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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Belhaddad.
Mahdi Belhaddad
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Préfet
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Conflit

Mohamed el Mahdi Belhaddad, connu en France sous le nom de Mahdi Belhaddad, né le 25 juin 1918 à Chir (Algérie)[1] et mort le 28 septembre 1978 à Saint-Cloud (France)[2], est un haut fonctionnaire français, premier musulman à avoir atteint le poste de sous-préfet puis de préfet en Algérie française.

Sommaire

Origines et naissanceModifier

Son arrière-grand-père (Cheikh El Haddad) est le chef de la confrérie religieuse des Rahmania et l'un des principaux chefs de la révolte des Mokrani contre le pouvoir colonial français, secondé par son grand-père (Cheikh Aziz). Ils sont jugés à Constantine et condamnés en 1873 par la justice française à de lourdes peines : le premier meurt en prison en 1873, le second est déporté en Nouvelle-Calédonie et meurt à Paris en 1895.

Fils de Salah et de Zohra Zeroual, Mahdi Belhaddad naît dans les Aurès à Chir, en Algérie française, le 25 juin 1918.

Seconde Guerre mondialeModifier

Incorporé au sein de la 3e division d'infanterie algérienne, il est gravement blessé en Italie, à la bataille du Monte Cassino (1944), et est amputé du bras droit[3]. Mutilé de guerre, il est décoré de la médaille militaire et fait officier de la Légion d'honneur.

Rentré en Algérie, il devient caïd des Services civils de la commune de Beni Mellikeche[4].

Guerre d'AlgérieModifier

Fait unique durant la guerre d'Algérie, il réussit une carrière de haut fonctionnaire musulman en Algérie (les autres musulmans préfèrent rester en métropole[5]), et « réussi[t] à ne jamais passer aux yeux de ses coreligionnaires pour un « béni-oui-oui », tout en n'ayant jamais fait mystère de ses sentiments pro-français. »[4]

Nommé sous-préfet hors-cadre le 16 mars 1957, il rejoint l'équipe de l'IGAME de Constantine, le préfet Maurice Papon[1], qui le charge des relations avec la population musulmane[6]. Présenté à Charles de Gaulle le 5 mai, il est nommé sous-préfet d'Aïn Béïda le 6 août 1958, malgré les réticences des militaires[7].

Le 29 août 1959, Charles de Gaulle, en « tournée des popotes » en Algérie, rencontre plus longuement Mahdi Belhaddad qui lui fait part de ses critiques sur la faible présence des musulmans dans la haute administration en Algérie, ainsi que de la politique guerrière menée. D'après Yves Courrière, à sa surprise, de Gaulle lui annonce son intention d'aller vers l'autodétermination[8], avant même son discours du 16 septembre qui surprendra tous les acteurs et provoquera la semaine des barricades.

De Gaulle le nomme le 1er mars 1960 préfet de Batna, en lui affirmant : « vous êtes libre de vos actes et responsable uniquement devant moi »[3]. Il est installé par le délégué général Paul Delouvrier[9]. Grâce à son expérience en tant que caïd, il anticipe et tente d'empêcher les SAS de manipuler, comme il est d'usage, le vote aux élections cantonales de 1960, premières au collège unique en Algérie[10].

Le 11 mars 1961, il est nommé préfet de Constantine. Afin d'éviter que le sang coule durant la manifestation d'anniversaire du début du soulèvement, prévue le 1er novembre 1961, il prend l'initiative, en accord avec Paul Delouvrier, de négocier directement avec le FLN pour l'organisation du cortège, qui se déroule, fait rare, sans incident[11].

Il reste en place à Constantine jusqu'à l'indépendance de l'Algérie, en 1962. Il s'installe alors en France.

Carrière après 1962Modifier

1er juillet 1963, il est nommé chargé de mission au cabinet du ministre des Anciens Combattants, puis rejoint son administration d'origine (le ministère de l'Intérieur), à la direction de la Protection civile, à Levallois-Perret.

En 1975, Michel Poniatowski, ministre de l'Intérieur, le place à la tête d'une commission[12] interministérielle permanente chargée du suivi de l'insertion des harkis[13]. Il intervient sur ce sujet dans Les dossiers de l'écran le 17 mai 1977[14].

Le 28 septembre 1978, à 60 ans, il meurt sur une table d'opération d'une clinique de Saint-Cloud. Il est enterré à Souk Oufella (Wilaya de Béjaia), village de ses ancêtres.

RéférencesModifier

Extraits du livre d'Yves Courrière à propos de Mahdi Belhaddad sur Google Books.

  1. a et b Jean-Pierre Marin, Au forgeron de Batna, p. 277 sur Google Books
  2. Faire-part dans France-Eurafrique, 1978
  3. a et b Yves Courrière, La Guerre d'Algérie, Fayard, tome 4 p. 49
  4. a et b Jean-Pierre Marin, Au forgeron de Batna, p. 383 sur Google Books
  5. Yves Courrière, La Guerre d'Algérie, Fayard, tome 3 p. 467
  6. Yves Courrière, La Guerre d'Algérie, Fayard, tome 3 p. 333
  7. Yves Courrières, La Guerre d'Algérie, Fayard, tome 3 p. 334-335
  8. Yves Courrière, La Guerre d'Algérie, Fayard, tome 3 p. 467-468
  9. JT de 13h du 2 mars 1960, INA
  10. Yves Courrière, La Guerre d'Algérie, Fayard, tome 4 p. 50
  11. Yves Courrières, La Guerre d'Algérie, Fayard, tome 4 p. 410-412
  12. Sadek Sellam, « Abdelkader Barakrok (1915-2006), ancien secrétaire d’État à l’Algérie », in Guerres mondiales et conflits contemporains, 2007/1 (n° 225), PUF cairn.info
  13. Maurice Faivre, L'histoire des harkis Articles choisis de l'Institut de Stratégie Comparée, Commission Française d'Histoire Militaire, Institut d'Histoire des Conflits Contemporains
  14. Béatrice Fleury-Vilatte et Pierre Abramovici, La mémoire télévisuelle de la guerre d'Algérie: 1962-1992, Sur Google Books