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Maurice Pujo

journaliste français

Éléments biographiquesModifier

 
Maurice Pujo.

Maurice Pujo fut critique musical et ami du compositeur Guillaume Lekeu[1]. Il fut d'abord un philosophe républicain plutôt de gauche (salué dans un article par Jean Jaurès en 1894). Il est l'un des fondateurs de la Revue jeune, qui devient bientôt L'Art et la vie (1892-1897)[2], codirigée un temps par Gabriel Trarieux, époque durant laquelle il fréquente de nombreux artistes (dont le symboliste suisse Carlos Schwabe). Il appartient à un cercle d'intellectuels de tous horizons politiques, philosophiques et spirituels qui fondent l'Union pour l'action morale en 1893 sous la houlette de Paul Desjardins. Il publie L'idéalisme intégral. Le règne de la grâce (1894) chez Alcan et se veut proche de la pensée de Nietzsche[3]. Quelques années plus tard, l'Union se transforme en Union pour la vérité et prend parti pour la défense du capitaine Dreyfus. À ce moment-là, par réaction nationaliste, Henri Vaugeois et Maurice Pujo quittent ce cercle pour fonder, le , le premier comité d'Action française qui deviendra en 1899 l'Action française (Revue d'Action française), mouvement politique nationaliste, puis également monarchiste lorsque Charles Maurras convertit ses dirigeants (Pujo et Vaugeois) vers 1900.

Maurice Pujo codirige, entre 1908 et 1944, le quotidien homonyme L'Action française. Il fonde les Camelots du roi le . Le , il épouse à Paris (VIIIe arrondissement) Élisabeth Bernard (1896-?), avec qui il aura deux enfants, Pierre et Marie-Gabrielle.

Durant l'occupation de la France par l'armée allemande (1940-1944), Maurice Pujo continue à diriger l'Action française avec Charles Maurras, soutenant le régime de Vichy. Après la libération de Lyon, le , Pujo et Maurras sont incarcérés et inculpés pour intelligence avec l'ennemi. À la suite de leur procès devant la Cour de justice du Rhône, Pujo est condamné à cinq ans de prison (et Maurras, à la réclusion à perpétuité) et l'indignité nationale. Les deux hommes sont détenus à Riom jusque 1947, puis à la centrale de Clairvaux.

Libéré, Maurice Pujo dirige la revue Aspects de la France de 1951 à 1955 (devenue plus tard le bimensuel L'Action française 2000, dirigé par son fils Pierre Pujo), puis par sa fille Marielle.

PublicationsModifier

 
De haut en bas, Antoine Schwerer, Maurice Pujo et Léon Daudet en 1934.
  • L'Idéalisme intégral : I. Le règne de la grâce. II. Les étapes. III. Stéphane Mallarmé. IV. Maurice de Guérin. V. Frédéric Schlegel. VI. La philosophie de Novalis. VII. Avant les héros. VIII. La jeunesse libre. IX. La résurrection du Christ. X. L'Esthétique indépendante, Paris, Félix Alcan, coll. « Bibliothèque de philosophie contemporaine », 1894.
  • Après l’Affaire, Paris, Bureaux de l’Action française, 1898.
  • Essais de critique générale de la crise générale, Paris, Perrin, 1898.
  • Contre la classe de philosophie de l'enseignement secondaire. Lettre ouverte à M. Jules Lemaître, Paris, Perrin & Cie, 1899.
  • Les Nuées. Comédie contemporaine en 3 actes et en prose, Paris, Nouvelle Librairie Nationale, 1908.
  • Les Cadres de la démocratie. Pourquoi l’on a étouffé l’affaire Valensi ?, Paris, Nouvelle Librairie Nationale, 1912.
  • La Politique du Vatican. Charles Maurras et Maurice Pujo. L’affaire Demulier. Un factum de propagande allemande, encouragé par l’autorité ecclésiastique, Paris, Librairie d’Action française, 1928.
  • Comment Rome s’est trompée. L’agression contre l’esprit, Paris, Fayard, 1929.
  • La Guerre et l’homme, Paris, Flammarion, 1932.
  • Les Camelots du Roi, Paris, Flammarion, 1933.
  • La Veillée. Front de champagne 1915, Paris, Ducrot & Colas, 1934.
  • Le Problème de l’union, Paris, Librairie d’Action française, 1937.
  • Comment La Rocque a trahi, Paris, Sorlot, 1938.
  • (et Charles Maurras), Charles Maurras et Maurice Pujo devant la Cour de Justice du Rhône les 24, 25, 26 et 27 janvier 1945, 5 vol., Paris, Vérités françaises, 1945.
  • L’Action française contre l’Allemagne. Mémoire au Juge d’instruction, Paris, Éditions de la Seule, France, 1946.
  • (et Charles Maurras), Au Grand Juge de France. Requête en révision d’un arrêt de cour de justice, Paris, Éditions de la Seule, France, 1949.
  • (et Charles Maurras), Vérité, Justice, Patrie. Pour réveiller le Grand Juge. Seconde enquête en révision d’un arrêt de Cour de Justice, Paris, Éditions de la Seule, France, 1951.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. Stéphane Giocanti, Charles Maurras : le chaos et l'ordre, Paris, Flammarion, coll. « Grandes biographies », , 575 p. (ISBN 978-2-082-10495-1, OCLC 71336377), p. 175.
  2. L'Art et la vie, notice bibliographique du Catalogue général de la BnF.
  3. « Maurcice Pujo » sur nietzsche-en-france.fr.