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Mas-Thibert

établissement humain en France

Mas-Thibert
Mas-Thibert
Vue aérienne de Mas-Thibert
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Ville Arles
Canton Arles-Est
Démographie
Population 1 498 hab. (2007)
Géographie
Coordonnées 43° 33′ 26″ nord, 4° 43′ 44″ est
Altitude m
Cours d’eau Canal du Vigueirat
Canal d'Arles à Bouc
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Bouches-du-Rhône

Voir sur la carte administrative des Bouches-du-Rhône
City locator 14.svg
Mas-Thibert
Liens
Site web www.ville-arles.fr/mairie/5-villages/1-mas-thibert-5-villages-mairie/mas-thibert.php

Mas-Thibert est un quartier de 1 498 habitants[1] rattaché à la commune d'Arles dans le département des Bouches-du-Rhône et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

GéographieModifier

Situé à 18 km au sud d'Arles sur la route de Port-Saint-Louis-du-Rhône, le village est traversé par le canal d’Arles à Bouc et le canal du Vigueirat, à proximité du Rhône.

ToponymieModifier

HistoireModifier

MAS-THIBERT, Mansus Tiberti ou Tor d'Enseric ou Mas d'Arcier, était une station à l'époque romaine. Il existait une tour romaine dite "Tour d'Enseric" aujourd'hui disparue[2].

L'église actuelle a été bâtie sur l'emplacement de cette tour[3]. C'était un signal placé sur le Canal des Fosses Mariennes construit en 103 avant Jésus-Christ dans les marais du Galéjon, de la Trincanière et l'Etang de Meyranne. Ce canal permettait aux galères romaines de remonter jusqu'à Arles. Son embouchure se trouvait entre Fos et le poste de douane de la Roque, près du Grau de Galéjon[4].

De nombreux étangs couvraient les terres en partant des Baux, passaient par Arles et aboutissaient à la mer. MARIUS, Général romain, n'avait eu qu'à faire draguer un chenal dans ces lagunes pour obtenir un canal facilement navigable. Les Marseillais élevèrent des tours le long du canal et sur les bords des Etangs pour indiquer la route (notamment la Tour d'Enseric à Mansus Tiberti). Les Marseillais avaient obtenu ce privilège en récompense des services qu'ils avaient rendu en approvisionnant l'armée de Marius. La navigation a duré plusieurs siècles, et sans doute jusqu'au IVe siècle de notre ère[5]. Ce canal passait aux Entre-Deux et suivait à peu près le tracé actuel du canal du Vigueirat.

À l'époque romaine, il existait deux autres stations, l'une au Gallignan, l'autre à Mollegès. Près de cette ferme, lorsque les eaux du Rhône sont basses et limpides, on peut apercevoir des colonnes, des chapiteaux, des pierres d'appareils qui ont certainement appartenu à un temple placé sur les bords du fleuve. Si à la ferme de Mollegès, il n'y a pas de restes de ce temple disparu sous les eaux, nous trouvons à côté de l'ancienne église de Mas-Thibert, un chapiteau d'un mètre de haut, en marbre blanc, richement sculpté, qui sans doute, provient de ce temple.

Une voie partait d'Arles, suivait le Rhône, passait au pied du temple de Mollegès à Mas-Thibert et aboutissait au temple de l'OSTIUM Métapinum, dernier repère de l'itinéraire maritime. Ce temple était situé sur l'emplacement d'une ancienne église dédiées à Saint-Trophime au Grand Peloux[6]. Puis ce fut l'époque des Grandes invasions des Goths et des Sarrazins[7].

Mas-Thibert fut ensuite une ancienne propriété de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem[8].

Dans les années 1960, à la suite de la guerre d’Algérie, une communauté de harkis s’installait dans le village, sous la direction du bachagha Saïd Boualam (1906-1982), homme politique français.

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

Vie localeModifier

AdministrationModifier

Le village à une Mairie annexe d'Arles avec tous les services municipaux à disposition ainsi qu'un bureau de poste.

ÉducationModifier

Les élèves de Mas-Thibert débutent leur étude au sein du hameau, au groupe scolaire Marinette Carletti, comportant école maternelle et élémentaire (code éducation nationale : 0130306M). En septembre 2011, l'école comptaient 50 élèves

Transports publicsModifier

Le village est desservi par les Bus du département (Cartreize) Ligne 021 ARLES / PORT-SAINT-LOUIS-DU-RHONE et le ramassage scolaire gratuit vers Arles pour les collégiens et les lycéens

SantéModifier

Le village dispose d'un médecin généraliste et d’infirmières libérales à domicile.

ÉconomieModifier

 
Vignes du domaine l'Isle-Saint-Pierre, à Mas-Thibert.

L'activité agricole du hameau est notamment tournée vers la viticulture, qui compte plusieurs domaines. Mas-Thibert est par ailleurs un important centre d’élevage de taureaux.

Culture locale et patrimoineModifier

MonumentsModifier

L'église de Mas-Thibert est consacrée en 1857 sous le vocable de Saint-Honorat. Elle est l'œuvre de l'architecte aixois Henri Révoil[9]. En 1995, un christ en bois du XIVe siècle y a été découvert[10]. Il est exposé au musée Réattu, à Arles.

On y a découvert, en 1995, un Christ en bois du XIVe siècle, conservé au musée Réattu d'Arles. Ce Christ témoigne d’une époque où piété et ferveur religieuse était vives. La crucifixion était un motif fréquent d’inspiration et mettait volontiers l’accent sur la souffrance et la douleur du supplicié et donc sa dimension humaine. Ainsi le Christ présente-t-il un visage émacié aux traits tirés, portant une couronne d’épines rappelant son martyre. http://www.patrimoine.ville-arles.fr/arles/ville.cfm?action=oeuvre_edifice&id_oeuvre=73&id=17&edifice=Eglise%20de%20Mas-Thibert

Une stèle se trouve au bord, et à l'est du CD 66, en partant du D24 (entre Mas Thibert et la N568) en direction de Raphèle-les-Arles. Sur la carte topographique IGN au 1.25000 du secteur, la stèle figure sous l'appellation de "tombe". On peut y lire l'inscription « Ici est tombé le 5 avril 1940 au cours de son cinquante et unième vol d'essai, à partir du terrain d'Istres, l'avion prototype SE.100. A la mémoire de son équipage : Rouland Louis pilote, Vuagnoux André mécanicien. » Le monument semble avoir été restauré[11].

Patrimoine naturelModifier

Le Conservatoire du littoral a aménagé à quelques kilomètres du village un ensemble d'espaces naturels riches en flore et en faune faisant partie de la Réserve naturelle nationale des Marais du Vigueirat.  Ce site est classé Réserve Naturelle Nationale, Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique, Zone d’Importance Communautaire pour la Conservation des Oiseaux en France, Site du réseau européen Natura 2000 : ZPS et ZSC, Zone humide d’importance internationale au titre de la convention de RAMSAR, Zone centrale de la Réserve de Biosphère de Camargue. Ce domaine est ouvert au public reçoit 30.000 visiteurs par an depuis 1996[12]. Classée en 2011, elle occupe une surface de 919 hectares à la jonction du delta du Rhône et de la plaine steppique de la Crau, deux écosystèmes dont la majeure partie s'étire sur plus de 9 kilomètres du nord au sud pour une largeur maximale de 1,5 kilomètres. Le site fait partie de la zone centrale de la Réserve de biosphère de Camargue (programme MAB de l'Unesco). Les marais sont composés de sansouires, étangs, scirpaies et roselières, milieux naturels caractéristiques des écosystèmes et biocénoses du delta du Rhône. Ils abritent Plus de 300 espèces d’oiseaux d'eau et des 24 espèces de plantes endémiques et protégées.

Traversé par la Via Rhôna, la piste cyclable reliant les Alpes Suisses à la Méditerranée, le village de Mas-Thibert est la seule halte cycliste existante entre les villes d’Arles et de Port-Saint-Louis-du-Rhône. Un parking y est dédié aux voitures pour les personnes qui ne souhaitent effectuer qu’un tronçon de la Via Rhôna.

Depuis la Via Rhôna, il est possible d’emprunter une piste cyclable de 3,5 kilomètres, qui permet de rejoindre les Marais du Vigueirat à vélo.

Le village est également traversé par le canal d'Arles à Fos et le Canal du Vigueirat ou la pêche au carnassiers (Brochets et Sandres) ainsi que celle aux écrevisses y est largement pratiqué.

Personnalités liées au villageModifier

  • Jean-Roch Isnard (Arles 1845-1890 au Mas Thibert), artiste peintre provençal. (Voir numéro spécial consacré au peintre par la Société Historique des Amis du Vieil Arles No 96 Juin 1997 dont l'auteur est Gérald Molina)
  • Pierre Boudin (1899-1988), dit Pouly, matador, résistant, conseiller municipal et maire d'Arles.
  • Saïd Boualam (1906-1982), homme politique français.
  • Aimé et Michel Gallon Jean Pierre Gallon, éleveurs de taureaux braves
  • André Soler (1937-1998), spécialiste de la course camarguaise, a passé sa jeunesse à Mas-Thibert, a donné son nom aux arènes d'Aureille et est l'objet du mémorial André-Soler, dans la même commune[13].
  • Georges Roubaud (1948-2006), prêtre découvreur du Christ en bois polychrome du XIVe siècle conservé au Musée Réattu d'Arles.

Notes et référencesModifier

  1. « Mas-Thibert », site officiel de la mairie d'Arles.
  2. Académie de Nîmes Auteur du texte, « Mémoires de l'Académie de Nîmes », sur Gallica, (consulté le 26 juin 2016), P171 Le Mas-Thibert est ici désigné sous le nom de Tort d'enseric(4)... (4) Tort d'Enseric, désignation du Mas-thibert (arch, des bouches-du-Rhône, invent. Milit. De Hier.28). - on nomme aussi dans d'anciens titres : Mas d'Arcier ou de S. Orcier.
  3. M. (18-19 ; curé de Rognes) Auteur du texte Constantin, Les paroisses du diocèse d'Aix, leurs souvenirs et leurs monuments. Tome 2 / par l'abbé M. Constantin,... (lire en ligne)
  4. Émile (1860-1946) Auteur du texte Camau, La géographie de la Provence / Émile Camau, (lire en ligne), P76 Le canal des Fosses Mariennes suivait à peu près la direction du canal actuel d'Arles à Rome. Il partait de la branche principale du Rhône ; cependant il ne prenait point naissance à Arles même, mais un peu au-dessous, dans les environs de Mas-Thibert(1)... Dans les siècles suivants, des œuvres plus considérables, sans doute, furent entreprise, mais nulle n'est restée plus populaire que celle de Marius et, après deux mille ans, le nom du général romain n'est ignoré dans aucun hameau de la Provence.
  5. Edouard de (1848- ; comte) Dienne, Histoire du dessèchement des lacs et marais en France avant 1789 / par M. le Cte de Dienne,..., (lire en ligne)
  6. Société de Statistique (Marseille), Répertoire des travaux de la Société de Statistique de Marseille, (lire en ligne)
  7. L'Italie. Manuel du voyageur, Baedeker, (lire en ligne), P27
  8. Académie de Nîmes Auteur du texte, « Bulletin des séances de l'Académie de Nîmes », sur Gallica, (consulté le 26 juin 2016), P66 M. le chanoine Nicolas donne connaissance d'une « Monographie de 5 chartes avec sceau de plomb relatives à la cession du mas Thibert aux hospitaliers de Trinquetaille (1192-1197) . »
  9. « Église de Mas-Thibert »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), patrimoine.ville-arles.fr.
  10. « Christ de Mas-Thibert », patrimoine.ville-arles.fr.
  11. [1]
  12. Site Internet des marais du Vigueirat
  13. L. Merlo, « André Soler, un as de la course taurine », in Les Alpilles, encyclopédie d'une montagne provençale, éd. Les Alpes de Lumière, Forcalquier, 2009, p. 272.

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier

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