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Maître de poste

dirigeant d'un bureau de poste
Ne doit pas être confondu avec Maître général des postes.
Maître de poste
Buerkel-Poststation.jpg
Changement de chevaux au relais de poste - Œuvre de Heinrich Bürkel (1802-1869)

Le maître de poste est une personne, souvent un chevaucheur sédentarisé, qui tient un relais de poste aux chevaux. Il fournit, moyennant certains avantages, des relais aux voitures de l'administration des postes[1]. Il dirige plusieurs personnes autour de lui : domestiques, postillons, valets et lingères.

Sommaire

HistoriqueModifier

Louis XI crée le premier relais de poste (appelé à cette époque la « poste assise ») par l'édit du 19 juin 1464. Cette maison de poste est tenue par un « chevaucheur tenant la poste du roi » (terme qui cède la place à « tenant poste » puis « maître de poste » qui fournit des chevaux aux « chevaucheurs de l'écurie du roi » (appelés aussi « courriers du cabinet »)[2].

En France, au début du XIXe siècle, sous le Premier Empire, il existe près de 1 400 maîtres de poste; 16 000 chevaux sont répartis dans les différents relais.

Dans de nombreux romans, Balzac a fait revivre l’atmosphère des relais de postes dont il nous a donné un tableau véridique.

En Allemagne, le maître de poste est appelé Posthalter[3]. Sa fonction est souvent liée à l’exploitation d’une auberge ce qui, comme dans d’autres États, lui fait profiter des voyageurs de deux façons. On trouve des établissements portant encore l'enseigne "Zur Post", vestige de cette époque.

Brevet de maître de posteModifier

La fonction de maître de poste, qui dans certains pays, avant la création d'une administration centralisée des postes, a existé jusqu'au XIXe siècle, revêt un statut officiel dans de nombreux États. Son statut et ses droits ont varié suivant les pays et les époques.

En FranceModifier

 
Brevet de maître de poste au relais de Nonancourt, département de l'Eure.

Dans la France de l'Ancien Régime et jusqu'en 1873, le maître de poste exerce son activité en vertu d'un brevet que lui délivre l'autorité dont il dépend, le surintendant général des postes au XVIIIe siècle, le directeur général des postes au XIXe siècle. Le maître de poste porte un uniforme à partir de 1786. La charge de maître de poste était achetée. En théorie, le brevet n'est pas négociable[4] mais il n'est pas rare qu'on le monnaye à prix d'argent malgré l'interdiction de l'Administration des postes.

Les maîtres de poste étaient par la suite contrôlés par des inspecteurs appelés les visiteurs des postes[5], qui vérifiaient les registres d'ordre ou l’ensemble des utilisateurs des relais (voyageurs, postillons...). Dans la plupart des cas, le brevet reste au sein du patrimoine familial, et la charge de maître de poste se transmet du père en fils ou de l'époux défunt à la veuve. La possession du titre conférait à son titulaire, dans l'Ancien Régime, de nombreux avantages[6] :

  • le maître de poste est exempt de taille (impôt)
  • il est exempt du logement des gens de guerre
  • il ne dépend pas des tribunaux de droit commun

Ces charges étaient alors supportées par les autres habitants de la paroisse. C'est la raison pour laquelle le maître de poste cristallisait sur lui le ressentiment de ses coparoissiens soumis à la contribution publique[7].

D'habitude le maître de poste, outre sa fonction, avait comme occupation principale celle d’agriculteur, ou plus souvent de cabaretier et d'aubergiste.

Le titre de maître de poste disparait en France en 1873, par suite du développement des chemins de fer et des gares ferroviaires.

Autres paysModifier

AutricheModifier

AllemagneModifier

BelgiqueModifier

Les patentes de poste pour attester de la capacité du maître de poste à exercer sa fonction sont à présent des pièces de collection, à la fois belles et de grandes dimensions, ces patentes permettent de reconstituer l’histoire des régions de Belgique car à chaque changement des frontières européennes les documents étaient signés par d'autres autorités, les territoires belges et liégeois avant l'indépendance de 1830 ayant tour à tour fait partie du Saint-Empire (Cercle de Bourgogne, sauf le pays liégeois) (de 800 à 1792), de la république puis de l'Empire français (1792-1815) et enfin du Royaume uni des Pays-Bas (1815-1830).

Notes et référencesModifier

  1. Les maîtres de poste vous louaient leurs chevaux à raison de vingt centimes le kilomètre (Fargue, Piéton Paris, 1939, p. 28.)
  2. Anne Bonzon, Jean-Yves Grenier, Katia Béguin, Dictionnaire de la France moderne, Hachette Éducation, , p. 201
  3. À ne pas confondre avec Postmeister qui est le maître général des postes.
  4. Désiré Dalloz et Armand Dalloz, Répertoire méthodique et alphabétique de législation, Paris, 1856, vol. 36, p. 44 : "Que les brevets de maître de postes sont personnels, et ne peuvent être cédés qu'avec l'agrément de l'administration (Amiens, 10 janv. 1840)".
  5. Histoire des postes
  6. Pour devenir Maître de Poste il faut avoir une bonne réputation, posséder quelques biens, c’est-à-dire une écurie, des chevaux et le fourrage pour leur nourriture. En résumé, justifier d’une bonne fortune.
  7. Les cahiers de doléances rédigés sous la Révolution en témoignent.

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Patrick Marchand, Le maître de poste et le messager. Une histoire du transport public en France au temps du cheval, 1700-1850, Belin, , 366 p.
  • Louis Trenard, Poste aux chevaux, dans : Dictionnaire du Grand-Siècle, sous la direction de François Bluche, Paris, Fayard, 1990, pp. 1237-1238.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier