Lynda Tabuya

femme politique fidjienne

Lynda Tabuya
Illustration.
Lynda Tabuya en 2014
Fonctions
Whip de l'opposition parlementaire
En fonction depuis le
Prédécesseur Salote Radrodro
Cheffe du Parti démocrate populaire
Députée au Parlement des Fidji
En fonction depuis le
Biographie
Date de naissance
Nationalité fidjienne
Parti politique Parti démocrate populaire (2013-2017)
Parti libéral social-démocrate (depuis 2017)
Enfants cinq[1]
Diplômé de université Bond
université Washington de Saint-Louis
Profession avocate

Lynda Diseru Tabuya[1], née en [2], est une avocate et femme politique fidjienne.

BiographieModifier

Issue de la communauté autochtone fidjienne, elle grandit dans la pauvreté dans un logement de fortune à Wakanisila, dans la province de Kadavu[3],[4]. Chrétienne, elle affirme au journal Fiji Times qu'elle « lit la Bible et prie tous les jours »[1]. Une bourse d'études lui permet d'étudier en Australie[4]. Après une licence de Droit à l'université Bond, elle obtient un diplôme Master of Laws de l'université Washington de Saint-Louis, aux États-Unis[1]. Elle devient avocate dans son pays natal, et enseigne le droit à l'université du Pacifique Sud à Suva. En elle devient présidente de la branche locale de Suva du tout nouveau Parti démocrate populaire (PDP), parti de centre-gauche issu du mouvement syndical et d'une scission avec le Parti travailliste. Elle est limogée de l'université en , celle-ci ayant décidé que son personnel enseignant ne doit pas exercer de responsabilités dans un parti politique[5]. Dans les années 2010, elle est conjointement présidente de Vision Fiji, une organisation non-gouvernementale qui soutient l'alphabétisation d'enfants en difficulté et issus de milieux désavantagés[6],[7].

Elle se présente sans succès aux élections législatives de 2014 sous les couleurs du PDP. Le parti ne remporte aucun siège, ne recueillant que 3,2 % des voix[8]. En , elle est élue cheffe du parti[9]. En décembre, elle établit un accord avec le Parti libéral social-démocrate (Sodelpa), le principal parti d'opposition - conservateur, nationaliste, social-libéral et défendant la suprématie des intérêts de la population autochtone. Cet accord prévoit que le PDP ne présente de candidats aux élections de 2018 que sous l'étiquette du Sodelpa, et ce malgré « la vaste différence dans les politiques des deux partis ». Étant retenue comme candidate du Sodelpa, elle démissionne du PDP[10]. Lynda Tabuya justifie cet accord en faisant valoir qu'il constitue la meilleure manière d'obtenir des élus au Parlement[11].

En , elle lance une collecte de fonds pour les salariés de l'aéroport international de Nadi privés de travail par une grève patronale, contribue à médiatiser leur lutte, et prend part à leur manifestation à Nadi[4]. En avril, elle estime que les enfants des communautés rurales autochtones ont un moins bon accès que la moyenne des élèves à une éducation de qualité, mais souligne que réparer ce déséquilibre ne doit pas se faire « aux dépens de nos frères et sœurs fidjiens d'ascendance indienne »[3]. Fin , la Commission électorale dissout le PDP, pour n'avoir pas transmis à la commission un acompte de ses avoirs[12].

Elle est l'une des avocats de Sitiveni Rabuka, le chef du Sodelpa, lorsque celui-ci est inculpé pour fraude électorale car accusé d'avoir présenté une fausse déclaration de patrimoine. Rabuka est reconnu non coupable par la justice le , ce qui lui permet de poursuivre sa campagne électorale[13]. Durant sa campagne pour le Sodelpa, Lynda Tabuya accuse le gouvernement de Frank Bainimarama de « ne pays donner la priorité aux pauvres de ce pays ou aux travailleurs qui continuent à vivre avec F$2,68 l'heure en 2018. Qui peut vivre avec $100 par semaine » ? Elle promet qu'un gouvernement Sodelpa augmenterait le salaire minimum à F$ 4 par heure[14]. Elle promet également d'être la voix des travailleurs au Parlement[15].

Aux élections de , elle est élue députée, sous l'étiquette du Sodelpa. Elle recueille plus de suffrages, sur le plan national, que tous les candidats sauf quatre (le Premier ministre sortant Frank Bainimarama, Sitiveni Rabuka, le ministre de la Justice Aiyaz Sayed-Khaiyum, et Biman Prasad, le chef du Parti de la fédération nationale). Elle est la femme qui obtient le plus de voix, et devance notamment Ro Teimumu Kepa, ancienne cheffe du Sodelpa[16]. Dans un éditorial juste après l'élection, le journal Fiji Sun, plutôt acquis à la cause du gouvernement, écrit qu'elle a « donné au Sodelpa ce qu'il manquait au parti : une voix pour les femmes, la jeunesse et le libéralisme » (au sens anglophone du terme, c'est-à-dire le progressisme et les libertés individuelles). Le journal estime qu'elle a également accru la popularité du parti en faisant campagne pour les intérêts des ouvriers, et qu'elle serait une « candidate méritante » et probable pour prendre un jour la direction du Sodelpa[17].

Le , les députés du Sodelpa la choisissent pour whip de l'opposition parlementaire[18]. Le , elle est également nommée ministre fantôme des Autorités locales, du Logement et de l'Environnement, ainsi qu'assistante au procureur-général fantôme et au ministre fantôme du Travail, de la Productivité et des Relations sociales, dans le cabinet fantôme du chef de l'Opposition parlementaire, Sitiveni Rabuka[19]. Lors de son premier discours au Parlement, elle indiquer vouloir travailler de manière constructive avec le gouvernement pour améliorer la qualité des logements et les services sanitaires (collecte de déchets) dans les communautés pauvres ; mettre en place les infrastructures et les services nécessaires pour que les personnes handicapées puissent plus aisément se déplacer, avoir accès aux bâtiments et aux services publics ; et augmenter le salaire minimum[4].

En , en assistant à un match de l'équipe fidjienne au Tournoi de Hong Kong de rugby à sept, elle porte une robe consistant en un imprimé de la première page du journal Fiji Times, souhaitant attirer l'attention pour défendre la liberté de la presse dans son pays[20],[21],[22]. En elle brigue sans succès la direction adjointe du parti Sodelpa[23].

RéférencesModifier

  1. a b c et d (en) "Lynda making every moment count", The Fiji Times, 11 septembre 2016
  2. (en) "ANALYSIS: Lenora, 49, Lynda, 45 Talking Points In Politics", The Fiji Sun, 5 février 2018
  3. a et b (en) "Tabuya: What Racism Means", The Fiji Sun, 28 avril 2018
  4. a b c et d (en) "Maiden speech by the Opposition Whip, Lynda Tabuya", The Fiji Times, 30 novembre 2018
  5. (en) "Lynda Remains Positive", The Fiji Sun, 11 mars 2014
  6. (en) "Fiji children's award", gouvernement des Fidji, 18 novembre 2010
  7. (en) "Read to lead-Fiji on the move", Fiji Broadcasting Corporation, 6 juillet 2015
  8. (en) "I Will Stand In 2018 Election: Tabuya", The Fiji Sun, 19 août 2016
  9. (en) "People's Democratic becomes second Fiji political party to appoint a female leader", Australian Broadcasting Corporation, 2 mars 2017
  10. (en) "Tabuya calls for PDP followers to support Sodelpa", Fiji Broadcasting Corporation, 11 décembre 2017
  11. (en) "Fiji political party suspended for 30 days", Radio New Zealand, 28 décembre 2017
  12. (en) "SANEEM DE-REGISTERS PEOPLE’S DEMOCRATIC PARTY", Fiji TV, 1er novembre 2018
  13. (en) "Campaign continues after Rabuka found not guilty", Radio New Zealand, 26 octobre 2018
  14. (en) "Tabuya: Change is already here", The Fiji Times, 4 novembre 2018
  15. (en) "Voice for workers needed in parliament: Tabuya", The Fiji Times, 30 octobre 2018
  16. (en) "FEO concludes results entry, FijiFirst to remain in power", Fiji Broadcasting Corporation, 18 novembre 2018
  17. (en) "EDITORIAL: Lynda Tabuya Strengthens Her Position To Become A Future SODELPA Leader", The Fiji Sun, 16 novembre 2018
  18. (en) "Lynda: I’m Honoured To Be Opposition Whip", Fiji Sun, 22 novembre 2018
  19. (en) "Opposition releases shadow cabinet portfolios", Fiji Broadcasting Corporation, 28 novembre 2018
  20. (en) "One for The Fiji Times – Costume attracts HK 7s attention", Fiji Times, 8 avril 2019
  21. (en) "From Parliament to rugby, national duties continue in the fight for media freedom in Fiji!", Lynda Tabuya sur Twitter, 6 avril 2019
  22. (en) "Lynda Tabuya not flustered", Fiji Sun, 11 avril 2019
  23. (en) "Rabuka's exit from Parliament may spell the beginning of the end for Fiji's SODELPA: Ratuva", Radio New Zealand, 8 décembre 2020