Mémorial de Vimy

mémorial canadien commémorant la Première Guerre mondiale

Le Mémorial national du Canada à Vimy honore la mémoire des soldats canadiens morts en France pendant la Première Guerre mondiale. Le monument est situé sur la crête de Vimy où s'est déroulé la bataille homonyme durant laquelle de nombreux soldats canadiens ont perdu la vie. Sur les 66 000 soldats du corps expéditionnaire canadien, 11 285 ont été portés disparus[2] dont les noms sont inscrits sur le mémorial lui-même. Le site est géré par Anciens Combattants Canada.

Mémorial national du Canada à Vimy
Image dans Infobox.
Mémorial national du Canada à Vimy.
Présentation
Type
Partie de
Parc commémoratif du Canada à Vimy (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Commémore
Créateur
Matériau
Calcaire, crypte en bétonVoir et modifier les données sur Wikidata
Construction
Ouverture
Inauguration
Restauration
Hauteur
27 mètres
Patrimonialité
Site web
Localisation
Pays
Région
Département
Communes
Coordonnées

HistoireModifier

C'est principalement sur le territoire de Givenchy-en-Gohelle et pour partie sur celui des communes voisines de Neuville-Saint-Vaast et Vimy, au sommet de la cote 145, que se trouve le plus important monument canadien aux victimes de la Première Guerre mondiale.

Les événements de 1917Modifier

Il rend hommage au rôle des Canadiens, qui ont gagné sur ces lieux une bataille décisive en 1917, lors de ce conflit, au moyen de figures de pierre symbolisant les valeurs défendues et les sacrifices faits.

Erection du mémorialModifier

Érigée entre 1925 et 1936 sur le site de la bataille de la crête de Vimy, cette œuvre d'art est le fruit du travail d'artistes canadiens, notamment Walter Allward[3]. Le mémorial est inauguré le par le roi Édouard VIII et le président français Albert Lebrun en présence de ministres canadiens et de 30 000 personnes dont six mille anciens combattants canadiens coiffés du béret réséda à feuille d'érable, symbolique de leur nation[3].

Les événements de 1940Modifier

En 1940, un groupe de résistants incendie des véhicules allemands sur la crête de Vimy, au Mémorial de Vimy. Selon l'ancien résistant Auguste Lecœur, l'acte fut perpétré par des résistants polonais, commandés par un mineur de la fosse 4 de Lens, du nom de Zimzag, dit Maguette[4]. Ces résistants polonais, majoritaires au fond dans le bassin minier vont continuer à s'opposer à l'Allemagne nazie, dans les autres commues du Pas-de-Calais[5].

Au printemps de l'année suivante, c'est la commune voisine de Montigny-en-Gohelle, à la fosse 7 de la Compagnie des mines de Dourges, que la grève patriotique des cent mille mineurs du Nord-Pas-de-Calais de mai-juin 1941 a démarré, avec Emilienne Mopty et Michel Brulé (1912-1942), privant les Allemands de 93.000 tonnes de charbon pendant près de 2 semaines[6]. C'est l'un des premiers actes de résistance collective à l'occupation nazie en France et le plus important en nombre, qui se solda par 414 arrestations en 3 vagues, la déportation de 270 personnes[7], 130 mineurs étant par ailleurs fusillés à la Citadelle d'Arras. Après-guerre, la commune est aussi au centre de trois événements nationaux, la "bataille du charbon" (1945-1947), suivie des grève des mineurs de 1947 et celles de 1948.

Célébration du centenaireModifier

Le est célébré le centenaire de la bataille de Vimy en présence du président de la République François Hollande, du Gouverneur général du Canada David Johnston et du premier ministre du Canada Justin Trudeau[8]. Ils furent accompagnés du Prince Charles de Galles et de ses deux fils, William et Harry.

CaractéristiquesModifier

Le monument est constitué de 11 000 tonnes de béton et de 6 000 tonnes de calcaire blanc[3].

Les deux pylônes, représentant le Canada et la France, culminent 27 mètres au-dessus de la base du monument[9]. En raison de l'altitude du site, la figure la plus élevée – l'allégorie de la paix – domine la plaine de Lens d'environ 110 mètres. En s'avançant à l'avant du monument, on peut remarquer une statue de femme voilée, tournée vers l'est, vers l'aube d'un nouveau jour. Elle représente le Canada, une jeune nation, pleurant ses fils tombés au combat. La crête de Vimy est aujourd'hui boisée, chaque arbre a été planté par un Canadien et symbolise le sacrifice d'un soldat. Le monument est construit d'une pierre blanche très rare, la pierre de Seget, choisie par Walter Allward, dont l'unique carrière connue est située sur l'île de Brač, en Croatie. La disparition de l'État fédéral yougoslave en 1990 a permis la réouverture de cette carrière et la restauration en 2007 du monument. Les colonnes sont montées sur une structure en béton.

 
Photo aérienne du mémorial canadien de Vimy.

L'éclatante victoire canadienne à la bataille de la crête de Vimy est un événement fondateur de la Nation canadienne. Le terrain d'assise du mémorial ainsi que la centaine d'hectares qui l'entoure ont été donnés au Canada par la France en , en signe de gratitude pour les sacrifices faits par plus de 66 000 Canadiens au cours de la Grande Guerre et notamment pour la victoire remportée par les troupes canadiennes en conquérant la crête de Vimy au cours du mois d'avril  : le gouvernement français a accordé « au Gouvernement du Canada, gracieusement et pour toujours, le libre usage de la terre, exempte de toute forme de taxe »[10]. C'est le ministère canadien des Anciens Combattants qui est chargé de la gestion du monument. Le mémorial de Vimy a été rénové entre 2005 et 2007[11]. Sa réouverture, par la reine Élisabeth II du Canada, a eu lieu deux jours avant le 90e anniversaire de la bataille, le .

En , la Monnaie royale canadienne émit une pièce de 5 cents en argent pour célébrer le 85e anniversaire de la bataille. Le roman The Stone Carvers (), traduit en français sous le titre Les Amants de pierre (), de l'auteure canadienne Jane Urquhart, a pour thème la construction du mémorial de Vimy. En 2012, la Banque du Canada met en circulation un nouveau billet de polymère de 20 dollars à l'effigie du monument.

De nos jours, le mémorial est un des sites les plus fréquentés du Pas-de-Calais dans le cadre du tourisme de mémoire[3].

Programme de guides étudiants en FranceModifier

Anciens Combattants Canada engage de jeunes étudiants canadiens afin d'assurer les visites guidées sur le site. Les jeunes engagés ont la possibilité de travailler au Mémorial de Vimy ou au Mémorial terre-neuvien de Beaumont-Hamel. Les périodes de travail vont généralement de janvier à avril, de mai à août et de septembre à décembre.

GalerieModifier

Autre lieu de mémoireModifier

AnecdoteModifier

En 1940, un groupe de résistants incendie des véhicules allemands sur la crête de Vimy, au Mémorial de Vimy. Selon l'ancien résistant Auguste Lecœur, l'acte fut perpétré par des résistants polonais, commandés par un mineur de la fosse 4 de Lens, du nom de Zimzag, dit Maguette[4].

Notes et référencesModifier

  1. « Lieu historique national du Canada Crête-de-Vimy », sur Parcs Canada (consulté le ).
  2. Sciences et avenir de mai 2011, p. 26.
  3. a b c et d Françoise Tourbe, « Vimy terre de mémoire », Cent ans de vie dans la région - Tome 2 - 1914-1939 : Martyre et résurrection, La Voix du Nord,‎ , p. 23.
  4. a et b Auguste Lecœur, Le Partisan, 1963 [1].
  5. "La participation des polonais à la Résistance dans le Pas-de-Calais et le Nord (1940-1944)" par J. Zamojski dans la Revue du Nord en 1975 [2]
  6. "Chronique de la grève des mineurs du Nord/Pas-de-Calais (27 mai - 6 juin 1941)" par Etienne Dejonghe, Maître de conférences à l'Université de Lille III et président du Conseil scientifique de l'Association "Mémoire de l'Occupation et de la Résistance en Zone interdite", dans la Revue du Nord en 1987 [3]
  7. « Grève des mineurs du Nord-Pas-de-Calais », Chemins de Mémoire (consulté le )
  8. « Centenaire de la bataille de Vimy : le "Canada est né ici", déclare Trudeau », sur europe1.fr, (consulté le ).
  9. « Les faits en bref : Mémorial national du Canada à Vimy », sur veterans.gc.ca, (consulté le ).
  10. « Conception et construction du Monument commémoratif du Canada à Vimy », sur le site internet des Anciens Combattants du Canada (consulté le ).
  11. « Mémorial national du Canada à Vimy - Introduction », sur veterans.gc.ca, (consulté le ).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier