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Marie-Georges Picquart

général français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marie-Georges Picquart (homonymie).

Georges Picquart
Illustration.
Fonctions
Ministre de la Guerre

(2 ans, 8 mois et 25 jours)
Président Armand Fallières
Gouvernement Clemenceau (1)
Prédécesseur Eugène Étienne
Successeur Jean Brun
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Strasbourg
Date de décès
(à 59 ans)
Lieu de décès Amiens

Officier général francais 3 etoiles.svg Georges Picquart
Origine Flag of Alsace.svg Alsace
Allégeance Drapeau de la France France
Arme Armée de terre
Grade Général de division
Années de service 1872-1898
1906 - 1914
Commandement 10e division d'infanterie
2e corps d'armée
Distinctions Légion d'honneur
Médaille Commémorative du Tonkin
Médaille coloniale

Marie-Georges Picquart (Strasbourg, - Amiens, ) est un général et homme politique français. Il est le personnage central du dénouement de l'affaire Dreyfus.

Sommaire

BiographieModifier

Avant l'affaire DreyfusModifier

Né à Strasbourg en 1854, sa famille composée de ses parents, sa sœur et ses deux frères, s'installe en 1856 à Geudertheim où son père vient d'être nommé percepteur des contributions directes. Ils restent plus de six ans dans le château du colonel de Weitersheim avant de revenir à Strasbourg. Il est élève au lycée impérial de Strasbourg (actuel lycée Fustel-de-Coulanges) où il obtient en concurrence avec ses amis des prix en fin d'année (histoire-géographie…).

En 1872 il intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion du Shah, en cinquième position puis en seconde position de l'École d'état-major. Il devient professeur à l'École supérieure de guerre et a comme élève Alfred Dreyfus.

Affaire DreyfusModifier

 
Le lieutenant-colonel Picquart au moment de l'affaire Dreyfus et des procès Zola.

En 1895, il est promu chef du Deuxième Bureau (service de renseignement militaire) au grade de lieutenant-colonel. Convaincu de l'innocence du capitaine Alfred Dreyfus, il joue un rôle important dans l'Affaire Dreyfus en relevant des indices accusant le commandant Ferdinand Walsin Esterhazy. Il découvre notamment un morceau de papier déchiré, connu sous le nom de « petit bleu », adressé par l'attaché militaire allemand à Esterhazy. Lorsqu'il consulte les écrits d'Esterhazy, il constate que c'est la même écriture que celle du bordereau, principal élément à charge contre Dreyfus.

Il en informe sa hiérarchie, ce qui le conduit à être envoyé en Tunisie. Craignant pour sa vie, Picquart décide de communiquer sa découverte à son ami et avocat Louis Leblois avec mission, si le danger devenait trop grand pour lui, d'en informer le pouvoir politique. Louis Leblois ne suit pas les recommandations de Picquart et révèle ce qu'il sait à l'homme politique Auguste Scheurer-Kestner qui décide de prendre l'affaire en mains et relance l'Affaire. Picquart est chassé de l'armée, accusé d'avoir fabriqué la preuve contre Ferdinand Walsin Esterhazy et emprisonné pendant près d'un an. Les dreyfusards en font un héros, à l'instar d'Octave Mirbeau qui écrit dans la préface d'Hommage des artistes à Picquart (février 1899) : « Comme on avait condamné Dreyfus, coupable d’être innocent, il savait qu’on condamnerait Picquart, doublement coupable d’une double innocence : celle de Dreyfus et la sienne. »

Après le procès de Rennes, « ressais[i] par [ses] préjugés et [ses] passions », comme l'écrira avec élégance Mathieu Dreyfus[1], il se sépare bruyamment des Dreyfus auquel il reproche de se satisfaire de la grâce et de l'amnistie[2].

RéhabilitationModifier

Picquart est réhabilité le même jour que Dreyfus et nommé général de brigade en 1906. Il commande alors la 10e division d'infanterie où il est secondé par le commandant Mordacq à l'état-major. Il devient ministre de la Guerre trois mois plus tard, aux côtés de Stephen Pichon, ministre des Affaires étrangères, dans le premier gouvernement de Clemenceau (-).

Il meurt le , à la veille de la Première Guerre mondiale des suites d’une chute de cheval en Picardie (œdème à la face provoquant l’étouffement).

Le gouvernement envisage alors d'organiser des funérailles nationales pour rendre hommage à son rôle dans l'affaire Dreyfus et à ses qualités au ministère de la Guerre, mais la famille s'y oppose, souhaitant des obsèques privées. Celles-ci ont lieu le 21 janvier à Amiens dans le cadre familial, puis ses cendres sont ramenées à Paris et déposées au cimetière du Père-Lachaise à l'occasion d'un hommage officiel national.

Le , au lendemain de la reconquête de l'Alsace, les cendres de Picquart sont transférées à Strasbourg et déposées avec les honneurs militaires au cimetière Saint-Urbain.

GradesModifier

DécorationsModifier

HommagesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Mathieu Dreyfus, L'Affaire telle que je l'ai vécue, Paris, Grasset, 2017, p. 374.
  2. Philippe Oriol, L'Histoire de l'affaire Dreyfus de 1894 à nos jours, Paris, Les belles Lettres, 2014, p. 937-972

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

FilmographieModifier

Liens externesModifier