Matthias (apôtre)

apôtre

Matthias
Saint chrétien
Image illustrative de l’article Matthias (apôtre)
L’apôtre Matthias par l’atelier de Simone Martini (1319), Met, New York, États-Unis.
apôtre et martyr
Naissance Ier siècle
Vénéré par Église catholique
Église orthodoxe
Fête 14 mai (catholiques)
9 août (orthodoxes)
Attributs hache, hallebarde
Saint patron charpentiers, taillandiers, bouchers, alcooliques, noceurs, variole, coqueluche, Trèves

Matthias ou Mathias (en hébreu : mattithyahû), de l’hébreu mattaï, « présent, don », et yâh, pour Ihwh, Dieu, est un personnage du Nouveau Testament qui remplace Judas parmi les Douze apôtres. Il est choisi par tirage au sort parmi ceux qui accompagnent Jésus et reçoit le Saint-Esprit avec les autres, le jour de la Pentecôte. Rien n'est connu de son activité apostolique.

Cet apôtre est souvent désigné par d'autres noms : la version syriaque d’Eusèbe de Césarée l’appelle « Tolmai » (ce qui pourrait indiquer qu'il est le père de Barthélemy, celui-ci étant souvent nommé bar Tolmai dans les sources en syriaquebar signifie fils). Pour Clément d'Alexandrie, Matthias est Zachée, qui signifie « le Juste » en araméen[1] et pourrait donc être un pseudonyme. Hilgenfeld pense qu'il s'agit de Nathanaël, mentionné dans l’Évangile selon Jean. Sa fête est le .

HistoireModifier

Le choix de Matthias en tant qu'apôtre est mentionné au premier chapitre des Actes des Apôtres. Rien n'est connu de ses activités apostoliques et la tradition apocryphe le concernant est plus pauvre et plus tardive que celle des autres apôtres. Jacques de Voragine, dans sa Légende dorée, lui consacre un chapitre.

Dans les Actes des ApôtresModifier

Au premier chapitre des Actes, il est rapporté qu'après l'Ascension de Jésus, l'apôtre Pierre, au milieu d'une assemblée de frères de quelque 120 personnes, proposa que quelqu'un prît la place de Judas pour devenir avec les autres « témoin de la Résurrection » du Christ (Ac.1:22) Il fallait que le nouvel apôtre fût choisi parmi ceux qui les avaient « accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a marché à notre tête » (Ac.1:21). On proposa deux candidats, Joseph dit le Juste et Matthias, qui furent départagés par tirage au sort, et c'est Matthias qui fut ainsi désigné (cf. Ac 1. 21-26). Avec les autres il reçut le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte (Ac.2:4ss)[source secondaire nécessaire].

Dans les traditions apocryphesModifier

 
La Colchide, l’Ibérie (orientale), l’Albanie (orientale) et les régions voisines.

D’après Nicéphore Calliste (Historia eccl. 2 40), Matthias prêcha la bonne parole en Judée, puis en Ethiopia (comprise comme un synonyme pour la Colchide) et fut crucifié en Colchide[source secondaire nécessaire].

Le Synopsis de Dorothée contient cette tradition[source secondaire nécessaire] :

« Matthias prêcha la bonne parole aux barbares et aux anthropophages en Ethiopia, où se trouve le port de mer d’Hyssus, à l’embouchure de la rivière Phasis. Il mourut à Sebastopolis, et y fut incinéré, près du Temple du Soleil[2] ».

Les Actes d’André et de Matthias (en) (apocryphe copte) situent également les activités de Matthias dans « la ville des cannibales », en Éthiopie[source secondaire nécessaire].

Une autre tradition affirme que Matthias fut lapidé à Jérusalem par les Juifs, et qu'il fut ensuite décapité (cf. Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles 1 406-7)[source secondaire nécessaire].

On[Qui ?] raconte qu’Hélène, mère de Constantin le Grand, apporta les reliques de saint Matthias à Rome, et qu’une partie de celles-ci était à Trèves. Les restes supposés de l'apôtre sont conservés à la crypte de l'Abbaye Saint-Matthias de Trèves. Les Bollandistes (Acta Sanctorum, Mai, III) doutent que les reliques soient celles de l'apôtre, mais plutôt celles de Saint Matthias (en) qui fut évêque de Jérusalem vers l’an 120, et dont la biographie pourrait avoir été confondue avec celle de l’apôtre.

Textes attribués à MatthiasModifier

Clément d'Alexandrie (Stromates 3 4) rapporte une phrase que les Nicolaïtes attribuent à Matthias : « nous devons résister à notre chair, ne lui attribuer aucune valeur, et ne rien lui concéder pour la flatter, mais plutôt renforcer l’élévation de notre âme au moyen de la foi et la connaissance ».

Origène cite un Évangile de Matthias (en) (Homélie à Luc i), tout comme Eusèbe de Césarée (Histoire ecclésiastique 3 25), qui l’attribue à des hérétiques. Ce texte est aussi mentionné par Jérôme (Præf. in Matth.), et dans le Decretum Gelesianum (VI, 8) qui le déclare apocryphe. Il vient en fin de liste du Codex Baroccianus (en) (206).

Ce texte est probablement le document dont Clément d’Alexandrie cite plusieurs passages, disant qu'’ils étaient empruntés aux Traditions de Matthias, Paradoseis « Paradoxes », témoignage qu'il prétend avoir été évoqués par les hérétiques Valentinius, Marcion, et Basilide (Stromates 7 17). D’après Philosophoumena (en) 7 20 d'Hippolyte de Rome, Basilide cite des discours apocryphes qu'il attribue à Matthias. Ces trois écrits, l’évangile, les Traditions, et les Discours apocryphes, furent identifiés par Theodor Zahn (de) (Gesch. des N. T. Kanon, II, 751), mais Adolf von Harnack (Chron. der altchrist. Litteratur, 597) réfute cette théorie.

Constantin von Tischendorf (Acta apostolorum apocrypha, Leipzig, 1851) publia après Johan Karl Thilo (en), 1846, Acta Andreæ et Matthiæ in urbe anthropophagarum qui, d’après Richard Adelbert Lipsius (en), était du milieu du IIe siècle. Cet apocryphe relate que Matthias alla parmi des peuples anthropophages et, ayant été jeté en prison, en fut délivré par André. Cette narration n'a aucune valeur historique. Dans les apocryphes, Matthieu et Matthias sont parfois confondus.

Enseignement de MatthiasModifier

Pour Clément, l'apôtre Matthias avait reçu un enseignement singulier[3] ou secret[4] de Jésus, qui fut une des sources d'inspiration pour le gnostique Basilide.

CélébrationModifier

 
Reliquaire de saint Matthias, basilique Sainte-Justine (Padoue).

Dans l'Église catholique romaine, sa fête est le 24 février jusqu'au XXe siècle où elle est déplacée au 14 mai ; pour les Églises orthodoxes, c'est le 9 août.

Bande dessinéeModifier

Le sixième album de la série Natacha, Le Treizième Apôtre, fait référence à Matthias.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

  1. Saint Matthias.
  2. (en) Catholic Encyclopedia : Saint Matthias.

Notes et référencesModifier

  1. Simon Claude Mimouni, « La tradition des évêques chrétiens d'origine juive de Jérusalem », dans Studia patristica, vol. XL, publié par Frances Margaret Young, Mark J. Edwards, Paul M. Parvis, éd. Peeters, Louvain, 2006, p. 460.
  2. Matthias in interiore Æthiopia, ubi Hyssus maris portus et Phasis fluvius est, hominibus barbaris et carnivoris prædicavit Evangelium. Mortuus est autem in Sebastopoli, ibique prope templum Solis sepultus.
  3. (en) Winrich Löhr (de), « Basilides », dans Wouter Hanegraaff, Antoine Faivre, R. van den Broeck et Jean-Pierre Brach, Dictionnary of Gnosis & Western Esotericism, t. I, Leyde, Éditions Brill, (ISBN 9789004143722), p. 167.
  4. (en) Birger A. Pearson (en), « Basilides the Gnostic », dans A Companion to Second Century Christian "Heretics", Leyde, Éditions Brill, (ISBN 90-04-14464-1), p. 4.