Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Long.
Marguerite Long
Description de l'image Marguerite Long.jpg.

Naissance
Nîmes, Drapeau de la France France
Décès (à 91 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale Pianiste, pédagogue
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Antonin Marmontel
Enseignement Conservatoire de Paris
Élèves Samson François, Pierre Barbizet, Setrak, Lucette Descaves, Bruno Leonardo Gelber, Harry Datyner, Éliane Richepin, Ventsislav Yankoff, Claude Kahn
Conjoint Joseph de Marliave

Répertoire

Marguerite Marie Charlotte Long, née à Nîmes (Gard) le et morte à Paris le , est une pianiste française.

Pianiste de renommée internationale, elle excella dans le répertoire français de l'époque moderne, mais aussi dans Chopin et les romantiques. Elle fonde avec Jacques Thibaud le concours international Long-Thibaud.

Sommaire

BiographieModifier

Marguerite Long naît à Nîmes le 13 novembre 1874[1]. Sa sœur aînée Claire est nommée professeur de piano au conservatoire de Nîmes à l'âge de 17 ans[2]. À douze ans, au cours d'une tournée, l’inspecteur des Beaux-Arts et professeur au Conservatoire de Paris, Théodore Dubois, la remarque au conservatoire de sa ville natale. Grâce à lui, l'adolescente, fille de Pierre Long et Anna Théron, est admise au Conservatoire de Paris. Après avoir obtenu un premier prix de piano à l'âge de quinze ans, elle devient l'élève d'Antoine-François Marmontel.

Le 28 février 1893, elle débute en concert à Paris, à 19 ans. Sa carrière est cependant ralentie par le peu de goût des milieux bourgeois de l'époque pour les solistes virtuoses et par les préjugés sociaux qui dénient aux femmes toute capacité créatrice : elle ne se produira à nouveau en public qu'en 1903, aux Concerts Lamoureux.

En 1906, elle épouse le musicologue Joseph de Marliave à Paris connu notamment pour son œuvre sur les quatuors de Beethoven, il est très lié avec Gabriel Fauré qui introduit Marguerite dans l’univers de la fameuse « « musique française du début du siècle ». En 1914, son mari est tué à la guerre, elle veut arrêter toute carrière musicale mais Claude Debussy la remet au piano en lui proposant de travailler directement avec lui, elle sera donc une importante dépositaire de l’œuvre de Debussy.

Elle repose au cimetière Saint-Baudile de Nîmes.

CarrièreModifier

Marguerite Long se tourne vers l'enseignement ; en 1906, elle est nommée assistante au Conservatoire de Paris, où elle enseignera jusqu'en 1940.

Après la mort de Debussy en 1918, elle se met au service de la musique de Maurice Ravel qui est déjà son ami. Celui-ci crée Le Tombeau de Couperin pour rendre hommage à ses amis morts au champ d’honneur. La sixième et dernière pièce, Toccata, est dédiée à son mari, Joseph de Marliave.

Le 11 avril 1919, elle crée à la Société de musique indépendante. En 1920, après la mort de Louis Diémer, elle reprend sa classe au Conservatoire et fonde sa propre école de musique.

À partir de 1921, elle donne aussi des cours à l'École normale de musique de Paris, fondée en 1919 par Alfred Cortot et Auguste Mangeot. Peu à peu, prend forme une méthode didactique fondée sur le travail des doigtés, sur celui de la pratique des gammes et, surtout, sur la position arrondie de la main sur le clavier, dans le but d'obtenir ce jeu perlé si caractéristique de l'école française de piano.

Pendant trois mois, elle fait le tour de l'Europe en 1932, elle crée (première interprétation) le Concerto pour piano en sol majeur, que Ravel lui a dédié.

À partir de 1940, elle se produit en tant que musicienne de chambre avec le violoniste Jacques Thibaud.

Elle fit appel à son ami Jacques Thibaud pour créer en 1943 le concours qui portera leur nom et auquel elle se consacra jusqu'à sa mort, en 1966. C'est le Concours international Long-Thibaud auquel ils ont voué une partie de leur carrière.

Elle préside la Fondation Maurice Ravel de 1955 à 1966.

Professeur réputée, Marguerite Long compte parmi ses élèves Samson François, Setrak, Lucette Descaves, Annie d'Arco, Pía Sebastiani, Bruno Leonardo Gelber, Harry Datyner, Ventsislav Yankoff, Claude Kahn, Éliane Richepin, Yvonne Lefébure, Jacques Février, Nicole Henriot, Ada Cecchi, mère des pianistes Katia et Marielle Labèque, etc.

Elle fut l'amie notamment de Gabriel Fauré, Claude Debussy, Pierre Vellones ou Maurice Ravel, qui restèrent toute sa vie les grands noms de son répertoire. Ravel, qui la tenait en haute estime, lui dédia son Concerto en sol qu'elle créa en janvier 1932 et qu'elle présenta dans toute l'Europe.

RécompensesModifier

Elle reçut de nombreuses décorations : elle fut commandeur de la Légion d'honneur (1938), grand-croix de l'Ordre national du Mérite (première femme à atteindre cette dignité en 1965 dans ce nouvel Ordre), officier de l'Instruction publique.

ÉcritsModifier

  • Le Piano, Salabert, 1959
  • Au piano avec Claude Debussy, Julliard, 1960 (trad. anglaise 1972)
  • Au piano avec Gabriel Fauré, Julliard, 1963
  • La petite méthode de piano, Salabert, 1963
  • Au piano avec Maurice Ravel, Julliard, 1971 (trad. anglaise 1973)

Bibliographie (ordre chronologique)Modifier

  • Janine Weill, Marguerite Long, une vie fascinante, Paris, Julliard, , 247 p. (notice BnF no FRBNF33221501).
  • Cécilia Dunoyer de Segonzac, Marguerite Long (1874-1966) : Un siècle de vie musicale française, Paris, Ed. Findakly, , V-217 p. (notice BnF no FRBNF35613561).
  • Alain Pâris, Dictionnaire des interprètes : et de l'interprétation musicale au XXe siècle, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », (ISBN 2-221-08064-5, notice BnF no FRBNF36685957), p. 630-631
  • Hubert Delobette, « Un portrait de Marguerite Long », Femmes d'exception en Languedoc-Roussillon, Villeveyrac, Le Papillon Rouge Éditeur,‎ (ISBN 978-2-917875-13-1, notice BnF no FRBNF42301785).
  • Anne Bongrain, Le Conservatoire national de musique et de déclamation, 1900-1930 : documents historiques et administratifs, Paris, Vrin, (ISBN 978-2-7116-2398-3, notice BnF no FRBNF42627971), p. 265, 318
  • Gabriel Fauré, Correspondance suivie de Lettres à Madame H. : recueillies, présentées et annotées par Jean-Michel Nectoux, Paris, Fayard, (ISBN 978-2-213-68708-7, notice BnF no FRBNF44438560)
    Contient 2 correspondances de Gabriel Fauré à Marguerite Long (1908) n°297 et n°309
  • Maurice Ravel, L'intégrale : Correspondance (1895-1937), écrits et entretiens : édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris, Le Passeur Éditeur, (ISBN 2-36-890577-4, notice BnF no FRBNF45607052)
    Contient 9 correspondances de Maurice Ravel à Marguerite Long (1910-1923)

Notes et référencesModifier

  1. Acte de naissance n°1632 de l'année 1874 de l'état civil de la Ville de Nîmes.
  2. Dunoyer de Segonzac 1993, p. 19

Voir aussiModifier