Martin Hirsch

haut fonctionnaire et militant humanitaire français

Martin Hirsch
Illustration.
Martin Hirsch en 2013
Fonctions
Directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris
En fonction depuis le
(7 ans, 11 mois et 4 jours)
Prédécesseur Mireille Faugère
Haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté et à la Jeunesse[N 1]

(2 ans, 10 mois et 4 jours)
Président Nicolas Sarkozy
Gouvernement François Fillon I et II
Prédécesseur Poste créé
Bernard Laporte (Jeunesse)
Successeur Marc-Philippe Daubresse
Président d'Emmaüs France

(5 ans)
Prédécesseur Jean Rousseau
Successeur Christophe Deltombe
Biographie
Date de naissance (57 ans)
Lieu de naissance Suresnes (Seine)
Nationalité Française
Diplômé de École normale supérieure, École nationale d'administration
Profession Haut fonctionnaire

Martin Hirsch, né le à Suresnes, est un haut fonctionnaire français. Directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) depuis le [1], ancien président de l'Agence du service civique, d'Emmaüs France et de l'Agence nouvelle des solidarités actives, il a été de 2007 à 2010 haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, au sein du deuxième gouvernement Fillon. À partir de 2009, il cumule ce poste avec celui de haut-commissaire à la Jeunesse, avant de quitter le gouvernement au printemps 2010.

BiographieModifier

OriginesModifier

Martin Hirsch est le fils de Bernard Hirsch (1927-1988), qui fut directeur de l'École nationale des ponts et chaussées, et petit-fils d'Étienne Hirsch (1901-1994), un ancien commissaire général au Plan. Tous deux furent résistants.

ÉtudesModifier

Martin Hirsch commence des études de médecine après son baccalauréat en 1981 et entre grâce à une passerelle à l'École normale supérieure[2] en 1983, où il poursuit des études de biologie. Après cinq années d'études de biologie à la faculté Cochin-Port Royal, il obtient un DEA de neurobiologie, il intègre l'École nationale d'administration en 1988 (promotion Jean Monnet) et, à sa sortie, entre au Conseil d'État.

Vie professionnelleModifier

Promu maître des requêtes en 1993, il devient alors conseiller juridique à la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) (1990-1992), puis au ministère de la Santé et de l'Action humanitaire (1992-1993).

Il est ensuite secrétaire général adjoint du Conseil d'État (1993-1995), puis revient à sa première orientation en prenant la direction de la PCH, la Pharmacie centrale des Hôpitaux de Paris (rebaptisée Agence générale des équipements et produits de santé en 2001), à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (1995). Il enseigne également à l'Institut d'études politiques de Paris entre 1990 et 1997, et à l'ENA en 1994.

Président de l'Union centrale de communautés Emmaüs (UCC) de 1995 à 2002, il devient président d'Emmaüs France en et démissionne le , pour assurer l'indépendance du mouvement Emmaüs, à la suite de sa nomination au poste de haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté dans le gouvernement François Fillon.

En 1997, il entre en politique en devenant directeur du cabinet de Bernard Kouchner au secrétariat d'État à la Santé et à l'action sociale, et conseiller chargé de la santé au cabinet de Martine Aubry au ministère de l'Emploi et de la Solidarité. C'est au sein des « Kouchner Boys » qu'il côtoie Jérôme Salomon, actuel directeur général de la santé[3].

Deux ans plus tard, il est directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), fonction qu'il occupe jusqu'en 2005, ne souhaitant pas renouveler son mandat. À cette date, il réintègre le Conseil d'État et devient conseiller d'État en 2006.

Il fonde en , avec Benoît Génuini, l'Agence nouvelle des solidarités actives, en devient président puis directeur général. Cette agence a pour but de mettre en œuvre des actions locales de lutte contre la pauvreté, en partenariat avec les pouvoirs publics et les entreprises (Benoît Génuini est l'actuel président de l'association).

Il est aussi vice-président de l'Association pour la recherche sur le cancer (ARC), membre du comité consultatif de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE) depuis 2005, administrateur de l'Agence européenne des médicaments, membre du forum de l'Autorité européenne de sécurité des aliments et du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (CNLE)[4].

Au printemps 2007, quelques jours seulement après être apparu à un meeting de Ségolène Royal, il se rapproche finalement de Nicolas Sarkozy, qu'il tutoie très vite[3].

Nommé haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté dans le gouvernement de François Fillon le , il exerce des fonctions proches de celles d'un secrétaire d'État tout en étant rattaché directement au Premier ministre et donc sans dépendre d'un ministre de tutelle[5]. Il désire « sortir de la dichotomie entre une gauche qui défendrait l'assistanat et une droite qui s'est arrogé le monopole de l'effort »[6]. Il est à l'origine du Revenu de solidarité active (RSA) inscrit dans le programme du candidat à la présidence Sarkozy et qu'il met en place après une expérimentation dans quatorze départements. Cinq ans après son lancement, cette prestation est décrite dans Le Figaro comme un échec, faute d'avoir atteint ses objectifs : elle n'aurait permis qu'à 151 000 personnes de franchir le seuil de pauvreté en cinq ans, sur une population de deux millions de personnes, et n'aurait amélioré le taux de retour à l'emploi que de 9 %[7],[8].

Le , il est nommé haut-commissaire à la Jeunesse aux dépens de Bernard Laporte qui voit ses attributions réduites. Il cumule cette fonction avec la précédente jusqu'à son départ du gouvernement. Dans ce cadre, il présente le un « Livre vert sur la jeunesse »[9], qui prépare un Plan jeunes annoncé le .

Le , au lendemain des élections régionales, il quitte le gouvernement pour l'Agence du service civique, dont il avait précédemment piloté la création. Il en devient président le [10].

Il crée l'Institut de l'engagement[11] en 2012, association pour aider des volontaires sélectionnés à développer et consolider les qualités révélées pendant le service civique[11], il en assure toujours la présidence aujourd'hui.

Lors de l'élection présidentielle française de 2012, il annonce qu'il votera pour François Hollande[12].

Le 13 novembre 2013, il est nommé par décret directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), en remplacement de Mireille Faugère[13],[1] et est remplacé par François Chérèque[14] à la présidence de l'Agence du service civique.

En 2015, il réforme le temps de travail, contre les syndicats, exceptée la CFDT : les soignants perdent de deux à six jours de RTT par an. Il réorganise en juillet 2019 l'AP-HP en six groupes hospitalo-universitaires[15] et lance la construction d'un nouveau siège, au sein de l'Hôpital Saint-Antoine.

Martin Hirsch est par ailleurs coprésident de l'« Action Tank Entreprise et Pauvreté » et de la « Chaire Social Business » à l'HEC depuis 2011. Il a également été membre du « Groupe d'éminentes personnalités » auprès du Conseil de l'Europe de 2010 à 2011 et membre de la commission Bachelet de l'Organisation des Nations unies pour une protection sociale universelle de 2010 à 2012.

Rôle dans la pandémie de Covid-19Modifier

Invité de la radio Europe 1 durant la pandémie de Covid-19, le , il déclare que la chloroquine « marche très bien dans une éprouvette mais n'a jamais fonctionné sur un être vivant »[16]. Le 25 mars il lance un appel à la réquisition des personnels soignants[17].

Le 29 juillet 2020, Didier Raoult porte plainte devant le procureur de la République de Paris pour dénonciation calomnieuse contre Martin Hirsch qui l'a accusé d'avoir fait un « faux témoignage » sous serment devant la commission d'enquête parlementaire sur la pandémie de Covid-19[18]. Au cours des mois qui suivent, Didier Raoult porte également plainte contre la professeure Karine Lacombe, le docteur Guillaume Gorincour et le professeur Jean-Paul Stahl[19].

Dans le livre L'Énigme du nénuphar, Martin Hirsch dresse une chronique de la pandémie de Covid-19. Il y reprend les courriers électroniques envoyés aux personnels de l'AP-HP du 14 mars au 14 mai 2020, ainsi que ses mémos quotidiens enregistrés sur dictaphone. Il critique les médecins Didier Raoult, Christian Perronne et Philippe Douste-Blazy, qualifiant leur comportement de « populisme médical »[20].

Le 17 décembre 2020, Martin Hirsch démet le docteur Christian Perronne de ses fonctions de chef de service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches pour avoir tenu « des propos considérés comme indignes de la fonction qu'il exerce ». L’infectiologue aurait en effet affirmé que les malades du Covid-19 étaient « une aubaine financière pour les médecins »[21]. L'AP-HP a également déposé plainte contre lui auprès du conseil départemental de l'ordre des médecins. Cette décision fait suite à des avertissements et mesures prises à son encontre par plusieurs instances médicales[22],[21].

Vie privéeModifier

Il est marié à Florence Noiville[23].

CritiquesModifier

En 2019, le romancier Édouard Louis raconte dans Qui a tué mon père les conséquences concrètes de décisions politiques sur les plus pauvres, dont son père. Il cite alors Martin Hirsch et la création du RSA : Édouard Louis reproche au RSA, prévu comme « incitant à l'emploi », d'avoir accablé son père. Le système mis en place par Martin Hirsch conditionnait le versement des aides sociales à ce que son père accepte un emploi de balayeur, loin de chez lui et payé 700 euros par mois et ce, avec un « dos brisé » par un accident du travail précédent à l'usine. Martin Hirsch répond par un livre Comment j'ai tué son père dans lequel il défend sa mesure et son action politique[24].

Son action en tant que directeur général de l'AP-HP est contestée. L'urgentiste Christophe Prudhomme lui reproche d'avoir « supprimé des lits, fermé des hôpitaux, imposé une réorganisation du temps de travail... Son bilan : un hôpital délabré ». Pour l'urgentiste Gérald Kierzek, opposé à Martin Hirsch sur l'avenir de l'Hôtel-Dieu, « ceux qui ne le connaissent pas le prennent pour l'abbé Pierre. Ceux qui le connaissent pour Caligula »[3].

DécorationsModifier

PublicationsModifier

Doublage de voixModifier

Martin Hirsch prête sa voix à un personnage de la saison 2 de la série animée Silex and the City sur Arte[26].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Attribution de la Jeunesse ajoutée le .
  2. Lire notice bibliographique à Les enjeux de la protection sociale, Martin Hirsch, coll. « Clefs/Politique », 1993 - Persée.

RéférencesModifier

  1. a et b Décret du 13 novembre 2013 portant nomination du directeur général de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris.
  2. « Martin Hirsch « À 20 ans, j’étais à Normale Sup, en 3e année de médecine et en licence et maîtrise de biochimie » », sur L'Étudiant, .
  3. a b et c « « Un paradoxe à lui tout seul » : Martin Hirsch, patron de l’AP-HP, de la crise de l’hôpital à l’épidémie de Covid-19 », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. Who's who in France
  5. Le Point : Martin Hirsch - La stratégie du quitte ou double
  6. Sébastien Tronche, « Remaniement - La fin de l'ouverture ? », blog, Mediapart Le club, 2 octobre 2010
  7. Marc Landré, « Cinq ans après, le RSA est un échec », Le Figaro, (consulté le ).
  8. Florence Thibault, « Ambitions et évaluation du Revenu de solidarité active », Économie et Statistique, nos 467-468,‎ (lire en ligne)
  9. Un Livre vert pour une nouvelle politique en faveur de la jeunesse
  10. Décret du 14 mai 2010 portant nomination du président de l'Agence du service civique - M. Hirsch (Martin).
  11. a et b Accueil - Institut de l'Engagement
  12. Martin Hirsch votera pour Hollande Le Figaro du 16 avril 2012
  13. Raphaëlle Bacqué, « Le retour en grâce de Martin Hirsch, nommé à la tête de l'AP-HP », Le Monde, .
  14. Décret du 27 décembre 2013 portant nomination du président de l'Agence du service civique - M. Chérèque (François).
  15. Anne Bayle-Iniguez, « CHU : l'AP-HP concentre son activité sur six groupes hospitalo-universitaires », sur lequotidiendumedecin.fr, (consulté le )
  16. « Coronavirus : « la chloroquine n'a jamais marché chez un être vivant », rappelle Martin Hirsch » », sur Europe 1, .
  17. « Épidémie : Martin Hirsch lance un appel à la réquisition des personnels soignants », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. « Coronavirus : Didier Raoult porte plainte contre Martin Hirsch, le patron des hôpitaux de Paris », La Dépêche du Midi, .
  19. « Covid 19 : le professeur Raoult attaque en justice un infectiologue du CHU de Grenoble pour diffamation », sur France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur, .
  20. « Martin Hirsch : Raoult, Perronne... « Le 'populisme scientifique', un phénomène inquiétant » », L'Express, .
  21. a et b « L’AP-HP met fin aux fonctions du Pr Christian Perronne, lui reprochant des propos « indignes » », L'Obs, .
  22. « AP-HP : Christian Perronne démis de ses fonctions « pour des propos indignes de la fonction qu'il exerce » », .
  23. « Florence Noiville : « Les diplômés d'HEC sont taraudés par la quête de sens » », L'Étudiant, .
  24. « « Comment j’ai tué son père » : la réponse de Martin Hirsch à Edouard Louis », Le Parisien, .
  25. Décret du 31 décembre 2012 portant promotion et nomination.
  26. Christine Siméone, « Martin Hirsch, Boris Cyrulnik, dans Silex and the city », sur France Inter, .

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Lien externeModifier