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Mehmed V
Illustration.
Le sultan Mehmed V
Titre
35e sultan ottoman
99e calife de l'Empire

(9 ans, 2 mois et 6 jours)
Prédécesseur Abdülhamid II
Successeur Mehmed VI
Biographie
Dynastie Dynastie ottomane
Nom de naissance Reşat Mehmet
Date de naissance
Lieu de naissance Constantinople (Empire ottoman)
Date de décès (à 73 ans)
Lieu de décès Constantinople (Empire ottoman)
Père Abdülmecid Ier
Mère Gülcemal Sultan
Conjoint Kümures Baş Kadın
Dürrüdem Kadım
Mihrengis Haseki Kadın
Nazperver Kadın
Dilfirib Kadın
Enfants Mehmed Ziyaeddin
Mehmed Necmeddin
Ömer Hilmi
Refia Sultana

Signature de Mehmed V

Mehmed V
Liste des sultans de l'Empire ottoman

Mehmed V ou Mehmed V Reşad (en turc ottoman : محمد خامس, Meḥmed-i ẖâmis ; en turc : Beşinci Mehmet Reşat), né le à Constantinople et mort le dans la même ville, est sultan ottoman et calife de l'Islam du à sa mort.

Troisième fils d'Abdülmecid Ier et demi-frère des sultans Mourad V et Abdülhamid II, il accède au trône après la déposition de ce dernier par les Jeunes-Turcs au pouvoir depuis la révolution de 1908.

Mehmed V n'exerce presque aucune autorité politique et est tenu à l'écart du gouvernement de l'Empire. Durant son règne, l'Empire ottoman perd ses dernières possessions en Afrique du nord puis en Europe, avant de s'engager dans la Première Guerre mondiale.

Il meurt quelques mois avant la défaite de son pays. Son frère cadet lui succède sous le nom de Mehmed VI. L'Empire ottoman disparaît peu après avec la proclamation de la république de Turquie en 1922.

BiographieModifier

Né en 1844 à Constantinople[1], Mehmed V était le fils du sultan Abdülmecid Ier et de Gulcemal. Il accède au trône sans aucune expérience politique à l'âge de 65 ans le à la suite de la déposition de son frère aîné Abdülhamid II[2]. Il vécut à Istanbul, dans le palais de Yıldız.

Sous son règne se déroulèrent le massacre des Arméniens en 1909 à Adana, la guerre italo-ottomane de 1911-1912 (perte de la Libye et du Dodécanèse par l'Empire ottoman), la Première Guerre balkanique de 1912 (perte de l'Albanie, de la Macédoine, de la Thrace, de la Roumélie), et la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle le régime des Jeunes-Turcs commet le génocide arménien, le génocide assyrien et le début du génocide grec pontique. Le nombre de morts du génocide arménien et assyro-chaldéen est généralement estimé entre 600 000 et 900 000 morts[3].

Pour l'Empire ottoman, l'issue de la Première Guerre mondiale risque d'être son démembrement car allié aux Austro-Hongrois et aux Allemands, il se trouve dans le camp des vaincus. Le traité de Sèvres est extrêmement sévère : les territoires à majorité arabe (Syrie, Palestine, Liban, Mésopotamie, Hedjaz, Asir, Yémen) sont détachés de l'Empire et ceux du croissant fertile sont placés par décision de la Société des Nations sous mandats britannique et français (voir accord Sykes-Picot)[4] ; la côte égéenne est occupée par les Grecs et les Italiens ; les détroits des Dardanelles et du Bosphore échappent à la souveraineté turque ; la majeure partie de la Thrace devient grecque ; l'Arménie au nord-est se détache ; un Kurdistan est envisagé à l'est et des zones d'influence sont définies en Anatolie même. L'Empire ne conserve sa pleine souveraineté qu'en Anatolie centrale et septentrionale. Pour avoir signé pareil traité, le sultan perd toute légitimité aux yeux de la population et de l'armée.

Il meurt avant la fin de la guerre, le 3 juillet 1918. Sa tombe se trouve dans l'actuel district stambouliote d'Eyüp. Il laissa deux fils, le prince Mehmed Ziyaeddin (tr) (1873-1938) et le prince Ömer Hilmi (en) (1888-1935).

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Mehmed V | Ottoman sultan », Encyclopedia Britannica,‎ (lire en ligne, consulté le 22 janvier 2018)
  2. (en) Spencer Tucker, World War I: Encyclopedia, ABC-CLIO, (ISBN 9781851094202, lire en ligne)
  3. A-L Dupont, C. Mayeur-Jaouen, C. Verdeil, Histoire du Moyen-Orient du XIXe siècle à nos jours, Paris, Armand Colin, , 472 p. (ISBN 978-2-200-25587-9), P. 164
  4. Laurens 2003.

Liens externesModifier