Margot Kidder

actrice américaine
Margot Kidder
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Margot Kidder en 1969.
Nom de naissance Margaret Ruth Kidder
Surnom Margie
Naissance
Yellowknife
Territoires du Nord-Ouest (Canada)
Nationalité Drapeau : Canada Canadienne
Drapeau : États-Unis Américaine
Décès (à 69 ans)
Livingston
Montana (États-Unis)
Profession Actrice
Films notables Sœurs de sang
Superman (et suites)
Amityville : La Maison du diable
Site internet margotkidder.com

Margaret Ruth Kidder, dite Margot Kidder, est une actrice et productrice canadienne naturalisée américaine, née le à Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest) et morte le à Livingston (Montana)[1].

Elle est surtout connue pour avoir incarné Lois Lane dans la saga Superman (1978-1987) avec Christopher Reeve.

BiographieModifier

Margot Kidder vient d'une famille de la classe ouvrière et a passé son enfance « dans des camping-cars et des motels[2]. »

Elle débute en 1968 au Canada dans quelques séries télévisées avant de faire ses débuts au cinéma dans Gaily, Gaily de Norman Jewison.

 
Margot Kidder en 1970.

Elle partage au début des années 1970 un appartement à Los Angeles avec une autre jeune comédienne, Jennifer Salt, à Nicholas Beach, sur la Pacific Coast Hightway[2]. Leur foyer devient vite un lieu de rencontre pour les acteurs et les réalisateurs du Nouvel Hollywood : Brian De Palma, qui a rencontré Jennifer Salt pendant ses études, y est hébergé lorsqu'il vient s'installer à Los Angeles après l'échec de son film Get to Know Your Rabbit[3]. Il devient le compagnon de Margot[3]. Les réalisateurs Martin Scorsese, Steven Spielberg, John Milius, Walter Hill, les acteurs Richard Dreyfuss, Bruce Dern ou le scénariste Jacob Brackman (en) viennent fréquemment dans leur maison ou sur la plage avec les deux jeunes femmes[2]. L'ensemble du groupe discute abondamment et souhaite « faire des films à message[2] », Margot Kidder se disant « fière de ne pas être une starlette[4]. » Si elle reconnaît qu'elle est, comme l'ensemble de ce groupe, ambitieuse, elle explique au début des années 2000 que cette ambition est celle de « parvenir au succès de façon intègre » : elle ne souhaite pas se montrer en ville avec un agent, ne veut pas travailler pour des motifs uniquement financiers mais se mettre au service d'ambitions artistiques[5]. L'atmosphère est celle de la libération des années 1970 : les deux jeunes femmes, accompagnées de leur amie Janet Margolin se baignent seins nus sur la plage, des drogues sont consommées[2]. Peter Biskind décrit Margot Kidder comme « une très jolie fille en phase avec le vent de liberté qui soufflait à l'époque » : elle essaye diverses drogues, y compris la cocaïne, et fait preuve d'une véritable liberté sexuelle[2].

Alors que Margot Kidder et Jennifer Salt souffrent de ne pas trouver de grands rôles et sentent leur carrière en panne, Brian De Palma leur dépose en cadeau de Noël, sous le sapin, le scénario de Sœurs de sang dont elles vont tenir les rôles principaux[2]. C'est son double rôle dans ce film qui lui apporte une petite notoriété.

L'année suivante, elle parait dans Black Christmas, un film d'horreur à petit budget réalisé par Bob Clark et tourné au Canada. À sa sortie, le film ne connait qu'un succès modéré au box-office et la réception critique est négative. Au fil des années, Black Christmas acquiert peu à peu le statut de film culte et est aujourd'hui considéré comme le précurseur des 'slashers' de la fin des années 1970.

En 1975, elle tourne La Kermesse des aigles de George Roy Hill puis 92 in the Shade dont elle épouse le réalisateur Thomas McGuane l'année suivante (le mariage ne durera qu'un an).

En 1978, elle interprète Loïs Lane, journaliste au Daily Planet amoureuse de Superman dans le film homonyme de Richard Donner. À sa sortie, le film obtient un grand succès, tant critique que commercial et Margot Kidder reprend son rôle de Loïs Lane trois fois, dans Superman 2 (1980), Superman 3 (1983) et Superman 4 (1987). Elle épouse en 1979 l'acteur John Heard pour en divorcer un an plus tard. Elle est à la même époque la vedette d'Amityville : La Maison du diable (1979), autre succès commercial certain malgré des critiques faibles, et de Willie et Phil (1980), un remake à l'américaine de Jules et Jim réalisé par Paul Mazursky. Puis, elle apparait dans le film canadien Heartaches de Donald Shebib, ce qui lui vaut un prix Génie de la meilleure actrice en 1982.

Le tournant des années 1980, où les producteurs reprennent le pouvoir sur les réalisateurs dans l'industrie du cinéma américain, est difficile à vivre pour Margot Kidder, qui est restée comme plusieurs de ses amis dans l'esprit des années 1970 : « dans notre tête nous en étions encore aux seventies, autant dire complètement paumés dans un milieu dominé par de jeunes agents proprets[6]. »

En 1984, elle tourne pour la télévision la mini-série Louisiane, réalisée par Philippe de Broca qu'elle a épousé l'année précédente. Là encore le mariage ne durera qu'un an. En 1990, un grave accident de voiture qui la laisse en partie paralysée l'éloigne des plateaux de cinéma durant deux ans, lui causant des problèmes financiers[7]. Elle revient progressivement, tenant un petit rôle dans le film québécois La Florida ou dans le western humoristique Maverick, réalisé par le réalisateur de Superman, Richard Donner.

Souffrant de trouble bipolaire, elle est retrouvée par la police en 1996 parmi des sans domicile fixe et envoyée dans une clinique psychiatrique. Mais en 2007, elle déclarera qu'elle n'a pas eu d'épisodes dépressifs depuis onze ans grâce à la médecine naturelle[réf. nécessaire].

Vers la fin des années 1990, elle reprend le chemin des plateaux. Au début de la décennie 2000, elle devient une des interprètes des Monologues du vagin, ce qui la conduit à se produire dans plusieurs villes comme Toronto, Vancouver, Buffalo et Detroit.

Elle maintient un travail constant dans les films indépendants et la télévision. Elle est apparue en 2005 dans quelques épisodes de la saison 4 de Smallville, série télévisée relatant la jeunesse de Superman. Elle y joue l'assistante de Dr. Swan, lui-même interprété par Christopher Reeve. Elle apparait aussi dans un épisode de New York, unité spéciale et un de The L Word. En 2015, elle remporte un Daytime Emmy Award pour sa performance dans la série télévisée pour enfants The Haunting Hour.

Margot Kidder devient citoyenne américaine en 2005 et a vécu au Montana jusqu'à sa mort. Elle était également une activiste. Elle s'oppose à la guerre en Irak. Elle est arrêtée à la Maison Blanche en 2011 lors d'une manifestation contre la construction d'un oléoduc reliant l'Alberta au Texas.

Elle se suicide, par surdose de drogues et alcool, le , à l'âge de 69 ans, dans sa maison de Livingston, dans le Montana[8].

FilmographieModifier

CinémaModifier

TélévisionModifier

DoublageModifier

CinémaModifier

TélévisionModifier

Jeu vidéoModifier

Voix françaisesModifier

et aussi

Notes et référencesModifier

  1. (en-US) « Margot Kidder, Who Found Movie Stardom in ‘Superman,’ Dies at 69 », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 14 mai 2018).
  2. a b c d e f et g Biskind, p. 244-246.
  3. a et b Samuel Blumenfeld et Laurent Vachaud, Brian de Palma : Entretiens avec Samuel Blumenfeld et Laurent Vachaud, Paris, Calmann-Lévy, , 214 p. (ISBN 2-7021-3061-5), p. 37-45.
  4. Biskind, p. 275.
  5. Biskind, p. 260.
  6. Biskind, p. 446.
  7. (en-GB) Oliver Poole, « 'Curse? It's the luck of Superman' », The Telegraph,‎ (ISSN 0307-1235, lire en ligne, consulté le 15 mai 2018).
  8. Camille Schmitt, « Margot Kidder, alias Loïs Lane dans "Superman", s'est suicidée par overdose », sur https://www.rtl.fr, (consulté le 9 août 2018).

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

Liens externesModifier