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Renée-Caroline-Victoire de Froulay

femme de lettres française
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Renée-Caroline-Victoire de Froulay
Marquise de Créquy.jpg
portrait de la Marquise, extrait du 1er volume de ses Souvenirs
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 88 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Renée-Caroline-Victoire de FroulayVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Armes des Froulay

Renée-Caroline-Victoire de Froullay de Tessé, Marquise de Créquy, née au Château de Montflaux à Saint-Denis-de-Gastines le et morte à Paris le , est une femme de lettres française célèbre par son esprit[1].

Sommaire

BiographieModifier

Renée Caroline Victoire est la fille de Charles François de Froulay, comte de Montflaux, seigneur de Saint Denis de Gastine, lieutenant général des armées du Roi, ambassadeur à Venise, et de Marie Anne Sauvaget. Elle naît en l'absence de son père, ce qui lui fait déclarer, dans ses Souvenirs, qu'elle ignore la date exacte de sa naissance.

Elle se marie le 18 mai 1737, à la chapelle de l'hôtel de Lesdiguières, 10 rue de la Cerisaie, dans le IVe arrondissement de Paris, avec Louis de Blanchefort de Créquy, marquis de Créquy 1686-1741 (l'hôtel de Lesdiguières disparut en 1878). Leur fils est Charles-Marie de Créquy. Elle perd son mari dès 1741. Ses salons furent longtemps, et sous les régimes les plus différents, le rendez-vous de la bonne société.

Les SouvenirsModifier

Les savoureux Souvenirs de la Marquise de Créquy, censés être de sa plume, semblent dus plutôt à celle de Maurice Cousin de Courchamps[2], ou du moins c'est à ce dernier, qui en brodant sur la trame de banals souvenirs véridiques, que nous devons les parties les plus géniales[3]. Leur témoignage sur la noblesse du règne de Louis XV vient souvent contredire la mythologie forgée par les familles arrivées de la Monarchie de Juillet.

On y voit défiler des personnages de grande et petite noblesse comme Madame de Maintenon ou Madame d'Urfé, des personnalités comme Voltaire ou Jean-Jacques Rousseau, mais aussi des aventuriers du XVIIIe comme le Comte de Saint-Germain, le Comte de Cagliostro, Casanova ou le Chevalier de Saint-George.

Se fondant sur les références aux sources fictives citées par l'auteur pour appuyer ses dires, Quérard y voit un document apocryphe[4]. Toujours est-il qu'on a là une fresque précise et colorée, à la fois légère et profonde, toujours juste et spirituelle, de la haute société de la fin de l'Ancien Régime. Contrairement à Saint-Simon, ou à La Bruyère, il n'y a chez Victoire de Froulay aucune aigreur ; le ton de conversation de sa plume, perlé d'une verve légère, toujours très juste, est sans doute le même que celui qui faisait de son salon l'un des plus recherchés de Paris.

L'éditeur de ses Souvenirs indique que « sa correspondance doit avoir été délivrée à feu le baron de Breteuil et elle doit appartenir au jourd'hui à Mme la duchesse de Montmorency, petite fille de M. de Breteuil[5] ».

Par testament, elle laissa Montflaux à Louis-Auguste Le Tonnelier de Breteuil. Son nom et tous ses titres sont énumérés dans l'inscription de la cloche qu'on voit encore dans le clocher de Larchamp, daté de 1786. Par acte du 29 juillet 1791, elle demandait à être indemnisée de la dîme de ChamplainSaint-Pierre-des-Landes).

Liens externesModifier

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BibliographieModifier

  • Paul Tisseau, La marquise de Créqui, Paris, Emile-Paul, 1927

Articles connexesModifier

SourcesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Pour Jean-Jacques Rousseau : « Le catholicisme en cornette, et la haute noblesse en déshabillé. »
  2. Cousin de Courchamps•- Souvenirs de la marquise de Créquy de 1760 à 1803.- Notice n° : FRBNF36577049
  3. Ils sont publiés sous le titre de Souvenirs de la marquise de Crequi (1834-1836, 9 volumes in-8). Édouard Fournier a publié en 1856 de véritables Lettres de la marquise.
  4. Cf. Joseph-Marie Quérard, Les supercheries littéraires dévoilées, Paris, Paul Daffis, 1845-56 (réimpr. 1869, 1964), 5 volumes, « Courchamps »
  5. Il ajoute : « L'auteur avait destiné ces mémoires, qui forment treize cahiers assez volumineux, à l'intention du jeune Tancrède-Adrien-Raoul de Créquy, son petit-fils, qui mourut longtemps avant son aïeule. C'est à lui qu'elle adressait la parole en les écrivant. Madame de Créquy revient souvent sur les erreurs biographiques ou généalogiques qu'elle a remarquées dans le Dictionnaire de Moréri, par exemple au sujet de l'âge de son père et relativement à l'époque de sa première ambassade à Venise, au sujet du nom de famille et des prénoms de sa mère, au sujet de la date de son mariage avec M. de Créquy, etc. »