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MP 55

ancien matériel roulant du métro de Paris
MP 55
Description de cette image, également commentée ci-après
Face avant d'un MP 55.
Identification
Exploitant(s) RATP
Type métro
Composition 4 voitures
(M-N-AB-M)
Conduite Conducteur
Mise en service de 1956 à 1957
Modernisation 1977
Effectif 0
Retrait 29 janvier 1999
Production totale 17
Affectation Métro de Paris
(M)(11)

Le MP 55 (Metro Pneu Commande de 1955) constitue la première série de rames sur pneumatiques de la Régie autonome des transports parisiens (RATP), après la motrice prototype MP 51.

Ces rames ont circulé de 1956 à 1999 sur la ligne 11 du métro dans une composition à quatre caisses. Elles ont bénéficié d'une modernisation à mi-vie en 1977.

Sommaire

HistoireModifier

 
Maquette du MP 55.
 
Bogie de MP 55.

Après les essais concluants du MP 51 dit la « Grand-mère », premier prototype de métro sur pneumatiques testé sur la voie navette du au [1], la RATP décide lors de son conseil d'administration du la commande de 71 véhicules de seconde génération destinés à équiper une ligne de métro complète, avec des rames de quatre voitures dont trois motrices. Avec sa courte longueur, son tracé tortueux et son profil difficile (rampes de 40 ‰), c'est la ligne 11 qui est choisie pour être équipée la première ; en outre, sa fréquentation assez faible limiterait les inconvénients d'éventuels incidents en ligne[2].

La commande passée le porte sur :

  • trente motrices à la régie Renault, dont vingt avec loge et dix sans loge ;
  • vingt-quatre motrices à Brissonneau et Lotz, dont seize avec loge et huit sans loge ;
  • dix-sept remorques, dont dix commandées à Renault et sept à Brissonneau et Lotz.

Elles étaient numérotées comme suit :

  • M.3001 à M.3036, M.3035 et M.3036 étant des motrices de réserve ;
  • N.3501 à N.3518, N.3518 étant également une motrice de réserve ;
  • AB.5501 à AB.5517.

En 1962, les motrices intermédiaires N.3501 à N.3518 sont renumérotées en N.4001 à N.4018[3].

Dix-sept trains, composés de la manière suivante : M.3001-N.4001-AB.5501-M.3002, ont ainsi circulé en formation à quatre caisses, l'atelier des Lilas où ces rames sont garées étant trop exigu pour accueillir des trains de cinq caisses comme c'est le cas sur les autres lignes.

Après une présentation de la motrice N.3501 sur l'avenue des Champs-Élysées le [2], la première rame est livrée le et mise en service commercial le 8 novembre suivant après un peu plus d'un mois d'essais préliminaires. L'exploitation complète des dix-sept rames a lieu dès octobre 1957. En 1977, une modernisation des rames est mise en œuvre avec un éclairage par bandeaux et des sièges modernes du type MP 73 et une nouvelle livrée bleu roi également de ce type. De manière exceptionnelle, les rames MP 55 sont les seules, avec les MA 51, à ne pas avoir reçu la nouvelle livrée de la RATP (vert jade et blanc) en 1992, car ces dernières étaient alors proches de la réforme. Néanmoins le nouveau logo de la RATP a été apposé en remplacement de l'ancien.

Les motrices de Renault et celles de Brissonneau et Lotz peuvent se distinguer en observant les joints des trois fenêtres des faces avant : les joints des premières sont noirs et fins, ceux des secondes sont crème et plus gros.

En 1982, les voitures M.3028 et N.4014 sont réformées[4]. Avec l'arrivée de nouvelles rames MP 89 sur la ligne 1, qui a provoqué la mutation des rames MP 59 rénovées sur la ligne 4, les rames MP 59 également rénovées de cette dernière ont été à leur tour progressivement mutées sur la ligne 11 pour remplacer les anciennes rames MP 55. La dernière rame (no 5503 en composition M.3001-N.4009-AB.5503-M.3030[4]) est retirée du service le 29 janvier 1999. La dernière rame est décorée, pour son dernier trajet, de drapeaux français et d'un dessin de la rame disant C'est la retraite…[5]. Ce calendrier est mis en œuvre avec plus de 10 ans de retard sur les prévisions du Xe plan de la RATP qui prévoyait la disparition du MP 55 entre 1984 et 1988[6].

Contrairement au Sprague-Thomson, aucune rame complète du MP 55 n'a été préservée. Seules quatre voitures ont été sauvegardées : les voitures AB.5517 et M.3011 sont préservées par la RATP, tandis que la voiture M.3030 est chez un particulier et que la voiture M.3001 se trouve dans le musée Renault à Flins[7].

CaractéristiquesModifier

 
Bogie du MP 59, matériel techniquement très proche, qui a succédé au MP 55 sur la ligne 11.

Les rames MP 55 se composaient de quatre voitures : une motrice avec loge de conduite (M), une motrice sans loge (N), une remorque mixte de 1re et 2de classes (AB) et une motrice avec loge de conduite (M). Les motrices (seconde classe exclusivement) avaient une longueur de 15,40 mètres et les remorques de 14,80 mètres. Les caisses fabriquées en acier comportaient quatre portes de 1,20 m par face à ouverture automatique après actionnement du loqueteau et fermeture automatique. Les rames, à la livraison, adoptent la livrée déjà appliquée au MA 51 et au MP 51 : bleu clair avec filets jaunes pour la seconde classe et jaune avec filets bleu clair pour la première classe.

Les motrices étaient équipées de quatre moteurs de 90 chevaux, fabriqués par Alsthom ou la Compagnie Électro-Mécanique. Les équipements de traction étaient de deux types, à commande électro-pneumatique (CEM) ou à arbres à cames électriques (JH). L'accélération maximale était de 1,30 m·s-2, bridée pour le confort des voyageurs. Le freinage était du type électropneumatique à tambour modérable au serrage et au desserrage[8]. Comme pour le MP 73, ainsi que les MA 51, MP 59, MF 67 de série A et C, les portes intérieures de loge et d’inter-circulation ne comportaient pas à l'origine de fenêtres.

Deux sous-séries, accouplables entre elles, ne différent que par leur mode de suspension : suspension à ressorts (sous-série A) ou suspension pneumatique (sous-série B)[8].

Les rames sont équipées du pilotage automatique de 1965 à 1967, puis du téléphone haute fréquence lié au PCC en 1975[9].

Selon amtuir.org, ces rames ont « néanmoins laissé le souvenir d'un particulier inconfort engendré par les trépidations permanentes du roulement »[5].

CinémaModifier

Dans le film Le Samouraï de Jean-Pierre Melville, réalisé en 1967, Jeff Costello (Alain Delon) emprunte la ligne 11 et ses MP 55 entre Télégraphe et Châtelet - Avenue Victoria lors d'une filature avec la police.

Notes et référencesModifier

  1. Robert 1983, p. 152.
  2. a et b Loïc Fieux, « Le MP 55 s'éclipse », Rail Passion, no 29,‎ , p. 25.
  3. Hardy 1999, p. 71.
  4. a et b Hardy 1999, p. 72.
  5. a et b « Paris - Métro - Châtelet - Ligne 11 - 29/01/1998 », sur www.amtuir.org (consulté le 7 août 2018).
  6. Michel Chlastacz, « RATP 1984-1988 : la fin des grands travaux », La Vie du rail, no 1933,‎ , p. 11.
  7. « Sauvegarde et restauration de matériels roulants », sur le site de l'Ademas (consulté le 15 janvier 2019).
  8. a et b Gabriel Voisin, « Le matériel roulant du métro », La Vie du rail, no 1497 « Le métro a 75 ans »,‎ , p. 16.
  9. Jean Tricoire, Un siècle de métro en 14 lignes. De Bienvenüe à Météor [détail de l’édition], p. 97.

BibliographieModifier

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier