Marquisat de Bodonitza

Le marquisat de Bodonitza[1] est une petite seigneurie franque établie au détriment de l’Empire byzantin dans l’actuelle Grèce au début du XIIIe siècle à la suite de la quatrième croisade.

En vert foncé, le Marquisat de Bodonitza au sein du Duché d'Athènes.
Ruines de la forteresse franque de Mendenítsa.

La région de Bodonitza, aujourd’hui Mendenítsa en Phthiotide, a été conquise par Boniface de Montferrat, roi de Thessalonique en 1204. Il la confia au marquis Guy Pallavicini[2], descendant d’une puissante famille d’Italie du Nord. L’une des fonctions du marquisat était d’assurer la garde du défilé des Thermopyles[3]. Le marquis Guy résista aux assauts de Théodore Ange, le despote grec d’Épire, qui vint à bout du royaume de Thessalonique en 1224. C’est probablement en raison de la résistance acharnée des marquis Pallavicini que les Grecs byzantins ne purent pas reconquérir les États latins du sud de la Grèce (Athènes, Achaïe et Salona).

Au gré des alliances, les marquis de Bodonitza se reconnurent vassaux du prince d’Achaïe ou des ducs francs d'Athènes, mais leur fidélité resta sujette à caution. Bien qu’il fût pillé à de nombreuses reprises par les Almogavres qui s’étaient emparés d’Athènes, le petit marquisat fut l’un des rares fiefs francs à résister à la conquête catalane des années 1310-1320 et à l’établissement du duché de Néopatrie. Les marquis d’origine italienne dirigèrent Bodonitza jusqu’à sa chute aux mains des Turcs en 1414.

Marquis de BodonitzaModifier

BibliographieModifier

  • René Grousset, L'Empire du Levant : Histoire de la Question d'Orient, Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique », (réimpr. 1979), 648 p. (ISBN 978-2-228-12530-7).
  • Venance Grumel, Traité d'études byzantines, « La Chronologie I », Presses universitaires de France, Paris, 1958.
  • Jean Longnon L’Empire Latin de Constantinople et la Principauté de Morée, Payot, Paris, 1949.
  • Anthony Stokvis, Manuel d'histoire, de généalogie et de chronologie de tous les États du globe, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, préf. H. F. Wijnman, réédition Israël, 1966, Chapitre d : Principautés Franques du Levant.
  • Angéliki Tzavara, Nicolò Zorzi, marquis de Bondonitsa, et son héritage (1335-1414) in Θησαυρίσματα/Thesaurismata 44, 2014, pp. 51-76.

NotesModifier

  1. Le nom de Bodonitza, translittération du grec Βοδονίτσα, est aussi orthographié Vodonitza (du slave воданица, "petite source"), Boudonitza ou Bodonitsa (ce toponyme étant un héritage des invasions slaves en Grèce au VIIe siècle).
  2. Le nom Pallavicini est parfois donné comme Pelavicini, Pelavicino ou Pallavicino.
  3. On ne sait pas si le titre de marquisat de la seigneurie de Bodonitza vient de la dignité personnelle de Guy, marquis en Italie, ou de sa fonction de marche du royaume de Thessalonique.