Marian Anderson

Contralto afro-américaine
Marian Anderson
Marian Anderson.jpg
Marian Anderson en 1940.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 96 ans)
Portland (Oregon)Voir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Eden Cemetery (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
South Philadelphia High School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Période d'activité
À partir de Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Orpheus Hodge Fisher (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Archives conservées par
Kislak Center for Special Collections, Rare Books and Manuscripts (d) (Ms. Coll. 200)[1]Voir et modifier les données sur Wikidata

Marian Anderson, née à Philadelphie (Pennsylvanie) le et morte à Portland (Oregon) le , est une contralto afro-américaine. Elle fut l'une des toutes premières cantatrices noires de carrure internationale aux États-Unis et dans le monde aux côtés de Leontyne Price, Grace Bumbry, Jessye Norman, Barbara Hendricks, Shirley Verrett, et Christiane Eda-Pierre.

Après des débuts difficiles, son talent et sa voix sont unanimement reconnus et célébrés. Elle chante à plusieurs reprises sous la direction de chefs tels qu'Arturo Toscanini, Pierre Monteux, Eugene Ormandy, Jascha Horenstein ou encore Dimitri Mitropoulos. Elle excelle dans les genres les plus variés, de l'opéra au negro spiritual en passant par le lied et l'oratorio.

BiographieModifier

Marian Anderson[2] est l’aînée des trois enfants de John Berkeley Anderson[3], un marchand[4] du Reading Terminal Market (en) de Philadelphie, et d'Anna Delilah Rucker Anderson, une enseignante[5]. Compte tenu du contexte de ségrégation raciale aux États-Unis, les églises protestantes constituent l'un des lieux privilégiés de rassemblement, de solidarité et d’éducation pour la communauté afro-américaine. Le chant et la musique gospel jouent un rôle fondamental dans les rites des églises baptistes afro-américaines, aussi de nombreux chanteurs afro-américains effectuent leur formation musicale et vocale au sein de leurs églises. De nombreux ensembles religieux disposaient de leurs propre chorale comme c'est le cas de l'Union Baptist Church[6] de Philadelphie[7] que Marian Anderson intégra à partir de six ans. Elle a, de ce point de vue un début de parcours similaire à d'autres figures musicales afro-américaines, tel Roland Hayes, son homologue masculin. C'est à l'initiative de sa tante que Marian Anderson intègre cette chorale dans laquelle elle effectue des duos et des solos. Sa tante joua, en effet, un rôle important dans sa formation musicale, l'emmenant à différents concerts dans des églises locales[8]. À l'âge de 10 ans, elle intègre The People's Chorus of Philadelphia dans laquelle elle est très régulièrement soliste. Elle effectua son éducation primaire à la Stanton Grammar School, et en fut diplômé en 1912. Comme de nombreuses familles ouvrières afro-américaines, les parents de Marian Anderson ne pouvaient pourvoir financièrement à une éducation supérieure. Il est à noter, que les établissements d'enseignement secondaire et universités enseignaient la musique et que beaucoup d'universités disposaient de leurs propres chorales, telle la Fisk University. Par conséquent, la possibilité d'entrer dans une de ces institutions constituait une opportunité, y compris pour une carrière artistique, particulièrement pour les musiciens afro-américains. Néanmoins, les directeurs de People's Chorus of Philadelphia, ainsi que le pasteur de l'église, révérend Wesley Parks organisèrent une levée de fonds pour permettre à Marian Anderson d'intégrer la South Philadelphia High School, et de suivre des cours de chant privés avec Giuseppe Boghetti (en) et Agnes Reifsnyder[9],[10].

 
Marian Anderson en 1920.

En 1921-1922, elle se présente à la Philadelphia Music Academy, une université des arts ségréguée, elle y est refusée à cause de sa couleur[9]. Elle poursuit néanmoins sa formation musicale par des cours privés, et les concerts avec le soutien de la communauté de son église[réf. nécessaire].

En 1925, elle obtient une première consécration en gagnant le premier prix d'un concours de chant sponsorisé par le New-York Philarmonic. Cette victoire lui permet d'effectuer un concert avec l'orchestre le 26 août 1925. Cette performance est particulièrement remarquée du public, des médias, et des critiques de musique. De plus, cet événement lui offre une nouvelle opportunité, la rencontre avec un manager, Arthur Judson. Malgré le contexte raciste qui freine sa carrière, elle chante au Carnegie Hall, en 1928. À la suite d'un concert à l'Orchestra Hall, en 1929, elle obtient une bourse de l'organisation philanthropique, Roosenvald Found[réf. nécessaire].

En , Marian Anderson chante lors d'un concert organisé par Eleanor Roosevelt[11] devant le Lincoln Memorial[12], après qu'il lui a été refusé d'accéder à la salle où elle devait chanter, par les Filles de la Révolution américaine[13] (Daughters of the American Revolution ou DAR). Après quoi la « première dame » des États-Unis démissionne de l'organisation féminine.

 
Marian Anderson en 1943.

En 1943, elle épouse l'architecte Orpheus H. Fisher[14].

Dans les années 1950-1960, Marian Anderson devient une figure incontournable des negro spirituals et du gospel, elle est également connue en Europe, où, tout comme Roland Hayes avant elle et Paul Robeson, elle participe à la transmission de ce style de musique en Europe. Elle inspira ainsi plus d'une figure du gospel francophone comme John William.

Le , Marian Anderson est la première afro-américaine à chanter au Metropolitan Opera[15],[16]. Elle brise ainsi la « barrière de la couleur » dans ce haut lieu de l'opéra aux États-Unis[17]. Elle joue le rôle d'Ulrica, contralto, dans l'opéra Un ballo in maschera de Giuseppe Verdi, sur un livret d'Antonio Somma[18].

Le Marian Anderson a chanté l'hymne national américain lors de l'investiture du Président John Fitzgerald Kennedy[19]

En 1964, on lui a refusé un logement au Château Frontenac à Québec en raison de sa couleur de peau[20].

Elle meurt le chez son neveu James DePreist, directeur de l'Oregon Symphony music.

Elle est une figure majeure de la lutte des artistes afro-américains contre les préjugés raciaux et fut un modèle pour des artistes lyriques comme Leontyne Price, Grace Bumbry, Jessye Norman, etc.

Les archives de Marian Anderson sont déposées à la bibliothèque de l'université de Pennsylvanie[21].

HommageModifier

CitationsModifier

  • « On perd énormément de temps à haïr des gens. » (extrait du journal The New York Times - )
  • « Nous avons tous un don, ne serait-ce que celui d’être un ami sur qui l’on peut compter. »
  • « La prière commence où les capacités humaines finissent. »
  • « Les préjugés sont comme un cheveu sur la joue. Vous ne pouvez le voir, vous ne pouvez le toucher, mais vous essayez toujours de l’enlever car c’est une sensation irritante. »

Notes et référencesModifier

  1. « http://dla.library.upenn.edu/dla/ead/detail.html?id=EAD_upenn_rbml_MsColl200 » (consulté le )
  2. (en-US) « Marian Anderson Biography », sur Afrocentric Voices in "Classical" Music, (consulté le ).
  3. (en-US) « Marian Anderson Papers ».
  4. (en) « Marian Anderson, First African-American Operatic Singer », sur Owlcation (consulté le ).
  5. (en-US) « Marian Anderson: African American Singer », sur www.myblackhistory.net (consulté le ).
  6. (en) « Marian Anderson | American singer », sur Encyclopedia Britannica (consulté le ).
  7. (en-US) « Marian Anderson », sur www.encyclopedia.com (consulté le ).
  8. Lawrence Schenbeck, Racial Uplift and American Music, 1878-1943, University Press of Mississippi, (ISBN 978-1-61703-229-5, lire en ligne).
  9. a et b (en-US) « Marian Anderson (1897-1993) », sur BlackPast, (consulté le ).
  10. (en-US) « About Marian Anderson », sur Bibliothèque de l'université de Pennsylvanie.
  11. « Marian Anderson », sur Encyclopædia Universalis (consulté le ).
  12. (en-US) « Marian Anderson », sur AllMusic (consulté le ).
  13. (en) Marian Anderson, « Denied A Stage, She Sang For A Nation », sur NPR.org (consulté le ).
  14. (en) « Marian Anderson », sur www.u-s-history.com (consulté le ).
  15. (en-US) « Marian Anderson Biography », sur www.notablebiographies.com (consulté le ).
  16. « Black divas (3/4). Tout commence avec Marian Anderson... », sur France Musique (consulté le ).
  17. Randye Jones, « Marian Anderson Biography », Afrocentric Voices (consulté le ).
  18. Library Of Congress, « Marian Anderson Performed at the Metropolitan Opera. January 7, 1955 », sur www.americaslibrary.gov, americaslibrary.gov, s.d. (consulté le )
    Metoperafamily.org, « Marian at the Met (1955): The Story », sur http://www.metoperafamily.org, The Metropolitan Opera Guild, Inc., (consulté le ).
  19. The John F. Kennedy Center for the Performing Arts, « Biography of Marian Anderson », sur http://www.kennedy-center.org, The Kennedy Center, s.d. (consulté le ).
  20. « La grande cantatrice noire Marian Anderson est décédée », Le Soleil, vol. 97, no 101,‎ , A 3 (lire en ligne, consulté le ).
  21. « Marian Anderson papers, circa 1900-1993 », sur dla.library.upenn.edu (consulté le ).
  22. (en-US) « Marian Anderson House ».
  23. « Le temps où nous chantions - Richard Powers » [livre], sur Babelio (consulté le ).
  24. Le cas Eduard Einstein, éditions France loisirs, 2014, p. 151 et suivantes.
  25. (en-US) Alicia Ault, « How Marian Anderson Became an Iconic Symbol for Equality », sur Smithsonian (consulté le ).
  26. (en-US) SisumD, « One Life: Marian Anderson », sur npg.si.edu, (consulté le ).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier

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