Mahaut de Lacy (1223-1289)

aristocrate britannique
Mahaut de Lacy

Titres

Comtesse de Hertford

25 janvier 123814 juillet 1262
(24 ans, 5 mois et 19 jours)

Prédécesseur Isabelle le Maréchal
Successeur Alice de Lusignan

Comtesse de Gloucester

25 janvier 123814 juillet 1262
(24 ans, 5 mois et 19 jours)

Prédécesseur Isabelle le Maréchal
Successeur Alice de Lusignan
Biographie
Dynastie Famille de Lacy
Naissance 25 janvier 1223
Décès 10 mars 1289
Père John de Lacy
Mère Marguerite de Quincy
Conjoint Richard de Clare
Enfants Isabelle de Clare
Gilbert de Clare
Thomas de Clare
Bovo de Clare
Marguerite de Clare
Rohese de Clare
Églantine de Clare

Mahaut de Lacy (25 janvier 1223 - 10 mars 1289) est une aristocrate anglaise, l'aînée des enfants de John de Lacy et de Marguerite de Quincy et l'épouse de Richard de Clare, 5e comte de Hertford et 6e comte de Gloucester.

Mahaut de Lacy avait une personnalité qui fut décrite comme "hautement compétitive et quelque peu aigrie"[1]. Elle est connue comme l'une des femmes les plus litigieuses du XIIIe siècle car elle a été impliquée dans de nombreux litiges et procès avec ses locataires, voisins et parents, y compris son propre fils. L'auteure Linda Elizabeth Mitchell, dans Portraits de femmes médiévales: famille, mariage et politique en Angleterre, 1225-1350, déclare que la vie de Mahaut a reçu "une attention considérable de la part des historiens"[2].

FamilleModifier

Mahaut de Lacy est née le 25 janvier 1223 à Lincoln, fille aînée de John de Lacy, un des garants de la Magna Carta, et de Marguerite de Quincy, 2e comtesse de Lincoln suo jure.

Mahaut avait un frère cadet, Edmond de Lacy, baron de Pontefract, qui épousa en 1247 Alasia de Saluces, avec qui il eut trois enfants.

Ses grands-parents paternels étaient Roger de Lacy, baron de Pontefract et Maud de Clere, et ses grands-parents maternels étaient Robert de Quincy et Hawise de Chester, 1re comtesse de Lincoln.

Mahaut et sa mère n'ont jamais été proches ; en fait, les relations entre les deux femmes étaient décrites comme tendues.[3] Tout au long du mariage de Mahaut, les seules interactions entre elle et sa mère étaient des querelles concernant les finances, se rapportant aux importantes propriétés de la famille Maréchal que Marguerite possédait et contrôlait en raison de son deuxième mariage le 6 janvier 1242 avec Walter le Maréchal, 5e comte de Pembroke, près de deux ans après la mort du père de Mahaut en 1240[4]. Malgré leurs mauvais rapports, Mahaut a néanmoins été fortement influencée par sa mère[2].

Le fait que sa mère lui préférait son petit-fils, Henry, n'a pas amélioré pas leurs relations ; Henry, qui était également la pupille de sa mère, était son héritier et lui succéda au comté de Lincoln à sa mort en 1266[3].

MariageModifier

Le 25 janvier 1238, jour de son quinzième anniversaire, Mahaut épouse Richard de Clare, 5e comte de Hertford et 6e comte de Gloucester, fils de Gilbert de Clare et d'Isabelle le Maréchal. Mahaut était sa deuxième épouse ; son premier mariage, célébré clandestinement, avec Marguerite de Burgh (1227-1237), s'est terminé par une annulation ou par la mort de la jeune fille[5]. Même avant l'annulation du mariage du comte, les parents de Mahaut ont payé au roi Henri III la somme énorme de 5 000 livres pour obtenir [6] son accord pour le mariage. Le roi a fourni une dot qui comprenait le château d'Usk, le manoir de Clere, ainsi que d'autres terres et manoirs.

Tout au long de son mariage, la position de Mahaut en tant qu'épouse du noble le plus important politiquement du XIIIe siècle a été diminuée par le contrôle de sa mère sur un tiers de l'héritage de la famille le Maréchal et par son rang de comtesse de Lincoln et de comtesse douairière de Pembroke[7].

Richard était l'héritier d'un cinquième du comté de Pembroke mais également le garant de la dot de sa belle-mère[4].

Vers 1249/50, Mahaut accepta ostensiblement le transfert du manoir de Naseby dans le Northamptonshire, qui avait formé la plus grande partie de son douaire, à la jeune nièce de son mari, Isabelle de Reviers, et à son mari, William de Forz, 4e comte d'Albemarle.[6] Des années plus tard, après la mort des maris des deux femmes, Mahaut a poursuivi Isabelle pour récupérer la propriété, affirmant qu'elle avait été transférée contre son gré. Isabelle, cependant, a pu produire le chirographe qui montrait la participation de Mahaut à la rédaction du document ; cela, selon la common law, signifiait qu'elle était d'accord avec la transaction, et Mahaut elle-même a été poursuivie pour avoir plaidé une fausse réclamation.

DescendanceModifier

Ensemble, Richard et Maud ont eu sept enfants :

 
Abbaye de Tewkesbury, où Mahaut a conçu et commandé une splendide tombe pour son mari Richard de Clare.

VeuvageModifier

Le 15 juillet 1262, son mari meurt près de Canterbury. Maud a conçu et commandé pour lui une magnifique tombe à l'abbaye de Tewkesbury. Elle a également fait don du manoir de Sydinghowe au "Prieuré de Leigh", c'est-à-dire à l'abbaye de Canonsleigh, dans le Devon, pour "l'âme de Richard, anciennement son mari, comte de Gloucester et Hertford" par charte datée de 1280.

Leur fils aîné, Gilbert, succède à Richard en tant que 6e comte de Hertford et 7e comte de Gloucester. Bien que Maud ait soigneusement arrangé les mariages de ses filles, le roi possédait les droits de mariage de ses fils.[1]

Elle a été impliquée dans de nombreux procès et litiges avec ses locataires, voisins et parents, y compris son fils aîné Gilbert, qui l'a poursuivie pour avoir surévalué sa dot.[6] En 27 ans de veuvage, Maud a intenté 33 poursuites devant les tribunaux centraux, et elle-même a été poursuivie 44 fois au total[1]. En conséquence, elle était connue comme l'une des femmes les plus litigieuses du XIIIe siècle.

Elle a doté de nombreux établissements religieux, notamment le prieuré bénédictin de Stoke-by-Clare dans le Suffolk (rétabli en 1124 par Richard de Clare, ayant été déménagé du château de Clare), et l'abbaye de Canonsleigh[8]. Elle a également promu vigoureusement la carrière ecclésiastique de son fils Bovo, et a fait beaucoup pour encourager ses ambitions. Elle était en grande partie responsable de bon nombre des avantages qui lui étaient accordés, ce qui faisait de lui le plus riche homme d'Eglise de l'époque[9]. Bien qu'elle ne soit pas une héritière, Mahaut était probablement la veuve la plus riche d'Angleterre du XIIIe siècle.

Mahaut décède le 10 mars 1289[10].

AscendanceModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Mitchell 2002, p. 37.
  2. a et b Mitchell 2002, p. 30.
  3. a et b Mitchell 2002, p. 34.
  4. a et b Mitchell 2002, p. 33.
  5. Mitchell 2002, p. 31.
  6. a b et c Mitchell 2002, p. 36.
  7. Mitchell 2002, p. 35.
  8. Mitchell 2002, p. 40.
  9. Mitchell 2002, p. 38.
  10. Dans le Calendar of Close Rolls, 1288-1296, p. 6 une entrée datée du 10 mars 1289 se réfère à la mort de Mahaut, comtesse de Gloucester.

SourcesModifier

  • (en) Linda Elizabeth Mitchell, Portraits of Medieval Women: Family, Marriage, and Politics in England 1225-1350, Saint Martin's Press Inc, (ISBN 978-0-312-29297-3)