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Lycée Vaugelas

lycée français sis à Chambéry, en Savoie
Lycée Vaugelas
Obélisque et lycée Vaugelas de Chambéry (été 2018).JPG
Entrée d'origine du lycée.
Présentation
Type
Bâtiment scolaire (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Propriétaire
Commune
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Adresse
8 rue Jean Pierre VeyratVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
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Le lycée Vaugelas est un établissement français d’enseignement secondaire et supérieur situé sur la commune de Chambéry dans le département de la Savoie en région Rhône-Alpes.

Il est le premier lycée à voir le jour en Savoie consécutivement à l'annexion de la Savoie à la France en juin 1860.

Sa chapelle attenante fait par ailleurs l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1950 (façade) et d'une inscription partielle depuis 1995 (ensemble).

Sommaire

HistoireModifier

 
La chapelle du lycée, classée et inscrite aux Monuments historiques[1].

Par lettres patentes du 3 octobre 1564, les Jésuites se voient autorisés à établir un collège à Chambéry par le duc de Savoie[2]. Le Collège de Jésuites ouvre en 1566 avec une classe de grammaire (1566), à laquelle succède celle de mathématiques (1573), puis des humanités et rhétorique (1582), puis de philosophie (1604)[2]. Lorsque Victor-Amédée II interdit aux Jésuites d'enseigner en Savoie en 1729, l’établissement devient Collège Royal[3]. Cependant, ces derniers ont maintenu un internat dans leur couvent afin d'attirer les fils de bonnes familles[3]. Le nouveau Collège Royal occupe depuis sa création divers bâtiments chambériens.

En 1792, les Révolutionnaires français envahissent la Savoie et l’annexent à la France. Le collège est fermé durant trois ans. La Convention nationale rouvre l’établissement en 1795 sous le nom d’École Centrale du Mont-Blanc. L’École centrale est fermée en 1803, sous le Consulat. Cependant, elle est remplacée par l’École secondaire communale dès l’année suivante. La municipalité de Chambéry vient en effet d’acheter l’ancien couvent de la Visitation (site actuel du lycée) afin d’installer l’école dans ses locaux.

Au printemps 1805, Napoléon se rend Milan pour ceindre la couronne de fer de roi d’Italie. Au cours de son voyage, il fait escale à Chambéry le 17 avril (27 germinal an XIII) et visite l’école communale. On y compte alors 260 élèves et 7 professeurs. Dans l’espoir de voir le titre de lycée accordé à l’école secondaire, son directeur, Georges-Marie Raymond, fait habiller les pensionnaires en tenue militaire, à l’image des lycéens. Malgré une manœuvre (marche en colonne) commandée par l’empereur lui-même, le statut de l’établissement reste inchangé. En 1810, toutefois, l’école secondaire devient Collège Impérial.

Lors du retour de la Savoie au royaume de Piémont-Sardaigne, en 1815, l’établissement devient Collège Royal et l’enseignement est à nouveau confié aux Jésuites dès 1823. Au collège, 250 internes et 300 externes font alors leurs études. Néanmoins, en 1848, dans le processus de démocratisation qui a suivi la révolution en France, le roi Charles-Albert fait dissoudre à nouveau la Compagnie de Jésus et l’établissement est réorganisé en Collège National.

Le 22 avril 1860, la Savoie est rattachée à la France par plébiscite. L’instruction publique est alors réorganisée dans la région. Par décret du 13 juin 1860, l’ancien Collège National est aboli et remplacé par le Lycée Impérial de Chambéry : c’est la première création d’un lycée dans le Pays de Savoie. La ville est de nouveau propriétaire des locaux. La première rentrée se fait le samedi 3 novembre 1860 pour les 85 internes et le lendemain pour les 224 externes qui viennent assister à la messe du Saint-Esprit ; les premiers cours sont donnés le lundi 5.

En 1870, à la chute de Napoléon III, le Lycée Impérial devient Lycée National. Entre 1889 et 1892, la ville met en œuvre de grands travaux pour le percement de la rue Marcoz. La municipalité en profite pour réaménager les locaux. D’autres travaux suivront, dans les années 1950.

En 1966, avec l’apparition de la mixité scolaire en France, le lycée de garçons de Chambéry devient le lycée Vaugelas : il est baptisé du nom de l’académicien Claude Favre de Vaugelas (1585-1650), fils du président Favre.

 
Portrait de Claude Favre de Vaugelas (1585-1650).

Locaux actuelsModifier

Le couvent de la Visitation fut fondé en 1624 par la mère Jacqueline Favre, la fille du premier président du Sénat de Savoie et sœur de Vaugelas[4]. Les visitandines s’installèrent d’abord au Reclus. Vers 1630, elles déménagent dans les locaux de l’actuel lycée Vaugelas. La chapelle de la Visitation, attenante à leur couvent, est commencée en 1648 et achevée en 1726[4]. À la Révolution, les sœurs sont chassées des locaux et l’État en prend possession. Sous le Consulat, la ville de Chambéry les rachète pour y installer son école secondaire.

Sous la Restauration, les Jésuites, alors responsables du collège, entreprennent la construction du bâtiment de l’Horloge (bâtiment en H). Elle débute en 1827 pour se terminer en 1830. La cour d’honneur cette nouvelle aile devient l’entrée principale de l’établissement. La ville de Chambéry rentre en possession des locaux lors de l’annexion de la Savoie à la France. Par la suite, entre 1889 et 1892, les bâtiments du couvent sont détruits par la municipalité lors du percement de la rue Marcoz, et remplacés par l’aile Marcoz, qui la longe, et le pavillon Minerve, qui relie les nouveaux locaux au bâtiment de l’Horloge. Il porte ce surnom car la déesse du savoir et de l’intelligence apparaît en bas-relief au fronton. La conciergerie ce pavillon, qui donne sur le square Daisay, devient alors l’entrée principale du lycée. De l’ancienne abbaye, seule la chapelle de la Visitation demeure aujourd’hui, avec parfois le surnom de chapelle Vaugelas.

Dans les années 1950, l’aile Marcoz se voit prolongée de constructions le long de la rue Georges-Marie Raymond. Un gymnase y est notamment bâti.

En 1998, le lycée voit construire un restaurant scolaire dans son enceinte. Ce complexe comprend un restaurant self-service et une cafétéria. Inauguré en 1999, il est baptisé Espace Pierre Balmain, ancien élève et grand couturier.

Enfin le conseil régional de Rhône-Alpes a programmé la restructuration du lycée en 2001-2003, et les travaux se sont étalés de 2007 à 2009, déplaçant notamment l'entrée face aux Halles.

EnseignementModifier

Le lycée Vaugelas est un établissement généraliste qui dispense des cours allant de la seconde à la terminale, pour l’obtention des baccalauréats S, ES et L. Récemment, deux filières spécialisées offrent aux élèves de concilier études secondaires et sport ou musique de haut niveau ainsi qu'une section théâtre, "le miroir ouvert", en collaboration avec le groupe "DECEMBRE".

De 1996 à 1997, un pôle de classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) se crée avec l’aménagement de laboratoires de physique, de chimie et de sciences de l’ingénieur. La deuxième phase d’aménagement du pôle se termine en 1998 avec le laboratoire informatique, la salle d’optique et les salles de travail.

Classement du LycéeModifier

En 2015, le lycée se classe 10e sur 12 au niveau départemental en termes de qualité d'enseignement, et 1618e au niveau national[5]. Le classement s'établit sur trois critères : le taux de réussite au bac, la proportion d'élèves de première qui obtient le baccalauréat en ayant fait les deux dernières années de leur scolarité dans l'établissement, et la valeur ajoutée (calculée à partir de l'origine sociale des élèves, de leur âge et de leurs résultats au diplôme national du brevet)[6].

Classements des CPGE selon le magazine l'ÉtudiantModifier

Le classement national des classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) se fait en fonction du taux d'admission des élèves dans les grandes écoles. En 2019, L'Étudiant donnait le classement suivant pour les concours de 2018 :

Filière Taux
d'admission*
Taux moyen
sur 5 ans
Classement
national
Évolution
sur un an
MP / MP* [7] 2,5 % 0,7 % 68ème
sur 126
+
PSI / PSI* [8] 0 % 0,6 % 85ème ex-æquo
sur 120
=
Source : Classement 2019 des prépas - L'Étudiant (Concours de 2018).
* le taux d'admission dépend des grandes écoles retenues par l'étude.
En MPSI et PCSI, 12 et 11 écoles très sélectives ont été retenues ("top 12" et "top 11").

PersonnalitésModifier

EnseignantsModifier

Élèves célèbresModifier

Par ordre chronologique des naissances :

Vie associativeModifier

Le club Yikiya (ex-Club Tiers-Monde) est impliqué depuis plus de trente ans dans un échange avec le Burkina Faso, et plus généralement dans la découverte de nouvelles cultures. Ils ont par exemple accueilli des Inuits dans le cadre d'un film documentaire tourné en Savoie, à Paris et dans le Nunavik (Canada) : Au-delà de leurs rêves.

BibliographieModifier

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. La chapelle sur la Base Mérimée
  2. a et b Jacques Lovie, Histoire des Diocèse de France : Chambéry, Tarentaise, Maurienne, vol. 11, Beauchesne, , 301 p. (ISSN 0336-0539), p. 85.
  3. a et b François Mugnier, Madame de Warens et J.-J. Rousseau : Étude historique et critique, Slatkine, , 444 p., p. 136.
  4. a et b Études réunies et présentées Bernard Dompnier et Dominique Julia, Visitation et visitandines aux XVIIe et XVIIIe siècles, Publications de l’Université de Saint-Étienne, , 603 p. (ISBN 978-2-86272-211-5), p. 218.
  5. Classement départemental et national du lycée
  6. Méthodologie du classement national des lycées français
  7. Classement 2015 des prépas MP
  8. Classement 2015 des prépas PSI
  9. a b c et d Paul Guichonnet, « Louis-Frédéric Ménabréa », Mémoires de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, vol. 7, t. 11,‎ , p. 66 (lire en ligne).
  10. Robert Fritsch, Camille Costa de Beauregard : fondateur de l'Œuvre des Jeunes du Bocage à Chambéry, 1841-1910 : chronique d'une œuvre dans la Savoie du XIXe siècle, La Fontaine de Siloé, , 371 p. (ISBN 978-2-84206-066-4), p. 14.
  11. Général Paul-Émile Bordeaux, « Le Général de Montfalcon (1767-1845) », Mémoires et documents publiés par la Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, t. 69,‎ , p. 177-195 (lire en ligne).
  12. Jean Baud et Jean Bertolino, Bellevue sur Chambéry, La Fontaine de Siloé, , 242 p. (ISBN 978-2-84206-394-8), p. 151.
  13. Revue savoisienne, Académie florimontane, Volume 145, 2005, p.132.
  14. Pauline Dreyfus, Robert Badinter l'épreuve de la justice, Éditions Toucan, , 368 p. (ISBN 978-2-81000-408-9).
  15. Who’s Who in France : Dictionnaire biographique de personnalités françaises vivant en France et à l’étranger, et de personnalités étrangères résidant en France, 48e édition pour 2017 éditée en 2016, 2367 p., 31 cm (ISBN 978-2-85784-058-9), notice « Viout, Jean-Olivier ».