Marcelcave

commune française du département de la Somme

Marcelcave
Marcelcave
Partie supérieure du monument aux morts.
Blason de Marcelcave
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Somme
Arrondissement Amiens
Canton Corbie
Intercommunalité Communauté de communes du Val de Somme
Maire
Mandat
Alain Savoie
2014-2020
Code postal 80800
Code commune 80507
Démographie
Gentilé Marcelcavois, Marcelcavoises
Population
municipale
1 239 hab. (2017 en augmentation de 14,3 % par rapport à 2012)
Densité 99 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 51′ 03″ nord, 2° 34′ 31″ est
Altitude Min. 47 m
Max. 102 m
Superficie 12,49 km2
Localisation
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Marcelcave
Liens
Site web marcelcave.fr

Marcelcave est une commune française située dans le département de la Somme, en région Hauts-de-France.

Blason populaire : pour leurs tenues excentriques et colorées les habitants sont affublés du surnom collectif « chés djais d'Marché » (les geais de Marché)[1].

GéographieModifier

À une vingtaine de kilomètres à l'est d'Amiens, quelques kilomètres de Villers-Bretonneux et à proximité de l'axe Amiens-Saint-Quentin (D 1029 et A29), Marcelcave est traversée par la route départementale 42.

Géographie physiqueModifier

Nature du sol et du sous-solModifier

La majeure partie du territoire de la commune est de formation secondaire (crétacé). Au nord et au centre, le sol est de formation tertiaire, sous la couche végétale, on trouve des couches argileuses. Le calcaire affleure sur le versant septentrional de la vallée de la Luce. Le fond de la vallée est de nature tourbeuse[2].

Relief, paysage, végétationModifier

Le relief de la commune est celui d'un plateau traversé par un vallon allant du village à la Luce. Au sud de la commune le paysage est celui d'une vallée. Le point culminant de la commune est d'une altitude de 98 m[2].

HydrographieModifier

Le territoire communal est limité au sud par la Luce, affluent de la rive droite de l'Avre, affluent de la rive gauche de la Somme[2].

ClimatModifier

Le climat de la commune est tempéré océanique avec vents dominant de sud-ouest et de nord-est[2].

Géographie humaineModifier

Urbanisme et aménagement du territoireModifier

La commune présente un habitat groupé. Le village fut reconstruit pendant l'entre-deux-guerres et des lotissements d'habitat individuel ont été construits à la fin du XXe siècle.

Activité économique et de servicesModifier

L'activité industrielle de la commune a totalement disparu. Le village dispose d'un tissu commercial et artisanal de proximité.

Voies de communication et transportsModifier

La commune est traversée par l'autoroute A 29 dont l'échangeur le plus proche se trouve sur le territoire de la commune voisine de Villers-Bretonneux.

La route départementale 42, reliant Albert à Démuin, traverse la commune. Des routes secondaires relient Marcelcave aux villages voisins.

La commune est traversée par la voie ferrée reliant Amiens à Laon. Elle est desservie par un arrêt.

Communes limitrophesModifier

Communes voisinesModifier

 
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ToponymieModifier

En 1168, le premier nom relevé est Marchiel. Suivront en 1203, Marcellicavea (Marcelli Cavea), et en 1234, Marchellum, formes latinisées. Puis en 1301, Marchel en santhers et en 1633, Marchais suivi en 1648 de Saint Marcel et Marchez (1710).

Marcel-la-Cave est relevé ensuite avec Marche le Cave en 1720 pour aboutir à Marcelcave en 1750[3].

Une cave spacieuse, traversant tout le village aurait, selon certains, donné son nom à la localité[4]. Un lien avec le dieu romain Mars ou avec saint Marcel est plus vraisemblable[3].

HistoireModifier

PréhistoireModifier

Des pierres polies ont été trouvées sur le territoire communal[3].

Au lieu-dit Le Chemin d’Ignaucourt, ont été mis au jour les vestiges d'un site occupé de la période de La Tène moyenne/finale (autour de 150 avant notre ère) à l’Antiquité tardive (fin du IVe siècle - début du Ve siècle de notre ère).

Ont été retrouvés un système d’enclos curvilignes dont la fonction n’est pas déterminée ainsi que trois groupes de tombes. Chacun des groupes se situant dans une parcelle délimitée par un fossé.

Une tombe se distinguait des autres par les objets qu'elle renfermait : deux chenets en fer à têtes de taureau, deux faisselles en terre cuite, un chaudron en métal avec sa crémaillère et un coffret contenant les restes incinérés du défunt. Il s'agissait là d'une tombe aristocratique comme celles retrouvées ailleurs en Picardie, en Normandie et dans le sud-est de l'Angleterre. Cette tombe a été reconstituée pour être exposée au Musée de Picardie, à Amiens.

Trois autres tombes datées de la fin de la période gauloise contenaient les restes incinérés des défunts. Enfin, une sépulture, d’époque gallo-romaine, enfermée dans un petit coffre de pierre monolithe a été également retrouvée[5].

AntiquitéModifier

Les fouilles archéologiques ont révélé qu'au Ier siècle de notre ère une organisation des parcelles agricoles quadrangulaires avait été mise en place jusqu'à l’abandon du site. Cette organisation du parcellaire est sans doute liée à la présence d'une villa romaine (grand établissement agricole) qui se trouvait plus au sud. Cette villa prospéra vers la fin du IIe siècle et le IIIe siècle. Des vestiges d'un bâtiment rectangulaire, reposant sur des fondations en craie, ont été mis au jour. Ce bâtiment fut détruit au IVe siècle et fut remplacé par un bâtiment sur poteaux[5].

Des poteries gallo-romaines ont été trouvées sur le territoire communal[3]. Des traces de trois villas gallo-romaines ont été repérées.

Moyen ÂgeModifier

Deux sarcophages mérovingiens ont été découverts en 1921 sur le site contenant les traces de trois villas gallo-romaines. Ces vestiges sont conservés dans le square Pierre-Marie-Saguez à Amiens[3].

Au XIe siècle, la terre de Marcelcave fut donnée à l'abbaye Saint-Jean-des-Prémontrés d'Amiens par Guy de Vignacourt. En 1159, Altelme de Flessicourt fit don de l'église à la même abbaye.

En 1217, l'abbé de Corbie concéda, le fief de la Monnaie consistant en un manoir et 60 journaux de terres au chevalier Baudouin de Bonnay, avec droit de battre monnaie. Au XVe siècle, ce manoir appartenait à la famille Hannicque de Corbie.

En 1355 et 1372, Jean de Barbenchon était seigneur de Marchel-en-Santerre. Au XVe siècle, la seigneurie passa à la famille de Pas de Feuquières. Marcelcave passa ensuite par mariage à Nicolas de Fontaine[6]. Baugeois de Fontaines est cité comme seigneur de Marcelcave.

Époque moderneModifier

En 1636, le village subit de lourdes épreuves : il est ravagé par les Espagnols et la peste sévit. Envoyé par Louis XIII, le comte de Soissons s'installe dans la localité[3].

Au XVIIIe siècle, la paroisse de Marcelcave comptait 800 communiants. Le revenu de la cure était de 826 livres en 1728[7].

Depuis la fin du XVIe siècle, la seigneurie de Marcelcave avait pour titulaire la famille d'Aumale, branche d'Haucourt, branche protestante de la famille d'Aumale, qui la conserva jusqu'à Suzanne d'Aumale, épouse de Frédéric de Schomberg (1615-1690), maréchal de France en 1675.

Après la mort de la maréchale de Schomberg, ses héritiers vendent en 1708 la seigneurie de Marcelcave à Pierre du Fresne, seigneur de La Motte en Santerre, commissaire et receveur général aux saisies réelles du Bailliage d'Amiens (1656-1729). Marié en 1679 avec Catherine Fournier, Pierre du Fresne a pour successeur à Marcelcave, son fils, Alexandre du Fresne, conseiller-secrétaire du Roi, maire d'Amiens en 1749 (1692-1763), marié en 1718 avec Marie-Françoise Morel.

Les du Fresne font édifier après leur acquisition le château de Marcelcave, en brique et pierre, un étage sur rez-de-chaussée, comportant un corps de logis prolongé à chacune de ses extrémités par une aile en retour, celle de gauche peu saillante, celle de droite assez longue et formant comme un second logis.

Sur la gauche, se trouvait une cour de dépendances comportant un colombier entouré de communs.

À Alexandre du Fresne, succède son fils aîné, Pierre François du Fresne, lieutenant général au Bailliage d'Amiens, mort en 1794 sans postérité, puis le neveu de celui-ci, Charles Firmin Alexandre du Fresne de Beaucourt, conseiller au Bailliage d'Amiens, puis maire de Marcelcave (1761-1846).

Époque contemporaineModifier

XIXe siècleModifier

En 1801, l'église et 78 maisons du village furent ravagées par un incendie.

En 1820, Charles Firmin Alexandre du Fresne de Beaucourt, maire de Marcelcave (1761-1846), vend le domaine de Marcelcave à Omer Jérosme, négociant à Amiens, dont la descendance conserve le château jusqu'à sa destruction[8].

En 1847, la famille Jérosme fait installer face au château de Marcelcave l'ancienne grille du potager du château d'Heilly, beau travail exécuté dans les années 1770 par le ferronnier d'art Jean Veyren, dit Le Vivarais[9].

En 1867, la ligne de chemin de fer d'Amiens à Laon est mise en service, Marcelcave est dotée d'une gare.

A la fin du XIXe siècle, l'industrie de la bonneterie (fabrication de bas, chaussettes, tricots, gilets de chasse…) employait la moitié de la population active de la commune. Une fabrique de sucre employait une centaine d'ouvriers de novembre à décembre. En outre, étaient en activité : une carrière d'argile, deux carrières de craie et une carrière de silex[2].

Première Guerre mondialeModifier

Pendant la Première Guerre mondiale, en 1916, l'église, le château, les usines (textile et sucrerie) et la grande majorité des habitations furent détruits[3].

Il existait à Marcelcave un hôpital militaire et un dépôt de munitions et de matériels militaires. Le village fut repris par les troupes canadiennes, le .

Entre-deux-guerresModifier

Le village, le château, l'église ayant été détruits au cours de la Grande Guerre, la reconstruction s'effectua dans les années 1920 et 1930. Le château ne fut pas reconstruit.

Seconde Guerre mondialeModifier

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, le village fut libéré le 1944[3].

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1866 1897 Alphonse Tonnel    
1897 1916 Charles Haroeul    
1916 1926 Georges Boyenval    
1926 1929 Hector Moyencourt    
1929 1944 Louis Delouard    
1944 1971 Alexandre Gruit    
1971 1990 Christian Hunet    
1990 2008 Ghislain Fournet    
mars 2008[10] en cours Alain Savoie   Réélu pour le mandat 2014-2020[11]

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[12]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[13].

En 2017, la commune comptait 1 239 habitants[Note 1], en augmentation de 14,3 % par rapport à 2012 (Somme : +0,23 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 2601 3121 3951 2501 5121 5821 5911 6141 481
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 4611 4851 5341 3891 5431 6471 6701 6981 612
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 5691 5651 4087851 0771 001927905907
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
9449549199618939779891 0891 182
2017 - - - - - - - -
1 239--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

EnseignementModifier

L’école primaire communale comprend une école maternelle et une école élémentaire. Au total, six classes accueillent 150 élèves.

Le collège public du secteur se trouve à Villers-Bretonneux (collège Jacques-Brel).

Culture et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

 
L'église Saint-Marcel.
  • Église Saint-Marcel[16],[17]. Reconstruite en 1926, l'église primitive datait du XVIe siècle[3].
  • Cimetière militaire britannique du bois (Wood Cemetery).

Personnalités liées à la communeModifier

HéraldiqueModifier

  Blason D'argent au frêne arraché de sinople[18].
Détails
Ce blason s'inspire des armes parlantes de Pierre du Fresne, propriétaire dès 1708 de la seigneurie de Marcelcave.
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Père Daire, Histoire civile, ecclésiastique et littéraire du doyenné de Fouilloy, repris, corrigé et annoté par Alcius Ledieu, 1911, réédition, Le Livre d'histoire, 1993 (ISBN 2 - 87 760- 989 - 8).
  • Jean-Michel Hareux et l'association « Histoire de Marcelcave », Marcelcave, tomes 1 & 2, 2014.
  • Philippe Gruit et l'association « Histoire de Marcelcave », La libération de Marcelcave, le 8 août 1918, 2016.

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

RéférencesModifier

  1. Le Courrier picard, édition d'Abbeville, 22 novembre 2013, page XII.
  2. a b c d et e Notice géographique et historique sur la commune de Marcelcave, rédigée en 1899 par M. Malot, instituteur, Archives départementales de la Somme
  3. a b c d e f g h et i Site communal.
  4. Père Daire, Histoire civile, ecclésiastique et littéraire du doyenné de Fouilloy, repris, corrigé et annoté par Alcius Ledieu, 1911, réédition, Le Livre d'histoire, 1993 p. 143
  5. a et b « le chemin d'Ignaucourt ».
  6. Père Daire, Histoire civile, ecclésiastique et littéraire du doyenné de Fouilloy, repris, corrigé et annoté par Alcius Ledieu, 1911, réédition, Le Livre d'histoire, 1993 p. 144
  7. Père Daire, Histoire civile, ecclésiastique et littéraire du doyenné de Fouilloy, repris, corrigé et annoté par Alcius Ledieu, 1911, réédition, Le Livre d'histoire, 1993, p. 144.
  8. Christian du Passage, Châteaux disparus dans la Somme, Amiens, CRDP, , 150 p. (ISBN 2-86615-008-2), p. 29 & 128
  9. Jacques Foucart, « Un grand artiste du fer, Vivarais », Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie,‎ , p. 289-309
  10. « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr, (consulté le 20 février 2009)
  11. « Liste des maires de la Somme » [xls], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme, (consulté le 9 juin 2014)
  12. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  13. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  16. Clochers.org
  17. « L'église sur 40000 clochers.org ».
  18. « Marcelcave sur Armoiries Samariennes ».