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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Borély.
Marthe Borély
Nom de naissance Trial
Naissance
Sommières
Décès
Toulouse
Nationalité Drapeau de la France France
Profession
Écrivain et critique
Distinctions
Chevalier de la Légion d'honneur

Marthe Borély, née Marthe Trial le à Sommières et morte le à Toulouse[1], est une femme de lettres et critique littéraire française.

Sommaire

AntiféminismeModifier

Figure de l'antiféminisme (employant néanmoins le terme « contreféminisme » plutôt que « anti »[2]) dans les années 1920 et 1930, Marthe Borély fait de la lutte contre le suffrage des femmes son cheval de bataille entre 1917, date de parution de son livre le Génie Féminin Français[3], et 1939, avec un dernier ouvrage consacré à l'œuvre de la poétesse Anna de Noailles[4]. Elle contribue à de nombreux journaux et entame, notamment à travers le journal radical L'Ordre, un dialogue avec les féministes de son temps : Cécile Brunschvicg[5], Suzanne Normand[6].

Profondément conservatrice, elle exprime dans tous ses travaux son admiration pour l'Ancien Régime (notamment des salons comme forme idéale de socialisation du couple[2]) et son dégoût pour la démocratie, le parlementarisme, l'individualisme et l'idéologie « égalitariste » issus de la Révolution française[réf. souhaitée]. Elle est en cela proche de Bonald, de Maistre et Burke. Proche un temps de l'Action française et de Charles Maurras, elle se défend de l'influence maurrassienne à partir du moment où celui-ci se rallie au suffrage féminin. Pour elle, la politique n'est pas une activité dans laquelle les femmes doivent s'illustrer : de même qu'elles ne doivent pas posséder trop d'instruction, elles doivent rester au sein de la sphère domestique[7]. Elle refuse néanmoins l'infériorité « dogmatique » féminine[8],[2].

Marthe Borély affiche avec son « contreféminisme »[9] la volonté de lutter contre la décadence de la France, une idée qu'elle associe largement aux dysfonctionnements de la République et à la dénatalité, dans un contexte d'angoisse démographique accrue après la Première Guerre mondiale. Elle rejette par-dessus tout l'idée d'un suffrage féminin, comme en témoigne son activisme. En 1922, une proposition de loi pour donner le droit de vote aux femmes est étudiée par le Sénat après avoir été adoptée par l'Assemblée en 1919. Marthe Borély écrit une lettre pour convaincre les sénateurs de ne pas adopter le texte[10] (celui-ci ne sera ni discuté ni voté).

AntisémitismeModifier

Marthe Borély ne fait pas mystère de son antisémitisme[11]. Elle est à cet égard proche de Théodore Joran[12] et de Clément Vautel, deux autres antiféministes notoires des années 1920.

Légion d'honneurModifier

Elle devient, en mai 1935, chevalier de la Légion d'honneur, distinction remise pour sa « lutte contre le relâchement des mœurs »[1],[2].

Notes et référencesModifier

  1. a et b Archives nationales (Fontainebleau), dossier de Légion d'honneur de Mme Marthe Borély, côte 19800035/82/93398.
  2. a b c et d Margot Béal, Marthe Borély, l’antiféminisme entre contre-révolution et République. Master 2, Sciences politiques, Institut d’Etudes politiques de Lyon, (dir. Anne Verjus), 2010.
  3. Marthe Borély, Le Génie Féminin Français, Editions de Boccard, Paris, 1917
  4. Marthe Borély, L'émouvante destinée d'Anna de Noailles, Éditions Albert, Paris, 1934
  5. Cécile Brunschvicg, "Une nouvelle offensive de Mme Marthe Borély", La Française, 15 décembre 1934, Bibliothèque Marguerite Durand
  6. Marthe Borély, "Le féminisme poursuit sa besogne d'encerclement", L'Ordre, 24 mars 1933, Bibliothèque Marguerite Durand
  7. Marthe Borély, La Décadence de l'amour, Éditions de la renaissance du livre, Paris, 1925
  8. Marthe Borély, L’ordre, 8 janvier 1936
  9. Marthe Borély, « L'Appel aux Françaises », Nouvelle Librairie Nationale, Paris, 1919
  10. Lettre écrite aux sénateurs de la République en novembre 1922, en appendice de son ouvrage « La décadence de l'amour », Éditions de la Renaissance du livre, Paris, 1925
  11. Marthe Borély, L'appel aux Françaises. Le féminisme politique, Paris, Nouvelle librairie nationale,
  12. Théodore Joran, Le suffrage des femmes, Éditions Arthur Savaète, Paris, 1914

Article connexeModifier