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Marguerite Bays

Sainte catholique suisse

Marguerite Bays
Sainte catholique
Image illustrative de l’article Marguerite Bays
Sainte
Naissance
La Pierraz, Suisse
Décès (à 63 ans) 
La Pierraz, Suisse
Nationalité Drapeau de la Suisse Suisse
Ordre religieux Francescocoa.png Tiers-Ordre franciscain
Vénérée à Siviriez La Pierraz
Béatification  Rome
par Saint Jean-Paul II
Canonisation à Rome, par le pape François
Attributs Stigmates

Marguerite Bays, née dans le hameau suisse de La Pierraz, à Chavannes-les-Forts (Siviriez depuis 2004) le et morte dans la même commune le [1], est une sainte catholique suisse qui a reçu les stigmates.

BiographieModifier

Vie familialeModifier

Marguerite est la deuxième de sept enfants de la famille Bays. Dès leur jeunesse, Marguerite et ses frères passent par des souffrances : sa sœur Marie-Marguerite, dite « Mariette », souffre de la dissolution de son mariage ; son frère Joseph, de caractère assez violent et mœurs relâchés, finit par purger une peine de prison, et l'aîné Claude aura un enfant hors du mariage (François), dont Marguerite, alors âgée de 17 ans, prend l'éducation en charge. Claude finit par se marier à 47 ans avec Josette, qui, selon le témoignage des proches, est une femme de caractère grossier et indélicat, qui humilie et maltraite Marguerite. À la fin de sa vie, précocement malade, Marguerite prend soin de sa belle-sœur et la prépare à la mort[2].

Travail et catéchèse des enfantsModifier

Couturière de métier, Marguerite se lève vers 3 heures du matin pour filer le chanvre au rouet. Après la messe, elle se rend dans les familles. Selon des témoins, elle prie toujours le chapelet avant le travail, et ses patrons finissent par s'unir à sa prière[3]. Les gens profitent de ses visites pour demander des conseils et présenter des intentions de prière.

Marguerite n'est pas seulement aimée pour la qualité de son travail, mais aussi pour l'influence positive qu'elle a sur les enfants. Quand elle prend une pause, elle s'intéresse à eux et leur parle de la vie de Jésus[4].

Service aux pauvresModifier

Localisation de la maison/musée de la bienheureuse Marguerite Bays[5].

À une époque où débute la mécanisation de l'agriculture, de nombreux journaliers qui parcourent la Romandie ne trouvent plus de travail dans les fermes, sans compter ceux qui souffrent d'un handicap et les orphelins. Les Bays sont, à travers Marguerite, une référence dans la région pour les affamés, les malades. Marguerite apporte souvent du lait et du pain aux enfants pauvres, les lave, raccommode leurs habits ou parfois même les habille de vêtements neufs[6].

Réception des stigmates et mortModifier

Peu de temps après sa guérison miraculeuse à l'âge de 39 ans, des tâches intenses et rouges apparaissent sur ses mains, sur ses pieds et sur sa poitrine. Marguerite entre dans des extases les vendredis, au cours desquels elle revit la passion et la crucifixion de Jésus-Christ, avec des blessures saignantes ouvertes entre ses mains, ses pieds et son côté. Marguerite cache ces blessures aux gens du mieux qu'elle le peut, en portant de gants de coton qui couvrent ses mains à l'exception des doigts, mais la nouvelle sur ce signe finit par être connue dans la région.

Éhontée par cette notoriété publique, elle supplie à Dieu d'enlever les marques visibles de son corps. Quelque temps après, les stigmates disparaissent visuellement, mais Marguerite continue à souffrir la Passion du Christ les vendredis. Une enquête médicale, menée sur demande de l'évêque par le Dr Alexis Pégairaz de Bulle, le préfet Grangier et deux prêtres théologiens, conclut par l'authenticité des stigmates, sans cause naturelle qui puisse les expliquer[4].

Alitée pendant plusieurs mois, après une longue maladie, Marguerite s'éteint le vendredi 27 juin 1879.

Spiritualité et vie mystiqueModifier

Marguerite Bays est souvent consultée par sa filleule, Lutgarde Menétrey, qui est la mère abbesse de l'abbaye de la Fille-Dieu, ainsi que par le chanoine Joseph Schorderet lors de la fondation de l'Œuvre de Saint-Paul[7] en 1873, qu'elle soutient malgré l'opposition de l'évêque de Fribourg, Mgr Étienne Marilley[8].

Atteinte d'un cancer aux intestins depuis plusieurs mois et condamnée à mourir d'après son médecin, elle guérit, et cette guérison, le 8 décembre 1854, est attribuée à la proclamation solennelle ce même jour du dogme de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie[1]. Au retour de la messe, alors qu'elle croit Marguerite mourante, sa famille la retrouve au fourneau, en train de préparer le repas de midi[9].

Un jour qu'elle prie dans sa chambre, elle affirme avoir « vu » trois voyageurs arriver à La Pierraz et passer devant la chapelle Notre-Dame du Bois. L'un d'entre eux, un frère de l'abbaye d'Hauterive, entre dans la chapelle et fait une prière à Marie. Quand les trois arrivent à la ferme des Bays, Marguerite dit : « Frère Joseph est bon d'être allé prier la Sainte Vierge en passant devant sa chapelle ! »[réf. nécessaire].

Elle a parfois des visions sur certains événements futurs. La piété de Mariette, la fille de son frère Jean, était si grande que les sœurs de l'abbaye de la Fille-Dieu voulaient qu'elle entre au monastère. Mais Marguerite dit à l'Abbesse : « Mariette ne viendra pas parce qu'elle va se marier. Mais sa fille un jour rejoindra votre communauté ». En effet, sa belle-nièce Bernadette, qui est née trois ans après la mort de Marguerite, est entrée à l'abbaye de la Fille-Dieu et plus tard est devenue son abbesse, comme Marguerite l'a prédit plusieurs années plus tôt[4].

Une autre grâce extraordinaire est signalée par la Mère Lutgarde Fasel. Un jour, son grand-père Jean, lui confie : « Je vais vous dire quelque chose que je n'ai jamais dit à personne. Je suis le seul à connaître cette histoire avec le chanoine Jean Maillard et ma sœur, parce qu'elle m'a demandé de ne rien dire. Au cours de sa dernière maladie, Marguerite désirait recevoir l'Eucharistie pendant toute la nuit, nous l'avons essayé, mais nous n'avons pas pu accomplir sa demande. Donc, le Seigneur Dieu a eu pitié de son serviteur et un ange est venu et lui a amené la Sainte Communion. Je l'ai vu et je ne pouvais pas croire ce que je voyais »[4],[10].

Béatification et canonisationModifier

 
Église de Siviriez, où repose la dépouille de Marguerite Bays.

Les habitants de la région prêtent à Marguerite Bays de nombreux miracles, si bien qu'un procès en béatification, qui durera très longtemps, est ouvert en 1927. Les restes de Marguerite sont exhumés en 1929 dans le cadre de ce procès; ils seront par la suite inhumés dans une chapelle de l'église de Siviriez, le 26 juin 1953. Cette même année le procès en béatification est repris[1].

Marguerite Bays est finalement béatifiée le par le pape Jean-Paul II[11]. En 2014, un procès de canonisation s'ouvre à Rome, auprès de la Congrégation pour les cause des saints[12]. La canonisation de Marguerite Bays a lieu le dimanche 13 octobre 2019 à Rome par le pape François.

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Francis Python, « Bays, Marguerite » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  2. Martial Python, La vie mystique de Marguerite Bays - Stigmatisée suisse, Parole et Silence, (ISBN 978-2-88918-005-9), pp. 35-39
  3. (la) Canonizationis Servae Dei Marguerite Bays, Summarium Lausannen, Geneven, Friburgen, Rome, , ad. 108, p. 102
  4. a b c et d « Blessed Marguerite Bays, lay mystic and stigmatic », sur www.mysticsofthechurch.com (consulté le 8 mai 2017)
  5. Lien vers Google Maps
  6. Martial Python, La vie mystique de Marguerite Bays, stigmatisée suisse, Parole et silence, , 176 p. (ISBN 978-2-889-18005-9, OCLC 779696750)
  7. « Les Pierres de Fondation », sur www.soeurs-st-paul.ch (consulté le 6 mars 2017)
  8. Martial Python, La vie mystique de Marguerite Bays, stigmatisée suisse, Parole et silence, (ISBN 978-2-889-18005-9, OCLC 779696750), p. 62-68
  9. Martial Python, La vie mystique de Marguerite Bays, stigmatisée suisse, Parole et silence, (ISBN 978-2-889-18005-9, OCLC 779696750), p. 87-88
  10. (la) Lutgarde Fasel, Summ. Notitiae Matris Lutgardis Fasel, Romont, p. 42
  11. Marie-Paule Angel, « La simplicité sanctifiée », La Gruyère,‎ (lire en ligne)
  12. « Marguerite Bays sera canonisée, La Gruyère, 15 janvier 2019 »

BibliographieModifier

Lien externeModifier