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Marie Louise Mignot
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité

Marie-Louise Mignot dite Mme Denis, née à Paris le et morte dans la même ville le , est la nièce et la compagne de Voltaire.

Sommaire

BiographieModifier

Fille de Pierre-François Mignot, seigneur de Mortigny, conseiller du roi, et de Marguerite-Catherine Arouet, nièce de Voltaire, elle fut l'objet d'un attachement particulier de ce dernier. Après la mort de sa mère en 1726, son oncle la prit sous son aile et se décida à la marier. Elle déclina un avantageux parti en la personne du fils de Mme de Champbonin, préférant épouser par amour Nicolas-Charles Denis, officier et écuyer, le 25 février 1738 à Paris. Dépité, Voltaire diminua sa dot et refusa d'assister à la cérémonie. Elle était la tante du président Alexandre Marie François de Paule de Dompierre d'Hornoy dit le président d'Hornoy

Le nouvel époux étant mort prématurément le 12 avril 1744, Voltaire recueillit sa nièce auprès de lui, et en fit sa gouvernante. De tendres qu'elles étaient, leurs relations avunculaires devinrent amoureuses. Marie-Louise s'installa avec lui rue Traversière mais ne le suivit pas quand Voltaire partit vivre à la cour de Frédéric II de Prusse.

Ils vécurent ensuite ensemble aux Délices et à Ferney. Ils y recevront Florian, neveu du mari de la sœur de Marie-Louise, Madame Dompierre de Fontaine, qui lui restera fidèle même après son remariage avec du Vivier. En 1768, au terme d'une dispute violente, Voltaire chassa Marie-Louise. Les relations se renouèrent peu après, au gré des circonstances. Voltaire ne pouvait oublier Émilie du Châtelet, son âme-sœur, philosophe comme lui ; Marie-Louise ne lui cachait pas ses relations particulières avec d'aimables gentilshommes, parmi lesquels Baculard d'Arnaud et Marmontel.

En 1778, au retour de Voltaire à Paris, elle s'installa avec lui dans l'hôtel particulier de Charles de Villette à qui Voltaire avait fait épouser l'année précédente, malgré ses inclinations masculines, sa protégée Reine-Philiberte Rouph de Varicourt, qu'il appelait « Belle et Bonne » et que Marie-Louise adoptera quelques années plus tard.

Marie-Louise se remaria à Paris le 8 janvier 1780 à François du Vivier, commissaire des Guerres, plus jeune qu'elle de treize ans.

Marie-Louise Mignot a pu inspirer le personnage de Cunégonde, dans Candide. Ses talents de musicienne étaient appréciés ; ainsi Mme de Genlis dit d'elle : « Après le dîner, M. de Voltaire, sachant que j'étais musicienne, a fait jouer madame Denis du clavecin ; elle a un jeu qui transporte en idée au temps de Louis XIV »[1]. Voltaire témoigne aussi de la passion de sa nièce : « 4 mars [1767]. Vous connaissez le goût de madame Denis, ma nièce, pour les spectacles : elle en donnait dans le château de Tournay et dans celui de Ferney […] »[2]

Héritière de Ferney, elle mettra la propriété en vente quelques mois plus tard.

Notes et référencesModifier

  1. Mme de Genlis, Mémoires, tome II, Paris, 1825, p. 320.
  2. Voltaire, « Lettre à M. Tronchin » dans Bachaumont, tome III, p. 151.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • André Magnan, « Pour Marie-Louise Denis », Cahiers Voltaire nº 1, 2002.
  • Élisabeth Badinter, « Le viol de Mme Denis : hypothèse ou roman ? », Cahiers Voltaire nº 3, 2004.
  • André Magnan, « “Mes très chers et très aimables enfants…”. Une lettre inédite de Voltaire à ses neveux Denis », Cahiers Voltaire nº 4, 2005.
  • Jean Stern, Belle et Bonne : Reine-Philiberte de Varicourt, une fervente amie de Voltaire (1757-1822), Hachette, Paris, 1938 (OCLC 83060284)
  • Voltaire, L'Affaire Paméla. Lettres de Monsieur de Voltaire à Madame Denis, de Berlin, rééd. Paris-Méditerranée avec une présentation d'André Magnan

Liens externesModifier