Macrobrachium

genre de crustacés décapodes

Macrobrachium est un genre de crevettes de rivière comprenant de très nombreuses espèces. Il existe environ 125 espèces de crevettes dans ce genre. Elles vivent généralement dans les eaux douces des régions tropicales et subtropicales d'Afrique, d'Asie, d'Amérique, d'Océanie et des îles du Pacifique. Plusieurs espèces sont commercialisées pour l'alimentation humaine, soit pêchées, soit élevées en ferme d'aquaculture, notamment celles de grande taille comme l'ouassou (Macrobrachium carcinus) ou la chevrette (Macrobrachium rosenbergii).

DescriptionModifier

 
Jeune crevette géante mesurant déjà 7,5 cm

Les crevettes du genre Macrobrachium sont des crevettes plus grandes que celles appartenant au genre Caridina. Grâce à leurs pinces, certaines peuvent devenir de redoutables prédateurs pour les alevins et les plus petites espèces de poissons.

Il existe 6 espèces de Macrobrachium en Guadeloupe. M. carcinus , M. faustinum (en) ou « alexi », M. crenulatum (en) ou « queue rouge », M. heterochirus (sv) ou « grand bras », M. acanthurus ou « chevrette » et M. rosenbergii . Cette dernière, espèce présente uniquement en élevage[1], est morphologiquement proche de M. acanthurus ; les adultes sont reconnaissables à leurs pinces d’un beau bleu foncé.

BiologieModifier

Macrobrachium a un cycle de vie catadrome. La femelle adulte libère, entre décembre et avril, les larves planctoniques qui dérivent avec le courant jusque dans les zones estuariennes. Elles y vivent jusqu'à trois semaines en se nourrissant de plancton. Au terme de cette période, elles se transforment en subadultes benthiques en amorcent une remontée vers les rivières et ruisseaux où elles atteignent la maturité.

Cet ensemble d'espèces vit dans des eaux calmes et souvent profondes. Elles se cachent à l’abri sous les chutes d’eau et les berges. L'activité est exclusivement nocturne[2].

Les juvéniles et les adultes sont omnivores. Ils se nourrissent en permanence en se servant de leur paire de pinces pour attraper de petites larves d’insectes, des poissons morts, des fruits, des algues, des crustacés…

Leurs principaux prédateurs sont les crabes des rivières, les poissons, les échassiers, et les autres crevettes plus grosses[2].

ClassificationModifier

Ce genre a été décrit pour la première fois en 1868 par le naturaliste britannique Charles Spence Bate (1819-1889).

Il est assigné à la famille des Palaemonidae, dans l'ordre des Decapoda, sous-embranchement des Crustacea.

Liste des espècesModifier

CommercialisationModifier

En 1980, on recensait seulement une douzaine d'espèces faisant l'objet d'une exploitation commerciale dans le monde par la pêche ou l'aquaculture : Macrobrachium rosenbergii, Macrobrachium lanchesteri, Macrobrachium malcolmsonii, Macrobrachium nipponense, Macrobrachium dayanum, Macrobrachium lanceifrons en Amérique ; Macrobrachium amazonicum, Macrobrachium vollenhovenii, Macrobrachium acanthurus, Macrobrachium carcinus, Macrobrachium tenellum en Asie ; Macrobrachium lar dans le Pacifique[3].

Les plus grandes espèces sont vendues notamment sous le nom de ouassou (M. carcinus) ou chevrette (M. rosenbergii), cette dernière, moins agressive avec ses congénères, est privilégiée en aquaculture.

Les petites espèces sont généralement mises sur le marché vers 2 à 3 cm, lorsqu'elles sont encore entièrement transparentes, sous le nom de « crevette fantôme » (M. lanchesteri) ou « crevette de verre » (M. lar), sans qu'il soit possible de savoir exactement à quelle espèce de Macrobrachium on a affaire.

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Notes et référencesModifier

  1. Elle est originaire de Malaisie ; son cycle d’élevage a été maîtrisé dans les années 1970.
  2. a et b (en) « Big-Claw River Shrimp », sur fs.usda.gov
  3. Jean-Michel Grienssinger, Lacroix D et Gondouin P, IFREMER, L’élevage de la crevette tropicale d'eau douce, (lire en ligne)

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier

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