Mezzomorto Hussein Pacha

corsaire barbaresque, marin ottoman, kapudan pacha
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Mezzomorto Hussein Pacha
Illustration.
Gravure Allemande de Mezzomorto, 1687.
Titre
3e Dey d'Alger
Prédécesseur Baba Hassan Dey
Successeur Hadj Chabane
Biographie
Lieu de naissance Majorque (Couronne d'Aragon)
Date de décès
Religion Islam
Résidence Palais de la Jenina
Dey d'Alger

Mezzomorto Hussein Pacha (turcMezamorta Hüseyin Paşa) ou Hadj Husaïn Mezzomorto (turcHacı Hüseyin Mezamorta) était un célèbre corsaire musulman d'origine espagnole.

Il a exercé diverses fonctions politiques au sein de l'Empire ottoman, et des états barbaresques, s'illustrant tout particulièrement parmi le corps des raïs du royaume d'Alger, devenant même dey d'Alger. Reconnu à Istanbul pour ses qualités de marin, il devint kapudan pacha de la marine ottomane de 1695 jusqu'à sa mort, en 1701.

Il aurait acquis son surnom de mezzomorto, signifiant en italien « à demi-mort », à la suite d'un combat avec les Espagnols au cours duquel il aurait été « mortellement » blessé[1].

BiographieModifier

 
Buste de Hüseyin Mezamorta

Son origine n'est pas connue avec certitude ; une source du début du XVIIe siècle le décrit comme un un renégat chrétien originaire de Majorque[1],[2]. Il est mentionné pour la première fois en 1674, comme un corsaire déjà célèbre[1].

Présent lors du bombardement d'Alger en 1682[réf. nécessaire], il prit l'année suivante la tête de la défense de la ville, lors de son bombardement par l'amiral Duquesne, après avoir assassiné le dey d'Alger, Baba Hassan, auquel il succéda. Ce dernier avait donné Mezzomorto en otage aux Français, mais ayant persuadé l'amiral français de le renvoyer à terre pour négociation, il mena une insurrection contre Baba Hassan et le tua. Il ouvrit ensuite le feu contre la flotte française, obligeant Duquesne à mettre fin à son blocus[1].

En 1684, il signa un traité pour une durée de 100 ans avec Duquesne.

D'après la chambre de commerce de Marseille, les pirates d'Alger ont capturé entre 1674 et 1677, au moins 191 vaisseaux français[3].

Dey d'AlgerModifier

En tant que beylerbey d'Alger, Mezzomorto prit part en 1686 à la guerre de Morée contre les Vénitiens[1]. En 1688, Alger dénonça le traité avec la France et Mezzomorto repoussa un nouveau bombardement sur Alger dirigé par l'amiral Jean II d'Estrées. Pressenti au poste de kapudan pacha en 1699, il fut cependant politiquement mis à mal par les conséquences de ce bombardement — les expéditions navales contre la France, et terrestres contre les Espagnols à Oran, ayant ruiné les finances — et dut s'enfuir à Tunis puis à Istanbul, le poste étant finalement attribué à un autre.

Il commanda la flottille du Danube en 1690 et 1691, puis une flotte en mer Noire, et fut ensuite promu gouverneur de Rhodes (alors menacée par les Vénitiens) et commandant des vaisseaux ottomans[1]. Il se distingua à ce poste lors de la reconquête de Chios au début de 1695, ce qui lui valut d'être nommé kapudan pacha en mai et de diriger la marine ottomane jusqu'à la fin de la guerre[4]. Il participa ainsi à la bataille d'Andros de 1696. Le , il battit une escadre vénitienne près de l'île de Ténédos, le il remporta une nouvelle bataille à Andros, et conduisit une autre bataille près de Lesbos, le .

Il mourut à Paros en 1701 et fut enterré à Chios[1].

Réorganisation de la marineModifier

Avec le soutien du sultan Mustafa II, il réforma la marine, devenu archaïque. Ses réformes furent compilées dans un recueil (kannunname) publié peu avant sa mort. Ce texte introduisait entre autres des réformes dans la hiérarchie, précisait le mode de promotion au sein du corps des officiers et entérinait la prééminence des vaisseaux sur les galères[5].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f et g C. Orhonlu, s.v. Ḥād̲j̲d̲j̲ī Ḥusayn Pas̲h̲a in Encyclopedia of Islam, New Edition. Vol. III. Ed. B. Lewis, V.L. Menage, Ch. Pellat and J. Schacht. Leiden: E. J. Brill, 1971. p. 629.
  2. Daniel Panzac. La Marine ottomane. De l’apogée à la chute de l’Empire (1572-1923).
  3. Gilbert Buti et Philippe Hrodej, Histoire des pirates et des corsaires : De l'Antiquité à nos jours, CNRS, , 608 p. (ISBN 978-2-271-09313-4, lire en ligne)
  4. Daniel Panzac, La Marine ottomane. De l’apogée à la chute de l’Empire (1572-1923) p 179-180
  5. D. Panzac, op cit p 180

Articles connexesModifier