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Maurice Dide
Portrait de Maurice Dide
Maurice Dide, dans les années 1940.
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 70 ans)
à BuchenwaldVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession Psychiatre et résistant (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions Officier de la Légion d'honneur (d), croix de guerre 1914-1918 et chevalier du Mérite agricole (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Maurice Frédéric Dide (né le à Paris et mort le au camp de Buchenwald) est un médecin neurologue, aliéniste et résistant français. Il est l'inventeur de la catégorie nosographique de l'idéalisme passionné, une des formes, parmi les délires passionnels, du délire de revendication caractéristique de certaines personnalités paranoïaques.

Sommaire

BiographieModifier

Fils d'Auguste Dide, pasteur protestant, sénateur du Gard de 1885 à 1894 et de mère anglaise, Mathilde Sophie West.

Il épouse le , Adrienne-Jenny Bauduin au Cateau-Cambrésis (Nord)[1].

En juin 1909 il remplace le Dr Dubuisson en tant que médecin-directeur de l’asile de Braqueville à Toulouse, un établissement d’environ 1 000 malades[2] créé par Gérard Marchant.

Dispensé en 1900 de service militaire, il vient volontairement sur le front ; il est d'abord affecté à ce 24e bataillon de chasseurs à pied comme médecin major d'avril 1915 jusqu'au début de 1916. Il aura par la suite d'autres affectations jusqu'à son retour à son poste à Braqueville en 1919[3].

En novembre 1936, Dide est mis à la retraite mais reste un temps chargé de cours à l'Université de Lettres de Toulouse.

Libre-penseur et républicain, il est hostile à l'État Français mis en place en juillet 1940 et résiste en organisant des passages en Espagne d'officiers anglais, et en participant à une publication clandestine, Vive la Liberté. Il entre dans le mouvement « Combat », devient le responsable régional du réseau « Noyautage des administrations publiques » (NAP)[4].

En juin 1943, il est découvert, arrêté et déporté à Buchenwald où il meurt en 1944, à l’âge de 72 ans[2].

Travaux scientifiquesModifier

Dans la continuité de Valentin Magnan, pour qui l'origine de la pathologie mentale est organique et transmissible par l'hérédité, Dide reste très positiviste dans sa pensée théorique tout en essayant de le faire évoluer[5]. En 1906, il écrit par exemple : « L'hématologie entrainera dans l'avenir un remaniement profond de la psychiatrie »[6].

En 1910, avec Gassiot, il crée le terme de psychose hallucinatoire chronique comme synonyme d'hallucinose, c'est-à-dire des cas d'hallucinations sans délire[7].

Avec Paul Guiraud, il crée en 1922 le terme d'athymhormie, perte de l'ardeur vitale et de l'affectivité, en remplacement du terme de « démence précoce » de Kraepelin voire du terme de « schizophrénie » créé par Bleuler. Les travaux se situent dans l'entre-deux-guerres, à un moment de forte compétition entre la France et l'Allemagne entretenue par le revanchisme[5].

Pour Dide et Guiraud, « la maladie est due à une atteinte, innée ou acquise, du centre-encéphale »[8].

Néanmoins, dans la direction de la clinique, Dide garde une voie humaniste qui fera dire à Albert Londres en 1925[9] :

« Si je suis dénoncé comme fou, je demande que l’on m’interne chez le docteur Maurice Dide.
Ce savant professe que la folie est un état qui en vaut un autre et que les maisons de fous étant autorisées par des lois dûment votées et enregistrées, les fous doivent pouvoir, dans ces maisons, vivre tranquillement leur vie de fou. »

PublicationsModifier

  • Des troubles circulatoires encéphalitiques associés aux phénomènes convulsifs, Paris, Carré et Nau, 1900.
  • Étude cytologique, bactériologique et expérimentale du sang chez les aliénés, Lille, Le Bigot frères, 1906.
  • Les idéalistes passionnés, Paris, F. Alcan ,1913.
  • Ceux qui combattent et qui meurent, Paris, Payot, 1916.
  • Les émotions et la guerre : réactions des individus et des collectivités dans le conflit moderne, Paris, F. Alcan, 1918.
  • Psychiatrie du médecin praticien (avec P. Guiraud), Paris, Masson et Cie, 1922.
  • La métaphysique scientifique (avec P. Juppont), Paris, F. Alcan, 1924.
  • Introduction à l'étude de la psychogénèse : essai de bio-psychologie évolutive, Paris, Masson & Cie, 1925.
  • Introduction à l'étude de la psychogénèse : bibliographie méthodique, Paris, Masson & Cie, 1925.
  • Introduction a l'étude de la psychogénèse : essai de bio-psychologie évolutive, Paris, Masson, 1926.
  • L'hystérie et l'évolution humaine, Paris, E. Flammarion, Bibliothèque de philosophie scientifique, 1935.

DistinctionsModifier

HommagesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Pierre de Laubier, « Maurice-Frédéric Dide », sur http://gw.geneanet.org (consulté le 10 janvier 2015).
  2. a et b Marie Rajablat, « Histoire du centre hospitalier Gérard Marchant », sur http://www.serpsy.org, (consulté le 10 janvier 2015).
  3. a et b « Cote 19800035/0066/8179 », base Léonore, ministère français de la Culture
  4. [PDF]Anne Thouzet et Gilles Bernard, « La Haute-Garonne à travers ses archives », sur www.archives.cg31.fr, (consulté le 10 janvier 2015).
  5. a et b John Ward, « Le malade mental étranger durant l'entre-deux-guerres : une double aliénation médico-administrative. », sur http://barthes.ens.fr, (consulté le 10 janvier 2015).
  6. Maurice Dide, « Etude cytologique, bactériologique et expérimentale du sang chez les aliénés », Revue neurologique,‎ , p. 750-756 (lire en ligne).
  7. T. Haustgen, « La psychose hallucinatoire chronique doit-elle disparaître ? Une revue historique », PSN, vol. 5, no 3,‎ , p. 162-175 (lire en ligne).
  8. « La schizophrénie », (consulté le 10 janvier 2015).
  9. Albert Londres, Chez les fous, Albin Michel, (lire en ligne).
  10. Présentation du Centre Maurice Dide
  11. Unité Maurice Dide
  12. OpenStreetMap

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Caroline Mangin-Lazaru et Thierry Gineste, Maurice Dide (1873-1944), aliéniste et résistant (lire en ligne)

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier