Michel Bouvard, seigneur de Fourqueux, conseiller au Parlement, procureur de la Chambre des comptes et de Marie-Françoise Rouillé. Dans la charge de procureur de la Chambre des comptes, Charles Michel Bouvard succède en 1701 à son beau-frère Hilaire Rouillé du Coudray et se démet en 1716 au profit de son fils Michel Bouvard de Fourqueux. Cette charge de procureur de la Chambre des Comptes se transmet sur trois générations[6].

BiographieModifier

Le procureurModifier

Michel Bouvard de Fourqueux est conseiller au Parlement de Paris en 1703[7] et procureur de la Chambre des comptes en 1716 sur résignation de son père[6].

Il est procureur de la Chambre de justice de 1716, créée à l'instigation du duc de Noailles et de Rouillé du Coudray[7], pour condamner les affairistes qui spolient l'État et ainsi réduire la dette[8], C'est le duc de Noailles qui le propose pour cette fonction, alors qu'il exerce la même à la Chambre des comptes. Bouvard de Fourqueux a la réputation d'être intelligent et souple, qualités que Noailles apprécie. Bouvard de Fourqueux ne cherche pas à ruiner les financiers mais à faire des exemples[9]. Finalement, les résultats sont maigres d'un point de vue financier[10], mais cette Chambre de justice permet de punir un grand nombre de malfaiteurs[9]. On raconte qu'il se serait enrichi lors de cet épisode[5].

Au Conseil de financesModifier

Il entre au Conseil de finances en juillet 1717. Il y est sans attribution pendant quelques mois, avant de recevoir en décembre 1717 les dossiers portant sur le domaine du roi, le Grand Conseil et les bureaux des finances. Mais il exerce très peu de temps ses fonctions : après la démission du duc de Noailles en janvier 1718, le Conseil de finances devient une coquille vide. En effet, d'Argenson, y entre et, placé à la tête de la « direction et administration principale des finances », le met en sommeil en proposant seul les décisions. Après la fin de la polysynodie le 24 septembre 1718, par la suppression des conseils de la guerre, de conscience, des affaires étrangères et des affaires du dedans, le Conseil de finances continue en théorie d'exister, mais il n'a plus de conseil que le nom, le département des finances étant contrôlé par d'Argenson et Law. Le Conseil de finances est formellement supprimé quand Law devient contrôleur général des finances, en janvier 1720[7].

Au sein d'un réseauModifier

Bouvard de Fourqueux est suffisamment connu pour qu'une hypothétique parenté avec lui serve d'argument pour appuyer une sollicitation d'argent auprès d'un grand seigneur comme le Régent[11].

En 1730, après la mort de son oncle Hilaire Rouillé du Coudray, dont il est l'exécuteur testamentaire, Bouvard de Fourqueux organise la restitution au Trésor des chartes de manuscrits médiévaux que ce dernier conservait dans sa bibliothèque : un registre de chartes de l'époque de Philippe Auguste[12] un datant de Jean II Le Bon[13] et un autre de l'époque de Philippe Le Bel[14].

Il résigne sa charge de procureur de la Chambre des comptes en 1743, au profit de son fils Michel Bouvard de Fourqueux[6].

DescendanceModifier

Michel Bouvard de Fourqueux et son épouse Claude Marie (ou Marguerite) Hallé, fille d'André Hallé, correcteur à la Chambre des Comptes[6], ont pour enfants  :

ArmoiriesModifier

  Blasonnement :
D'azur à trois fasces d'or, accompagnées en chef d'un croissant et en pointe de trois étoiles rangées de fasce, le tout du même.[6]

RéférencesModifier

  1. Philippe Jaussaud, Pharmaciens au Muséum : Chimistes et naturalistes, Publications scientifiques du Muséum, coll. « Archives », (ISBN 978-2-85653-847-0, lire en ligne).
  2. Paul Guillon, Mort de Louis XIII : étude d'histoire médicale d'après de nouveaux documents, Paris, Fontemoing, , 179 p. (lire en ligne).
  3. Pierre Nicker, « Des créateurs du Jardin du Roi aux découvreurs botanistes de Marly (1607-1693-1727) », Le Vieux Marly. Bulletin de la société archéologique, historique et artistique de Marly-le-Roi, no 9,‎ , p. 16-30 (lire en ligne).
  4. Guy Chaussinand-Nogaret, « Nobles médecins et médecins de cour au XVIIIe siècle », Annales. Histoire, Sciences sociales, vol. 32, no 5,‎ , p. 851–857 (DOI 10.3406/ahess.1977.293866, lire en ligne, consulté le ).
  5. a et b François Bluche, Les magistrats du Parlement de Paris au XVIIIe siècle, Paris, Economica, (1re éd. 1960), 481 p. (ISBN 2-7178-0988-0).
  6. a b c d et e H. Coustant d'Yanville, Chambre des Comptes de Paris. Essais historiques et chronologiques, privilèges et attributions nobiliaires et armorial, Paris, J.-B. Dumoulin, 1866-1875 (lire en ligne).
  7. a b c et d Alexandre Dupilet, La Régence absolue. Philippe d'Orléans et la polysynodie (1715-1718), Seyssel, Champ Vallon, coll. « époques », , 437 p. (ISBN 978-2-87673-547-7).
  8. Edgar Faure, 17 juillet 1720. La banqueroute de Law, Paris, Gallimard, coll. « Trente journées qui ont fait la France » (no 15), , 742 p..
  9. a et b (en) Erik Goldner, « Corruption on Trial : Money, Power, and Punishment in France’s Chambre de Justice of 1716 », Crime, histoire & sociétés / Crime, History & Societies, vol. 17, no Vol. 17, n°1,‎ , p. 5–28 (ISSN 1422-0857, DOI 10.4000/chs.1407, lire en ligne, consulté le ).
  10. Jean Villain, « Naissance de la Chambre de justice de 1716 », Revue d'histoire moderne et contemporaine, vol. 35, no 4,‎ , p. 544–576 (DOI 10.3406/rhmc.1988.1467, lire en ligne, consulté le ).
  11. Yves Combeau, Le comte d'Argenson. Ministre de Louis XV, Paris, Ecole des Chartes, coll. « Mémoires et documentes de l'Ecole des Chartes » (no 55), , 534 p. (ISBN 2-900791-28-6), p. 253.
  12. Paul-Marie Bondois, « Un registre de Philippe-Auguste au cabinet des manuscrits (1730) », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 90, no 1,‎ , p. 227–228 (lire en ligne, consulté le ).
  13. Paul-Marie Bondois, « Les restitutions d'un registre du "trésor des chartes" en 1730 », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 103, no 1,‎ , p. 347–349 (DOI 10.3406/bec.1942.449281, lire en ligne, consulté le ).
  14. Olivier Canteaut, « Une première expérience d’enregistrement des actes royaux sous Philippe le Bel : le Livre rouge de la Chambre des comptes », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 160, no 1,‎ , p. 53–78 (DOI 10.3406/bec.2002.451091, lire en ligne, consulté le ).
  15. Louis Moreri, Le grand dictionnaire historique, ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane. Tome 8 / ... ... Nouvelle édition, dans laquelle on a refondu les Supplémens de M. l'abbé Goujet, le tout revu, corrigé et augmenté par M. Drouet, Paris, (lire en ligne), p. 447
  16. Adrien Maquet, « Histoire de Saint-Nom-la-Brétèche », Mémoires de la société des sciences morales, des lettres et des arts de Seine-et-Oise, no 17,‎ , p. 163-254 (lire en ligne).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Paul-Marie Bondois, « Les restitutions d'un registre du "trésor des chartes" en 1730 », Bibliothèque de l'École des chartes, vol. 103, no 1,‎ , p. 347–349 (DOI 10.3406/bec.1942.449281, lire en ligne, consulté le ).
  • H. Coustant d'Yanville, Chambre des Comptes de Paris. Essais historiques et chronologiques, privilèges et attributions nobiliaires et armorial, Paris, J.-B. Dumoulin, 1866-1875 (lire en ligne).
  • Alexandre Dupilet, La Régence absolue. Philippe d'Orléans et la polysynodie (1715-1718), Seyssel, Champ Vallon, coll. « époques », , 437 p. (ISBN 978-2-87673-547-7).
  • (en) Erik Goldner, « Corruption on Trial : Money, Power, and Punishment in France’s Chambre de Justice of 1716 », Crime, Histoire & Sociétés / Crime, History & Societies, vol. 17, no Vol. 17, n°1,‎ , p. 5–28 (ISSN 1422-0857, DOI 10.4000/chs.1407, lire en ligne, consulté le ).

Articles connexesModifier