Marguerite Bays

sainte catholique suisse

Marguerite Bays
Sainte catholique
Image illustrative de l’article Marguerite Bays
Sainte, mystique
Naissance
La Pierraz, Suisse
Décès (à 63 ans) 
La Pierraz, Suisse
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Ordre religieux Francescocoa.png Tiers-Ordre franciscain
Vénérée à Siviriez et La Pierraz
Béatification  Rome
par Saint Jean-Paul II
Canonisation à Rome, par le pape François
Attributs Stigmates

Marguerite Bays, née dans le hameau suisse de La Pierraz, dans la localité de Chavannes-les-Forts (commune de Siviriez depuis 2004) le et morte dans la même commune le [1], a été canonisée sainte catholique en 2019.

BiographieModifier

Vie familialeModifier

Marguerite est la deuxième de sept enfants d'une modeste famille paysanne, dont tous les membres, comme dit le dossier de l'évêché, « n'avaient pas une conduite irréprochable »[2]. Sa sœur Marie-Marguerite, dite « Mariette », souffre de la dissolution de son mariage et revient vivre dans la maison familiale, son frère Joseph, violent et dissipé, se retrouve en prison, et l'aîné, Claude, conçoit un enfant hors mariage (François), dont Marguerite, alors âgée de 17 ans, prend en charge l'éducation. A 47 ans, Claude finit par épouser Josette qui, selon les proches, aurait humilié et maltraité Marguerite[3].

Travail et catéchèse des enfantsModifier

Couturière de métier, Marguerite se lève très tôt pour travailler et, après la messe, rend visite à des familles qui lui demandent conseil et lui présentent des intentions de prière[4]. Marguerite n'est pas seulement aimée pour la qualité de son travail, mais aussi pour l'influence positive qu'elle a sur les enfants[5].

Service aux pauvresModifier

Localisation de la maison/musée de la bienheureuse Marguerite Bays[6].

À une époque où la pauvreté touche particulièrement les handicapés, les orphelins, ainsi que de nombreux journaliers qui ne trouvent plus de travail dans les fermes en raison de la mécanisation de l'agriculture, Marguerite Bays est une référence dans la région pour les affamés et les malades[7].


Spiritualité et vie mystiqueModifier

À l'occasion de la fondation de l'Œuvre de Saint-Paul en 1873, Marguerite Bays est consultée par sa filleule, Lutgarde Menétrey, mère abbesse de l'abbaye de la Fille-Dieu, ainsi que par le chanoine Joseph Schorderet[8]. Elle soutient ce projet malgré l'opposition de l'évêque de Fribourg, Mgr Étienne Marilley[9].

Atteinte semble-t-il d'un cancer abdominal - fatal, selon son médecin - elle en guérit cependant[réf. nécessaire] le jour de la proclamation solennelle, le , du dogme de l'Immaculée Conception[1] de la Vierge Marie[10].

Outre le fait que l'on prête à Marguerite des visions diverses et le don de prédiction, Lutgarde Fasel, mère abbesse de la Fille-Dieu cite, selon une source mal identifiée, voire discutable, son grand-père Jean : « Je vais vous dire quelque chose que je n'ai jamais dit à personne. Je suis le seul à connaître cette histoire avec le chanoine Jean Maillard et ma sœur, parce qu'elle m'a demandé de ne rien dire. Au cours de sa dernière maladie, Marguerite désirait recevoir l'Eucharistie pendant toute la nuit, mais nous n'avons pas pu répondre à sa demande. Le Seigneur Dieu a eu pitié de sa servante, un ange est venu et lui a amené la Sainte Communion. Je l'ai vu et je ne pouvais pas croire ce que je voyais »[5],[11].

Réception des stigmatesModifier

Menant une intense vie de prière et se trouvant parfois en extase le vendredi, surtout le Vendredi Saint, jour de la Passion du Christ, Marguerite, en état cataleptique, revit ces événements. A l'âge de 39 ans, peu après sa guérison considérée comme miraculeuse en 1854, des taches rouges apparaissent sur ses mains, sur ses pieds et sur sa poitrine, se développant en blessures ouvertes. Une enquête médicale qui aurait été menée le par le Dr Alexis Pégairaz de Bulle et par le préfet Grangier, qui constatent l'état cataleptique de Marguerite entre 15 h et 16 h. et concluent à l'authenticité des stigmates, inexplicables par une cause naturelle. Ces marques disparaissent par la suite. Le site Mystics of the Church donne le compte-rendu de cette investigation, citant pour seule source l'ouvrage du père Claude Morel (également président de la commission pour la canonisation de Marguerite Bays)[5].

MiraclesModifier

Deux miracles sont attribués à son intervention: en 1940, Marcel Ménetrey, jeune alpiniste et futur curé de la paroisse de Le Crêt, survit à un accident de montagne à la Dent de Lys au cours duquel meurent ses compagnons de cordée[12]. Et en 1998, une fillette de Siviriez supporte sans égratignure son passage sous la roue d'un tracteur. Ces événements seront reconnus par l’Église catholique pour justifier la canonisation de la sainte.

Béatification et canonisationModifier

 
Église de Siviriez, où repose Marguerite Bays.

Les habitants de la région prêtant à Marguerite Bays de nombreux miracles, un procès en béatification est ouvert en 1927 mais sera abandonné, étant retourné par Rome comme « absolument insuffisant »[2], puis relancé par l'évêque François Charrière en 1953. Ses ossements, exhumés en 1929, sont solennellement placés dans une chapelle de l'église de Siviriez le [1]. Marguerite Bays est béatifiée le par le pape Jean-Paul II[13]. En 2014, son procès de canonisation s'ouvre à Rome, auprès de la Congrégation pour les causes des saints[14]. Elle est canonisée le dimanche par le pape François.

Son portrait, seule représentation que l'on connaisse de Marguerite, a été peint en 1929, soit 50 ans après sa mort par Sœur Augustine Ménetrey, moniale du couvent de la Fille-Dieu[2].


BibliographieModifier

  • Père Claude Morel, Mieux connaître la Bienheureuse Marguerite Bays, Fribourg, Editions Saint-Paul, , 105 p. * Martial Python, Marguerite Bays et Mère Lutgarde Menétrey, Marraine et filleule, Bière (CH), Cabedita, (ISBN 978-2-88295-816-7)
  • Martial Python, La vie mystique de Marguerite Bays, stigmatisée suisse, Les Plans sur Bex (CH),, Parole et silence, (ISBN 978-2-889-18005-9).
  • Jean Steinauer, « Marguerite Bays au bout du parcours », Passé simple. Mensuel romand d'histoire et d'archéologie, vol. 49,‎ , p. 28-30.

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Francis Python, « Bays, Marguerite » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  2. a b et c Jean Steinauer, « Marguerite Bays au bout du parcours », Passé simple. 7ref>. Mensuel romand d'histoire et d'archéologie, vol. 49,‎ , p. 28-30.
  3. Martial Python, La vie mystique de Marguerite Bays - Stigmatisée suisse, Parole et Silence, (ISBN 978-2-88918-005-9), pp. 35-39.
  4. (la) Canonizationis Servae Dei Marguerite Bays, Summarium Lausannen[sis], Geneven[sis], Friburgen[sis], Rome, , ad. 108, p. 102.
  5. a b et c « Blessed Marguerite Bays, lay mystic and stigmatic », sur www.mysticsofthechurch.com (consulté le 8 mai 2017)
  6. Lien vers Google Maps
  7. Martial Python, La vie mystique de Marguerite Bays, stigmatisée suisse, Parole et silence, , 176 p. (ISBN 978-2-889-18005-9, OCLC 779696750).
  8. « Les Pierres de Fondation », sur www.soeurs-st-paul.ch (consulté le 6 mars 2017)
  9. Martial Python, La vie mystique de Marguerite Bays, stigmatisée suisse, Parole et silence, (ISBN 978-2-889-18005-9, OCLC 779696750), p. 62-68.
  10. Martial Python, La vie mystique de Marguerite Bays, stigmatisée suisse, Parole et silence, (ISBN 978-2-889-18005-9, OCLC 779696750), p. 87-88.
  11. (la) Lutgarde Fasel, Summ. Notitiae Matris Lutgardis Fasel, Romont, p. 42.
  12. François Mauron, « Le miracle de Marguerite Bays mis en cause par un document (Un fribourgeois enquête sur le drame de la Dent-de-Lys, qui, en 1940, a conduit à la béatification de la couturière de Siviriez. Il a retrouvé le protocole de l'enquête de l'époque) », Le Temps, 2 septembre 2008 [1].
  13. Marie-Paule Angel, « La simplicité sanctifiée », La Gruyère,‎ (lire en ligne)
  14. « Marguerite Bays sera canonisée, La Gruyère, 15 janvier 2019 ».