Magnus Maximus

empereur romain

Magnus Maximus
Empereur romain
Image illustrative de l’article Magnus Maximus
Solidus de Magnus Maximus, c.384
Règne
D’abord usurpateur puis légitime
- (~4 ans)
Période Valentiniens
Précédé par Gratien, Valentinien II et Théodose
Co-empereur Valentinien II et Théodose Ier
Suivi de Valentinien II et Théodose Ier
Biographie
Nom de naissance Flavius Magnus Maximus
Décès - Aquilée (Italie)
Descendance Deux filles (Flavia Severa et Flavia Magna) et un fils (Flavius Victor, tué en 388)
Empereur romain

Maxime, Flavius Magnus Maximus ou Magnus Maximus, en gallois Macsen Wledig (c.335 ?-28 août 388), est un usurpateur du trône de l'empire romain d'Occident de 383 au 31 août 384, puis co-empereur légitime en Occident jusqu'à sa mort en 388, exécuté sur ordre de l'empereur Théodose Ier.

BiographieModifier

Avant la GauleModifier

Maximus est probablement né en Espagne en 335. De sa vie avant 369 nous ne savons rien ; il est parfois appelé, vraisemblablement par erreur, Magnus Maximus Clemens.

Autour de 380 Maximus est nommé Comes Britanniarum (commandant des armées mobiles de Bretagne). Durant cette affectation, en 381, il combat victorieusement une incursion de Scots et de Pictes, postérieure à la « Grande conspiration »[1].

En , ses troupes le proclament empereur. Maximus confie alors le trône à Caradocus et part immédiatement pour la Gaule afin de réaliser ses ambitions impériales.

Par la suite, la légende en fait un roi des Bretons.

Maxime maître des GaulesModifier

À la suite de ses exactions en Gaule, Maxime se porte à la rencontre de son principal concurrent, l'empereur légitime Gratien, qu'il défait à la bataille de Lutèce en 383. Gratien fut trahi par ses troupes au bout de cinq jours et se sauva. Andragathius, le magister equitum de Maximus le poursuivit et le tua le 25 août cette même année à Lyon. S'étant rendu maître de toute la préfecture des Gaules, Théodose Ier, l'empereur d'Orient, le reconnaît empereur lors de l'entrevue de Beroae, ville du nord de la Thrace, le 31 août 384. L'empire compte alors trois empereurs : Maxime à Trèves, Valentinien II, sous la tutelle de sa mère Justine, à Milan, Théodose Ier à Constantinople[2]. Maxime installe sa capitale à Augusta Treverorum (Trèves) en Gaule. Il devient un empereur populaire, persécute les hérétiques. En 386 il fait notamment exécuter l'évêque hérétique Priscillien. Il favorise le christianisme orthodoxe[3].

Une expansion qui le mène à sa perteModifier

En 387, Maxime chasse Valentinien II, s'empare de Rome et occupe toute l'Italie. Valentinien se réfugie auprès de Théodose Ier, empereur romain d'orient, qui intervient en sa faveur. Valentinien II et Théodose Ier mènent une campagne contre Maxime en juillet-août 388. Maxime est battu lors de la bataille de la Save (le long de la Save près d'Aemona) (aujourd'hui Liubliana en Slovénie) et se réfugie à Aquilée. Andragathius, magister equitum de Maxime et assassin de Gratien, est lui aussi défait près de Siscia, son frère Marcellinus à nouveau à Poetovio. Maxime se rend à Aquilée, demande la clémence, mais est exécuté. Sa femme et ses deux filles sont épargnées. Le fils de Maxime, Victor, est vaincu et exécuté par le magister peditum de Valentinien, Arbogast à la fin de la même année[4].

Le destin de sa famille n'est pas connu même s'il semble certain qu'ils aient survécu et que ses descendants aient continué à occuper des fonctions importantes. Une fille de Maxime, Flavia Severa, est réputée par une pierre gravée du haut Moyen Âge au pays de Galles, le Pilier d'Eliseg, être l'épouse de Vortigern, roi des Bretons[5]

Une autre de ses filles fut peut-être l'épouse d'Ennodius, proconsul Africae (395). Leur petit-fils, Pétrone Maxime, est un autre empereur au destin fatal, gouvernant Rome pendant seulement 77 jours avant d'être lapidé en fuyant les Vandales le 24 mai 455. (À part Victor, les autres noms cités ne sont que suppositions, car non établies historiquement).

Sa fille Flavia Magna se serait mariée avec Anicius Petronius Probinus. Parmi les autres descendants se trouvent Pétrone Maxime, empereur en 455, et, peut-être, Anicius Olybrius, empereur en 472, ainsi que plusieurs consuls et évêques tels que Saint Magnus Felix Ennodius (évêque de Pavie (514-521).

Macsen selon l'Historia regum BritanniaeModifier

 
Maximus sous le nom gallois de Macsen, dans une enluminure du XVe siècle

D'après l'Historia regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth qui serait basée sur des traditions galloises, Maxime nommé Maximianus est fils de Ioelinus, l'oncle de l'empereur Constantin Ier. Il est roi des bretons après la mort d'Octavius ainsi que neveu du roi Coel par son frère Ioelinus, ce qui supposerait un important décalage de générations, Maxime naissant vers 335, Coel mourant vers 440 [6].

 
Un folio du Rêve de Macsen, une des branches secondaires des Mabinogion (manuscrit du XIVe siècle)

D'après un récit des Mabinogion, en particulier Breuddwyd Macsen (le rêve de Macsen), Maxime épousa Elen Luyddog (Hélène), la fille d'un des chefs de Segontium (aujourd’hui Caernarfon ; (en) Fort de Segontium). Cela concorde avec l'histoire de Geoffroy qui raconte qu'Octavius, roi des Bretons, voulait marier sa fille à un puissant mi-breton mi-romain et ainsi transmettre le royaume de Bretagne en dot à son mari.

Bien que l'histoire de leur rencontre soit sans aucun doute totalement imaginaire, il existe quelques preuves de la trame de l'histoire. Caradocus, roi (légendaire) de Cornouailles, soutient le mariage entre la fille d'Octavius et Maxime. Maxime accepta et quitta Rome pour la Bretagne. Geoffroy prétend que Maxime rassembla une armée et ravagea les villes franques le long de son parcours. Il envahit Clausentum (Southampton) de manière involontaire et faillit se battre contre l'armée des Bretons avant qu'une paix ne soit faite. Après négociations, Maxime devint roi de Bretagne et Octavius se retira.

Les légendes galloise prétendent également qu'il fut responsable des troupes romaines du Pays de Galles, 20 ans avant qu'elles ne quittent le reste de la Bretagne. Il aurait gouverné le pays de Galles. Après cinq ans de pouvoir, Maxime rassembla une vaste flotte et envahit la Gaule laissant la Bretagne sous le contrôle de Caradocus. En atteignant le royaume d'Armorique, il défit le roi et tua des milliers d'habitants. Avant de repartir, il chargea Conanus (Conan Mériadec ou Cynan Meiriadog en gallois, Konan Meriadeg en breton), le neveu rebelle d'Octavius, de gouverner en tant que roi le pays, alors appelé Letavia en breton, et qui prendra le nom de Bretagne ou Britannia minor.

La mention « Armorique » est certes donnée par Geoffroy de Monmouth, et c'est ce qui fait que les historiens ont focalisé leurs recherches sur la Petite Bretagne, mais sans pouvoir identifier ni le lieu de débarquement, ni le cheminement pour aller sur Paris, puis Trèves. L'historien Zosime, quant à lui, dit que Maxime s'est orienté vers les « Bouches du Rhin », ce qui n'a donc a priori plus grand-chose à voir avec la Petite Bretagne. Léon Fleuriot, historien breton, suivant cette indication, propose de suivre cette expédition en direction de Maastricht, puis une bifurcation sur Paris avant d'obtenir la soumission de Trèves.

Postérité de Magnus Maximus dans la tradition galloiseModifier

La tradition du Pays de Galles s'est rapidement emparé du personnage de Magnus Maximus qu'elle nomme « Macsen Wledig » dans l' Historia Brittonum de Nennius, Historia regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth et dans le Brut y Brenhinedd (en) jusqu'au récit «Les vingt-quatre rois les plus puissants» (v. 1475), qui intègre du matériel traditionnel indépendant de ces sources. Macsen aurait eu trois fils d'Elen ferch Eudaf [7]

Un autre fils de Macsen est mentionné dans les généalogies : Annun [10].

Selon le pilier d'Eliseg, érigé au IXe siècle dans l'Abbaye de Valle Crucis (en) par Cyngen ap Cadell, sa fille, Severa, était l'épouse de Vortigern et la mère de son fils Britu[11]

Culture populaireModifier

Le chanteur gallois Dafydd Iwan a composé en son souvenir le chant Rwy yma o hyd (je suis toujours ici).

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. J B Bury ed., The Cambridge Medieval History (Cambridge 1924) p. 238
  2. François Zosso, Christian Zingg Les empereurs romains 27 av. J.-C. - 476 ap. J.-C. editions errance (ISBN 2877720837) Paris 1995 « Maxime » p. 173-175
  3. Alan-Joseph Raude La Naissance des nations brittoniques éditions Label LN Brest 2009 (ISBN 9782915915259). p. 105
  4. (en) Mike Ashley The Mammoth Book of British Kings & Queens Robinson (London 1998) (ISBN 1841190969) « Magnus Maximus or Macsen Wledig or Maximianus » p. 92
  5. (en) Mike Ashley Op.cit p. 92
  6. Geoffroy de Monmouth Histoire des rois de Bretagne Les Belles Lettres Paris (1993) (ISBN 2251339175) p. 119-120
  7. (en) Peter Bartrum Op.cit p. 494-495 MACSEN WLEDIG. Magnus Maximus, usurping emperor. (d.388):
  8. (en) Peter Bartrum Op.cit p. 608 PEBLIG ap MACSEN WLEDIG. (360)
  9. (en) Peter Bartrum Op.cit p. 176-177 CUSTENNIN ap MACSEN WLEDIG. (360)
  10. (en) Peter Bartrum Op.cit p.20 ANNUN ap MACSEN WLEDIG. (355)
  11. (en) Peter Bartrum Op.cit p. 672 SEVERA daughter of MAXIMUS. (365).

SourcesModifier

  • François Zosso et Christian Zingg, Les Empereurs romains 27 av. J.-C - 476 ap. J.-C, éditions Errance, Paris, 1995, (ISBN 2877720837), « Maxime », p. 173-175.
  • (en) Peter Bartrum, A Welsh classical dictionary : people in history and legend up to about A.D. 1000, Aberystwyth, National Library of Wales, , p. 494-495 MACSEN WLEDIG. Magnus Maximus, usurping emperor. (d.388).

BibliographieModifier

  • Christian Settipani, Continuité gentilice et Continuité familiale dans les familles sénatoriales romaines à l'époque impériale, Linacre College, Oxford University, coll. « Prosopographica & Genealogica », , 597 p. (ISBN 1-900934-02-7)
  • Claude Brenot, « De Magnence à Maxime et Fl. Victor : remarques à propos des monnaies au chrisme », Revue numismatique, 6e série, t. 152,‎ 1997, pages 73-80 (lire en ligne)