Lysius Salomon

président de la République d'Haïti

Lysius Salomon
Illustration.
Portrait du président Salomon.
Fonctions
Président à vie

(8 ans, 9 mois et 18 jours)
Prédécesseur Pierre Théoma Boisrond-Canal (président de la république)
Successeur François Légitime (président de la république)
Membre du Gouvernement provisoire de la République d'Haïti

(20 jours)
Président Florvil Hyppolite
Secrétaire d’État des Finances, du Commerce et des Relations extérieures

(1 mois)
Président Florvil Hyppolite
Prédécesseur Joseph Lamothe
Successeur Charles Laforesterie
Ministre des Finances, du Commerce, de la Justice, de l'Instruction publique et des Cultes

(17 ans, 11 mois et 1 jour)
Monarque Faustin Ier
Prédécesseur Lui-même (Finances et Commerce)
Jean-Baptiste Francisque (Justice, Instruction publique et Cultes)
Successeur Victorin Plésance (Finances et Commerce)
André Jean Simon (Instruction publique)
Jean-François Acloque (Justice et Cultes)
Secrétaire d’État des Finances et du Commerce

(8 mois et 20 jours)
Président Faustin Soulouque
Prédécesseur Lui-même
Successeur Lui-même
Secrétaire d’État des Finances, du Commerce et des Relations extérieures

(8 mois et 17 jours)
Président Faustin Soulouque
Prédécesseur Alexis Dupuy
Successeur Lui-même (Finances et Commerce)
Louis Dufrene (Relations extérieures)
Biographie
Nom de naissance Louis Étienne Félicité Lysius Salomon
Date de naissance
Lieu de naissance Les Cayes (Haïti)
Date de décès (à 73 ans)
Lieu de décès Paris (France)
Nationalité Haïtien
Conjoints Thulcide Nicolas
Florentine Félicité Potiez
Profession Militaire (général de division)

Lysius Salomon
Présidents de la République d'Haïti

Louis Étienne Félicité Lysius Salomon, dit Lysius Salomon Jeune ( aux Cayes - , dans le 16e arrondissement de Paris au 3, avenue Victor-Hugo), fut président de la république puis président à vie d'Haïti du au . Ministre des finances sous le règne de l'empereur Faustin, Salomon fut écarté de la vie politique après la chute de l'empire en 1859 : en date du , le président Fabre Geffrard signe le décret ordonnant "son bannissement perpétuel du territoire de la République pour lui et son épouse Thulcide Nicolas", et lui confisque en même temps son passeport. Il vivra en exil pendant 18 ans à Saint Thomas (Iles Vierges). En 1879, il revient en politique et devient Président. Durant cette période, il est un président immensément populaire. Son gouvernement composé de 28 individus fait encore figure de référence aux Antilles. Mais Salomon est tout de même un chef d'état autoritaire qui passe parfois pour un dictateur, il se sert également durant sa présidence du culte de la personnalité. Salomon est vénéré par la population. Il finit renversé par une révolution en 1888.


BiographieModifier

Au service de SoulouqueModifier

Secrétaire d'EtatModifier

Lysius Salomon devient en 1848, secrétaire d'état des finances sous la présidence de Faustin Soulouque alors président de la république. Il modernisa les services de l'État, notamment le service postal et fit adhérer Haïti à l'Union postale universelle. Ambitieux, Salomon devient l'un des proches de Soulouque. Mais le président Soulouque est aussi ambitieux que lui. Celui-ci se proclame rapidement Empereur d'Haïti en 1849.

Ministre des FinancesModifier

En 1849, Soulouque devient l'empereur Faustin d'Haïti. Celui-ci règne comme un despote éclairé. En 1851, Salomon toujours aux côtés de l'empereur, devient ministre des finances de l'empire. En 1852, lors du sacre de l'empereur, Salomon figure près de l'empereur qui reçoit la couronne impériale. Salomon a une grande influence sur l'empereur mais aussi sur son chancelier Jean-Pierre Damien de Delva. Mais le , l'empereur est renversé, puis condamné à l'exil. La plupart de ses ministres quittent également le pays ayant des représailles révolutionnaires. Salomon prend le risque de rester à Haïti, il se réfugie tout de même près de la frontière entre Haïti et la République Dominicaine. Mais il tombe rapidement sous le coup du décret du président Fabre Geffrard, daté du , ordonnant le "bannissement perpétuel du territoire de la République pour lui et son épouse née Thulcide Jean Louis Nicolas" et, il est en même temps, privé de son passeport. Il restera ainsi à Saint Thomas, aux Iles Vierges, éloigné de son pays pendant plus de 18 ans, "exil qui a vu mourir son épouse Thulcide Nicolas dans la misère et les douleurs les plus cuisantes". Les citations sont issues du : Procès du général Salomon contre les héritiers de l'ex-Président Fabre Geffrard, publié à Port-au-Prince par l'imprimerie Aug. A. Héraux. pages 2-3 et 48-49. Edition non datée- Le procès a eu lieu le .

Retour en politiqueModifier

Salomon reste dix huit ans sans jouer aucun rôle politique. Durant ces années, il écrit ses mémoires. Le , il est rappelé à la capitale par le président Florvil Hyppolite. Celui-ci lui confie la fonction de secrétaire d'état aux finances. Mais quelques jours plus tard, Salomon profite de la chute du président Florvil pour devenir Président.

PrésidenceModifier

Accession au pouvoirModifier

Le , Salomon devient Président de la République. Arrivé au pouvoir, il établit un gouvernement solide composé de 28 politiciens fidèles au président. Bien qu'il ait été élu, son arrivée au pouvoir passe comme un coup d'état vis-à-vis des sénateurs haïtiens. Au pouvoir, Salomon souhaite neutraliser le Sénat qui avait alors beaucoup d'influence sous la République. Il diminue alors le nombre de sénateurs et nomme un de ses alliés politiques comme Président du Sénat. Salomon est sans doute le premier président autoritaire de la seconde république haïtienne. Salomon devient alors président à vie.

 
Ministres et ambassadeurs autour du président Lysius Salomon.

L'ère SalomonienneModifier

 
Lysius Salomon, vers la fin de sa vie.

L'ère salomonienne fait référence aux nouveautés culturelles et politiques mises en place sous le mandat de Salomon. C'est sous son mandat qu'Haïti commence les premières négociations avec le royaume d'Hawaï. Le roi hawaïen Kalakaua accepte de rencontrer Salomon à Port-au-Prince, mais Salomon refuse de rencontrer un roi qui a osé expulser les Haïtiens exilés à Hawaï. En , Salomon offre aux États-Unis l'île de la Tortue en échange d'une protection militaire, mais le gouvernement américain refuse cette offre. Salomon réclame alors l'île par la force. Les Américains présents sur l'île sont massacrés par la force haïtienne qui reprend le contrôle de l'île. Après cela, le gouvernement américain se méfie de Salomon qu'il considère comme un dictateur. C'est également durant son mandat, que les premiers opéras haïtiens sont bâtis, Haïti devient un pays moderne tandis que Salomon continue de régner comme un dictateur libéral.

La chuteModifier

En 1887, les révoltes secouent le pays et Salomon réprime dans le sang les révoltes. Il se fait alors proclamer « président à vie ». Mais sa proclamation n'est pas reconnue par les sénateurs qui s'opposent à Salomon pour mettre fin à son régime autoritaire. Salomon quitte alors la capitale avec ses troupes pour Pétion-ville où il organise la contre-attaque. À Pétion-ville, les troupes de Salomon se rendent. Salomon est obligé de fuir vers Cuba puis vers l'Europe.

L'exil et la mortModifier

 
Ida Salomon Faubert, écrivaine et fille unique du président Lysius Salomon.

En , Salomon est renversé et son gouvernement autoritaire dissout par la nouvelle présidence. Il s'enfuit à Cuba puis rejoint la France et s'installe à Paris sous la protection du président français Sadi Carnot. Le vieux Salomon s'éteint deux mois plus tard le . Il est enterré au cimetière de Passy.

DescendanceModifier

Ministre des finances, vers 1848, Salomon épouse Thulcide Nicolas avec laquelle il n'a pas d'enfant et elle décédera, lors du bannissement du couple, décrété par le président Geffrard, à Saint-Thomas, aux Iles Vierges (Virgin Islands) vers 1870.

Le il épouse à Kingston (Jamaïque) Florentine Félicité Potiez, avec laquelle il a une fille Gertrude Florentine Félicité Ida, qui deviendra femme de lettres, romancière et poète, l'une des importantes femmes écrivains d'Haïti sous le nom d'Ida Faubert [Faubert étant son nom d'épouse].