Marc Flament

photographe français
Marc Flament
Naissance
Bordeaux
Décès (à 62 ans)
Nationalité France
Profession
Militaire
Reporter-photographe de guerre
Réalisateur de films
Peintre
Écrivain

Marc Flament, né le à Bordeaux et mort le , est un militaire, reporter-photographe de guerre, réalisateur de film, écrivain et peintre français, connu notamment pour ses photos de la guerre d'Algérie et ses romans pour la jeunesse.

Écrivain et illustrateur prolifique, il a illustré de ses photos et écrit 33 livres, dont 5 sur la guerre d'Algérie avec Marcel Bigeard (alors colonel) et Jean Lartéguy, et une quinzaine dans la Bibliothèque Verte.

BiographieModifier

Marc Flament est né dans une famille de boulangers. Il fait de courtes études avant d'intégrer les Beaux-arts où il fait de la peinture.

ParachutisteModifier

À 18 ans, après la mort de ses parents, il s'engage pour 3 ans au 6e bataillon colonial de commandos parachutistes pour servir en Indochine. Breveté parachutiste le , il débarque à Tourane dans l'Annam en .

Nommé caporal le , il rejoint la 11e compagnie du 6e bataillon de parachutistes coloniaux. Arrivé au terme de son contrat, il rentre en France à l'été 1951.

En , toujours attiré par l'Asie et l'action, il se ré-engage à la 1re demi-brigade coloniale de commandos parachutistes.

Nommé caporal-chef le , il est affecté à |la base aéroportée sud à Saîgon. Détaché au groupement de commandos mixtes aéroportés (GCMA), il se distingue le lors d'une opération de diversion sur les arrières puis le au cours de l'opération amphibie « RIFF ». Blessé à la cuisse, il s'empare avec son groupe de ses objectifs sous le feu des armes ennemies.

Pour son courage, son esprit de décision au combat, il est cité à l'ordre du corps d'armée et reçoit la croix de guerre des théâtres d'Opérations Extérieures[1].

Promu sergent le , il effectue de nombreux raids avec la « flotte pirate » des GCMA du Centre Annam. Chef de groupe apprécié[réf. nécessaire], il est pour ses actions d'éclats à nouveau cité à l'ordre de la brigade en [réf. nécessaire], puis à l'ordre du corps d'armée en pour avoir entrainé ses hommes à l'assaut d'un village tenu par le Việt Minh.

Il est affecté au service presse information. Passionné par le dessin, il profite des moments de repos et d'attente pour réaliser des dessins humoristiques sur la vie des forces armées françaises en Indochine et les publie dès 1952 dans la revue militaire Caravelle.

La guerre terminée, il rentre à Bordeaux en [1].

Reporter-photographeModifier

Il écourte son congé pour rejoindre l'Algérie[2]. Affecté comme reporter dessinateur à la 10e division parachutiste, il débarque à Alger le . Désigné comme photographe, il se découvre une nouvelle passion et réalise son premier reportage lors de la campagne de Suez en 1956. À son retour, il se fait affecter en 1957 au 3e régiment de parachutistes coloniaux auprès du colonel Bigeard[3].

Le sergent Flament devient alors le photographe « Bruno » (indicatif radio de Bigeard devenu son nom de guerre) et des parachutistes. Il participe à de nombreuses opérations, saute pendant les opérations de Timimoun (Sahara occidental) en , en se déplaçant pendant toutes les opérations avec les sections de tête.

La Croix de la valeur militaire lui est décernée à l'ordre de la brigade puis du Corps d'armée pour son action lors des opérations dans l'Atlas Blidéen notamment[3].

Nommé sergent-chef le , il est décoré de la Médaille militaire en décembre de la même année. En , il est affecté à l'État-Major de l'arrondissement de Saïda. Équipé seulement d'un appareil photo Rolleiflex, il sillonne toute l'Algérie en tant que reporter-photographe.

Il est cité à deux reprises à l'ordre de la brigade. Sa collection de photos de guerre regroupe 35 000 clichés[4]. Il publie plus de 33 livres, dont : Piste sans fin et Aucune bête au monde, écrit par le Colonel Bigeard.

Il évoque la nature de son travail et son rôle dans la production des images de guerre ainsi que de sa place au front dans le film Les Yeux brûlés (1986), réalisé par Laurent Roth, documentaire consacré aux grands reporters de guerre.

Réalisateur de filmsModifier

En 1961, il quitte le service actif, mais l'armée et le cinéma l'attirent toujours. Après 10 ans d'interruption, il se ré-engage en 1971 comme réalisateur à la compagnie autonome interarmées du cinéma (CAIC) qui devient l'établissement cinématographique des armées Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPA). Il réalise près de 50 films.

Arrivé en fin de contrat le , le sergent-chef Flament prend alors sa retraite mais continue à travailler régulièrement avec l'ECPA à titre civil.

PeintreModifier

En 1982, il renoue avec la peinture, ouvre une galerie à Paris.

ChatelainModifier

En 1988, il rachète et se lance dans la restauration et l'animation d'une forteresse médiévale : le château de Culan.

Il meurt le et est inhumé dans les jardins de son château.

ParrainageModifier

Le sergent-chef Marc Flament est parrain de la 267e promotion, 1er Bataillon du 1er mars au  ; il est aussi parrain de la 270e promotion, 3e Bataillon du au de l'École nationale des sous-officiers d'active.

DécorationsModifier

Le sergent-chef Marc Flament était titulaire des décorations suivantes :

PublicationsModifier

Années 1950

  • 1956 : Voici la dernière (Guerre) Presses de l'imprimerie militaire du C.E.F. à Cholon Textes et dessins de Flament
  • 1957 : Sans Fin Imprimerie Baconnier Frères à Alger Textes Lt Colonel Marcel Bigeard, photos sergent Marc Flament
  • 1959 : Aucune bête au monde (éditions de la Pensée moderne)(textes du colonel Marcel Bigeard, photos de Flament)
  • 1959 : Piste sans fin (éditions de la Pensée moderne)(textes du colonel Marcel Bigeard, photos de Flament)

Années 1960

  • 1960 : Les Dieux meurent en Algérie (éditions de la Pensée moderne)(réédition en 1998 Trésor du patrimoine) (textes de Jean Lartéguy, photos de Flament)
  • 1962 : Les Hommes-peints, roman (éditions de la Pensée moderne, textes et photos)

Années 1970

  • 1972 : Les Commandos (Balland)(réédition en 1975 au livre de poche)
  • 1974 : Les Beaux-arts de la guerre (éditions de la Pensée moderne)

Années 1975

  • 1977 : Course-poursuite aux Caraïbes (Bibliothèque verte. Coll. « Fils de la flibuste »)
  • 1977 : Les Révoltés du Killarney (Bibliothèque verte. Coll. « Fils de la flibuste »)
  • 1978 : Dis-moi comment tu marches (Bibliothèque verte)
  • 1978 : Les Rescapés de la mer du Sud (Bibliothèque verte. Coll. « Fils de la flibuste »)
  • 1978 : Le Trésor fabuleux des Incas (Bibliothèque verte)
  • 1979 : Les Diables de la Jamaïque (Bibliothèque verte. Coll. « Fils de la flibuste »)
  • 1979 : L'Or du galion fantôme (Bibliothèque verte. « Fils de la flibuste »)

Années 1980

  • 1980 : Le Butin de Carthagène (Bibliothèque verte. Coll. "« Fils de la flibuste »)
  • 1980 : Pour une poignée de doublons (Bibliothèque verte. Coll. « Fils de la flibuste »)
  • 1980 : Cheval-Tonnerre chez les Faces Pâles (Bibliothèque verte. Coll. « Il était une fois le Far West »)
  • 1980 : Cheval-Tonnerre sera ton nom (Bibliothèque verte. Coll. « Il était une fois le Far West »)
  • 1981 : Cheval-Tonnerre et les chercheurs d'or (Bibliothèque verte. Coll. « Il était une fois le Far West »)
  • 1981 : L'Île des boucaniers perdus (Bibliothèque verte. Coll. « Fils de la flibuste »)
  • 1982 : L'Éxilée de Babylone : roman (Lattès Coll. « Flamboyante »)
  • 1982 : Les Hélicos du djebel : Algérie, 1955-1962 (Presses de la Cité, coll. « Troupes de choc ») (réédition en 2005 aux Presses de la Cité)
  • 1983 : Cheval-Tonnerre sur la piste de Santa-Fe (Bibliothèque verte. Coll. « Il était une fois le Far West »)
  • 1983 : La Courtisane de Thèbes roman (Lattès Coll. « Flamboyante »)
  • 1984 : Les Derniers flibustiers de la Tortue (Bibliothèque verte. « Fils de la flibuste »)
  • 1984 : Et le baroud vint du ciel (J. Grancher,textes et photos)
  • 1985 : Porte des Amériques (Lattès)
  • 1986 : Médecins au combat (Pygmalion)

SourcesModifier

  1. a et b Marc Flament, Les Beaux-Arts de la Guerre, La Pensée Moderne,
  2. Bastien Chastagner, La guerre d’Algérie vue par trois photographes amateurs, Paris, ECPAD,
  3. a et b Marc Flament, Et le Baroud vint du ciel avec les hélicoptères de combat en Algérie. Préface du Général Bigeard, Grancher,
  4. Patrick-Charles Renaud, « « Marc Flament, photographe des paras » », Hommes de Guerre, n° 21,‎ , p. 22-26

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier