Ma sorcière bien-aimée

série de télévision américaine
Ma sorcière bien-aimée
Description de cette image, également commentée ci-après
Au premier plan, Dick York et Elizabeth Montgomery ;
au second plan, Agnes Moorehead (1964).
Type de série Sitcom
Titre original Bewitched
Genre Comédie fantastique
Création Sol Saks (en)
Production William Asher
Acteurs principaux Elizabeth Montgomery
Dick York
Agnes Moorehead
David White
Marion Lorne
Musique Howard Greenfield et Jack Keller (générique)
Warren Barker
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Chaîne d'origine ABC
Nb. de saisons 8
Nb. d'épisodes 254
Durée 25 minutes
Diff. originale

Ma sorcière bien-aimée (Bewitched) est une série télévisée américaine en 254 épisodes de 25 minutes, dont 74 en noir et blanc (puis colorisés), créée par Sol Saks (en) et diffusée du au sur le réseau ABC.

En France, une sélection de treize épisodes de la première saison est diffusée à partir du dimanche sur la première chaîne de l'ORTF.

Dans les autres pays francophones : au Québec, la série est diffusée à partir du lundi à Télé-Métropole[1] pour les trois premières saisons, puis les cinq saisons suivantes à partir du à la Télévision de Radio-Canada[2] - en rediffusion dès le sur Canal Famille et dès 2009 sur Prise 2[3] ; en Suisse, sur la chaîne publique TSR1 dès le  ; en Belgique, sur la Radiodiffusion-télévision belge dès le [4] ; à Monaco sur TMC à partir du et enfin au Luxembourg dès le sur Télé Luxembourg[5] puis RTL Télévision ou encore sur RTL TV jusqu'en 1994 et également sur RTL-TVI.

SynopsisModifier

 
Dick York (Jean-Pierre) et Elizabeth Montgomery (Samantha) dans la série en 1968.
 
De haut en bas : Dick Sargent (Jean-Pierre), Elizabeth Montgomery (Samantha), Erin Murphy (Tabatha) et David Lawrence au cours de la dernière saison de la série (1971–1972).

Samantha, une femme membre d'une éminente société de sorcellerie, a vécu pendant plusieurs siècles loin des humains. Un jour, cette ravissante sorcière tombe amoureuse et épouse Jean-Pierre Stephens (« Darrin Stephens » dans la version originale), un « mortel » qui travaille dans l'agence de publicité McMann & Tate.

La vie de Jean-Pierre est bouleversée lorsque sa femme lui avoue le soir de leur nuit de noces qu'elle est une sorcière. Samantha n'a qu'à bouger le bout de son nez pour lancer un sortilège. De plus, sa mère, Endora, et son père, Maurice, et tous les autres membres de sa famille pratiquent la sorcellerie.

À la demande de son mari, qui veut une épouse normale et refuse la magie chez lui, Samantha promet de ne plus utiliser ses pouvoirs et de vivre comme une humaine. Mais voilà qu'Endora, la mère de Samantha, refuse de voir sa fille traitée comme la bonne à tout faire de ce simple mortel.

Aussi s'acharne-t-elle à vouloir montrer à Samantha l'erreur qu'elle a faite en épousant cet être « inférieur » et se lance dans diverses manigances pour ensorceler Jean-Pierre. Il est ainsi tour à tour changé en singe, en chien, en bouquetin, en perroquet, en enfant, en vieillard, avec une tête de cochon, en sorcier, en loup-garou, divisé en deux personnalités, quand il ne se retrouve pas tout bonnement désintégré. Endora influe aussi sur le caractère de Jean-Pierre en le rendant fainéant, hypermnésique, égocentrique, avare, parlant parfaitement italien ou espagnol mais oubliant sa langue maternelle, disant tout haut ce qu'il pense, poli à l'excès, indécis…

Malgré sa promesse, Samantha est donc parfois obligée de recourir à la magie pour sortir Jean-Pierre d'un mauvais pas, ou pour arranger la situation lorsque, à la suite des agissements d'Endora ou d'autres sorciers, la situation entre Jean-Pierre et ses clients tourne à la catastrophe.

Sur un ton léger, la série développe les aventures du couple que forment Samantha et Jean-Pierre, régulièrement en butte aux sortilèges de sa belle-famille. Le ressort scénaristique de nombreux épisodes reposant sur la manière dont Samantha, grâce à ses propres pouvoirs magiques, qu'elle invoque en remuant le bout de son nez, parvient à rétablir la situation.

Endora n'est pas la seule coupable des déboires de Jean-Pierre. En effet, Maurice, le père de Samantha, est lui aussi opposé à ce mariage bien que parfois plus compréhensif. La tante Clara, bien que très gentille, assez âgée et maladroite, est le seul membre de la famille de Samantha à avoir accepté le mariage de sa nièce avec un mortel car Samantha a toujours été sa nièce préférée et elle a toujours soutenu ses choix depuis des siècles. Tante Clara, en raison de son grand âge, ne maîtrise plus correctement ses pouvoirs et, en voulant rendre service, cause de nombreuses catastrophes ou fait apparaître des personnages historiques (Benjamin Franklin, la reine Victoria…).

L’oncle Arthur est un plaisantin qui s'amuse à faire des blagues en utilisant ses pouvoirs. La cousine Serena, sosie de Samantha, est elle aussi espiègle et désinvolte et cause bien des soucis à ce pauvre Jean-Pierre. Enfin, Esmeralda, la bonne des Stephens, que Sam appelle dès qu'elle en a besoin, s'entête elle aussi à rendre service, mais ses pouvoirs ne sont pas très puissants et elle cause des catastrophes aussi souvent que la tante Clara. Par exemple, dès qu'Esmeralda éternue, des objets dont il est difficile d'expliquer la provenance dans une maison apparaissent ou bien des animaux divers.

Alfred Tate (Larry Tate dans la version originale, diminutif de Lawrence, comme indiqué sur la porte de son bureau) est le patron de Jean-Pierre. Jovial mais envahissant, il s'invite plus d'une fois à l'improviste avec ses gros clients chez Jean-Pierre et Samantha. Prenant systématiquement le parti des clients face à Jean-Pierre, il n'hésite pas à s'approprier les idées de ce dernier, voire plusieurs fois à le mettre à la porte. Il a une profonde sympathie pour Endora qui elle-même l'apprécie.

Enfin, les Kravitz, voisins des Stevens, complètent les personnages récurrents de la série. Si monsieur Kravitz est un homme tranquille et blasé de la vie de couple avec Charlotte (Gladys dans la VO), sa femme, par contre, est une vraie commère et une espionne invétérée qui s'obstine à vouloir prouver que Samantha Stephens est une sorcière. Mais la pauvre femme passe pour une folle aux yeux de son mari qui trouve le couple Stephens des plus adorables et des plus ordinaires.

Le docteur Bombay, un médecin sorcier devient récurrent à partir de la saison 6 ; il prescrit des remèdes quand Samantha tombe malade mais qui ont des effets secondaires désastreux ; son humour concernant son comportement avec ses assistantes ne fait rire personne. Jean-Pierre le traite de charlatan.

Ce couple modèle à l'américaine a également deux enfants : une fille, Tabatha, qui a, elle aussi, bien du mal à s'empêcher d'utiliser ses pouvoirs magiques, et un fils, Adam, qui naît lors de la sixième saison.

DistributionModifier

 
Agnes Moorehead (Endora) en 1969.
 
Marion Lorne (tante Clara) en 1957.
 
Maurice Evans (Maurice) et Elizabeth Montgomery (Samantha) dans la série en 1971.

ÉpisodesModifier

PersonnagesModifier

Personnages principauxModifier

  • Samantha Stephens  : une jeune sorcière et femme au foyer ayant épousé Jean-Pierre Stephens, un mortel. Elle doit se défendre (et défendre son mari) contre les autres sorciers qui refusent de la voir mariée à un mortel (en particulier, sa mère Endora).
  • Jean-Pierre Stephens : l'époux de Samantha, employé dans la compagnie publicitaire McMann & Tate. Il subit sans cesse les offenses de sa belle-mère Endora qui lui joue des tours dans son travail, ainsi que dans sa vie de couple.
  • Endora : la mère de Samantha et sorcière particulièrement compétente, car plus expérimentée. Elle est hautaine, fière d'elle-même et déteste les mortels (notamment son gendre) en général.

Personnages secondairesModifier

  • Tabatha Stephens : c'est la première enfant de Samantha et Jean-Pierre, née au cours de la saison 2 (épisode 19), on apprendra ensuite qu'elle est une sorcière.
  • Tante Clara : c'est la plus âgée des sorcières de la série, ses pouvoirs s'affaiblissent avec le temps. C'est la seule sorcière à accepter Jean-Pierre et le respecter mais sa maladresse due à sa vieillesse joue parfois des mauvais tours à Jean-Pierre et Samantha. Elle passe son temps à collectionner les poignées de portes, elle en est obsédée à tel point qu'elle vole les poignées de porte des maisons qu'elle visite. Elle sera présente jusqu'à la saison 4 (l'actrice décédera pendant le tournage de la saison 4). Dans les saisons suivantes Esmeralda prendra la place de tante Clara, dans un style différent.
  • Maurice : le père de Samantha. Il n'apparaît que très rarement pendant la série, et paraît plus souple qu'Endora bien qu'il ait voulu supprimer Jean-Pierre lors de sa première visite.
  • Serena : cousine et sosie de Samantha, elle n'aime pas non plus Jean-Pierre, elle apparaît assez rarement et est interprétée également par Elizabeth Montgomery.
  • Oncle Arthur : oncle de Samantha, il aime la plaisanterie et ne sait rien prendre au sérieux.
  • Alfred Tate : patron de Jean-Pierre et adjoint de McMann. C'est le meilleur ami de Jean-Pierre.
  • Louise Tate : épouse d'Alfred, elle est la meilleure amie de Samantha.
  • Charlotte Kravitz : voisine de Samantha, elle est curieuse et pipelette, observant par la fenêtre les faits anormaux qui se passent chez les Stephens, ce qui l'affole souvent et l'intrigue davantage. Le rôle fut joué par Alice Pearce, qui décéda d'un cancer pendant la saison 2 et fut remplacée lors des derniers épisodes de la saison par Mary Grace Canfield, laquelle jouera le rôle de la sœur d'Albert gardant la maison des Kravitz, partis voir la mère de Charlotte. À partir de la saison 3 c'est l'actrice Sandra Gould qui reprendra le rôle de Charlotte Kravitz jusqu'à l'arrêt de la série.
  • Albert Kravitz : mari de Charlotte, il se désintéresse de sa femme et ne l'écoute jamais quand elle lui raconte ce qu'elle a vu chez les Stephens. Il ne la croit pas.

ProductionModifier

GenèseModifier

Sol Saks, le créateur de Ma sorcière bien-aimée, s'est inspiré de deux films américains : Ma femme est une sorcière (1942) et L'Adorable Voisine (1958)[7]. Dans Ma femme est une sorcière, le personnage interprété par Fredric March est un descendant de ceux qui exécutèrent des sorcières lors du procès des Sorcières de Salem. Pour se venger, une sorcière (jouée par Veronica Lake) lui prépare un philtre d'amour mais elle boit par erreur la potion et tombe amoureuse de son ennemi. Son père est contre leur union. Dans le film L'Adorable Voisine, une sorcière moderne (incarnée par Kim Novak) jette un sortilège de séduction sur l'acteur James Stewart dans le seul but d'avoir une courte aventure avec lui, mais elle finit par s'éprendre réellement de lui.

Ces deux films étaient la propriété du studio Columbia Pictures, qui possédait également Screen Gems, la société qui allait produire Ma sorcière bien-aimée.

Choix des acteursModifier

 
Photographie promotionnelle d'Elizabeth Montgomery et Agnes Moorehead pour la série (1966).

Selon William Froug, le producteur de la troisième année de la série, Elizabeth Montgomery ne pouvait plus supporter Dick York qui était vraiment amoureux d'elle. Lors de leur première rencontre, elle lui a demandé de faire ce qu'il pouvait pour qu'il quitte la série[8].

Pendant la grossesse d'Elizabeth Montgomery, deux épisodes de la saison 1 ont été remontés puis réutilisés en saison 2 : « J'ai vu le père Noël » bénéficie d'un doublage propre, totalement différent de l'épisode 15 ; en revanche « La Rencontre » n'a jamais été doublé et reste à ce jour le seul inédit en France.

La série invitait fréquemment des acteurs plus ou moins connus pour le rôle des clients de l'agence de publicité McMann & Tate, acteurs qu'on retrouve également en tant qu'invités dans plusieurs autres séries de l'époque, telles que : Jinny de mes rêves, Max la Menace (en tant qu'agent de Kaos ou de Control), Le Prisonnier (dans les rôles du no 2), ou bien quelques années auparavant dans La Quatrième Dimension. À propos de cette dernière série, Dick York joue un premier rôle de Hector B. Poole dans l'épisode Un sou pour vos pensées, épisode 16 de la saison 2, en , alors qu'Elizabeth Montgomery tient le rôle principal aux côtés de Charles Bronson dans Deux, le premier épisode de la troisième saison en et Agnes Moorehead, l'unique rôle de l'épisode Les Envahisseurs, épisode 15 de la saison 2, en .

Changements d'acteursModifier

 
Elizabeth Montgomery et Dick Sargent dans la série (1971).

À la suite de son accident sur le tournage de Ceux de Cordura (1959), Dick York souffre de maux de dos chroniques. Son état s'aggrave au cours de la saison 5, et la production écourte sa prestation. Dans un premier temps, Jean-Pierre part en voyage d'affaires au début d'un épisode pour ne revenir directement qu'à la fin, puis il apparaît allongé sur le canapé.

À la suite d'une forte baisse d'audience, la production décide finalement de remercier Dick York et de le remplacer à partir de la saison 6. Dick Sargent, qui avait refusé le rôle aux prémices de la série, est finalement recruté. Les producteurs comptent sur sa ressemblance avec York pour faire passer la pilule. Cependant son approche différente du rôle de Jean-Pierre ne permettra pas à la série de faire remonter ses audiences.

Mais Jean-Pierre n'est pas le seul à changer de visage au cours de la série. C'est également le cas de Charlotte Kravitz : Alice Pearce décède en 1966, alors que la saison 2 est encore en cours de diffusion, et Sandra Gould la remplace à partir de la saison 3. Au même moment, Irene Vernon cède sa place à Kasey Rogers pour le rôle de Louise Tate.

Les extérieursModifier

Les extérieurs de la série furent tournés dans l'un des studios en plein air de la Warner Bros. appelé Le Ranch, qui appartenait précédemment à la Columbia. Ce studio se situe dans le centre de Burbank en Californie et reproduit une rue américaine avec différents types de maisons.

Celle des Stephens, sorte de coquille vide, ne comporte que la façade avec son toit incliné et derrière une sorte de grange de 3 mètres de profondeur, terminée par un simple mur droit en brique qui monte jusqu'au demi-toit. Elle fut accolée à un garage préexistant du temps de la Columbia.

La maison des Kravitz ne se trouve pas en face, de l'autre côté de la rue, mais quelques maisons plus bas, du même côté.

En face de la maison des Stephens, il y a juste un parc et une piscine en plein air qui va servir de lieu de tournage pour nombre de séries. Quelques façades sont célèbres : citons par exemple celle qui fut utilisée pour la demeure des Ewing dans la série Dallas. Les extérieurs de la série Friends furent également tournés dans ce studio, qui comporte dans un parc recréé la fameuse fontaine apparaissant dans le générique.

GénériqueModifier

Le générique animé de la série fut créé par Hanna-Barbera Productions.

Version françaiseModifier

En version française, les prénoms et noms de plusieurs personnages ont été francisés : « Darrin Stephens » devient Jean-Pierre Stephens ; « Larry Tate » est nommé Alfred Tate ; les voisins « Abner et Gladys Kravitz » dont rebaptisés Albert et Charlotte Kravitz. En revanche, le nom de Tabatha Stephens (la fille de Jean-Pierre et Samantha) est simplement prononcé à la française ; sur les génériques américains, l’orthographe est modifiée en « Tabitha » à la saison 5. Dans un des épisodes, on voit même un mobile au-dessus de son lit constitué des lettres T-A-B-A-T-H-A.

Dans les pays francophones, la série a été adaptée par : Bruno Raymond, Henri Guillaume, Daniel René Chardin (alias Daniel Crouet), Julia Jeanne Émilie Recio (alias Lita Recio), Irène Hélène Fabrikant (alias Irina Tarassov-Villeret) et Georges Couibes (alias Georges Hubert)[9]. La version française est réalisée par la Sonosync (Société nouvelle de synchronisation), fondée en 1963 par Élie Fabrikant.

Diffusion françaiseModifier

En France, une sélection de treize épisodes de la première saison est diffusée à partir du dimanche sur la première chaîne de l'ORTF. La deuxième chaîne de l'ORTF prend le relais entre 1969 et 1973, année où les téléspectateurs français découvrent Dick Sargent dans le rôle de Jean-Pierre. Le , Ma sorcière bien-aimée est choisie pour conclure le premier numéro d'Aujourd'hui Madame[10], pour une nouvelle série d'inédits qui sera complétée pendant l'été 1971, sur la première chaîne de l'ORTF. On retrouve également les Stephens en rediffusion à l'hiver 1974 dans La Une est à vous, plébiscités par le public, sans compter les jours où le programme fait office de « bouche-trou », comme ce lundi , où la foudre, tombée sur le premier relais, près de Sedan, empêche la bonne diffusion de Midi Première sur TF1. Un peu plus tard cette année-là, Pierre Tchernia propose, dans le cadre de son "Dimanche Illustré" sur Antenne 2, six épisodes oubliés, "sagement rangés dans les tiroirs", depuis la diffusion incomplète du dernier lot acheté en 1973. Ensuite, à l'exception de deux salves de rediffusions, en 1976 et 1977, il faudra patienter une dizaine d'années, jusqu'à l'automne 1987, pour découvrir, toujours sur Antenne 2, la suite et la fin de cette série bien-aimée.

Dès le , Samantha s'invite chaque jour à l'heure du déjeuner sur M6, qui exhume, au gré des rediffusions et des diverses étapes de restauration, de nombreux épisodes inédits jusqu'en novembre 2004[11]. Enfin diffusée dans son intégralité, Ma sorcière bien-aimée est ensuite reprise sur Paris Première (2005-2010), puis sur Téva (2010) et Gulli (2012-2015)[12].

À partir du 4 octobre 2021, la série fait son grand retour sur 6ter, pour la première fois en HD[13]. Dans les faits, les deux premières saisons, colorisées au début des années 2000, restent en SD (et en 4/3) ; la HD (en 16/9) apparaît avec la saison 3, dès le 27 octobre[14]. Au lendemain de cette première diffusion intense en HD, le Groupe M6 annonce qu'il mettra en ligne gratuitement la série culte sur sa plateforme 6play à partir du 10 janvier 2022[15].

Version remastérisée, colorisation et doublage francophoneModifier

  • Rires en boîte

Au départ, deux doublages différents ont été réalisés pour Ma sorcière bien-aimée. L'un sans rires enregistrés étant destiné aux pays francophones européens, l'autre avec les rires, mais gardant les mêmes voix françaises, destiné au Canada francophone. L'interprète du personnage de Jean-Pierre ayant changé, l'ORTF n'avait pas acheté les trois dernières saisons à l'époque. Ce qui explique pourquoi ces saisons restées longtemps inédites en France et diffusées dès 1987 sur Antenne 2 comportent des rires. À partir de 1992, à la suite de la première restauration de la série sous la houlette de son producteur historique Danny Arnold, M6 choisit donc de diffuser des épisodes avec ou sans rires, privilégiant la version dont la qualité sonore est la meilleure.[16]

  • Générique français

Les nouvelles copies étant faites d'après des masters originaux en 35 mm, alors que le générique français était en 16 mm; le générique français n'a pu être réutilisé. L'introduction sonore au cours de laquelle on entend une voix masculine dire "Elizabeth Montgomery dans : Ma sorcière bien-aimée" est elle aussi abandonnée. En conséquence, Columbia Pictures France a conservé la version originale en ajoutant Ma sorcière bien-aimée sous Bewitched à la demande de M6[16].

  • Colorisation

En 2003, avec la colorisation des deux premières saisons, un important travail de restauration sonore est effectué à partir des bandes magnétiques. Restauration qui ne concerne que ces deux premières saisons, ainsi qu'une poignée d'épisodes couleurs, dont Apprendre à patiner (de la saison 8). Après leur colorisation, dans ces deux premières saisons, la proportion de personnages aux yeux bleus (d'un bleu « des mers du Sud ») est étonnamment élevée, ainsi d'ailleurs que les objets de cette couleur (mobilier, téléphones, vaisselle, automobiles, vêtements…).

Autour de la sérieModifier

  • Dans les deux premières saisons, tournées en noir et blanc, l'entrée de la maison des Stephens est ornée d'un imposant chandelier à sept branches. Il sera remplacé ensuite par un tableau.
  • Presque chaque épisode se termine par un baiser entre Jean-Pierre et Samantha.
  • Le succès de Ma sorcière bien-aimée a poussé NBC, la chaîne concurrente d'ABC, à lancer sa propre série dont le personnage principal serait doté de pouvoirs surnaturels[17]. Ainsi naît en 1965 la série Jinny de mes rêves (I Dream of Jeannie). Il existe de nombreuses points communs entre les deux séries (génériques sous forme animée et musique du même style, personnages centraux (Samantha / Jinny) toutes deux blondes et essayant (l'une sorcière, l'autre génie) de s'adapter à un monde de mortels, partenaires bruns et mortels). Les similitudes se retrouvent jusque dans les décors, puisque les deux séries étaient tournées à Hollywood dans les mêmes studios. Ainsi, la cuisine d'Alfred et Louise Tate dans l'épisode La Cousine hippie (saison 4, épisode 21) est exactement celle du major Nelson dans les épisodes de Jinny de mes rêves. De même, l'extérieur de la maison du major Nelson est identique à celle des Kravitz, les voisins de Samatha. En outre, dans les deux séries, les intrigues découlent souvent de la confrontation entre le monde des mortels et les effets d'un sortilège ou d'un tour mal géré, ce qui n'a rien d'étonnant puisque certains scénaristes ont signé des scripts pour les deux séries, notamment James S. Henerson, Ron Friedman, Peggy Chantler Dick, Douglas Dick et John L. Greene, ce dernier ayant également signé plusieurs épisodes de Mon Martien favori, dont les intrigues sont recyclées pour Ma sorcière bien-aimée et Jinny de mes rêves. Si, pour lancer des sortilèges, Samantha remue son nez, l'héroïne de Jinny de mes rêves cligne des yeux. Se remarque donc un plagiat manifeste de la part des créateurs de la série Jinny. En dépit de ces similitudes, Ma sorcière bien-aimée, demeurée plus célèbre que sa rivale encore aujourd'hui, obtient au moment de sa première diffusion aux États-Unis une audience supérieure. Ainsi, pendant la saison 1965-1966, Ma sorcière bien-aimée se classe en septième position avec 25,9 % de l'audience, alors que la série Jinny de mes rêves occupe la vingt-septième avec 21.8 %[18].
  • Un grand nombre d'Américaines, nées entre 1966 et 1967, sont prénommées « Tabitha » ou « Samantha » en raison de l'immense succès que rencontre la série.
  • Le thème musical et l'univers de la série sont souvent utilisés, encore récemment, dans les années 2000, au cinéma, à la télévision et dans la publicité. Citons par exemple l'utilisation du thème musical pour la promotion des plumeaux de la marque Swiffer () ou en sonnerie du téléphone portable de Nathalie Baye dans le film Passe-passe (dans lequel Édouard Baer est d'ailleurs prestidigitateur).

RécompensesModifier

  • Primetime Emmy Awards 1966 :
    • Emmy Award de la meilleure actrice dans un second rôle pour Alice Pearce (à titre posthume, Alice Pearce étant morte pendant le tournage de la deuxième saison).
    • Emmy Award de la meilleure direction d'acteurs pour William Asher.
  • Primetime Emmy Awards 1968 :
    • Emmy Award de la meilleure actrice dans un second rôle pour Marion Lorne (à titre posthume, Marion Lorne étant morte pendant le tournage de la quatrième saison).

Édition en vidéoModifier

En DVD :

  • L'intégrale de la saison 1 ()
  • L'intégrale de la saison 2 ()
  • L'intégrale de la saison 3 ()
  • L'intégrale de la saison 4 ()
  • L'intégrale de la saison 5 ()
  • L'intégrale de la saison 6 ()
  • L'intégrale de la saison 7 ()
  • L'intégrale de la saison 8 ()
  • L'intégrale de la série ()

Produits dérivésModifier

CinémaModifier

Série téléviséeModifier

Dessin animéModifier

Comic bookModifier

PoupéeModifier

La société américaine Ideal Toy Company sort en 1965 une poupée mannequin de 31 cm représentant Elizabeth Montgomery en Samantha[22].

Dans la culture populaireModifier

Pastiches et mentions à la série dans d’autres œuvres :

Projet de suite pour les 50 ans de la sérieModifier

En 2014, la chaîne NBC déclare la mise en place d'une suite de la série Ma sorcière bien-aimée, devant mettre en avant la petite-fille de Jean-Pierre et Samantha Stephens, Daphné[23], mais finalement le projet n'aboutit pas.

Notes et référencesModifier

  1. « Programme du lundi », Télé-RadioMonde - encart promotionnel CFTM-TV, vol. 26, no 42,‎ , p. 21 (lire en ligne)
  2. « Séries filmées », Ici Radio-Canada, vol. 2, no 36,‎ , p. 10 (lire en ligne)
  3. « Fiche de la série » (version du 28 mai 2010 sur l'Internet Archive), sur Prise 2
  4. « Télévision Belge », sur eLuxemburgensia (consulté le )
  5. « Télé Luxembourg », sur eLuxemburgensia (consulté le )
  6. [vidéo] Irina Tarassov-Villeret : Un jour tout ira bien - On a tout essayé 22/09/2005 sur YouTube11 min 43 s)
  7. « Sol Saks: Creator of Bewitched » [archive du ], sur harpiesbizarre.com
  8. « William Froug: "Dick York was in love with Elizabeth Montgomery, she couldn't stand him" », sur YouTube,
  9. « Catalogue », sur Sabam.be (consulté le ).
  10. « 19 mai 1970, première diffusion de "Aujourd'hui madame" », sur INA (consulté le )
  11. Diffusion de la série en France par Loeki
  12. « Catalogue du dépôt légal », sur Inathèque (consulté le )
  13. « Bulletin semaine 40 sur 6TER », sur M6 Pro (consulté le )
  14. « Bulletin semaine 43 sur 6TER », sur M6 Pro (consulté le )
  15. Emeline Collet, « «Ma sorcière bien aimée», un bonbon bientôt à dévorer en intégralité sur 6play », sur Le Parisien (consulté le )
  16. a et b Christophe Petit, « Dossier Ma sorcière bien-aimée », Génération Séries, no 4,‎ , p. 12 (ISSN 1167-136X)
  17. Herbie J. Pilato, Bewitched Forever, p. 5-6.
  18. Herbie J. Pilato, Bewitched Forever, p. 117.
  19. « Ma sorcière bien-aimée : un nouveau film en préparation », sur Eklecty-City, .
  20. https://www.imdb.com/title/tt0331666/
  21. https://www.bedetheque.com/serie-60449-BD-Bewitched-Dell-1965.html
  22. Kathy Moreau, Poupées Mannequins des années 60, Éditions Dollexpo, , 191 p. (ISBN 2-9517840-0-7), p. 81.
  23. (en) Nellie Andreeva, « "Bewitched" Follow-Up Series Lands At NBC With Pilot Production Commitment », sur Deadline,

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

  • Christian et Éric Cazalot, Ma Sorcière bien-aimée : l'imaginaire au pouvoir, éditions DLM, 1998. (ISBN 2877951189)
  • (en) Herbie J. Pilato, Bewitched Forever, The Summit Publishing Group, Arlington, Texas, 1996. (ISBN 1-56530-225-7)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier