Michael Mann

réalisateur américain
Michael Mann
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Michael Mann au Comic-Con de San Diego, en 2014.
Nom de naissance Michael Kenneth Mann
Naissance (78 ans)
Chicago, Illinois, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Profession Réalisateur
Scénariste
Producteur de cinéma et de télévision
Films notables Le Solitaire
Le Sixième Sens
Le Dernier des Mohicans
Heat
Collatéral
Miami Vice : Deux flics à Miami
Séries notables Vegas
Deux flics à Miami
Les Incorruptibles de Chicago

Michael Mann [ˈmaɪkəl mæn][Note 1] est un réalisateur, scénariste et producteur américain né le à Chicago, dans l'Illinois. Il a étudié à l'Université du Wisconsin-Madison et est sorti diplômé de la London International Film School. Pour son travail, il a reçu des nominations d'organisations internationales comme la British Academy of Film and Television Arts et l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences.

BiographieModifier

Michael Kenneth Mann est natif d'Humboldt Park, un quartier ouvrier de Chicago[1]. Ses parents Esther et Jack Mann[1] sont des Juifs européens qui tenaient une épicerie dans Budlong Woods[2]. Après le lycée, Mann va étudier quatre ans à l'Université du Wisconsin à Madison où il obtient son baccalauréat universitaire ès lettres. En 1965, il déménage à Londres où il passera sept ans. Il étudie à la London Film School et travaille dans la publicité avec Alan Parker, Ridley Scott ou Adrian Lyne[3]. En mai 68, il vient à Paris pour réaliser un court documentaire sur les événements, baptisé Insurrection, au cours duquel il interviewe Daniel Cohn-Bendit, Alain Geismar ou Alain Krivine. Le documentaire sera diffusé lors de l'émission First Tuesday de la NBC[4]. Il développera ensuite ses impressions soixante-huitardes dans un « petit court-métrage abstrait », Jaunpuri, qui gagnera le prix du jury au festival de Cannes en 1970[5].

Années 1970-1980 : révélation télévisuelleModifier

Il rentre en 1971 aux États-Unis pour y tourner son troisième documentaire en forme de road movie intitulé 17 Days Down the Line et sorti en 1972. Trois ans plus tard, le scénariste Robert Lewin lui donne l'occasion d'apprendre l'écriture de scénario pour la télévision. Mann écrit plusieurs épisodes de Vega$ ou Starsky et Hutch. Son premier long métrage est le téléfilm Comme un homme libre. Avec James Caan comme acteur principal et producteur, il signe ensuite le polar Le Solitaire, sélectionné au Festival de Cannes 1981. Il enchaîne sur un ambitieux film fantastique, La Forteresse noire qui va subir plusieurs coupes au montage et souffrira de la mort de son responsable des effets spéciaux. Les musiques de ces deux films sont signées Tangerine Dream.

Dans les années 1980, il participe à la production des séries Deux flics à Miami et Police Story. Ce succès à la télévision lui permet de réaliser une adaptation du best-seller de Thomas Harris Dragon Rouge, intitulée Le Sixième Sens. Relativement éloigné de l'œuvre originale, ce polar psychologique est un nouvel échec en salles.

Années 1990-2000 : confirmation cinématographiqueModifier

 
Lors d'une masterclass à la Cinémathèque Française, en juillet 2009.

À partir des années 1990, Michael Mann se consacre exclusivement au cinéma. Il signe alors trois œuvres très remarquées, le film historique Le Dernier des Mohicans, le polar Heat (remake de son téléfilm L.A. Takedown) et le film-dossier Révélations, sujets à une grande admiration de la part de nombreux cinéphiles comme cinéastes.

Après Ali, biopic consacré au boxeur Mohamed Ali, qui déçoit commercialement, et ne parvient pas à retrouver les sommets critiques de ses précédentes œuvres, il accepte de reprendre un projet de polar, Collatéral. Ce film est porté par Tom Cruise dans un rôle à contre-emploi de tueur à gages impitoyable, alors qu'il n'avait jamais interprété d'antagoniste jusqu'à présent. Bien qu'il n'en ait pas signé le scénario, c'est son plus grand succès au box-office à ce jour. Ce projet lui permet d'expérimenter sur plusieurs séquences la vidéo HD avec une nouvelle caméra numérique, la Thomson Grass Valley Viper Film Stream.

Pour son film suivant, il opte pour un retour aux sources, tout en s'inscrivant dans la vague de remakes de l'époque, avec l'adaptation cinématographique de la série qu'il a produit dans les années 1980, Deux flics à Miami, intégralement tourné en numérique. Le tournage émaillé de nombreux soucis fera grimper le budget, qui est à peine remboursé au box-office international, tandis que l'accueil dans les salles de cette œuvre ambitieuse et éloignée du matériau original, est très mitigé.

Mann reste dans le polar urbain pour son projet suivant : en 2009, il écrit et réalise un film consacré au gangster John Dillinger, Public Enemies, porté par la présence des stars Johnny Depp et Marion Cotillard en têtes d'affiche. Il parvient ainsi à renouer avec la critique et le public.

Années 2010 : diversificationModifier

 
Le cinéaste à la Mostra de Venise 2012 .

En 2011, il produit le premier long-métrage de sa fille Ami Canaan Mann, Killing Fields, un échec critique et commercial. Parallèlement, il prépare son grand retour à la télévision, en mettant en scène et en produisant le pilote d'une série télévisée pour la chaîne HBO. Consacré au monde de la course hippique, la série Luck est écrite par le scénariste de télévision David Milch, mais connait une production houleuse. La mort de chevaux sur le tournage conduit officiellement à l'arrêt de la série au terme d'une courte première saison.

En 2012, année de diffusion de la série, Mann est le Président du jury de la Mostra de Venise 2012, qui s'est tenue du au [6],[7]. Le jury donna le Lion d'or au drame difficile et controversé Pieta[8]. Michael Mann récompensa ses compatriotes (meilleur acteur pour Philip Seymour Hoffman et Joaquin Phoenix et le Lion d'argent pour Paul Thomas Anderson) pour The Master.

Il faudra attendre quatre ans pour le voir revenir au cinéma. Ce sera pour réaliser le thriller informatique Hacker, dont le tournage débute en . Chris Hemsworth est la tête d'affiche et y incarne un hackeur emprisonné qui est libéré pour collaborer avec le FBI. Prévu pour 2015, ce film marque son retour comme réalisateur 6 ans après Public Enemies. Le thriller moderne déçoit avec un box-office catastrophique et la presse la plus mauvaise de sa carrière.

Le , le site américain Deadline annonce que le cinéaste réalisera un biopic sur Enzo Ferrari intitulé sobrement Ferrari avec l'acteur Christian Bale pour incarner le « Commandatore ». Le film sera une adaptation du livre de Brock Yates Enzo Ferrari : l'homme, les voitures, les courses et son scénario se déroulera en 1957, un an après la mort tragique du fils d’Enzo Ferrari, Dino, à 24 ans. Une période sombre, marquée par le deuil pour le pilote et industriel italien, qui faillit alors tout arrêter[9]. Cependant, le projet est abandonné quand les droits du livre sont finalement cédés à Legendary Entertainment, qui décide d'adapter le récit en série télévisée. Christian Bale rejoint alors le projet Ford v. Ferrari, développé à partir de par James Mangold[10].

En 2017, Michael Mann apparait dans le film documentaire de Jean-Baptiste Thoret, We Blew It.

Début , il est annoncé que Mann travaille sur un polar retraçant la vie d'un criminel d'envergure internationale, Paul Calder Le Roux[11].

StyleModifier

Formaliste et esthète, Michael Mann se remarque dans son style par son goût des ambiances contemplatives et aériennes. Ses films mettent souvent en scène des êtres vampirisés par leur travail ou leur statut, ainsi que des figures dualistes qui tendent à se confondre avec ambiguïté.

FilmographieModifier

RéalisateurModifier

CinémaModifier

TélévisionModifier

ProducteurModifier

CinémaModifier

TélévisionModifier

ScénaristeModifier

CinémaModifier

Michael Mann est scénariste de tous les films qu'il a réalisés, à l'exception de Collatéral (écrit par Stuart Beattie) et Hacker (écrit par Morgan Davis Foehl).

TélévisionModifier

Box-officeModifier

Film Budget   États-Unis   France   Monde
Comme un homme libre (1981[Note 2]) 1 100 000 $[12] NC 89 528 entrées[13] NC
Le Solitaire (1981) 5 500 000 $[14] 11 492 915 $[15] 156 026 entrées[16] NC
La Forteresse noire (1983) 6 000 000 $ 4 218 594 $[17] 289 393 entrées[18] NC
Le Sixième Sens (1986) 14 000 000 $[19] 8 620 929 $[20] 147 354 entrées[21] NC
Le Dernier des Mohicans (1992) 40 000 000 $[22] 75 505 856 $[22] 1 241 932 entrées[23] 142 505 856 $[24]
Heat (1995) 60 000 000 $[25] 67 436 818 $[26] 1 434 256 entrées[25] 187 436 818 $[26]
Révélations (1999) 68 000 000 $[27] 29 089 912 $[28] 398 951 entrées[29] 60 289 912 $[28]
Ali (2001) 107 000 000 $[30] 58 203 105 $[30] 1 035 360 entrées[31] 87 812 729 $[30]
Collatéral (2004) 65 000 000 $[32] 101 005 703 $[32] 1 451 877 entrées[33] 220 926 695 $[32]
Miami Vice : Deux flics à Miami (2006) 135 000 000 $[34] 63 450 470 $[34] 1 576 194 entrées[35] 164 231 296 $[34]
Public Enemies (2009) 100 000 000 $[36] 97 104 620 $[36] 1 537 488 entrées[37] 214 104 620 $[36]
Hacker (2015) 70 000 000 $[38] 8 005 980 $[38] 144 413 entrées[39] 19 652 057 $[38]
  • Légendes : Budget (entre 1 et 10 M$, entre 10 et 100 M$ et plus de 100 M$), États-Unis (entre 1 et 50 M$, entre 50 et 100 M$ et plus de 100 M$), France (entre 100 000 et 1 M d'entrées, entre 1 et 2 M d'entrées et plus de 2 M d'entrées) et monde (entre 1 et 100 M$, entre 100 et 200 M$ et plus de 200 M$).

DistinctionsModifier

Oscar 2000
Oscar 2005

Notes et référencesModifier

Notes
  1. Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.
  2. Date de sortie en salles du téléfilm au cinéma.
Références
  1. a et b (en) Michael Phillips, « Mann explores the legendary dark sides of home »,
  2. (en) Xan Brooks, « 'Ali likes the film a lot. He's seen it six times' », sur The Guardian, .
  3. (en) Nick James, « Michael Mann: The criminal mastermind », sur The Guardian, .
  4. (en) Steven Rybin, The Cinema of Michael Mann (lire en ligne), p. 22.
  5. (en) David Marc et Robert J. Thompson, Prime Time Prime Movers, Little, Brown and Company, , 304 p. (ISBN 978-0-316-54589-1), p. 232.
  6. « Michael Mann Président du jury du Festival de Venise », sur allocine.fr, (consulté le ).
  7. Son jury est composé de Laeticia Casta, Matteo Garrone, Pablo Trapero, Ursula Meier, Samantha Morton, Ari Folman, Peter Chan et Marina Abramović
  8. « Venice 2012 : Jury President Michael Mann Explains The Master Voting Decisions », sur Hollywood Reporter.
  9. « Christian Bale dans la peau d’Enzo Ferrari ! », sur Auto Plus.
  10. (en) Brent Lang, « James Mangold Directing Ford vs. Ferrari Film », sur Variety.com, (consulté le ).
  11. Olivier Pallaruelo (@Olivepal), « Michael Mann envisage de faire un film sur le criminel Paul Le Roux », sur allocine.fr, (consulté le ).
  12. « The Jericho Mile (TV Movie 1978) : Trivia », sur IMDb (consulté le ).
  13. « Box-office français de Comme un homme libre », sur JP's Box-office (consulté le ).
  14. Siskel, Gene., « Movies: James Caan: Frustrated star talks tough about his career Tough talk from a frustrated star », Chicago Tribune,‎ , d2
  15. « Thief (1981) », sur Box Office Mojo, IMDb (consulté le ).
  16. « Box-office français du Solitaire », sur Jp's Box-office (consulté le ).
  17. « The Keep », sur Box Office Mojo, IMDb (consulté le ).
  18. « Box-office français de La Forteresse Noire », sur Jp's Box-office (consulté le ).
  19. "De Laurentiis Producer's Picture Darkness": Knoedelseder, William K., Jr. Los Angeles Times 30 Aug 1987: 1.
  20. « Manhunter (1986) », sur Box Office Mojo, IMDb (consulté le ).
  21. « Box-office français du Sixième Sens », sur Jp's Box-office (consulté le ).
  22. a et b « The Last of the Mohicans », sur Box Office Mojo, IMDb (consulté le ).
  23. « Box-office français du Dernier des Mohicans », sur JP's Box-office (consulté le )
  24. Don Groves, « Disney fare is cats' meow; Clint rides », Variety,‎ , p. 34
  25. a et b « Box-office français de Heat », sur Jp's Box-office (consulté le ).
  26. a et b « Heat », sur Box Office Mojo, IMDb (consulté le ).
  27. « The Insider (1999): Metrics », Nash Information Services, LLC (consulté le )
  28. a et b « The Insider », sur Box Office Mojo, IMDb (consulté le ).
  29. « Box-office français de Révélations », sur Jp's Box-office (consulté le ).
  30. a b et c « Ali », sur Box Office Mojo, IMDb (consulté le )
  31. « Box-office français d'Ali », sur Jp's Box-office (consulté le ).
  32. a b et c « Collateral », sur Box Office Mojo, IMDb (consulté le ).
  33. « Collatéral: Box-office français », sur JP's Box-office (consulté le ).
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  35. « Box-office français de Miami Vice », sur JP's Box-office (consulté le ).
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  37. « Public Enemies : box-office français », sur Jp's Box-office (consulté le ).
  38. a b et c « Blackhat », sur Box office Mojo, IMDb (consulté le ).
  39. « Hacker : box-office français », sur Jp's Box-office (consulté le ).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (en) Mark E. Wildermuth, Blood in the moonlight : Michael Mann and information age cinema, McFarland, , 211 p. (ISBN 978-0-7864-2059-9, lire en ligne)
  • (en) Steven Rybin, The cinema of Michael Mann, Lanham, MD, Lexington Books, , 233 p. (ISBN 978-0-7391-2043-9)
  • Axel Cadieux, L'Horizon de Michael Mann, Playlist Society, 2015, 112 p.

Liens externesModifier