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Marcelo Bielsa

joueur et entraîneur de football argentin

Marcelo Bielsa
Image illustrative de l’article Marcelo Bielsa
Marcelo Bielsa en 2012.
Situation actuelle
Équipe Drapeau : Angleterre Leeds United (entraîneur)
Biographie
Nom Marcelo Alberto Bielsa
Nationalité Drapeau : Argentine Argentin
Naissance (64 ans)
Lieu Rosario (Argentine)
Taille 1,84 m (6 0)
Période pro. 1976-1980
Poste Défenseur puis entraîneur
Parcours professionnel1
SaisonsClub 0M.0(B.)
1976-1978Drapeau : Argentine Newell's Old Boys 025 0(0)
1978-1979Drapeau : Argentine Instituto de Córdoba 010 0(0)
1979-1980Drapeau : Argentine Argentino de Rosario 030 0(0)
Équipes entraînées
AnnéesÉquipe Stats
1990-1992Drapeau : Argentine Newell's Old Boys 40v 38n 20d
1992-1994Drapeau : Mexique CF Atlas 29v 24n 25d
1995-1996Drapeau : Mexique Club América 12v 18n 10d
1997-1998Drapeau : Argentine Vélez Sarsfield 23v 13n 07d
1998Drapeau : Espagne Espanyol Barcelone 01v 02n 03d
1998-2004Drapeau : Argentine Argentine 56v 18n 11d
2007-2011Drapeau : Chili Chili 28v 08n 15d
2011-2013Drapeau : Espagne Athletic Bilbao 43v 31n 39d
2014-2015Drapeau : France Olympique de Marseille21v 07n 13d
2016Drapeau : Italie Lazio Rome00v 00n 00d
2017Drapeau : France Lille OSC03v 04n 07d
2018-Drapeau : Angleterre Leeds United29v 09n 14d
1 Compétitions officielles nationales et internationales.
Dernière mise à jour : 31 août 2019

Marcelo Bielsa (surnommé El Loco Bielsa, « Bielsa le fou »), né le à Rosario (Argentine), est un entraîneur de football argentin qui entraîne actuellement l’équipe anglaise de Leeds United.

Suite à sa retraite en tant que footballeur, il intègre le club des Newell's Old Boys, où il se chargea de la formation. Il accède à l'équipe première en 1990, avec laquelle il gagnera le championnat dès sa première saison, et le tournoi de clôture l'année suivante. À l'échelle continentale, Bielsa fut également finaliste de la Copa Libertadores en 1992, perdant aux tirs au but contre São Paulo. Il remporte également ce trophée en 1998 avec le Club Atlético Vélez Sarsfield.

Durant les années 2010, sa carrière prend un tournant européen. En effet, outre un passage éclair à l'Espanyol Barcelone en 1998, il dirigea l'Athletic Bilbao de 2011 à 2013, et atteignit pour sa première saison les finales de Coupe d'Espagne et d'Europa League, toutes deux perdues. Pep Guardiola, alors entraîneur du grand FC Barcelone, déclara cette année-là à propos de l'entraîneur argentin : « Nous sommes face au meilleur entraîneur de la planète ». Suivit ensuite une expérience française, d'abord à l'OM entre 2014 et 2015, puis à Lille en 2017. Depuis l'été 2018, il est à la tête du club de Leeds United en deuxième division anglaise, où il lutte actuellement pour la montée en Premier League.

Bielsa a également géré les sélections nationales d’Argentine (1998-2004) et du Chili (2007-2011). Avec l'Argentine, il remporta la médaille d'or de football aux Jeux Olympiques de 2004. Au Chili, il a atteint un statut de culte grâce à la nette amélioration des résultats, et du jeu, de l’équipe nationale sous son autorité.

BiographieModifier

Origine familialeModifier

Marcelo Alberto Bielsa est issu d'une prestigieuse famille de Rosario, ayant fait carrière dans la politique et le droit. Pourtant, il choisit de rompre avec la tradition familiale en décidant de consacrer sa vie au football, cependant que son frère, Rafael, fut ministre des Affaires étrangères, et sa sœur, María Eugenia, vice-gouverneur de la province de Santa Fe. Ce n'est d'ailleurs pas anodin si le jeune Marcelo choisit de supporter le populaire Newell's Old Boys, le club de la bourgeoisie.

Le joueurModifier

Il parvient à devenir professionnel avec son club de cœur, et évolue en tant que défenseur. Néanmoins, des problèmes physiques et un faible talent vont mettre court à sa carrière, qui s'arrête prématurément, et anonymement, en 1980, à l'âge de 25 ans, avec le modeste club d'Argentino, après un court passage à l'Instituto de Córdoba.

L'entraîneurModifier

Newell's Old Boys : les glorieux débutsModifier

Conscient de ses limites, Bielsa entame, parallèlement à sa carrière de joueur, des études afin de devenir professeur d'EPS. Il se décide ensuite à faire carrière en tant qu'entraîneur, d'abord avec une équipe universitaire de Buenos Aires, puis naturellement à Newell's, où il s'occupe des catégories de jeunes, où il voit notamment passer sous ses ordres les futurs internationaux argentins Abel Balbo, Roberto Sensini et Gabriel Batistuta.

L'équipe première lui est ensuite confiée en 1990. Pour sa première saison, il remporte le tournoi d'ouverture du championnat d'Argentine. La performance est d'autant plus remarquable qu'il y parvient avec une équipe très jeune, symbolisée notamment par la charnière centrale, composée de Mauricio Pochettino et Fernando Gamboa, respectivement âgés de 18 et 20 ans[1]. Après une seconde partie de saison quelconque, il est opposé en finale nationale à Boca Juniors, vainqueur du tournoi de clôture. Le match aller, qui se déroule à domicile, au Coloso del Parque, est remporté 1 à 0 par Los Leprosos, grâce à un but d'Eduardo Berizzo. Au retour, les hommes de Bielsa sont défaits sur le même score à la Bombonera. Ils finissent toutefois par triompher aux tirs au but, et sont ainsi champions d'Argentine 1991.

En revanche, la saison d'après est plus difficile. En effet, Newell's termine 18e (sur 20) du tournoi d'ouverture du championnat d'Argentine 1991. Néanmoins, l'équipe se reprend et remporte le tournoi de clôture. Après Boca, c'est River qui se dresse sur la route de Newell's en finale. Celle-ci se déroule en trois matchs : le premier, à domicile, se termine sur un 0-0, puis les deux suivants, tous à l'extérieur, sont perdus (1-0, 3-2). En guise de consolation, ils se qualifient pour la Copa Libertadores 1993 après une victoire en match de barrage face au Vélez Sársfield.

Qualifiés pour l'édition 1992 de la Copa Libertadores, Newell's termine premier de son groupe, malgré une humiliation 0-6 face à San Lorenzo au Coloso del Parque. Le club brille en phase finale, éliminant tour à tour les uruguayens du Defensor SC (1-1, 1-0), leurs compatriotes de San Lorenzo (4-0, 1-1), puis les Colombiens de l'América Cali (1-1, 1-1, 11-10 t.a.b). Opposés à l'équipe brésilienne de São Paulo en finale, chacune l'emporta à domicile sur le même score de 1-0. Aux tirs au but, c'est l'équipe de Telê Santana qui triomphe par 3 pénalties à 2.

Au terme de la saison 1991-1992, Bielsa choisit de quitter ses fonctions, après avoir remporté trois titres et atteint une finale continentale. Bien que relativement bref (2 ans), son passage marqua profondément Newell's, et c'est pourquoi, en 2009, le club lui rend l'ultime hommage en renommant le Coloso Del Parque en Estadio Marcelo Bielsa.

L'aventure mexicaineModifier

À l'été 1992, il rejoint le club mexicain du CF Atlas, où il prend la charge du centre de formation. Bielsa ne se contente pas de former les joueurs : il forme aussi leurs formateurs. Il s'entoure également d'une équipe de recruteurs chargés de sillonner tout le pays afin de faire signer les plus grands espoirs mexicains. Néanmoins, le limogeage de son compatriote Mario Zanabria le propulse sur le banc de touche du club. L'association prend subitement fin en 1994, après une altercation avec un préparateur physique. Malgré l'absence de résultats, l'Atlas reconnut que la restructuration du club opérée par Marcelo Bielsa lui fut grandement bénéfique[1].

Après une année sabbatique, il retourne au Mexique en rejoignant le Club América, club phare du pays. Malgré un excellent début (le club est champion d'automne), il est limogé après trois défaites de rang, cependant que l'América est déjà qualifié pour la Liguilla, les playoffs du championnat mexicain.

Sportivement, ces deux passages peuvent être considéré comme des échecs (surtout au Club América). Il ne fit d'ailleurs jamais une saison complète dans les deux clubs.

Vélez Sarsfield : le retour triomphantModifier

Après un nouveau retrait d'un an, Bielsa reprend du service en 1997, avec les argentins du Vélez Sarsfield. Il y retrouve le succès en remportant le tournoi de clôture du championnat d'Argentine 1998, et finissant premier au classement cumulé.

Passage éclair à l'Espanyol de BarceloneModifier

Fort de ce nouveau succès, il traverse l'Atlantique en signant au RCD Espanyol de Barcelone en 1998. Mais il quitte le club catalan au bout de seulement six matches afin de réaliser son rêve : prendre la direction de l'équipe nationale d'Argentine[2].

La sélection argentineModifier

En septembre 1998, il signe donc pour quatre ans avec la fédération argentine afin d'assurer la succession de Daniel Passarella, à la suite de l'élimination de l'Argentine en quarts de finale de la Coupe du monde.

Sa première échéance est la Copa América, en 1999. L'Argentine n'y brille pas, sans pour autant être mauvaise : elle est éliminée en quarts de finale, par le Brésil (1-2). Elle ne participe pas à l'édition 2001, en Colombie, suite à des menaces terroristes qu'auraient reçus certains joueurs argentins.

L'équipe se qualifie aisément pour le Mondial 2002 (13 victoires en 18 rencontres, 43 points et 42 buts inscrits)[3], et s'impose comme l'une des meilleures équipes du monde, tant qualitativement que quantitativement, avec moults joueurs de grande classe (Gabriel Batistuta, Hernán Crespo, Juan Sebastián Verón, Ariel Ortega,...etc.), et un jeu flamboyant. Bielsa remporta même le titre de meilleur sélectionneur national du monde en 2001. L'Argentine est ainsi l'une des grandes favorites de la compétition, et ce malgré une poule relevé (Angleterre, Nigéria, Suède). Mais elle tomba de (très) haut en échouant dès le premier tour (victoire 1-0 face au Nigéria, défaite 0-1 devant l'Angleterre, et match nul 1-1 contre la Suède)

Au regard des grands espoirs fondés par cette équipe, cette élimination prématurée fut un véritable traumatisme, et Bielsa subit une avalanche de critiques. Pourtant, il fut tout de même reconduit dans ses fonctions, et en profita pour obtenir deux résultats majeurs : une finale de Copa América, perdue contre le Brésil (2-2, 2-4 t.a.b) ; une médaille d'or aux Jeux olympiques d'Athènes, succès inédit pour le football argentin. C'est finalement à la surprise générale qu'El Loco démissionne de son poste à la rentrée 2004, après un succès 3-1 au Pérou en qualifications pour la Coupe du Monde 2006.

La sélection chilienne : un brillant retour aux affairesModifier

 
Marcelo Bielsa en 2009.

Le 10 août 2007, il reprend en main l'équipe du Chili, remplaçant Nelson Acosta. Il réorganise l'ensemble des sélections nationales et la formation des jeunes et instaure un schéma osé en 3-4-3 avec l'idée d'aligner « un défenseur de plus qu'il n'y a d'attaquants adverses ». Il qualifie ainsi la sélection pour la coupe du monde 2010. Dans le groupe H, le Chili se retrouve avec la Suisse, le Honduras et surtout l'Espagne, alors championne d'Europe en titre. Le Chili est éliminé en 8e de finale face au Brésil. À la suite du changement de président à la fédération chilienne, dû à une fronde des clubs chiliens les plus riches contre la sélection, il décide de démissionner le 4 février 2011 malgré le soutien du public.

Arrivée à l'Athletic BilbaoModifier

Le , il est désigné nouvel entraineur de l'Athletic Bilbao, à la suite de la victoire de Josu Urrutia, lors des élections présidentielles organisées par le club basque, et ce malgré les bons résultats de son prédécesseur Joaquín Caparrós qui avait atteint la finale de la coupe d'Espagne et la 6e place de la Liga[3]. Il a pour principale mission de changer la philosophie de jeu basque, en effet le club a été fondé par des Anglais et pratique donc traditionnellement un jeu direct proche du kick and rush britannique[4],[5]. Mais son goût pour le football offensif peine à prendre du côté de San Mamés, ses débuts en championnat sont en effet très compliqués[2] et il ne décroche que deux points durant les cinq premières journées[3]. Il est tout de même soutenu, notamment par son prédécesseur :

« Il faut donner du temps à Marcelo Bielsa, c’est un entraîneur qui a fait des choses tellement importantes dans le football. En tant que socio de l’Athletic, j’espère et je souhaite que tout aille mieux. Nous devons soutenir l’entraîneur. Je suis sûr qu’avec de bons supporteurs, de bons footballeurs et un bon technicien, l’Athletic sera à la fin en haut du classement. »

— Joaquín Caparrós, le 22 septembre 2011[2].

Bielsa reconnaît les difficultés de son équipe mais croit tout de même en l'avenir :

« Il est vrai que nous avons pour l'instant du mal à remporter nos matchs. [...] Notre attaque est encore poussive. Mais je vois de nets progrès. Notre dernier match contre Villarreal est ainsi notre meilleure prestation jusqu'à présent. »

— Marcelo Bielsa, le 24 septembre 2011[2].

En difficulté en championnat, Bilbao demeure toutefois intraitable en Ligue Europa, comme le démontre sa victoire deux à zéro face à un Paris Saint-Germain pourtant dominateur en Ligue 1[6].

Les hommes de Bielsa réalisent ensuite une remontée au classement en automne avec quatre victoires et trois nuls, en battant notamment le Club Atlético de Madrid 3 buts à 0[7], atteignant ainsi la septième place du classement à l'issue de la 12e journée de championnat. Il se base sur un 3-4-3 et fait de Javi Martínez, Ander Iturraspe, Ander Herrera et Markel Susaeta ses hommes forts au milieu de terrain, avec en attaque Óscar de Marcos et la révélation Iker Muniain en soutien de Fernando Llorente[3]. Mais le point d'orgue de cette série positive est le match face au champion en titre, le FC Barcelone, le . En effet les Basques dominent les Catalans dans le jeu et mènent deux à un à la 80e minute grâce à des buts d'Ander Herrera et Gerard Piqué contre son camp, Cesc Fàbregas étant le buteur blaugrana. Toutefois, Lionel Messi arrache le nul dans les arrêts de jeu[8]. L'entraîneur barcelonais, Pep Guardiola, déclarera à l'issue de la rencontre :

« Je suis vraiment fier de mes joueurs. Je veux aussi féliciter l'Athletic Bilbao. Tout le monde a profité de ce grand spectacle grâce à 22 joueurs excellents. C'est l'un des meilleurs matches auxquels j'ai assisté. Voilà ce qui arrive quand les deux équipes se battent pour gagner. Le vainqueur était le public. C'était vraiment du grand football. »

— Pep Guardiola, le 7 novembre 2011[9].

L'Athletic Bilbao atteint la finale de la Ligue Europa qu'il perd 3-0 en finale face à l'Atlético de Madrid. Le technicien argentin s'estime responsable de cette défaite[10]. Le club atteint également la finale de la Coupe d'Espagne après sa victoire en demi-finale face au CD Mirandés[3]. En finale, le 25 mai 2012, l'Athletic Bilbao perd 3 à 0 face au FC Barcelone de Pep Guardiola. Le 3 juin 2012, Bielsa renouvelle son contrat avec l'Athletic Bilbao jusqu'en juin 2013.

La seconde saison de l'entraîneur argentin sur le banc de l'équipe basque est délicate. Dès la préparation d'avant-saison, il connaît une altercation avec le chef de chantier de la rénovation du centre d’entrainement du club, coupable selon Marcelo Bielsa de ne pas avoir respecté les délais de livraison d'un des secteurs du centre[11]. Sur le plan sportif, il décide de se passer de son attaquant vedette Fernando Llorente pourtant auteur de 16 buts en championnat en 2011-2012, mais désireux de quitter son club formateur et refusant de prolonger son contrat[12]. Cette mise au banc conjuguée au départ de Javi Martínez pour le Bayern Munich fragilise l'équipe qui peine à confirmer ses bonnes prestations de la saison passée. Les résultats en pâtissent puisque le club termine péniblement à la douzième place, il est éliminé en coupe du Roi dès son entrée en lice face au SD Eibar, pensionnaire de troisième division et ne peut faire mieux qu'une troisième place dans un groupe de Ligue Europa abordable. À l'issue de la saison, Marcelo Bielsa se retire de son poste d'entraîneur de l'Athletic Bilbao[13].

À l'Olympique de MarseilleModifier

 
Marcelo Bielsa en 2015.

Le , l'Olympique de Marseille annonce la signature de Marcelo Bielsa pour deux saisons[14].

Après un début de championnat hésitant sur le plan comptable et des mots durs prononcés en conférence de presse par l'entraineur argentin à l'égard du président Vincent Labrune, que Marcelo Bielsa accuse de ne pas avoir respecté toutes les promesses faites à sa signature, l'OM enchaîne huit victoires consécutives qui le propulsent en tête du championnat de ligue 1 avec sept points d'avance sur les Girondins de Bordeaux et le Paris Saint-Germain au terme de la dixième journée de championnat. Le club signe ainsi le meilleur début de saison de son histoire récente en championnat avec 25 buts inscrits en 10 matchs, notamment grâce à l'efficacité retrouvée de son attaquant André-Pierre Gignac qui réalise lui-même le meilleur début de saison de sa carrière avec 10 buts en 10 matchs. L'Olympique Lyonnais met un terme à cette série de victoires, gagnant 1-0.

L'Olympique de Marseille parvient à se relancer ; malgré 3 défaites face aux grosses cylindrées de Ligue 1 (PSG, OL, Monaco), il reste leader du championnat depuis la 7e journée de Ligue 1. En battant le Lille OSC lors de la dernière journée des matches aller, devant plus de 60 000 spectateurs à Marseille, l'OM devient champion d'automne devant l'OL et le PSG[15].

Marcelo Bielsa en 6 mois de présence au club, est devenu l'idole de cette ville en faisant pratiquer à son équipe un football offensif, audacieux et spectaculaire[16].

Avec un effectif inchangé composé de jeunes joueurs (Imbula, Thauvin, Mendy, Lemina), d'expérience mais dévalués par leur précédente saison (Dja Djédjé, Morel, Fanni, Payet) associés aux Gignac, Ayew, Nkoulou, Mandanda, il met en place un pressing très haut sur la relance adverse.

Au fil des matchs, les techniciens adverses, en donnant aux joueurs des consignes de surveillance spécifique sur Imbula et Payet, deux créateurs pourvoyeurs de décalages et de passes décisives, parviennent à troubler la créativité olympienne. L'effectif olympien est par ailleurs temporairement affaibli par le départ pour la CAN de Nkoulou et Ayew. Le début d'année 2015 voit ainsi l'équipe marquer le pas. Elle se maintient toutefois à la troisième place derrière l'Olympique Lyonnais, leader du classement.

Marcelo Bielsa se fait remarquer par un comportement irréprochable vis-à-vis de l'arbitrage en général, y compris dans l'adversité. Ses conférences de presse, en dépit de la barrière de la langue, émaillées de réflexions tactiques et techniques sur le jeu, se distinguent de la conformité ambiante[17].

En mars 2015, Marcelo Bielsa est honoré par l'Association italienne des entraîneurs pour son football offensif et innovant ainsi que pour son professionnalisme exigeant et minutieux.

Le mois d'avril 2015 est difficile pour l'OM de Marcelo Bielsa. Le club phocéen enchaîne quatre défaites de rang qui lui font perdre la troisième place au profit de l'AS Monaco. Durant ce mois d'avril, le club olympien encaisse dix buts en seulement quatre matchs. L'OM aborde le sprint final du mois de mai avec cinq points de retard mais une victoire à Metz grâce à un doublé d'André-Pierre Gignac qui dépasse la barre des cent buts en ligue 1 à cette occasion. Le match suivant l'OM reçoit l'AS Monaco et l'emporte 2-1 avant de battre Lille à l'extérieur 4-0 et de terminer par une victoire 3-0 contre Bastia.

Le 8 août 2015, Marcelo Bielsa démissionne de son poste d'entraîneur, citant comme raison un désaccord avec la direction du club, sans lien avec la défaite de l'OM 0-1 face à Caen, ce jour même, lors de la première journée de Ligue 1. Après avoir refusé des propositions de poste tout au long du mois d'août, notamment celle de sélectionneur de l'équipe du Mexique, il décide de rentrer en Argentine[18].

Bref passage à la Lazio de RomeModifier

Le , Bielsa signe à la Lazio de Rome, alors qu'il y était annoncé depuis plusieurs semaines[19]. Deux jours plus tard, il démissionne. Le club italien décide alors de le poursuivre en justice[20].

Lille OSCModifier

Le 19 février 2017, le Lille OSC annonce la signature de Marcelo Bielsa en tant qu'entraîneur pour une durée de deux saisons à compter du , pour apporter son expérience dans le projet du nouveau propriétaire Gérard Lopez et remplacer Franck Passi, son ancien adjoint à l'Olympique de Marseille tout juste arrivé dans le club lillois pour y terminer la saison[21].

Le 22 novembre 2017, à la suite d'une succession de défaites avec Lille (alors avant-dernier de Ligue 1), il est suspendu de son poste sur décision du club. Bielsa décide de saisir la commission juridique de la LFP pour faire constater la résiliation de son contrat aux torts exclusifs du club lillois[22]. Son contrat le liant au LOSC est officiellement rompu le 15 décembre 2017[23].

Leeds UnitedModifier

En juin 2018, Bielsa signe à Leeds United qui évolue en D2 anglaise[24].. Il devient le premier entraîneur de l'histoire du club à aligner 4 victoires d'affilée pour ses premiers matches officiels à la tête de l'équipe.

Dans une saison où l'équipe de Leeds effectue un parcours remarqué, passant plusieurs journées en tête du championship[25], les joueurs de Marcelo Bielsa échouent finalement en demi-finale des playoffs, dans un scénario à rebondissements - victoire à l'extérieur 1-0 à l'aller et défaite à domicile 2-4 au retour - marqué par plusieurs erreurs individuelles, sous la pression de l'enjeu[26].

Malgré ce revers concluant la saison, Bielsa reste très populaire à Leeds, notamment auprès des supporters qui louent sa philosophie de jeu spectaculaire[27]. Sa performance globale est jugée positive par la presse malgré le résultat final, ayant réussi à faire passer Leeds comme un potentiel qualifiable, avec une équipe pourtant très semblable à celle qui avait fini 13e la saison précédente[28].

Palmarès d'entraîneurModifier

En clubModifier

   

En sélectionModifier

Distinctions individuellesModifier

Distinction Année
Meilleur entraîneur national de l'année 2001
Meilleur sélectionneur du Chili de l'année 2009
Entraîneur de l'année en Amérique du Sud 2009
Médaille du bicentenaire 2010
Premio Konex Diplôme d'entraîneur de mérite de la décennie 2001-2010[29] 2010
Meilleur entraîneur de la Liga espagnole pour l'UEFA[30] 2012
Meilleur entraîneur de la Ligue 1 française pour l'UEFA[31] 2015

StatistiquesModifier

Statistiques individuelles[32]
Club Période Résultats
M V N D Bp Bc D Pts % Victoires % Nuls % Défaites
  Newell's Old Boys 1990-1992 98 40 38 20 117 71 +46 123 40,82 38,78 20,41
  CF Atlas 1992-1994 78 29 24 25 105 93 +12 83 37,18 30,77 32,05
  Club América 1995-1996 40 12 18 10 63 50 +13 54 30 45 25
  Vélez Sarsfield 1997-1998 43 23 13 7 86 49 +37 82 53,49 30,23 16,28
  Espanyol Barcelone 1998 6 1 2 3 5 8 -3 5 16,67 33,33 50
  Argentine 1998-2004 85 56 18 11 164 70 +94 186 65,88 21,18 12,94
  Chili 2007-2010 51 28 8 15 69 49 +20 92 54,90 15,69 29,41
  Athletic Bilbao 2011-2013 113 43 31 39 159 162 -3 160 38,05 27,43 34,51
  Olympique de Marseille 2014-2015 40 21 7 12 80 47 +33 70 52,50 17,50 30,00
  Lazio Rome 2016 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
  Lille OSC 2017 13 3 3 7 12 19 -7 12 23.07 23.07 53.85
Total 567 256 162 149 860 608 +252 867 45,15 28,57 26,28

Mis à jour le 11 octobre 2017.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. a et b « "Avec Marcelo Bielsa, c'était 72 centres par séance !" », So Foot, 9 mai 2012.
  2. a b c et d « Marcelo Bielsa soutenu malgré tout », lejpb.com, 29 septembre 2011.
  3. a b c d et e « Bilbao, l'effet Bielsa », lapausecigare, 2 février 2012.
  4. « Bielsa le fou de foot de l'Athletic », fifa.com, 28 septembre 2011
  5. « À la cathédrale pour confirmer », fcbarcelonaclan.com, 5 novembre 2011.
  6. « La victoire sur le PSG impressionne De Marcos », uefa.fr, 29 septembre 2011.
  7. « Athletic Bilbao-Atletico Madrid », Football365, 27 octobre 2011.
  8. « Messi fantomatique sauve le FC Barcelone », TF1, 7 novembre 2011.
  9. « Barça, Guardiola : “Le vainqueur était le public” », topmercato.com, 7 novembre 2011.
  10. « Bielsa est “responsable” », eurosport.fr, 9 mai 2012.
  11. « Bielsa dérape et s'explique », L'équipe.fr, 5 juillet 2012.
  12. « Embrouille Llorente-Bielsa », Sofoot.com, 1er octobre 2012.
  13. « Mercato : Bielsa quitte Bilbao », Le10sport.com, 7 juin 2013.
  14. Labrune officialise Bielsa, L'Équipe
  15. « Ligue 1 : l'OM sacré champion d'automne », sur lemonde.fr, (consulté le 5 août 2019)
  16. « A Marseille, la Bielsa-mania des supporters de l'OM », sur www.lexpress.fr,
  17. « Fabrice Olszewski, le traducteur gaffeur de l'Olympique de Marseille », sur lefigaro.fr
  18. Marcelo Bielsa démissionne de l'OM sur L'Équipe, 8 août 2015
  19. « Marcelo Bielsa nouvel entraîneur de la Lazio », sur rtbf.be, (consulté le 5 août 2019)
  20. Damien Dorso, « Marcelo Bielsa refait le coup : deux jours après sa nomination, il quitte déjà la Lazio Rome ! », Eurosport, (consulté le 8 juillet 2016).
  21. « Accord entre le LOSC et Marcelo Bielsa », sur 19 février 2017 (consulté le 20 février 2017)
  22. « LOSC: Bielsa lance la contre-attaque en contestant auprès de la LFP », sur 27 novembre 2017
  23. « Le contrat entre Marcelo Bielsa et le Losc officiellement rompu », sur 15 décembre 2017
  24. « MARCELO BIELSA SIGNE À LEEDS UNITED », sur sport24.lefigaro.fr, (consulté le 5 août 2019)
  25. « Championship : Leeds s'amuse contre West Bromwich et reprend la tête », sur L'ÉQUIPE (consulté le 21 mai 2019)
  26. RMC SPORT, « Championship: Pas de Premier League pour le Leeds de Bielsa, éliminé en demi-finales », sur RMC SPORT (consulté le 21 mai 2019)
  27. « L’exceptionnelle lettre ouverte des supporters de Leeds pour Bielsa », sur Foot Mercato : Info Transferts Football - Actu Foot Transfert, (consulté le 21 mai 2019)
  28. « Championship : le récit de la folle saison de Marcelo Bielsa à Leeds », sur L'ÉQUIPE (consulté le 22 mai 2019)
  29. Fundación Konex - Marcelo Bielsa
  30. Sitio de la UEFA elige a Marcelo Bielsa como el mejor DT de la Liga española (25 de mayo de 2012)
  31. « Gignac dans le 11 type de l'UEFA », sur om.net
  32. « Fiche de Marcelo Bielsa », sur footballdatabase.eu

Liens externesModifier

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