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Marie Lenéru

auteur dramatique et romancière
Marie Lenéru
Marie Lenéru 37ans.png
Marie Lenéru à l'âge de 37 ans
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 43 ans)
LorientVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Cimetière saint-Martin de Brest (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Antoine MorsainVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Dramaturge, auteure de journal intime, écrivaineVoir et modifier les données sur Wikidata
signature de Marie Lenéru
signature
Tombe de Marie Lenéru, Cimetière Saint-Martin, Brest.jpg
Vue de la sépulture.
Marie Lenéru à l'âge de 10 ans

Marie Lenéru est une dramaturge et diariste française, née à Brest le , morte à Lorient le .

Sommaire

BiographieModifier

Elle est née dans une famille de marins rue de Siam à Brest. Son père était un homme très cultivé, mais il mourut alors qu'elle n'avait que dix mois. En mai 1887, à douze ans, à la suite d'une rougeole, elle devint sourde et aveugle. Sa mère Marie Dauriac Lenéru poursuivit son éducation avec beaucoup de patience simplement par le toucher[1].

Elle demeura sourde, mais sa vue s'éclaircit assez pour lui permettre de correspondre par écrit et de lire à la loupe. Elle mourut le à Lorient, à la suite de l'épidémie de grippe espagnole.

ŒuvresModifier

En 1908, elle envoie une nouvelle, intitulée La Vivante, à un concours littéraire organisé par Le Journal. Le prix qu'elle gagne est son premier succès littéraire. Catulle Mendès, Fernand Gregh et Rachilde saluent avec enthousiasme le talent de cette jeune fille inconnue[1]. On pourra lire, dans le Journal littéraire de Paul Léautaud au 6 novembre 1908, les conditions d'organisation de ce concours.

Sa première pièce de théâtre, Les Affranchis, est publiée en 1908 avec une préface de Catulle Mendès. Elle reste cependant trois ans sans être jouée, bien qu'elle obtienne dès son année de parution le prix de 1000 francs pour une œuvre inédite, attribué par la « Vie heureuse »[2]. Quelques-uns des amis de Marie Lenéru, dont le plus zélé est Léon Blum, entreprennent de lui trouver un théâtre[1]. Finalement Antoine décide de programmer cette pièce à l'Odéon pour la saison 1910-1911. En 1927, après la mort de l'auteur, cette pièce sera reprise à la Comédie-Française.

Marie Lenéru nous est surtout connue par la thèse que lui a consacrée une autre sourde, Suzanne Lavaud, en 1932[3]. Marie se passionne pour des personnalités exceptionnelles : elle publie une étude sur Saint-Just, qui lui vaut des compliments de Maurice Barrès. Un chapitre en est publié dans le Mercure de France[4] sous le pseudonyme d'Antoine Morsain[5]. Avec Le Cas de Miss Helen Keller, Marie Lenéru nous fait imaginer les difficultés rencontrées par une jeune Américaine sourde, muette et aveugle, qui démontra au monde entier qu’un handicap ne signifie pas être inférieur et devint la première personne handicapée à obtenir un diplôme[6].

Après le succès des Affranchis, plusieurs de ses pièces se succédent : Le Redoutable en 1912 à l'Odéon encore ; La Triomphatrice en 1917 à la Comédie Française ; La Paix en 1920 à l'Odéon. Elle a laissé d'autres pièces non jouées : La Maison sur le roc, Le Bonheur des autres, Les Lutteurs, Le Mahdi. Ce théâtre, auquel on a reproché d'être froid et intellectuel, montre des couples qui se brisent contre des valeurs comme la religion, la famille, la charité[7].

Elle a également laissé un journal intime, tenu de 1893 jusqu'à sa mort en 1918. Elle y confie d'une âme stoïque, ses souffrances et l'appétit de beauté et de perfection intérieure qui la tourmente. Sa foi religieuse s'obscurcit peu à peu, remplacée par une sorte de sérénité païenne et par une exaltation passionnée de la vie, qui se satisfait en écrivant. Ce journal, édité par Crès en 1922, a été réédité en 2007 aux éditions Bartillat (sans les premières années)[8].

Notes et référencesModifier

  1. a b et c La Petite Illustration n° 358, théâtre n° 194 du 19 novembre 1927, présentation de la pièce les Affranchis
  2. « Les Lettres », L'Intransigeant,‎ (lire en ligne)
  3. Suzanne Lavaud, Marie Lenéru, sa vie, son journal, son théâtre, Paris Edgar Malfère, 1932.
  4. Antoine Morsain, « Un professeur d'énergie, Saint-Just », Mercure de France,‎ , p. 488-501 (lire en ligne, consulté le 24 août 2018)
  5. Colette Cosnier, Le silence des filles, Fayard, (lire en ligne), p. 145
  6. Littérature audio
  7. François Le Guennec, in La Belle époque des femmes ? Paris, l'Harmattan 2013, p. 189-201.
  8. Marie Lenéru Journal

Liens externesModifier

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