L’anglicisme média mainstream est un terme utilisé pour désigner collectivement les divers grands médias de masse qui influencent un grand nombre de personnes et qui reflètent et façonnent les courants de pensée dominants[1]. Le terme est utilisé pour contraster avec les médias alternatifs qui peuvent contenir un contenu avec une pensée plus dissidente en contradiction avec les vues dominantes des sources traditionnelles. Les expressions grand média et média traditionnel sont aussi utilisées[2].

Le terme est souvent utilisé pour les grands conglomérats de presse, y compris les journaux et les médias audiovisuels, qui ont subi des fusions successives dans de nombreux pays. La concentration de la propriété des médias a suscité des inquiétudes quant à une homogénéisation des points de vue présentés aux consommateurs de nouvelles. Par conséquent, le terme médias mainstream a été largement utilisé dans les conversations et la blogosphère, parfois dans un sens opposé, péjoratif ou méprisant, dans les discussions sur les médias de masse et leurs partis pris.

Selon le philosophe Noam Chomsky, les médias ayant un public d'élite, telles que CBS News et The New York Times, sont des sociétés prospères disposant des atouts nécessaires pour donner le ton à d'autres agences de presse plus petites, qui manquent de ressources comparables en créant des conversations qui se répercutent en une nouvelle organisations utilisant l'Associated Press et d'autres moyens d'agrégation.

Impartialité des médias grand publicModifier

Selon Business Insider, 64 % des Américains jugent que les informations qu'ils lisent ou dont ils entendent parler sont biaisées[3]. D'après The Berlin School Of Creative Leadership, les journaux d'information tels que le New York Times, le Wall Street Journal, le Washington Post et la BBC sont classés parmi les organes d'information les plus impartiaux[4]. La BBC est jugée digne de confiance par plus de six personnes sur dix, ce qui est très élevé par rapport aux autres médias[5].

Discrédit des médias mainstream et des infoxModifier

Pour l'écrivain et éditeur australien Jeff Sparrow, les infox ont pris une ampleur nouvelle entre le 11 septembre 2001 et l'invasion de l'Irak[6] ; cette période a connu plus d'un million de morts, des déplacements massifs de réfugiés dans le monde, l'apparition de l'État islamique et a coûté plus de mille milliards de dollars. Elle représente, l'« une des plus grandes défaillances de l'histoire des médias américains »[7],[8]. Selon Sparrow, « la plupart des gens ont depuis reconnu le cynisme et la malhonnêteté sans pareils par lesquels l'opération Iraqi Freedom a ainsi été imposée à la nation américaine »[6]. Selon Kamiya, « toutes les branches des médias ont échoué » et « les mensonges […] de l'administration Bush, Blair et des autres pays impliqués n'ont pas été contestés, voire ont été activement promus »[6], et la révélation des mensonges d’État orchestrés par l'administration Bush a entraîné un mouvement de défiance du public à l'égard des médias mainstream, et donc le succès de certains médias alternatifs. Selon Jeff Sparrow, contrairement à ce qui est souvent supposé, les lecteurs ne confondent pas les fake news avec les nouvelles « grand-public ». Selon lui, une partie de l'audience de ces sites conspirationnistes, comme Infowars.com, ne les consulte pas par accident mais précisément parce que ce sont des médias non officiels[6].

Pour Matt Taibbi, si les mensonges qui ont servit à justifier la guerre en Irak ont porté atteinte à la réputation de la presse, l'affaire du Russiagate fini de détruire cette réputation[9],[10],[11]. Pendant des années, cette affaire a fait la une de tous les journaux et une grande partie de cette couverture médiatique par les médias mainstream relève purement et simplement de la théorie du complot. La presse s'est engagée dès le début en faveur d'un récit partisan qui s'est révélé faux[9]. L'ampleur des erreurs et des exagérations éclipse les mensonges de la guerre en Irak. Pire encore, la plupart des journalistes a accepté un changement radical de leur mission : « [ils sont] devenus des partisans de l'arbitraire, oblitérant le concept de la presse en tant qu'institution indépendante dont le rôle premier est de trier la réalité et la fiction »[9].

RéférencesModifier

  1. Chomsky, Noam , "What Makes Mainstream Media Mainstream" , Octobre 1997, Z Magazine , [1]
  2. « Les éditorialistes des grands médias sont-ils massivement pro-Macron ? », sur Marianne, (consulté le 26 mars 2019)
  3. Pat Ralph, Eliza Relman, « These are the most and least biased news outlets in the US, according to Americans », sur Business Insider (consulté le 26 mars 2019)
  4. (en) The Berlin School Of Creative Leadership, « 10 Journalism Brands Where You Find Real Facts Rather Than Alternative Facts », sur Forbes (consulté le 26 mars 2019)
  5. (en-GB) Jasper Jackson, « BBC rated most accurate and reliable TV news, says Ofcom poll », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 26 mars 2019)
  6. a b c et d (en) Jeff Sparrow, « The stench of the Iraq war lingers behind today's preoccupation with fake news », sur the Guardian, (consulté le 8 mars 2018)
  7. (en) « Iraq: Why the media failed », Salon,‎ (lire en ligne, consulté le 8 mars 2018)
  8. (en-US) Michael Calderone, « Iraq War Media Failure Can Happen Again », Huffington Post,‎ (lire en ligne, consulté le 26 mars 2019)
  9. a b et c « It's official: Russiagate is this generation's WMD », sur taibbi.substack.com (consulté le 26 mars 2019)
  10. « Rolling Stone's Taibbi: Russiagate May Have Destroyed Media's Credibility », sur Newsmax, (consulté le 26 mars 2019)
  11. (en) Michael Calderone, « Media stares down 'reckoning' after Mueller report underwhelms », sur POLITICO (consulté le 26 mars 2019)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier