Mezzomorto Hussein Pacha

corsaire barbaresque, marin ottoman, kapudan pacha
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Mezzomorto Hussein Pacha
Gouverneur de la Régence d'Alger
Image illustrative de l’article Mezzomorto Hussein Pacha
Gravure Allemande de Mezzomorto, 1687.
Biographie
Nom arabe Hussein Mezzomorto
Nom turc Mezamorta Hüseyin Paşa
Lieu de naissance Majorque, Espagne
Date de décès 1701
Fonction
Titre Dey d'Alger
Règne 1683 - 1688
Prédécesseur Baba Hassan
Successeur Hadj Chabane

Mezzomorto Hussein Pacha (turcMezamorta Hüseyin Paşa) ou Hadj Husaïn Mezzomorto (turcHacı Hüseyin Mezamorta) était un célèbre corsaire musulman d'origine espagnole.

Il a exercé diverses fonctions politiques au sein de l'Empire ottoman, et des états barbaresques, s'illustrant tout particulièrement parmi le corps des raïs du royaume d'Alger, devenant même dey d'Alger. Reconnu à Istanbul pour ses qualités de marin, il devient kapudan pacha de la marine ottomane de 1695 jusqu'à sa mort, en 1701.

Son surnom mezzomorto est la traduction italienne de "mort-vivant" qu'il a acquis durant un combat avec les Espagnols[1], au cours duquel il fut gravement blessé.

BiographieModifier

 
Buste de Hüseyin.

Mezzomorto était peut être Turc[2], ou un renégat chrétien originaire de Majorque[3], converti à l'islam. Il est mentionné pour la première fois comme corsaire en 1674, il prit seul, courageusement, la tête de la défense d'Alger lors du bombardement de la ville par l'amiral Duquesne de 1683, et fut élu dey par le diwan d'Alger, en récompense.

Il était aussi présent lors du bombardement d'Alger en 1682. Le Dey d'Alger, Baba Hassan, l'avait confié en otage aux Français, mais Mezzomorto a persuadé l'amiral français de le renvoyer sur le rivage, où il a mené une insurrection contre Baba Hassan, au cours de laquelle il le tue, et lui succède[4]. Il a ensuite ouvert le feu sur la flotte française, obligeant Duquesne à mettre fin à son blocus. Au cours du bombardement de 1684, il a signé un traité pour une durée de 100 ans avec Duquesne. En 1688, Alger dénonce le traité, Mezzomorto repousse un bombardement sur Alger dirigé par l'amiral Jean II d'Estrées, la flotte française dut faire retraite à cause de la défense de la ville. Il est politiquement mis à mal par les conséquences de ce bombardement — les expéditions navales contre la France, et terrestres contre les Espagnols à Oran, ont ruiné les finances.

D'après la chambre de commerce de Marseille, les pirates Algériens, auraient capturé entre 1674 et 1677, au moins 191 vaisseaux français[5].

Dey d'AlgerModifier

En tant que dey d'Alger, Mezzomorto a pris part à la guerre de Morée contre les Vénitiens en 1686. En 1690, il a commandé sa flotte dans le Danube. et plus tard dans la mer Noire, puis fut promu gouverneur de Rhodes, menacée par les vénitiens[4]. Il se distingua à ce poste lors de la reconquête de Chios au début de 1695, ce qui lui valut d'être nommé kapudan pacha en mai, et de diriger la marine ottomane jusqu'à la fin de la guerre[6], il participe à la bataille d'Andros de 1696. Le , il bat une escadre Vénitienne près de l'île de Tenedos, le il remporte une nouvelle bataille à Andros. Ainsi qu'une autre bataille près de Lesbos, le [4].

Réorganisation de la marineModifier

Avec le soutien du sultan Mustafa II, il réforma la marine, devenu archaïque. Ses réformes furent compilées dans un recueil (kannunname) publié peu avant sa mort. Ce texte introduisait entre autres des réformes dans la hiérarchie, précisait le mode de promotion au sein du corps des officiers et entérinait la prééminence des vaisseaux sur les galères[7].

Notes et référencesModifier

  1. Orhonlu, C. "Hadjdji Husayn Pasha." Encyclopedia of Islam, New Edition. Vol. III. Ed. B. Lewis, V.L. Menage, Ch. Pellat and J. Schacht. Leiden: E. J. Brill, 1971. p. 629.
  2. İsmail Hâmi Danişmend, Osmanlı Devlet Erkânı, p. 172. Türkiye Yayınevi (Istanbul), 1971.
  3. Daniel Panzac. La Marine ottomane. De l’apogée à la chute de l’Empire (1572-1923).
  4. a b et c Orhonlu, "Hadjdji Husayn Pasha." p. 629.
  5. Gilbert Buti et Philippe Hrodej, Histoire des pirates et des corsaires : De l'Antiquité à nos jours, CNRS, , 608 p. (ISBN 978-2-271-09313-4, lire en ligne)
  6. Daniel Panzac, La Marine ottomane. De l’apogée à la chute de l’Empire (1572-1923) p 179-180
  7. D. Panzac, op cit p 180

Articles connexesModifier