Melozzo da Forlì

peintre italien
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Melozzo da Forlì (de son appellation courante) ou Ambrosi Melozzo, ou Marco di Giuliano degli Ambrogi, ou Melozzo di Giuliano degli Ambrogi (né à Forlì en 1438 et mort dans sa ville natale en 1494), est un peintre italien de la Renaissance.

Melozzo de Forlì
Melozzo.jpg
Naissance
Décès
Activités
Mouvement
Œuvres principales

BiographieModifier

Si la paternité des premières contre-plongées de l’Histoire de l'Art lui est disputée par Andrea Mantegna, il est sans nul doute le premier Artiste à réaliser une coupole peinte à fresque, et le premier peintre à représenter un corps en lévitation.

Reconnu par Vasari et Luca Pacioli, Melozzo influença des artistes importants de la Renaissance, tels que Raphaël, Michel-Ange ou Bramante. Parmi ses disciples, l’on trouve Marco Palmezzano, Lorenzo da Viterbo, Giovanni Maria Falconetto, Giovanni del Sega et Antoniazzo Romano également connu sous le nom de Antonio Aquili.

FormationModifier

 
Melozzo da Forli (Autoportrait supposé)

Melozzo nait à Forlì en 1438. De sa première formation, nous ne savons pas grand chose, si ce n’est qu’il fut disciple de Baldassarre Carrari l’Ancien, peintre de tradition giottesque. Melozzo da Forli eut probablement connaissance de l’œuvre d’un autre disciple de Giotto, Guglielmo degli Organi, qui avait peint l’église de San Domenico à Forli ainsi que d'Ansuino da Forlì, qui avait travaillé dans l’église des Ermites à Padoue, et qui introduisit à Forlì la manière d’Andrea Mantegna, dont Melozzo tira par la suite une ligne forte et incisive, l’utilisation des raccourcis et une attention particulière pour l’expressivité des figures. En 1450, Leon Battista Alberti le théoricien de la perspective est appelé à Rimini, (à cinquante kilomètre de Forli) par Sigismondo Pandolfo Malatesta où il demeure quelques années.

RomeModifier

Il arrive à Rome à l’âge de 26 ans où il travaille comme Pictor papalis dans la basilique Saint-Marc sur les fresques San Marco Papa et San Marco Evangelista.

Entre 1464 et 1465, il collabore avec Antoniazzo Romano à la décoration à fresque de la chapelle Bessarione dans la basilique des Saints Apôtres. Fresques qui, depuis 2008, sont à nouveau visibles. Leon Battista Alberti, l’auteur du de Pictura de 1435, théoricien de la fenêtre ouverte sur le monde est également à Rome à cette période.

UrbinoModifier

De 1465 à 1475, il entre au service de Frédéric III de Montefeltro à Urbino. La Ville rivalise alors avec les grandes Cités (cf : Renaissance à Urbino) avec la présence simultané de Piero della Francesca, Leon Battista Alberti, Luciano Laurana, Francesco di Giorgio Martini, Giovanni Santi, Fra Carnevale. Les conceptions collégiales du travail de l’époque rendent difficile les attributions des oeuvres parmi lesquelles la plus emblématique de la Renaissance à Urbino :

Bien que la Cité idéale d’Urbino lui ait été dernièrement attribuée, l'on peut imaginer, de manière plus réaliste, que cette illustre Cité idéale ait été élaborée avec le concours de Leon Battista Alberti pour théoriser l’empilement d’ellipses du bâtiment central, de Luciano Laurana ou de di Giorgio Martini pour l’invention architecturale et de della Francesca ou lui-même pour la connaissance picturale. L’on peut ainsi penser en se remémorant la reconstitution renaissance de Roberto Rossellini dans l'Âge de Cosme de Médicis, d’une atelier d’artistes et d’homme de science autour d’un Duc d’Urbino éclairé désireux de refonder la Ville.

Reste que du travail de Melozzo à Urbino, il ne reste rien qui lui soit attribuable sans discussion, sinon les panneaux de l’Annonciation des Offices de Florence. Sa présence à Urbino laissa cependant une claire influence sur le peintre flamand Juste de Gand, qui y arriva vers 1473, et sur le peintre espagnol Pedro Berruguete, qui y arriva après 1474. Et lui-même en retirera une réputation de maître de la perspective et du raccourci.


Il est de retour à Rome en 1475. Il commence les travaux d'aménagement de la bibliothèque vaticane, dont il subsiste la fresque de l'Investiture de Platina comme Préfet de la Bibliothèque (Pinacothèque vaticane). De son œuvre suivante, la fresque peinte à l'abside des Saints Apôtres, il reste quelques fragments conservés au Quirinal et à la pinacothèque vaticane.


 
Les Anges de Melozzo da Forli à la Pinacothèque Vaticane


A LoretteModifier

Il part pour Loreto entre 1477 et 1479 où il entreprend la fresque pour la Sacristie de Saint Marc de la sainte Maison commanditée par le cardinal Girolamo Basso della Rovere :

le projet prévoyait de disposer d’une série de figures à l’intérieur de la voûte, aperçues pour une correcte vision du bas, et placées dans des cadres avec des reliefs en faux stuc, de sorte que l’architecture peinte ressemblait à la continuation de l’architecture réelle. Pour le squelette architectural peint, une série de côtes et de cadres convergeraient vers le sommet de la coupole, entourant des fenêtres ouvertes.


C’est ainsi qu’avec la sacristie saint Marc, Melozzo da Forli réalise non seulement, après l'oculo profane du plafond de la chambre des époux du Duc de Mantoue par Andrea Mantegna, le premier di sotto in sù[1] religieux de l’histoire de la peinture mais également la première coupole peinte à fresque de l’Histoire de l’Art, et ce, cent ans avant la fresque de Vasari pour Santa Maria del Fiore en 1571. Melozzo da Forli peint pour l’occasion les premières représentations de corps en lévitation inaugurant ainsi l’envol pictural des personnages autour duquel la contre-réforme fondera son identité imaginaire pendant près de trois siècles.[2]

 
Détail de la Fresque de la Voûte de la Sacristie de saint Marc de la Basilique de Loreto par Melozzo da Forli

Accompagné de ses assistants, il ne semble avoir achevé la décoration de la coupole de la Sacristie du sanctuaire de Loreto qu'en 1484. De manière quasiment contemporaine, Luca Signorelli peint la Sacristie voisine de la sainte Maison, la Sacristie de la Cure.



Retour à ForliModifier

Après un nouveau voyage à Rome puis à Ancône, il revient à Forlì, où il réalise, entre 1493 et 1494, un ensemble de fresques avec le concours de son disciple Marco Palmezzano pour l’église San Biagio ; parmi elles, une nouvelle fresque d'intérieur de coupole dans la chapelle Feo. Cette dernière sera détruite en 1944 par les bombardements de la seconde guerre mondiale.

Dans la Pinacothèque civique de la ville de Forli est conservée l’œuvre connue comme Il Pestapepe, probablement exécutée pour le compte d’un commerçant, peut-être comme enseigne de l’activité. Longtemps attribuée à Melozzo, elle a été mise en relation avec les milieux artistiques de Ferrare, peut-être l’œuvre est-elle de Francesco del Cossa.

Melozzo da Forli mourut dans sa ville natale en 1494. Sa tombe se trouve à l’intérieur de l’église de la Très Sainte Trinité.

 
Voûte de La Chapelle Feo en l’église de San Biagio à Forli. Photographie antérieure à 1944.

ŒuvresModifier

Attribution récente



Notes et référencesModifier

  1. équivalent pictural de la contre-plongée photographique
  2. L'Apesanteur dans l’art de la Contre-Réforme, de Melozzo da Forli à Tiepolo.
  3. Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti : La Peinture à Florence, Editions Place des Victoires, (ISBN 2-84459-006-3), p. 84

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