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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Salvayre et Arjona (homonymie).
Lydie Salvayre
Description de cette image, également commentée ci-après
Lydie Salvayre au Salon du Livre de Genève 2019
Nom de naissance Lydie Arjona
Naissance
Distinctions
Prix Hermès du premier roman 1990 (pour La déclaration[1])
Prix Novembre 1997 (pour La Compagnie des spectres [1])
Prix François-Billetdoux 2009 (pour BW[1])
Prix Goncourt 2014[2] (pour Pas pleurer)
Auteur
Langue d’écriture Français

Œuvres principales

Lydie Salvayre, née Lydie Arjona le 5 septembre 1948 à Autainville (Loir-et-Cher), est une écrivaine de langue française. Elle est lauréate du prix Goncourt 2014[2].

Sommaire

BiographieModifier

Enfance dans une communauté espagnole en FranceModifier

Lydie Salvayre naît en 1948 à Autainville d'un couple de républicains espagnols exilés dans le sud de la France depuis la fin de la Guerre civile espagnole. Son père est andalou, sa mère catalane[3]. Elle passe son enfance à Auterive, près de Toulouse, dans le milieu modeste d'une colonie de réfugiés espagnols.

Le français n'est pas sa langue maternelle, langue qu'elle découvre et avec laquelle elle se familiarise par la littérature : « J’ai souvent coutume de dire que les Espagnols qui sont arrivés en France en tant que réfugiés politiques en 39, dans le village d’Auterive, constituaient une île espagnole à l’intérieur de la France. Ils étaient tous persuadés qu’ils partiraient bientôt, quand Franco serait chassé, et qu’ils rentreraient chez eux. [...] Nous étions en Espagne ! Ils étaient en Espagne. Donc j’ai grandi dans une Espagne en France[3]. »

Après son bac, elle suit des études de lettres à l'université Toulouse-Jean-Jaurès, où elle obtient une licence de Lettres modernes, avant de s'inscrire en 1969 à la faculté de médecine. Après avoir obtenu un diplôme de médecine, elle se spécialise en psychiatrie à Marseille, où elle exerce plusieurs années comme psychiatre à la clinique de Bouc-Bel-Air.

Débuts en écritureModifier

Lydie Salvayre commence à écrire à la fin des années 1970 et commence à publier dans des revues littéraires d'Aix-en-Provence et de Marseille au début des années 1980.

Après plusieurs sélections de romans pour des prix littéraires, son œuvre La Compagnie des spectres, en 1997, reçoit le Prix Novembre, puis est élue « Meilleur livre de l'année » par la revue littéraire Lire. Elle obtient également le prix François Billetdoux pour son roman B.W..

Consécration avec Pas pleurer, prix Goncourt 2014Modifier

En 2014, elle écrit son roman Pas pleurer, qui obtient le prix Goncourt. L'écriture de ce roman est motivé par la lecture des Grands cimetières sous la lune, de l'écrivain français Georges Bernanos : « Quand j’ai lu Les Grands cimetières sous la lune, j’ai eu un choc immense, parce que j’y découvrais une Espagne dont j’ignorais à ce point la violence. [...] J’ai écrit la première page de Pas pleurer juste après avoir terminé la lecture des Grands cimetières sous la lune. Je ne suis pas sûre que j’aurais écrit ce livre sans cette lecture. »

Le roman met en parallèle deux voix, celle de Bernanos et celle de Montse, la mère de la romancière. « Je ne voulais aucune hiérarchie possible entre la voix de cet écrivain, impeccable, française, épurée, parfaitement grammaticale, et ce que j’appelle le « fragnol » de ma mère, mélange parfois improbable de catalan et de français[3]. »

Le constat effroyable que dresse Georges Bernanos sur la violence commise à Palma de Majorque résonne ainsi avec le drame familial de Montse et de son frère Josep, à l'aube de la Révolution libertaire de 1936 en Espagne.

Son œuvre est traduite dans une vingtaine de langues.

Une adaptation théâtrale du roman est créée à l'Institut français de Barcelone le 8 février 2019, en présence de l'écrivaine, avec les comédiens Anne Sée et Marc Garcia Coté, dans une mise en scène signée par Anne Monfort[3].

Tout homme est une nuit (2017)Modifier

Au moment même où lui vient la consécration nationale avec la remise du prix Goncourt, Lydie Salvayre apprend qu'elle est atteinte d'un cancer. Cette nouvelle lui inspire notamment Tout homme est une nuit, qui paraît en 2017 : l'histoire d'un jeune homme nommé Anas, aux origines espagnoles, qui apprend qu'il souffre d'un cancer et qui décide de fuir le monde, aussi bien sa compagne que son emploi. Il recherche sur leboncoin.fr un cercueil bio et confortable et s'installe loin, dans un village du Midi, où il se retrouve confronté à une bande de piliers de bar qui ne jurent que par Marine Le Pen et Donald Trump.

Jérôme Garcin décrit ainsi le roman : « Dans ce roman à deux voix, Lydie Salvayre fait se croiser, se frotter, se cogner, jusqu'à un épilogue cynégétique, le journal d'Anas, lecteur du cardinal de Retz et de Bouvard et Pécuchet devant l’Éternel, et le chœur dissonant du Café des Sports. Le miel et le fiel. [...] Preuve du talent féroce de cette femme indignée, qui ne s'accommode pas de la hideur du monde. Pas pleurer, mais toujours vigiler[4]. »

Vie privéeModifier

Lydie Salvayre est en couple avec l'éditeur et écrivain Bernard Wallet, fondateur des éditions Verticales[5]. Elle partage son temps entre un pied-à-terre parisien et une maison au Pin, petit village du Gard[6].

PublicationsModifier

Préfaces
  • 2004 : préface à Femmes dans la guerre, collectif, Paris, Le Félin.
  • 2010 : préface à Les Madones du trottoir : évocation de Sylvain Fourcassié, Cadex.

Théâtre et radioModifier

RéférencesModifier

  1. a b et c Le Goncourt à Lydie Salvayre, le Renaudot à David Foenkinos
  2. a b et c France 24 avec l'AFP, « Lydie Salvayre décroche le prix Goncourt pour son roman "Pas pleurer" », sur france24.com, (consulté le 5 novembre 2014).
  3. a b c et d Pierre Monastier, « Anne Monfort crée “Pas pleurer” de Lydie Salvayre à Barcelone : tout un symbole ! », sur Profession Spectacle,
  4. Jérôme Garcin, « Lydie Salvayre règle ses comptes avec la maladie et la haine », sur Nouvel Obs,
  5. « Lydie Salvayre », sur Éditions verticales (consulté le 10 février 2019)
  6. Estelle Lenartowicz, « Dans le bureau de... Lydie Salvayre », sur L'Express,

Voir aussiModifier

Sur Lydie SalvayreModifier

  • Brigitte Louichon, « Lydie Salvayre : parler au nom d'Olympe », Nouvelles écrivaines : nouvelles voix ?, éditions Rodopi, coll. « Faux titre », 2002.

ArticlesModifier

Liens externesModifier

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