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Martine Monteil

fonctionnaire de police française
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Martine Monteil, née Martine Feugas le à Vincennes, est une haute fonctionnaire française.

Elle est la première femme à diriger les brigades des stupéfiants et du proxénétisme, ainsi que la brigade de répression du banditisme, la brigade criminelle et la PJ[1] et termine sa carrière au poste de préfet, Secrétaire générale de la zone de défense de Paris.

BiographieModifier

Petite-fille de policier en tenue et fille d'inspecteur divisionnaire, Martine Monteil envisage de devenir professeur d'éducation physique. Encouragée par son père dans les études, elle obtient une licence en droit à Assas (Université de Paris II) et un diplôme de l'Institut de criminologie. Elle entre à l'École nationale supérieure de la police en 1976, un an après son ouverture aux femmes. Elle y rencontre son futur mari, qui deviendra contrôleur général, directeur adjoint de l'inspection générale des services[2]. Sortie major de sa promotion en 1978, elle est l'une des premières femmes à devenir commissaire de police. Chef de section à la 4e brigade territoriale de la police judiciaire de la Préfecture de police, on lui confie le commissariat de quartier Saint-Thomas-d'Aquin en 1979 puis celui du Bel-Air en 1981[3].

Entre 1982 et 1989, elle est chef de la section stupéfiants puis adjoint à la Brigade des stupéfiants et du proxénétisme. Devenue commissaire principal en 1986 puis commissaire divisionnaire en 1991, elle est nommée en 1989, à la tête de la brigade de répression du proxénétisme à Paris.

En 1994, elle devient chef de la brigade de répression du banditisme de Paris, puis en 1996 chef de la brigade criminelle, première femme à occuper ces deux postes[3].

À ces différents postes, elle s'impose comme une femme forte, « dure, sévère, mais fédératrice, enthousiaste, fière de son métier »[2]. Surnommée « le shérif de Saint-Germain » quand elle dirige le commissariat de quartier du 7e arrondissement de Paris, elle mène à bien de nombreuses enquêtes durant sa carrière. Elle démantèle le réseau de Madame Claude dans les années 1980, perquisitionne chez Françoise Sagan dans le cadre d'une affaire de trafic de stupéfiants, enquête sur l'attentat du RER B en 1996, arrête les tueurs en série Mamadou Traoré et Guy Georges, et dirige les investigations sur la mort de Diana Spencer, ce qui lui vaut d'être surnommée « Mlle Maigret » par le Time[4],[5].

Elle quitte le terrain pour le poste de sous-directrice des ressources humaines et de la logistique à la Direction de la police judiciaire de Paris entre 2000 et 2002, et devient contrôleur général de la police nationale en 2001.

En juillet 2002, elle est nommée directrice régionale de la police judiciaire de la Préfecture de police, avant de prendre la tête de la direction centrale de la Police judiciaire le 4 novembre 2004[6]. Là encore, elle est la première femme à occuper cette fonction.

Pendant la campagne de l'élection présidentielle de 2007, ses propos donnent lieu à une polémique quand elle souhaite publiquement, « à titre personnel », que Nicolas Sarkozy, encore ministre de l'Intérieur, puisse « faire autant pour le pays que pour la PJ » et mettre « (son) courage et (son) énergie au service de la France »[7]. Lors de l'émission On n'est pas couché du 15 mars 2014, elle affirme qu'elle ne renie pas ses propos.

Le 28 juillet 2008, par décret en Conseil des ministres, elle quitte la police pour devenir, préfet, secrétaire générale de la zone de défense de Paris et collaborateur direct du préfet de police[8].

En avril 2013, elle refuse le poste qui lui est proposé à l'inspection générale de l'administration (IGA) et met un terme à sa carrière[9].

Comme tous les anciens directeurs de la police judiciaire de la Préfecture de Police, elle est membre de droit du jury du Prix du Quai des Orfèvres.

DistinctionsModifier

OuvragesModifier

AdaptationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Isabelle Mandraud, « "Flic, tout simplement", de Martine Monteil : récit poignant d'une policière », Le Monde, .
  2. a et b Gaël Tchakaloff, « Portrait de Martine Monteil : La femme au pistolet d’or », Le Nouvel Économiste, .
  3. a et b Patricia Tourancheau, « Portrait de Martine Monteil », Libération, .
  4. Christophe Cornevin, « Martine Monteil : confidences d'une «super flic» », Le Figaro, .
  5. Éric Pelletier, Jean-Marie Pontaut, « Les souvenirs de la "dame du 36" », L'Express, .
  6. Solenn De Royer, « Martine Monteil, première femme à la tête de la « PJ » », La Croix, .
  7. « La directrice de la PJ vote Sarko », Le Point, .
  8. Remy Bellon, Jean-Claude Pierrette, « Nombreuses nominations préfectorales, Martine Monteil nommée à la défense de Paris », AFP, .
  9. Jean-Michel Décugis, « Martine Monteil quitte la police », Le Point, .
  10. Décret du 22 avril 2011 portant promotion - JORF no 0097 du 24 avril 2011 page 7302, texte n° 2 sur legifrance.gouv.fr (consulté le 15 avril 2019)
  11. Décret du 15 novembre 2018 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier - JORF no 0265 du 16 novembre 2018, texte n° 1 sur legifrance.gouv.fr (consulté le 15 avril 2019)
  12. (es) « El ministro del Interior, Alfredo Pérez Rubalcaba, condecora a una veintena de mandos y agentes de la Policía francesa », Ministère de l'Intérieur espagnol, .
  13. « Martine Monteil (Character) », sur IMDb (consulté le 30 avril 2017)

Liens externesModifier