Marguerite de Genève

comtesse de Savoie

Marguerite de Genève
Image illustrative de l’article Marguerite de Genève
Dessin de Marguerite de Genève en cavalière extraite de l'ouvrage de Samuel Guichenon.

Titre Comtesse de Savoie
(vers 1196-1233)
Prédécesseur Béatrice de Vienne
Successeur Anne de Bourgogne
Biographie
Dynastie Maison de Genève
Naissance vers 1180
Genève
Décès vers 1257
Pierre Châtel
Père Guillaume Ier de Genève
Mère Marguerite de Faucigny
Conjoint Thomas Ier de Savoie
Enfants Amédée
Humbert
Béatrix
Thomas
Aimon
Guillaume
Boniface
Amédée
Pierre
Philippe
Boniface
Alice
Agathe
Marguerite
Avita

Marguerite [Béatrice/Béatrix, Nicole] de Genève (parfois dite de Faucigny), morte très probablement en 1257, est issue de la maison de Genève et devient, par mariage avec Thomas Ier, comtesse de Savoie.

BiographieModifier

OriginesModifier

Marguerite [Béatrice/Béatrix], dont la date de naissance reste inconnue, serait la fille de Guillaume Ier, comte de Genève[1],[2],[3],[4]. L'historien Eugene L. Cox, dans son ouvrage The Eagles of Savoy (1974), souligne que ce lien de parenté est désormais établi (« now seems established beyond reasonable doubt »)[5].

Sa mère serait Marguerite-Béatrix, probable fille du seigneur Aymon Ier de Faucigny et de Clémence de Briançon[2],[4],[6],[7].

Marguerite-Béatrix [de Faucigny] serait sa mère et la seconde épouse du comte de Genève, veuf d'un premier mariage avec une princesse issue de la maison de Savoie[6],[4]. Marguerite [Béatrice] aurait ainsi pour frère, issu du premier lit, Humbert, futur comte, et Guillaume, qui héritera du titre à la mort de son demi-frère[6].

Marguerite, Béatrice, Nicole ?Modifier

Marguerite [Béatrice/Béatrix] épouse, vers 1196, le comte Thomas Ier de Savoie et devient, par son mariage, comtesse de Savoie[3],[8],[9].

Certains historiens ont distingué une Béatrix de Genève d'une Marguerite de Faucigny, considérant qu'il y aurait eu deux mariages[10],[11]. Les auteurs du Régeste genevois (1866) annote « or tous les auteurs s'accordent aujourd'hui à reconnaître que Thomas »[12]. Plus récemment, le docteur en historiographie médiévale savoyarde et membre de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, Daniel Chaubet, souligne, dans sa communication tenue lors du XXXIVe congrès des Sociétés savantes de Savoie (1992), que « Le problème du mariage de Thomas Ier a fait couler beaucoup d'encre. Guichenon lui donnait deux épouses, Béatrice de Genève, puis Marguerite de Faucigny. La plupart des Histoires de Savoie modernes ne lui en consentent qu'une, fille du comte de Genève (Ménabréa ; Plaisance ; Hayward ; Marie-José), ou ne précisent pas (Brondy, Demotz, Leguay, Guichonnet). P. Duparc indique que le comte épousa une fille de Guillaume Ier de Genève, prénommée Béatrice, Marguerite ou Nicole. »[1] Il poursuit en indiquant, que déjà dans sa thèse sur l'historiographie savoyarde médiévale (1989), il s'appuyait sur un « document du 27-10-1221 […] en accord avec la Chronique de Aubry de Trois-Fontaines », que le site Internet de généalogie, Foundation for Medieval Genealogy (FMG) utilise également, pour affirmer que le comte de Savoie « s'était marié avec une Marguerite, fille d'un seigneur de Faucigny »

Quelques années auparavant, l'archiviste paléographe André Perret, dans une communication de l'année 1965, rappelait que les historiens « l'ont nommée tantôt Béatrice, Marguerite ou Nicole de Genève, tantôt Béatrice de Faucigny »[13]. Cette confusion provient, selon lui, d'une mauvaise retranscription de l'auteur de la Chronique de l'abbaye d'Hautecombe[13].

La notice dédiée au comte Thomas Ier du site Internet sabaudia.org, site de mutualisation des ressources des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie, la mentionne sous la forme « Beatrix de Genevois »[2] Le site Internet de généalogie, Foundation for Medieval Genealogy (FMG), retient la forme Marguerite, tout en indiquant que certaines sources la mentionne Beatrix (« Marguerite is also called Beatrix in later sources »)[4].

Comtesse de SavoieModifier

La Chronique de Savoye (XVe siècle), de Cabaret, historiographe du comte Amédée VIII, raconte que le comte de Genève destinait sa fille au roi de France[14],[15]. Cependant, le comte Thomas, à la suite d'une rencontre avec Marguerite [Béatrice/Béatrix], serait tombé sous son charme et, sous les encouragements de celle-ci, lui aurait fait la promesse l'épouser[14]. En raison de la rivalité entre les maisons de Genève et de Savoie, le père de Marguerite se serait ainsi opposé au mariage, amenant le comte Thomas à enlever la princesse[14],[5].

La comtesse est le sujet du poème Le Carros du troubadour provençal Raimbaut de Vaqueiras[5]. Ainsi la "Madonna di Savoya est décrite comme la podestà de la cité mythique de Troie[5].

Selon le Régeste genevois (1866), qui reprend une affirmation de Joseph-Antoine Besson (1759)[16], elle serait à l'origine de la fondation de l'abbaye Sainte-Catherine du Mont[17]. Besson avance l'année 1179[16],[17],[18]. Cette date est cependant débattue, certains auteurs lui préfère l'année 1228[18]. François Mugnier, auteur d'une étude de l'abbaye, conscient du débat concernant l'existence d'une ou deux épouses, souligne cependant « Comme on l'a remarqué, Béatrix devait être bien jeune en 1179, et pouvait ne pas posséder alors les ressources suffisantes pour faire bâtir un établissement religieux un peu important. Il n'en aurait pas été ainsi en 1189, et surtout en 1199, si l'on pense qu'il manque deux x dans la copie de la fondation. A cette dernière date, Béatrix se trouvait en effet depuis quatre ou cinq ans l'épouse de Thomas Ier, et pouvait puiser, soit dans ses propres biens, soit clans ceux de son mari, les fonds nécessaires à son oeuvre. »[18]

Vers 1228, la comtesse de Savoie (Béatrix pour Guichenon) « accorde des lettres de garde et protection à la chartreuse d'Arvières »[12].

La dernière mention de son nom dans un document est une donation en sa faveur, faite le , par son fils, Philippe (Ier)[13]. Elle dite comitissa Sabaudia, karissima mater sua[13].

Mort et sépultureModifier

La date de mort de Marguerite [Béatrice/Béatrix] fait débat. Emmanuel-Philibert de Pingon (Pingonio Chronicon), d'après l'inscription sur sa sépulture, indique que la date serait le [13],[4] (Anno Domini MCCXXX sexto idus Aprilis)[13],[19].

André Perret (1965) indique que l'auteur de la Chronique d'Hautecombe avait placé sa mort, par erreur, en 1230[13]. Par ailleurs, les auteurs du Régeste genevois (1866) donnaient pour date de son inhumation le [19].

Son corps est inhumé dans l'abbaye d'Hautecombe[19],[13], nécropole de la maison de Savoie, tout comme huit de ses enfants.

DescendanceModifier

Le couple semble avoir eu de nombreux enfants, le chiffre de dix dont huit garçons est celui couramment retenu[8],[20],[21], même si d'autres sources avancent jusqu'à neuf autres enfants[2]. L'aîné héritera des titres et droits de son père, quant à ses fils puinés, ils intègreront les ordres[2]. Toutefois, deux d'entre-eux hériteront du titre de comte à la mort de leur frère[2].

D'autres enfants sont parfois ajoutés à la fratrie, quatre pour le site MedLands (¹)[22], ou cinq de plus selon l'article dédié sur le site Sabaudia.org (²)[2] :

  • Aymon († 1238), seigneur de Valley² ;
  • Humbert († 1226)² ;
  • deux filles mortes avant 1254¹ ;
  • Alice († 1277), abbesse de Saint-Pierre de Lyon en 1250¹’² ;
  • Agathe († après 1279), abbesse de Saint-Pierre de Lyon¹’².

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b « La représentation de la femme dans l'historiographie médiévale savoyarde », La femme dans la société savoyarde. - Actes du XXXIVe congrès des Sociétés savantes de Savoie, à Saint-Jean-de-Maurienne les 5-6 septembre 1992. Réunis par Marthe et Pierre Dompnier, t. XXVII et XXVIII,‎ , p. 119-128.
  2. a b c d e f g et h Palluel-Guillard, p. 12.
  3. a et b Bernard Andenmatten, « Savoie, Thomas Ier de » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne..
  4. a b c d et e (en) Charles Cawley, « Marguerite [Beatrice] », sur fmg.ac/MedLands (Foundation for Medieval Genealogy) (consulté en juillet 2020)
  5. a b c et d Cox 2015, p. 9-10 (présentation en ligne).
  6. a b et c Pierre Duparc, Le comté de Genève, (IXe-XVe siècles), t. XXXIX, Genève, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, coll. « Mémoires et documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 621 p. (lire en ligne), p. 143.
  7. Marie-Claud Junod, Monique Droin-Bridel, Olivier Labarte, « Polémiques religieuses. Études et textes », Mémoires et documents publiés par la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, Genève, t. XLVIII,‎ , p. II « Tableau généalogique, très simplifié, pour illustrer les liens de parenté entre les principaux personnages de l'époque » (lire en ligne).
  8. a et b Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine, , 496 p. (ISBN 2-05-101676-3), p. 468.
  9. Thérèse Leguay et Jean-Pierre Leguay, Histoire de la Savoie, Paris, Éditions Jean-paul Gisserot, , 128 p. (ISBN 978-2-87747-804-5, lire en ligne), p. 27.
  10. Auguste Dufour, François Rabut, « Notes pour servir à l'histoire des Savoyards de divers états », Mémoires et documents de Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, vol. 11,‎ , p. 218 (lire en ligne).
  11. Alain Boucharlat, Savoie, La Fontaine de Silo2, coll. « Encyclopédies régionales », , 319 p. (ISBN 978-2-86253-221-9, lire en ligne), p. 22.
  12. a et b Paul Lullin et Charles Le Fort, Régeste genevois : Répertoire chronologique et analytique des documents imprimés relatifs à l'histoire de la ville et du diocèse de Genève avant l'année 1312, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, , 542 p. (lire en ligne), p. 172, acte no 636 (sans date).
  13. a b c d e f g et h André Perret, « L'abbaye d'Hautecombe et les chroniques de Savoie », Bulletin philologique et historique jusqu'à 1610 du Comité des travaux historiques et scientifiques,‎ , p. 675-678 (lire en ligne).
  14. a b et c Jehan d'Orieville, dit Cabaret (traduction de Daniel Chaubet), La Chronique de Savoye, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes », , 297 p. (ISBN 978-2-908697-95-7, lire en ligne), p. 81-83.
  15. Pierre Duparc, Le comté de Genève, (IXe-XVe siècles), t. XXXIX, Genève, Société d’histoire et d’archéologie de Genève, coll. « Mémoires et documents » (réimpr. 1978) (1re éd. 1955), 620 p. (lire en ligne), p. 145.
  16. a et b Joseph-Antoine Besson, Mémoires pour l'histoire ecclésiastiques des diocèses de Genève, Tarantaise, Aoste et Maurienne, et du décanat de Savoye, Nancy, S. Henault, , 506 p. (lire en ligne), p. 130-131.
  17. a et b Paul Lullin et Charles Le Fort, Régeste genevois : Répertoire chronologique et analytique des documents imprimés relatifs à l'histoire de la ville et du diocèse de Genève avant l'année 1312, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, , 542 p. (lire en ligne), p. 114, acte no 416.
  18. a b et c François Mugnier, Histoire documentaire de l'abbaye de Sainte-Catherine (près d'Annecy), CP Ménard, , 170 p. (lire en ligne), p. 5-6.
  19. a b et c Paul Lullin et Charles Le Fort, Régeste genevois : Répertoire chronologique et analytique des documents imprimés relatifs à l'histoire de la ville et du diocèse de Genève avant l'année 1312, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, , 542 p. (lire en ligne), p. 183, acte no 693.
  20. Cox 2015, p. 417.
  21. Thérèse Leguay et Jean-Pierre Leguay, Histoire de la Savoie, Paris, Éditions Jean-paul Gisserot, , 128 p. (ISBN 978-2-87747-804-5, lire en ligne), p. 44.
  22. a et b (en) Charles Cawley, « B. Comtes de Savoie et de Maurienne 1060-1417 — Thomas I », sur Medlands - Foundation for Medieval Genealogy (consulté en août 2019).
  23. Jean-François Gonthier, Les châteaux et la chapelle des Allinges, Imprimerie J. Masson, , 171 p., p. 21.