Famille de Briey

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Famille de Briey
Image illustrative de l’article Famille de Briey
Armoiries

Blasonnement D'or, à trois pals aiguisés de gueules
Pays ou province d’origine Lorraine
Allégeance Lorraine

La famille de Briey ou de Landres est une ancienne famille de noblesse chevaleresque originaire de Briey, en Lorraine. Elle fit partie des petits chevaux de Lorraine[1]. Elle est subsistante en France et en Belgique.

HistoireModifier

Le premier seigneur de LandresModifier

Probablement depuis Charlemagne, peut-être même avant, « le village de Landres et ses appartenances est un alleu (terre personnelle, exempte de tout hommage au suzerain) du chapitre de la cathédrale de Metz. Pour protéger les habitants et les biens, le chapitre a toujours demandé au comte de Bar d’en être le voué (représentant, fondé de pouvoir et, dans le cas présent, le protecteur) » (Comte Claude De Briey « Histoire des Briey - Notices familiales » ). Il n’y a pas de traces intéressantes et on ne sait rien d’avant 1248.

« C’est en 1248 que Thiébaut II de Bar (1240-1290) fait un échange avec Herbrand seigneur de Briey. Ce dernier donne ce qu’il possède à Rombas, Edange, Fameck, et reçoit du comte de Bar ce que celui-ci détient à Landres et à Mont ».

Mais Thiébaut et Herbrand ont en fait échangé des terres qui ne leur appartenaient pas en propre. Le chapitre de Metz conteste violemment cette transaction. Un accord sera trouvé et une convention signée, en juillet 1248.

Herbrand de Briey est le premier seigneur connu de Landres. « Il possède également de nombreux fiefs dispersés entre Bar et Luxembourg ». C’est un personnage considérable ». Il devient ainsi le fondateur de la maison « De Landres »[réf. nécessaire].

Ses fils Olri et Henri de Briey participeront au fameux tournoi de Chauvency (près de Montmédy) où Henri se distinguera plus particulièrement. Ce tournoi, qui se déroula du 2 au 5 octobre 1285, fut rendu célèbre au Moyen Age grâce au poème épique de 4463 vers, écrit par Jacques Bretex, dans lequel celui-ci raconte les exploits des chevaliers.

Les armes de LandresModifier

 
Armes des seigneurs de Briey de Landres

La famille de Landres portea les mêmes armes que celle de Briey : « d’or à trois pals alésés et fichés de gueule » : Sur fond jaune (d’or), trois bandes (pals) rouges (de gueule) coupées en haut (alésés) taillées en pointe en bas (fichés). Ces armoiries ont été adoptées par la ville de Briey en 1766 lors du rattachement de la Lorraine à la France, et incorporées au blason de la commune de Landres conçu en 1983 (voir plus bas).

Les seigneurs de LandresModifier

« A une époque où l’on portait le nom du lieu où l’on habitait, ou dont on était originaire, il ne faudra pas longtemps pour que les « Briey » deviennent les « Landres » : moins de 60 ans. » (Comte Claude de BRIEY « Histoire des Briey - Notices familiales » ) Dans son testament daté de novembre 1301, la femme d’Olri (ou encore Ourri, Oulri dit ’’Moine’’) se dit « femme de Monsignour Oulry de Landres, chevalier, qui fut... ». (Robert DEHLINGER cité par le Comte Claude DE BRIEY )

À Olri succéda son fils Jean de Landres, puis Herbrand Ier de Landres.

Le 13 novembre 1333, ce dernier rend « foy, hommage, aveu et dénombrement (...) sur la moitié de l’avouerie et toute la seigneurie des hommes de Landres », entre les mains de Huet, curé de Landres, agissant au nom du comte de Bar.

Herbrand de Landres est un familier du duc Robert de Bar. Il l’accompagne à Paris en 1364, pour son mariage avec Marie de France sœur du roi de France Charles V. Le duc Robert le ’’prêtera’’ à Philippe le Hardi, duc de Bourgogne et frère du roi. Herbrand sera qualifié d’« écuyer » en 1388.

Les châteaux de LandresModifier

En 1888, l’instituteur, M. Beuvelot, a écrit dans la monographie du village :

« Il y avait à Landres trois châteaux

  • l’un à l’ouest qui était le plus important, le mieux fortifié et dont les fossés étaient remplis par les eaux de la fontaine. Ce château a été, dit-on, détruit par les Croates ; on en voit encore l’emplacement dans les prés hors du village.
  • un second château était situé à l’est de Landres, à environ deux cents mètres d’un bois qui aujourd’hui est défriché. Ce château était une tour ronde « la tour du guet ». Il était entouré de fossés inondés d’eau venant de la source située dans un petit pré voisin de la forêt.

Ce pré s’appelle aujourd’hui ’’Ménapré’’ (menu pré ou petit pré). Cette tour a été détruite en même temps que le château de l’ouest ; on n’en voit plus de vestiges, il n’en reste que l’emplacement que l’on appelle aujourd’hui le ’’Rond Paquis ’’.

  • le troisième château, situé au milieu du village près de l’église, servant pour la haute justice a aussi été démoli au même moment que les deux autres, mais il a été reconstruit.

Ce château non fortifié était important et renfermait des souterrains (...) qui servaient à enfermer les accusés qui devaient passer devant le tribunal de haute justice. Quand ils étaient condamnés, on les exposait au carcan soudé à la porte de l’ancienne église. Ce carcan avait en bas, sur la terre, une plate-forme que l’on pouvait soulever suivant la taille du condamné. Si le coupable était condamné à mort, on le conduisait à environ 1800m sur la côte appelée encore ’’la côte de la potence’’. » (actuellement « La Justice » au nord-ouest, vers Bertrameix, note de J. Costantini).

Le château de l’ouest devait donc être situé sur la côte où est construit le château d’eau actuel ou la grande maison des anciens directeurs de la mine car « ses fossés étaient remplis par les eaux de la fontaine » : aujourd’hui, le lieu-dit s’appelle « La fontaine St Jean ». Nous verrons plus loin que, vers 1488, on parlera du « vieux château Hola* dit de Custine », puis en 1682 de l’ancienne forteresse de Landres appelée « Holaque »


Il est fort probable que lors des travaux de construction de la mine et du creusement de la tranchée de raccordement, tout ce qu’il pouvait rester du vieux château ait été déblayé sans état d’âme, si tant est qu’il ait été construit à cet endroit.

La tour de guet à l’est devait se trouver au pied de la côte du bois de Landres, près du chemin « du Placy », au bout du chemin de la mare. C’est près de là que sont situés le « Ménapré » et le « Rond Paquis ». La tour surveillait certainement le « chemin de Mairy » et l’entrée du village par la rue du Thiam.

Le troisième château, celui au milieu du village, « joindant l’église », était fortifié à la fin du Moyen Age comme nous le verrons plus loin. Il devait déjà exister en 1248 puisque dans ce que reçut Herbrand il y avait une « maison », certainement une « maison forte ».

Dès le XIIIe siècle, les comtes et les ducs avaient mis en place une administration qui garantissait leur souveraineté. Les prévôts assuraient la police et la justice seigneuriale. Ils dépendaient des baillis, qui dirigeaient une région plus importante et qui, en plus de la justice, s’occupaient aussi de l’armée et des finances. À la fin du XVe siècle, la seigneurie de Landres était un fief, siège d’une haute, moyenne et basse justice sous le bailliage d’Apremont, puis de St Mihiel, et sous la prévôté de Briey.

Des seigneurs - brigandsModifier

Olric de Landres, frère cadet de Bertrand, est l’exemple même du ’’seigneur brigand’’, fidèle exécutant des ordres de son suzerain. Il habite à Landres, la tour ou le château du village, car le vieux château de Hola est l’apanage de l’aîné. Lui n’avait pas vendu ses parts de Landres. Il aime se battre et en découdre. En 1389, il fait même des incursions « en paiis du roy d’Allemagne » et provoque la colère de ses voisins cantonnés à Hayange qui vont « courre et ardre (courir et brûler) sur messire Olris de Landres ». Le prévôt de Briey devra soutenir la défense de « la ville de Lendes ».

Mélange incroyable de fonctions officielles et de brigandage, le 22 juillet 1402, Olric va prendre livraison à Sancy de seize prisonniers allemands capturés à Dudelange. Neuf d’entre eux seront pendus. Il deviendra conseiller et ’’maître d’hôtel’’ du duc Robert, puis en 1413, 4e conseiller de la régence du Barrois quand le duc sera emprisonné au Louvre à Paris par les « Cabochiens » partisans du duc de Bourgogne (Robert ayant pris parti pour les Armagnacs favorables au Dauphin, futur Charles VII).

Herbrand II de Landres (1380-1431), fils de Bertrand, a ’’dégagé’’ avec son frère les parties des biens de la famille vendus à réméré au chapitre de la cathédrale de Metz.

Il s’oppose à Jean, comte de Rodemack, gouverneur et maréchal de Luxembourg qui lui dispute les terres de Mercy qu’il tient de sa grand-mère. Jean de Rodemack entre dans les domaines d’Herbrand et détruit les châteaux de Landres, de Xivry-le-Franc et de Watronville qu’il tient par son mariage avec Catherine de Watronville. Le conflit sera arbitré par le cardinal duc de Lorraine en 1427.

Un chroniqueur de l’époque, qui relate ces faits, décrit le château de Landres après le passage de Jean de Rodemack : « C’était la maison ancienne, place très forte située près de celle où logent à présent les seigneurs de Landres. Située vers le levant du côté de Mont, on y voit encore après 45 ans environ les vestiges de ladite forteresse, restes de tours, casemates, fossés. »

RenaissanceModifier

Didier Ier de Landres (1420 ?-1483)

Herbrand II de Landres, engagé aux côtés de René d'Anjou, est tué à la terrible bataille de Bulgnéville le 2 juillet 1431. Il laisse deux fils : l’aîné, Didier qui n’a que 11 ans, et Olry. Leur mère, Catherine de Watronville, se remarie et, avec son époux, fait l’acquisition en 1444, de la seigneurie d’Avillers.

Didier Ier est certainement le plus important des seigneurs de Landres. Avec lui, le domaine va encore s’agrandir. Didier participera très activement à la guerre contre la Bourgogne, aux côtés du duc de Lorraine et de Bar.

Le château est « enrasé »... et le village aussi.

Vers 1450, les châteaux de Landres et de Watronville sont « enrasés ». Didier et son frère présentent alors une requête à René, duc de Bar : « exposant que autrefois par ordre du prince, la place forte de Watronville, à eux appartenant, fut abattue et rasée, que depuis peu, par commandement du duc de Calabre son fils, on avait également abattu le château et la place forte de Landres, à eux aussi appartenant et que la démolition desdites places leur avait causé beaucoup de dommages... ».

Ils obtiennent satisfaction car le 15 septembre 1450, le duc de Calabre leur accorde « 2000 vieux florins du Rhin afin qu’ils puissent faire réédifier leurs dites places ».

Le dénombrement de 1458

« Vers cette époque, Didier épouse Jeanne de Pulligny, probablement plus âgée que lui puisqu'elle se marie pour la troisième fois. C’est certainement à l’occasion de ce mariage, le 30 janvier 1458, qu’il fait un « aveu et dénombrement » au duc de Lorraine et de Bar. Il y précise, qu’entre autres, lui appartiennent :

1. « Le siège de la forteresse dudit Landres, les fossés et le circuit (enceinte) d’icelle, prise comme elle se contient et se comporte de long et de large, avec toutes ses appartenances.

2. La forte maison dite Hola située et assise audit Landres, à moi appartenant ; tout l’enclos et pourpris (zone clôturée et hors clôture, jardin et parc) ainsi qu’il se contient et le saulveur (vivier à poissons) auprès de ladite place.

3. Les corps d’hommes et de femmes en cette ville et du ban, ensemble (y compris) leurs enfants. Et lui sont dus :

4. Une certaine redevance que doivent chacun an au terme St Martin les dits habitants de Landres et du ban, appelée les soingnies (redevance en avoine).

5. Une autre redevance que doivent lesdits habitants, appelée les coussels (corvée à accomplir avec des chevaux jusqu'à six lieues de Landres).

6. Une rente appelée la coalle (impôt foncier) que doivent les habitants dudit Landres sur leur héritage. » etc., etc.

Didier et sa femme possèdent également des biens dans sept autres seigneuries.


« Amé et féal chevalier » du Duc

En septembre 1462, Didier, qui est devenu ’’chevalier’’, conteste au chapitre de la cathédrale de Metz ses droits sur Landres (voir l’échange de 1248), et adresse une requête au duc de Bar. Celui-ci lui répond le 25 novembre 1462 : « ...À l’occasion de ce que ledit Didier demeura mineur et en bas âge pour la mort de feu Abraham (sic) de Landres, son père qui fut occis à la bataille de Bulignéville (sic) au service de ce prince (René Ier), ladite seigneurie de Landres a été grandement diminuée et tournée en ruyne, et se sont faites plusieurs entreprises sur icelle, qu’après qu’il avait été en âge souffisant (sic) il s’était retiré audit lieu de Landres, avait fait réparer le château et la maison-forte du lieu qui était démoli et en ruine ; et que pour marquer de sa haute justice, il avait voulu faire élever un gibet, ce que lui avaient empêché les officiers du Prince à Briey... »

Compte tenu de ce qui précède, considérant, en outre, que « son amé et féal chevalier Didier de Landres est homme vaillant et bien renommé duquel il pouvait être bien servi en maintes manières » le prince l’autorise à faire ériger « un gibet de justice à deux piliers seulement au finage de Landres et d’y faire lui ou ses hoirs (descendants) exécuter les criminels... ». Ce qui montre la considération du duc envers Didier.

Le droit de haute justice à Landres, contesté par le chapitre de Metz, sera confirmé par le Conseil ducal de Bar le 15 janvier 1472. Le chapitre accepte mais rappelle que Didier et son frère sont voués du chapitre et que les habitants de Landres sont sujets communs des co-seigneurs. Les amendes devront revenir pour 2/3 au chapitre et pour 1/3 à Didier.

En 1472, Didier fait l’acquisition de la place forte de Tichémont près de Jarny (entre Hatrize et Giraumont). C’est « une des terres les plus vastes et les plus magnifiques et, comme seigneurie, une des plus nobles et des plus illustres de la contrée, si ce n’est la plus illustre ». Il l’a achetée au fils de Robert des Armoises, « ce mari inconsidéré de Jeanne du Lys, dite la fausse Jeanne d’Arc ou la fausse pucelle. »

Didier Ier de Landres, « chevalier, seigneur haut-voué de Landres, seigneur d’Avillers de Haucourt, de Domprix, de Murville et autres lieux, confesse tenir en foi et hommage, le 30 avril 1472, du duc de Bar, le chastel et la forteresse de Tichémont, appartenances et dépendances »

Didier possède alors trois seigneuries : Landres, Avillers, et Tichémont. Il réside le plus souvent à Tichémont. La famille prend dès lors le nom de Landres-Tichémont.

Didier de Landres-Tichémont est devenu un des seigneurs importants des duchés de Bar et de Lorraine. Il a qualité de « conseiller » de Nicolas, duc de Lorraine, et petit-fils de René d’Anjou. Le grand écuyer, Philippe de Lénoncourt, seigneur de Gondrecourt, le qualifie de « cher cousin et grand ami ».

La guerre contre la BourgogneModifier

Le 15 mai 1475, se croyant assuré de l’appui militaire de Louis XI, René II défie le duc de Bourgogne occupé au siège de Neuss (révoltée contre l’archevêque de Cologne), et lui envoie une déclaration de guerre ’’à feu et à sang’’ (lettre de défi).

La prise de Damvillers

Didier de Landres, qui vient d’être nommé « bailli de St Mihiel », participe avec ’’ceux de Landres’’, un contingent barro-lorrain, et un corps expéditionnaire français (commandé par Georges de la Trémoille, seigneur de Craon), au siège de Damvillers, place forte bourguignonne à 30 km à l'ouest de Landres. Damvillers est commandée par Jean de Ville, fils d’un premier mariage de Jeanne de Pulligny, l'épouse de Didier de Landres. Didier combat donc son beau-fils.

Le siège commence le 3 juillet 1475. La place, qui capitule le 8 juillet, est prise et butinée.

Landres détruit par les BourguignonsModifier

Le duc de Bourgogne fait alors lever une armée de mercenaires par le condottiere Nicolas de Montfort, comte de Campobasso, seigneur du château bas de Commercy. Au mois d’août, tout le « Pays-Bas » jusqu'à Verdun et au-delà est envahi par une armée de dix mille hommes nommés à l’époque Bourguignons, Lombards et même Anglais. Campobasso s’empare de Landres qu’il brûle pour se venger de Didier, qui avait joué un rôle important dans la prise de Damvillers. Gondrecourt, appartenant à Thierry de Lénoncourt, est saccagé. Sancy tombe. Conflans, défendu par Gratien d’Aguerre, résiste au siège.

Les troupes bourguignonnes, logées dans les environs d’Etain, sont priées de s’éloigner, car cette prévôté appartient à la reine de Sicile. Des gentilshommes de l’évêché de Verdun sont obligés de défendre la ville. La région sortira épuisée par une longue occupation...

Jean VII, comte de Salm et maréchal de Lorraine, posté à Briey, lance des attaques dans les environs de Conflans. Il harcèle l’ennemi, lui coupe ses approvisionnements venus de Metz, fait prisonniers les Bourguignons qui s’écartent pour marauder. A l’arrivée des troupes de René II, les assiégeants se replient vers le Luxembourg, où se trouve le "Téméraire". Les Lorrains les poursuivent jusqu'à Lixières et Xivry-le-Franc.

Mais Louis XI retire les troupes de M. de Craon, qui devaient aider René. Il signe une trêve à la mi-août avec le roi d’Angleterre et le 13 septembre 1475, avec le duc de Bourgogne.

Charles le Téméraire, ayant reconstitué son armée, entre alors en campagne avec 40 000 hommes rejoints par les 6 000 qui avaient échoué devant Conflans. Venant du Luxembourg, il va porter d’abord ses efforts sur la citadelle de Briey et y met le siège vers le 15 septembre.

La prise de BrieyModifier

La ville est défendue par un grand capitaine, Gérard d’Avillers, grand écuyer de Lorraine, seigneur de Mars-la-Tour, secondé par Didier de Landres et plusieurs autres gentilshommes barrisiens. Il dispose en plus de 80 mercenaires suisses et de l’artillerie des 40 couleuvriniers allemands adjoints aux hommes de la garnison. La disproportion des forces en présence ne laisse aucune illusion aux défenseurs de la place. Ils ne peuvent que faire perdre du temps aux Bourguignons afin de permettre à René II de recevoir les problématiques secours sur lesquels il compte encore.

On ignore la durée du siège, mais il ne dura certainement pas longtemps. Cependant, les défenseurs font ’’fort rude accueil ’’ aux Bourguignons, et leur opposent une forte résistance dans le château.

« La ville basse est prise sans difficultés, et les quartiers submergés d’un flot d’assaillants. Le sort habituel d’une cité qui résiste est le pillage, l’incendie, le viol voire le massacre, les bourgeois le savent bien. Comprenant que toute résistance est inutile et voulant éviter le pire, ils s’en remettent à la bonne volonté du duc de Bourgogne. » (François HELLER : « Briey, 2000 ans d’histoire...» Editions Serpenoise)

Après trois assauts, le donjon est pris. Gérard d’Avillers est blessé, sa main a été emportée par un coup de serpentine.

« La défense de la forteresse devient impossible qui se rend « à composition », ou « à discrétion » c’est-à-dire que la ville et la forteresse ne seront pas réarmées durant le reste des hostilités. » (François HELLER : « Briey, 2000 ans d’histoire...» Editions Serpenoise)

« La ville est rançonnée à 12 000 florins et pillée, les gentilshommes barrisiens, que Charles le Téméraire comptait s’attacher, sont traités avec bienveillance » (Comte Claude DE BRIEY « Histoire des Briey - Notices familiales »), mais les 80 suisses et les 40 couleuvriniers allemands sont pendus aux créneaux et aux arbres.

À la suite de la chute de Briey, Pont-à-Mousson tombe le 25 septembre. Nancy, dont le siège commence le 24 octobre, ne capitulera que le 27 novembre. Le Téméraire y rentre triomphalement le 30, et se fait aussitôt proclamer duc. René II s’est réfugié à Joinville en Haute-Marne.

Les défaites du TéméraireModifier

Le 14 février 1476, Charles descend vers la Suisse avec 30 000 hommes de troupes. Il veut mater les confédérés qui contestent son autorité, mais le 2 mars, il est battu à Granson.

Il n’en faut pas plus pour réveiller l’esprit de revanche des Lorrains qui avaient rejoint le jeune duc. Didier de Landres, Gratien d’Aguerre, Gérard d’Avillers, Jean Choiseul d’Aigremont, et quelques autres partent de Joinville, reprennent ’’la nuit devant le jour de Pâques’’(13-14 avril 1476) le château de Vaudémont et attaquent les garnisons tenues par l’ennemi.

Puis le 22 juin 1476, c’est la bataille de Morat, en Suisse, à laquelle participe René II avec 250 cavaliers. Pour la deuxième fois, le Téméraire y est défait : c’est un désastre épouvantable, des milliers de morts jonchent le terrain.

À leur tour les Lorrains se révoltent. René II recrute des soldats en Suisse et en Alsace et reconstitue une armée de 20 000 hommes. « Il libère le Pays-Haut et organise le siège de Nancy, qui commence le 1er septembre. La ville se rend le 6 octobre, il en confie la défense à Gratien d’Aguerre. Et s’il est là, Didier ne doit pas être loin !

L’occupation de la GaumeModifier

Afin de protéger les marches du duché, René II envoie des troupes occuper une large bande de territoires au-delà des frontières du duché. Pour tenir la « Gaume » (nom donné au sud de la Belgique et du Luxembourg), il choisit Didier de Landres qui s’installe à Virton, Ethe, Monquintin…

Dès le 22 janvier, Virton doit ouvrir ses portes aux Lorrains conduits par Didier de Landres. Moyennant 1200 écus, les Virtonnais jurent d’être de fidèles sujet du duc, 1200 écus que Didier doit verser immédiatement (de la part de René II) et dont il attendra longtemps le remboursement. Didier possédait donc une véritable fortune personnelle.

Didier Ier de Landres-Tichemont prend alors le titre de « Seigneur de Montquintin » (qui était celui de son beau-fils Jean de Ville, qu’il avait combattu à Damvillers), et devient « capitaine de Virton », qu’il met en état de défense.

Les seigneurs de Briey seront présents en Gaume jusqu'à aujourd'hui, notamment au Château de Laclaireau jusqu'à il y a peu.

Didier de Landres, nouveau ’’seigneur-brigand’’

Le 21 avril 1477, Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire, épouse Maximilien d’Autriche, qui signe une trêve avec René II le 24 août. Cette trêve arrête les combats, pas les pillages. Didier ravage la région. Pourtant, le Duc de Lorraine, par instructions envoyées dès le 23 janvier, avait demandé d’occuper la Gaume «sans austorité, crualté, puissance d’armes et sans respendre le sanc humain. Et par escortation et doulces remontrances, avoir l’amour begnivolence, tant des gens d’esglises, nobles et vassaulx comme du commun.» (Archives départementales de Meurthe-et-Moselle : B - I - ff° 326-327)

Les représailles ne tardent pas : les Bourguignons d’Arlon, Thionville, Florange brûlent, volent, raflent des chevaux, font des prisonniers dans les environs de Longwy, de Sancy et de Briey. Didier est même chassé de sa forteresse de Montquintin, et Perrin son fils cadet est fait prisonnier. Les Bourguignons envahissent ses domaines jusqu'à Murville près de Landres.

La paix de Zurich est signée avec l’Autriche le 24 janvier 1478. Mais Didier continue seul le combat et les pillages, en véritable ’’seigneur-brigand’’. Ses exactions sont telles que le Maréchal du Luxembourg doit demander que « les gens des frontières et ceux de Virton cessent de faire de grands dommages aux sujets du duc d’Autriche.» Mais tant que Perrin ne sera pas libéré, Didier continuera à harceler les Bourguignons. Même René II exigera la libération des prisonniers et demandera à Maximilien «... que veuillés tant faire que nos povres subjects et serviteurs qui ont été prins...comme Perrin de Landres et autres et que encore sont détenus, soient mis à délivrer franchement ». (6)

En juillet 1478, on retrouvera Didier en compagnie de son ami et complice Gratien d’Aguerre « ...avec grant compaignie de gens de guerre, voulloient faire une course (expédition) en Vault de Mets... »

Les Français reprennent Virton et Montquintin en 1480.

Didier se retire (il a 60 ans) dans son château de Tichémont car Landres, qui a été ’’appati’’ par les Bourguignons en 1475, doit sans doute être en reconstruction.

Didier de Landres, chevalier, seigneur de Tichémont, meurt le 15 novembre 1483 après une vie bien remplie et fort mouvementée.

PersonnalitésModifier

Châteaux et demeuresModifier

ArmesModifier

  • D'or, à trois pals aiguisés de gueules
  • L'écu timbré de la couronne à quatre fleurons rehaussée de perles, sommé d'un heaume d'argent, couronné, grillé, colleté et liseré d'or, fourré et attaché de gueules, surmonté d'un chapeau de gueules, traversé de deux épis de sinople.
  • Supports : deux lions contournés d'or, armés et lampassés de gueules.

Notes et référencesModifier

  1. WOELMONT DE BRUMAGNE Baron de, La Noblesse Française Subsistante, Tome I – Listes générales, première partie, Paris,

SourcesModifier

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier