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Article général Pour un article plus général, voir Islam.

Le terme de mahométisme a été employé en Occident pour désigner la religion musulmane jusqu'au début du XXe siècle. Comme le mot « islamisme », c'est aujourd'hui en ce sens un terme vieilli[1], et qui tend selon certains à prendre une connotation dépréciative. La forme lexicale correspondante qui sert à désigner un adepte de cette religion est « mahométan », mot également vieilli qui aurait pris le sens de pratiquant rétrograde et qui est devenu d'un usage rare et précieux, par exemple dans des comédies ou des publications satiriques. Aucun dictionnaire n'indique néanmoins cette connotation dépréciative.

Une autre forme beaucoup plus rare, mahométanisme[1], n'est plus usitée.

HistoriqueModifier

Le terme "Mahométisme" pour désigner l'Islam fut développé par les Orientalistes européens au Moyen-Age qui, par analogie - trompeuse - avec le Christianisme, s'imaginaient que le prophète Mahomet était à l'Islam ce que Jésus Christ était au christianisme et qu'il occupait dans l'Islam la même place que ce dernier occupe dans le Christianisme.[2] On peut alors déduire que le but de ce terme "n'était pas de représenter l'Islam en soi mais de le représenter pour les Chretiens du Moyen-Âge." [2]

« Mahométisme » est attesté au XVIe siècle[3] et est utilisé, en 1626, sous la forme mahumetisme, dans l'Histoire universelle d'Agrippa d'Aubigné[1], alors que le mot « Islam » (avec une majuscule, dans le sens de communauté de croyants) n'apparait qu'en 1752 dans le dictionnaire de Trévoux et en 1762 dans celui de l'Académie française[4]. Montesquieu n'utilise que le mot mahométisme alors que, pour Voltaire et les encyclopédistes, mahométisme, islam et islamisme, ainsi que musulmanisme sont synonymes, de même que mahométan et musulman, voire turc[4].

Un emploi plus restreint était, dans le vocabulaire de l'Inquisition, de désigner par « mahométisme » l'hérésie mahométane qui comprenait plusieurs qualifications : le fait pour un baptisé de rendre le culte secrètement à Dieu à la façon musulmane ; le fait de renier sa foi chrétienne pour embrasser l'islam ou encore le fait, pour des chrétiens, de fuir l'Espagne pour se réfugier en terre d'Islam. Tous ces comportements étaient susceptibles de relever de la qualification de mahometismo, l'une des trois grandes hérésies majeures poursuivies par le tribunal de la foi en Espagne[5].

Perception du terme par certains musulmansModifier

Le mot « mahométisme » s'est formé à partir du nom de Mahomet, par adjonction du suffixe -isme, sur le modèle de mots comme christianisme ou bouddhisme[6], avec le sens de « religion ou doctrine de Mahomet ». Le terme qui est préféré par les musulmans de nos jours est islam, qui signifie simplement « soumission » [sous-entendu à Allah][7]. Il en est de même pour l'adjectif mahométan, formé sur Mahomet et le suffixe -an qui signifie « disciple de »[8]. Si le christianisme et le bouddhisme fondées respectivement par Jésus et Bouddha, certains musulmans actuels refusent cette historicisation de leur religion et font valoir que le Coran serait la parole directe de leur Dieu, que de ce fait Mahomet ne serait pas le fondateur de la religion musulmane, mais « seulement » le dernier d'une lignée de prophètes professant une religion qui aurait existé avant eux de toute éternité, et que par conséquent la construction mahomet-isme serait impropre[6]. Pour ces raisons théologiques, le terme « mahométan » peut être perçu par certains musulmans comme péjoratif[9].


NotesModifier

  1. a b et c TLFi, Le Trésor de la Langue Française informatisé (mahométisme)
  2. a et b (en) Said, Edward W., Orientalism., Random House US, , 60 p. (ISBN 9780394740676, OCLC 1031964656)
  3. Dictionnaire Le Robert[Lequel ?].
  4. a et b Sadek Neaimi, L'Islam au siècle des Lumières : image de la civilisation islamique chez les philosophes français du XVIIIe siècle, Éditions L'Harmattan, coll. « Histoire et perspectives méditerranéennes », , 286 p. (ISBN 2747546950), p. 94-96.
  5. Michel Boeglin, Vincent Parello, Lexique de l'Espagne moderne, université deMontpellier 3.
  6. a et b Histoire générale de L'Afrique : L'Afrique du VII au XI siecle, Volume 3 de Histoire générale de l'Afrique, UNESCO, , 954 p. (ISBN 9232017091), p. 54.
  7. TLFI, article Islam.
  8. Maurice Grevisse, Précis de grammaire française, J. Duculot, coll. « Grevisse », , 291 p. (ISBN 2801100188), p. 22.
  9. Jean-Luc Brunin, L'islam, Éditions de l'Atelier, , 191 pages p. (ISBN 2708237055), p. 19.

Articles connexesModifier