Maurice Renard (écrivain)

écrivain français
Maurice Renard
Description de l'image Maurice Renard (1875-1939).jpg.
Alias
Vincent Saint-Vincent
Naissance
Châlons-en-Champagne, Marne,
Drapeau de la France France
Décès (à 64 ans)
Rochefort-sur-Mer, Charente-Inférieure,
Drapeau de la France France
Activité principale
écrivain
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

Maurice Renard, né le à Châlons-sur-Marne et mort le à Rochefort-sur-Mer, est un écrivain français, spécialisé dans le fantastique, la science-fiction et le roman policier.

Il est à l'origine du genre « merveilleux-scientifique », qui eut un certain succès en France dans le premier tiers du XXe siècle[1].

BiographieModifier

S'il naît à Châlons-sur-Marne, au 7 rue du Grenier-au-Sel, dans une famille bourgeoise, c'est à Reims, où son père, magistrat, a été nommé président du tribunal d'instance en 1877, que Maurice Renard passe son enfance. Son grand-père Pierre Édouard Renard était également haut magistrat, ainsi que maire d'Épernay.

L'enfance de Maurice est rythmée par des séjours d'été à Hermonville, où ses grands-parents possèdent le château Saint-Rémy (détruit en 1918), et où la famille occupe, dans le vaste parc, un petit pavillon, le clos Saint-Vincent. Seul garçon et, de loin, le benjamin de trois enfants, c'est un enfant solitaire, choyé par ses parents, marqué par ses lectures – Charles Dickens, Edgar Poe notamment – et par les mannequins du magasin de bonneterie de ses grands-parents à Reims.

Fin 1886, Maurice Renard est interne de l’École Monge, 145 boulevard Malesherbes à Paris, avant de revenir à Reims en 1892, au collège des Bons-Enfants. En 1894, il obtient son baccalauréat en lettres et en philosophie. Il effectue trois années de service militaire à Reims (1896-1899) avec le grade de maréchal des logis, au cours desquelles il découvre Herbert George Wells. En 1899, il s'installe à Paris et fait des études de droit qu'il abandonne bientôt pour se consacrer à la littérature.

Il publie un hommage à Victor Hugo, lu à la Comédie-Française. Puis, sous le pseudonyme de Vincent Saint-Vincent (il choisit ce pseudonyme pour ne pas être confondu avec Jules Renard, mais y renonce en découvrant qu'il s'agit d'un patronyme réel), il publie son premier recueil de contes Fantômes et fantoches, en 1905, fruit d'inspirations diverses, où l'on note l'influence de Herbert George Wells dans Les vacances de monsieur Dupont, (un Monde perdu avant la lettre).

En 1903, il épouse Stéphanie La Batie ; le couple aura quatre enfants : Renaud (né en 1904), Rémi (1905-1977), Cyril (né en 1915), Daniel (décédé à 18 mois en 1919). Il s'installe d'abord no 85 avenue Kléber puis, en février 1910, emménage no 8 rue de Tournon. Des hôtes illustres fréquentent son salon : Colette, Pierre Benoit, Henry de Montherlant entre autres.

Son premier roman, Le Docteur Lerne, sous-dieu, paru en 1908 et dédié à H.G. Wells, aborde le thème du savant fou et de la greffe d'organe. Il est suivi par Le Voyage immobile en 1909 puis par Le Péril bleu en 1912, roman remarqué par Louis Pergaud. Renard fonde la revue poétique La Vie française, et publie Monsieur d'Outremort et autres histoires singulières en 1913.

Il sert comme officier de cavalerie pendant la Première Guerre mondiale, de 1914 à début 1919.

Son roman fantastique Les Mains d'Orlac paru en feuilleton en 1920, reprend le thème de la greffe. Il sera adapté plusieurs fois au cinéma (notamment pour le film Les Mains d'Orlac (Mad Love) réalisé par Karl Freund aux États-Unis en 1935). En 1921 est publié L'Homme truqué.

Fin 1922, lors d'une réunion de la Société des gens de lettres, dont il est alors secrétaire général, Renard annonce mettre à disposition 10 000 francs pour doter durant dix ans un prix littéraire récompensant des œuvres rattachables au « merveilleux-scientifique » ; le prix Maurice-Renard est remis de 1922 à 1932[2].

En 1928, son roman Un homme chez les microbes est publié. Maurice Renard divorce en 1930 et se remarie.

À partir de 1935, année de la publication du roman policier Le Mystère du masque, dans la collection Le Masque, l'écrivain commence à faire paraître de nombreuses nouvelles et des feuilletons dans divers quotidiens. Il devient également vice-président de la Société des gens de lettres. Au terme du mandat de Jean Vignaud à la présidence de la SGDL (), il retirera sa candidature afin de permettre à Camille Marbo de devenir la première femme présidente et organiser le centenaire de l'Institution (1938).

Il meurt des suites d'une opération chirurgicale à Rochefort-sur-Mer en 1939. Il repose à l'île d'Oléron, au cimetière de Dolus-d'Oléron où il possédait une petite maison, son lieu de séjour habituel. Une plaque y est apposée[3].

ŒuvreModifier

RomansModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Le Docteur Lerne, sous-dieu (1908)
  • Le Voyage immobile (1909)
  • Le Péril bleu (1912) ; réédition, Éditions Jules Tallandier, coll. « À travers l'Univers », 1953
  • Les Mains d'Orlac (1920)
  • Le Singe, coécrit avec Albert-Jean (1925). Ce roman met en scène l'écrivain J.-H. Rosny aîné[4].
  • L'Invitation à la peur (1926)
  • ? Lui ? (1927)
  • Notre-Dame Royale. Tableau du sacre de Louis XVI à Reims (1927), prix Thérouanne de l'Académie française en 1928.
  • Un homme chez les microbes (1928) ; réédition, Éditions Métal, 1956
  • Le Carnaval du mystère (1929)
  • La Jeune Fille du yacht (1930) illustrations de Auguste Leroux, Éd. L'Illustration, revue La Petite Illustration (trois fascicules brochés); no 468, ; no 469, ; no 470,  ;
  • Celui qui n'a pas tué (1932)
  • Le Maître de la lumière (feuilleton, 1933, publié à titre posthume en 1947) disponible sur Gallica
  • Le Bracelet d'émeraudes (feuilleton, 1933)
  • Colbert (feuilleton, 1934)
  • Le Mystère du masque, Paris, Librairie des Champs-Élysées, Le Masque no 176 (1935)
  • Le Violon de la reine (feuilleton, 1935)
  • Les Mousquetaires des Halles (1936)
  • Fleur dans la tourmente (feuilleton, 1936)
  • Le Signe du cœur (feuilleton, 1937)
  • Les Trois Coups du destin (feuilleton, 1938)
  • La Redingote grise (feuilleton, 1939)
  • La Prison d'argile (1942)

NouvellesModifier

  • L'Homme truqué (1921)
  • Le Professeur Krantz, illustrations de L. Pouzargues, Éd. L'Illustration, revue La Petite Illustration no 571,
  • La Cantatrice, in Fiction no 2, Éditions OPTA, ;
  • Le Brouillard du , in Fiction no 6, Éditions OPTA, ;
  • La Gloire du Comacchio, in Fiction no 20, Éditions OPTA, ;
  • L'Homme au corps subtil, in Fiction no 62, Éditions OPTA, ;
  • La Rumeur dans la montagne, in Fiction no 88, Éditions OPTA, ;
  • Le Lapidaire, in Fiction no 133, Éditions OPTA, ;
  • Suzannah, in Fouilles archéobibliographiques (Fragments), Bibliogs, 2015.

Recueils de nouvellesModifier

  • Fantômes et Fantoches, sous le pseudonyme de Vincent Saint Vincent (1905) - recueil de 7 nouvelles
  • Monsieur d'Outremort et autres histoires singulières (1913) - recueil de nouvelles, voir Wikisource
  • L'Homme truqué, suivi de Château hanté et de La Rumeur dans la montagne (1921) aux éditions G. Crès
  • Papillon de la mort, NéO, coll. Fantastique - SF - aventure no 139, 1985. Ce recueil de nouvelles publié à titre posthume reprend des nouvelles publiées dans des magazines. Il contient les nouvelles suivantes :
    • L'Écharpe gris souris (1929)
    • Cambriole (1929)
    • Elle (1929)
    • L'Étrange Souvenir de M. Liserot (1929)
    • À l'eau de rose (1929)
    • Le Papillon de la mort (1929)
    • La Rumeur dans la montagne (1923)
    • Le Professeur Krantz (1932)
    • Le Rendez-vous (1909)
    • Le Lapidaire (1905)
    • La Grenouille (1926)
    • La Damnation de l'"Essen" (1926)
    • L'Affaire du miroir (1926)

ThéâtreModifier

Adaptations cinématographiques et télévisuellesModifier

Au cinémaModifier

À la télévisionModifier

RéférencesModifier

  1. « Le Merveilleux-scientifique », sur Bibliothèque nationale française.
  2. Fleur Hopkins, « L'histoire du prix Maurice Renard (1922-1932) », Le Rocambole : bulletin des amis du roman populaire, no 85,‎ , p. 115-144.
  3. Jean-Paul Barbier, Des Châlonnais célèbres, illustres et mémorables : biographie châlonnaise, Châlons-en-Champagne, Ed. du "Petit Catalaunien illustre, (ISBN 978-2-950-95461-9).
  4. Fabrice Mundzik, « Allusions : Maurice Renard & Albert-Jean "Le singe" (1925) » (consulté le 22 mars 2015)

AnnexesModifier

Bibliographie et webographieModifier

  • Patrizia d'Andrea, « Refaire le corps. Anticipation du transhumanisme dans les romans français : André Couvreur et Maurice Renard », dans Patrick Bergeron, Patrick Guay et Natacha Vas-Deyres (dir.), C'était demain : anticiper la science-fiction en France et au Québec (1880-1950), Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, coll. « Eidôlon » (no 123), , 428 p. (ISBN 979-10-91052-24-5), p. 83-98.
  • Jacques Baudou, « Bribes sur un héritier déviant de Shéhérazade », Les Cahiers de l'Imaginaire, Société des Cahiers de l'Imaginaire, no 5 « Maurice Renard romancier et théoricien du merveilleux scientifique »,‎ , p. 5-10.
  • Jacques Baudou, « Maurice Renard théoricien du merveilleux scientifique », Les Cahiers de l'Imaginaire, Société des Cahiers de l'Imaginaire, no 5 « Maurice Renard romancier et théoricien du merveilleux scientifique »,‎ , p. 41-45.
  • Jacques Baudou, « Bibliographie de Maurice Renard », Les Cahiers de l'Imaginaire, Société des Cahiers de l'Imaginaire, no 5 « Maurice Renard romancier et théoricien du merveilleux scientifique »,‎ , p. 51-56.
  • Jacques Baudou, « Biographie de Maurice Renard », dans Maurice Renard (édition établie par Francis Lacassin et Jean Tulard), Romans et contes fantastiques, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1271 p. (ISBN 2-221-05758-9), p. 1241-1247.
  • Simon Bréan, « L'écriture de Maurice Renard, en tension entre extrapolation scientifique et figuration littéraire », ReS Futurae, no 11,‎ (lire en ligne).
  • Hugues Chabot et Jérôme Goffette, « Maurice Renard sous le regard de la philosophie des sciences et de la philosophie de l'imaginaire », Alliage, Culture – Science – Technique, no 60 « Que prouve la science-fiction ? »,‎ , p. 154-167 (lire en ligne).
  • Hugues Chabot et Jérôme Goffette, « Les Mains d'Orlac entre imaginaire, médecine et corps modifié », dans Maurice Renard, Les Mains d'Orlac, Lyon, Les Moutons électriques, coll. « La bibliothèque voltaïque », , 314 p. (ISBN 978-2-915793-57-4, lire en ligne), p. 289-309.
  • Hugues Chabot et Jérôme Goffette, « L'hybride : merveilleux et scientifique dans Le Docteur Lerne de Maurice Renard », dans Anne Besson et Evelyne Jacquelin (dir.), Poétiques du merveilleux. Fantastique, science-fiction, fantasy en littérature et dans les arts visuels, Arras, Artois Presses Université, coll. « Études littéraires », , 266 p. (ISBN 978-2-84832-195-0, lire en ligne), p. 59-74.
  • Hugues Chabot, « Merveilleux-scientifique et merveilleux-logique chez Maurice Renard : une épistémologie romancée ? », ReS Futurae, no 11,‎ (lire en ligne).
  • Daniel Couégnas, « Les Mains d'Orlac, le roman multiple de l'imagination », Les Cahiers de l'Imaginaire, Société des Cahiers de l'Imaginaire, no 5 « Maurice Renard romancier et théoricien du merveilleux scientifique »,‎ , p. 25-30.
  • Claude Deméocq, « Jean Ray - Maurice Renard : Chronologie d'une amitié littéraire (1922-1939) », Le Visage vert, Paris, Joëlle Losfeld, no 7,‎ , p. 102-121 (ISBN 2-84412-027-X).
  • Claude Deméocq, « Les Relations entre Maurice Renard et Hachette-Lafitte [1914-1924] », Le Rocambole, Association des amis du roman populaire, no 12 « Les éditions Pierre Lafitte [II] »,‎ , p. 33-37 (ISBN 2-912349-12-5).
  • Claude Deméocq, « Maurice Renard sur le chemin du merveilleux scientifique », dans Maurice Renard, Les Mains d'Orlac, Lyon, Les Moutons électriques, coll. « La bibliothèque voltaïque », , 314 p. (ISBN 978-2-915793-57-4), p. 5-20.
  • Elaine Desprès, « L'inquiétante science de la greffe chez Maurice Renard », Otrante, art et littérature fantastique, Paris, Éditions Kimé, no 26 « Science et fantastique »,‎ , p. 55-68 (ISBN 978-2-84174-503-6, lire en ligne).
  • (en) Arthur B. Evans, « Science Fiction vs. Scientific Fiction in France : From Jules Verne to J.-H. Rosny Aîné », Science Fiction Studies, Greencastle (Indiana), SF-TH Inc, vol. 15, no 1,‎ , p. 1-11 (JSTOR 4239855).
    Traduction française : Arthur B. Evans (trad. Patrick Dusoulier), « Science-fiction et fiction scientifique en France : de Jules Verne à J.-H. Rosny aîné », ReS Futurae, no 11,‎ (lire en ligne).
  • (en) Arthur B. Evans, « The Fantastic Science Fiction of Maurice Renard », Science Fiction Studies, Greencastle (Indiana), SF-TH Inc, vol. 21, no 3,‎ , p. 380-396 (JSTOR 4240373).
    Traduction française : Arthur B. Evans (trad. Julien Jaegly), « La science-fiction fantastique de Maurice Renard », ReS Futurae, no 11,‎ (lire en ligne).
  • Jean-Marc Gouanvic, La science-fiction française au XXe siècle (1900-1968) : essai de socio-poétique d'un genre en émergence, Amsterdam, Rodopi, coll. « Faux titre : études de langue et littérature françaises » (no 91), , 292 p. (ISBN 978-9-05183-775-9, présentation en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne].
  • Fleur Hopkins, « Écrire un « conte à structure savante » : apparition, métamorphoses et déclin du récit merveilleux-scientifique dans l'œuvre de Maurice Renard (1909-1931) », ReS Futurae, no 11,‎ (lire en ligne).
  • Clément Hummel, « Les Gueules cassées du merveilleux scientifique : L'Énigme de Givreuse de J.-H. Rosny aîné et L'Homme truqué de Maurice Renard », Galaxies, nos 56/98,‎ , p. 62-68 (ISBN 978-2-37625-059-3).
  • Frédéric Jaccaud, « Les Anticipateurs. Chapitre sixième : Où la SF naît enfin avant de disparaître : Maurice Renard », Bifrost, no 50,‎ , p. 156-170 (ISBN 978-2-913039-47-6).
  • Yves Olivier-Martin, « Renard conteur et la critique », Les Cahiers de l'Imaginaire, Société des Cahiers de l'Imaginaire, no 5 « Maurice Renard romancier et théoricien du merveilleux scientifique »,‎ , p. 31-34.
  • Philippe Met, « Le Docteur Lerne, sous-dieu de Maurice Renard : un fantastique du texte et du sexe, ou le triomphe de la greffe », Lendemains, nos 110-111,‎ , p. 70-83.
  • (en) Lia Mitchell, « The Challenge of the Invisible in Maurice Renard's The Blue Peril », dans Philippe Mather et Sylvain Rheault (dir.), Rediscovering French Science-Fiction in Literature, Film and Comics : From Cyrano to Barbarella, Newcastle upon Tyne, Cambridge Scholars Publishing, , 230 p. (ISBN 978-1-4438-8676-5), p. 99-110.
  • Émilie Pézard, « Défense et illustration d'un genre. Le merveilleux scientifique défini par Maurice Renard (1909-1928) », ReS Futurae, no 11,‎ (lire en ligne).
  • Émilie Pézard, « L'ombre de la merveille. Le merveilleux scientifique au second degré de Maurice Renard », ReS Futurae, no 11,‎ (lire en ligne).
  • Émilie Pézard et Hugues Chabot, « Le merveilleux-scientifique de Maurice Renard en contexte », ReS Futurae, no 11,‎ (lire en ligne).
  • François Raymond, « Le Maître de la lumière ou la matière à réflexions », Les Cahiers de l'Imaginaire, Société des Cahiers de l'Imaginaire, no 5 « Maurice Renard romancier et théoricien du merveilleux scientifique »,‎ , p. 11-24.
  • Sandrine Schiano, « Maurice Renard et la science en récit au temps du Docteur Lerne et du Péril bleu », ReS Futurae, no 11,‎ (lire en ligne).
  • Valérie Stiénon, « Un roman de la rumeur médiatique. Événement, suspense et anticipation dans Le Péril bleu de Maurice Renard », ReS Futurae, no 11,‎ (lire en ligne).
  • Jacques Van Herp, « Maurice Renard scribe des miracles », Fiction, no 28,‎ , p. 107-110.

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :