Marcos Pérez Jiménez

Marcos Pérez Jiménez () est un homme d'État vénézuélien, chef de l’État de 1952 à 1958.

Marcos Pérez Jiménez
General Marcos Evangelista Pérez Jiménez, Venezuela Colorized.jpg
Fonction
Président du Venezuela
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Parc du cimetière de La Paz (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Marcos Evangelista Pérez JiménezVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Académie vénézuélienne des sciences militaires (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Période d'activité
Depuis Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Flor María Chalbaud (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Front électoral indépendant (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Arme
Grade militaire
Distinctions
signature de Marcos Pérez Jiménez
signature
Direccion de prisones.jpg

BiographieModifier

Marcos Pérez Jiménez est né à Michelena, dans l'État de Táchira. Son père était fermier et sa mère institutrice. Pérez Jiménez fréquenta l'école dans sa ville natale et en Colombie ; il entra ensuite à l'Académie Militaire du Venezuela et obtint son diplôme en étant premier de sa promotion en 1934 ; puis il alla étudier dans des collèges militaires au Pérou.

En 1945, il participa à un coup d'État qui contribua à installer le gouvernement de Rómulo Gallegos (du parti Action Démocratique) et devint Ministre de la Défense. Plus tard en 1948, il mena un autre coup d'État qui chassa le président élu Rómulo Gallegos. De 1948 à 1952, le pays fut gouverné par une junte militaire menée par le lieutenant colonel Carlos Delgado Chalbaud, et qui comprenait Pérez Jiménez et Germán Suárez Flamerich. Le , Delgado Chalbaud fut assassiné. La junte élut Suárez Flamerich au poste de président provisoire, mais le pouvoir réel était détenu par Pérez Jiménez.

DictatureModifier

La junte appela aux urnes en 1952. Quand les premiers résultats montrèrent que le leader de l'opposition était en tête et pourrait gagner, la junte arrêta les élections et nomma Pérez Jiménez président. Pérez Jiménez changea le nom du pays, qui était États-Unis du Venezuela depuis 1864, en République du Venezuela. Ce nom restera jusqu'à ce que le président Hugo Chávez le modifie en République Bolivarienne du Venezuela)

Pendant son gouvernement, Pérez Jiménez débuta beaucoup de projets d'infrastructure, pour la plupart des constructions de routes, ponts, édifices du gouvernement, grand complexes de logement public et le très symbolique Hôtel Humboldt. En revanche, l'inflation atteint des sommets et l'université nationale est fermée[1].

Comme beaucoup de dictateurs, Pérez Jiménez n'était pas prêt à tolérer les critiques et son gouvernement poursuivit impitoyablement et anéantit l'opposition. La police secrète est alors omniprésente.

Le gouvernement des États-Unis lui décerna la Légion du Mérite américaine en 1954[1]. Il bénéficia également d'une aide militaire américaine[2].

Dès 1955, le Parti communiste du Venezuela entreprend un travail d'infiltration au sein des groupes d'officiers de l'armée en vue de fragiliser le régime de l'intérieur et obtient de très bons résultats[1].

En décembre 1957, des consultations électorales à l'issue desquelles Pérez Jiménez fut plébiscité avaient été organisés. Peu de personne donnèrent foi aux résultats officiels.

Janvier 1958 constitue le début de la fin pour Pérez Jiménez. Le 1er janvier, les forces aériennes de la base de Maracay se soulèvent et mitraillent le Palais présidentiel. Le dictateur affirme contrôler le pays[3] mais perd aussi le soutien de l’Église après avoir fait jeter en prison plusieurs curés. Le , à la suite de manifestations dans la rue, Pérez abandonne le pays.

ExilModifier

Il se rendit d'abord en République dominicaine dirigée par Leonidas Trujillo, puis aux États-Unis où il vécut jusqu'en 1963, année où il fut extradé vers le Venezuela pour le détournement de quelque 200 millions de dollars pendant son mandat présidentiel. Il fut envoyé en prison et y resta jusqu'en 1968, où il est libéré. Il partit en exil en Espagne. En 1968, il est élu sénateur mais son élection fut rejetée sur une question de procédure. Il conserva la fortune qu'il s'était constituée et mena une vie royale dans une banlieue chic de Madrid[4].

Pérez Jiménez eut quatre filles de sa femme et une fille, Monica, avec Marita Lorenz[5]. Il mourut à Alcobendas, à Madrid (Espagne), à 87 ans.

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Maurice Lemoine, Les enfants cachés du général Pinochet. Précis de coups d'Etats modernes et autres tentatives de destabilisation, Don Quichotte, , p. 330-331
  2. Jacques Grignon Dumoulin, « Seuls trois États d'Amérique latine sont encore gouvernés par des dictateurs », sur Le Monde diplomatique,
  3. Discours de Pérez Jiménez du 1er janvier 1958, sous-titres en français
  4. Ignacio Ramonet, « Derniers carnavals », sur Le Monde diplomatique,
  5. Marita Lorenz, interviewée par Olivier O'Mahony, « Maria Lorenz, fidèle à Castro », Paris Match, semaine du 9 au 15 juin 2016, pages 76-79.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier