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Maître des Traités de morale

Enlumineur flamand du XVe siècle
Maitre des Traités de morale
Période d'activité
Activité
EnlumineurVoir et modifier les données sur Wikidata
Lieu de travail
Mécène
Influencé par

Le Maître des Traités de morale désigne par convention un enlumineur actif entre 1470 et 1480 à Gand. Il doit son nom à deux traités de morale conservés à la Bibliothèque royale de Belgique à Bruxelles. Il a eu pour principal commanditaire Marguerite d'York, la femme de Charles le Téméraire.

Éléments biographiquesModifier

 
Femme en prière, BRB, Ms.9272-76 f.182r.

Ce nom de convention a été forgé par Frédéric Lyna, d'après les miniatures issues de deux manuscrits de la bibliothèque royale à Bruxelles, qui constituent des recueils de textes de dévotion et de morale (Ms.9030-37 et Ms.9272-76). Ils ont tous les deux été commandés à Gand par Marguerite d'York alors que la duchesse y réside entre 1470 et 1480, au copiste David Aubert, installé à cette époque dans cette même ville. Ces éléments permettent de situer dans le temps et géographiquement l'activité de l'artiste. Otto Pächt a pensé qu'il s'agissait de la première période d'activité du Maître de Marguerite d'York, un autre maître anonyme brugeois, mais cette hypothèse est désormais rejetée. Néanmoins, il existe des points communs stylistiques entre les deux artistes qui peuvent faire penser qu'ils ont été amenés à collaborer. L'influence du style d'Hugo van der Goes est aussi sensible, ce qui conforte cette localisation gantoise. Certains manuscrits semblent contenir le travail de plusieurs mains de qualité variable, ce qui indiquerait qu'il a travaillé avec un atelier[1].

StyleModifier

 
Le passage de la Mer rouge, BRB, Ms.9030-37, f.9r.

Son style se caractérise par des personnages en demi-grisaille, solidement campés et de grande taille mais bien proportionnés. Ils manifestent l'influence de la peinture d'Hugo van der Goes mais aussi de Simon Marmion. L'attention particulière portée aux mains est le signe cette fois-ci de l'influence du Maître de Marguerite d'York. Son style est véritablement original par son usage des couleurs, qui donnent à ses scènes une atmosphère aérienne, lumineuse voire évanescente, grâce à des ciels bleu virant au blanc. Il montre par contre moins d'attention aux détails que les autres enlumineurs de sa ville et utilise des pigments moins coûteux[1],[2].

Œuvres attribuéesModifier

 
Première miniature de l'Apocalypse de Marguerite d'York, Morgan Library, f.10r.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Frédéric Lyna et Christiane Pantens, Les principaux manuscrits à peintures de la bibliothèque royale de Belgique, t. III, Bruxelles, Bibliothèque royale Albert Ier, , 120 pl. et 685 p. (ISBN 9782870930489, lire en ligne), notice 288 et 289
  • Maurits Smeyers, L'Art de la miniature flamande, VIIIe au XVIe siècle, éd. La Renaissance du Livre, Tournai, 1998, 528 p. 978-2804602406, p.376-380
  • (en) Scot McKendrick et Thomas Kren, Illuminating the Renaissance : The Triumph of Flemish Manuscript Painting in Europe, Los Angeles, Getty Publications, , 591 p. (ISBN 978-0-89236-704-7, lire en ligne), p. 158-162 (notices de Thomas Kren)
  • Bernard Bousmanne et Thierry Delcourt (dir.), Miniatures flamandes, Bibliothèque nationale de France/Bibliothèque royale de Belgique, , 464 p. (ISBN 9782717724998), p. 421-424 (notice de Bernard Bousmanne)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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Notes et référencesModifier