Louise Colet

écrivaine, poétesse française

Louise Colet, nom d'usage de Louise Révoil, née le à Aix-en-Provence et morte le à Paris 5e, est une poétesse et femme de lettres française.

Louise Colet
Louise Colet.jpg
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 65 ans)
Paris 5e
Sépulture
Nom de naissance
Louise Révoil
Nationalité
Activités
Parentèle
Pierre Révoil (beau-frère et cousin au deuxième degré)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Domaine
Distinction

BiographieModifier

Louise Révoil[n 1] naît le à l'hôtel d'Antoine d'Aix-en-Provence[1], car l'aile est du bâtiment abrite alors l'administration des Postes dont son père[2] est directeur.

Louise Révoil épouse le à Mouriès Hippolyte-Raymond Colet[3], un musicographe et compositeur, professeur de composition au Conservatoire de musique de Paris, en partie afin d'échapper à la vie provinciale et de résider à Paris.

À son arrivée à Paris, en 1835, Louise Colet commence à publier ses poèmes et obtient bientôt le prix de l’Académie française d'un montant de deux mille francs, le premier de quatre prix de l’Académie qu’elle obtiendra. Dans son salon littéraire du no 2 rue Bréda[n 2] elle a fréquenté nombre de ses contemporains du monde littéraire parisien, tels que Victor Hugo, Musset, Vigny, Baudelaire, ainsi que de nombreux peintres et des politiciens[4].

 
Portrait de Louise Colet avec sa fille Henriette en 1842, par Adèle Grasset.

En 1840, elle met au monde sa fille Henriette, mais ni son mari Hippolyte Colet, ni son amant Victor Cousin n’acceptent d’en reconnaître la paternité. Le journaliste Alphonse Karr révèle dans un pamphlet la liaison adultère. Furieuse, Louise Colet l'agresse avec un couteau de cuisine qu'elle lui plante dans le dos. Karr s'en tire avec une égratignure, et avec élégance renonce à porter plainte au grand soulagement de Victor Cousin[5]. Il se contente de mettre le couteau dont elle avait voulu le frapper sur une étagère avec cette inscription « Donné par Madame Louise Colet (Dans le dos) »[6].

La peintre Adèle Grasset réalise en 1842 un portrait de Louise Colet et sa fille Henriette conservé au musée Granet d'Aix-en-Provence.

Elle devient ensuite la maîtresse de Gustave Flaubert, alors encore inconnu du public[4], d'Alfred de Vigny, d’Alfred de Musset et d’Abel Villemain.

En 1844, Louise Colet publie une traduction des Œuvres choisies de Tommaso Campanella. Dans les années 1840 et 1850, ses œuvres sont plusieurs fois couronnées par de nombreux prix littéraires prestigieux, notamment le Prix de l'Académie française.

Après la mort de son mari à Paris, le , Louise Colet et sa fille subsistent grâce à ses écrits et à l'aide de Victor Cousin.

Louise Colet affiche ouvertement son engagement aux côtés des fouriéristes, dont plusieurs adhérents de cette doctrine fréquentent son salon, comme le poète Leconte de Lisle et elle publie, en 1852, un ouvrage sur La colonie agricole et pénitentiaire de Mettray, créée en 1839. La peintre Fanny Chéron qui fréquentait le salon de Louise Colet avec son père Amédée bibliophile, fait le portrait de Juliette âgée de douze ans[7].

Morte le à son domicile parisien de la rue des Écoles[8], revenant de Verneuil où elle était allée passer quelques jours[6], Louise Colet est inhumée à Verneuil-sur-Avre[9], où résidait sa fille[10].

PostéritéModifier

Bien que jouissant d'une célébrité personnelle et d'un succès littéraire certains à son époque, l’œuvre de Louise Colet a connu un certain déclin au cours du XXe siècle, absente de la plupart des manuels d'histoire littéraire[4]. Sa rupture difficile avec Gustave Flaubert à partir de 1856 pourrait y être pour quelque chose, celui-ci ayant dès lors dénigré fermement l’œuvre de son ancienne maîtresse, que d'autres comme Victor Hugo acclamaient[4]. On note cependant un certain regain d'intérêt, à l'aube du XXIe siècle, pour cette œuvre et ce personnage original, avec notamment des rééditions de certains de ses romans comme Un drame dans la rue de Rivoli et Une Histoire de soldat aux éditions Archipoche[4].

Le , le conseil municipal de Grenoble décide l'appellation d'un nouveau square dans le quartier Vigny Musset du nom de Louise Colet[11].

Œuvres principalesModifier

  • Fleurs du midi, .
  • Penserosa,
  • Le musée de Versailles, (Prix de l'Académie française)
  • La Jeunesse de Goethe,
  • Les Funérailles de Napoléon,
  • La Jeunesse de Mirabeau, .
  • Les Cœurs brisés,
  • Le Monument de Molière, (prix de l'Académie Française)
  • Deux femmes célèbres, Madame du Châtelet et Madame Hoffmann-Tanska, Paris, Pétion, (lire en ligne).
  • Enfances célèbres, Paris, Hachette, 1856.
  • La Colonie de Mettray, (prix de l'Académie Française)
  • L’Acropole d’Athènes, (prix de l'Académie Française)
  • Une histoire de soldat, .
  • Un drame dans la rue de Rivoli, .
  • Lui, .
  • L'Italie des Italiens, 4 volumes, .
  • Les Derniers Marquis suivi de Deux mois aux Pyrénées, .

TraductionModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Les documents d'état civil orthographient ce nom Revoil. Les patronymes que l'on peut parfois trouver, « Révoil de Servannes » et « Révoil de Servanes », ne semblent reposer sur aucune source fiable.
  2. Sa maison faisait l'angle de la rue Neuve-Saint-Georges (rue Notre-Dame-de-Lorette) et de la rue Neuve-Bréda (rue Clauzel).

RéférencesModifier

  1. L'acte de naissance de Louise Revoil (consultable en ligne sur le site des Archives et bibliothèque départementales Gaston Defferre) est daté du 17 août 1810. L'écriture des actes dans les registres d'état-civil étant toujours strictement chronologique, et cet acte de naissance se trouvant intercalé entre les actes du 15 et du 17 septembre, l'officier d'état-civil a commis une erreur de rédaction sur le mois, Louise Colet est donc née au mois de septembre.
  2. Son père, Antoine Révoil, fils de commerçants lyonnais, devenu directeur des Postes, sous la Révolution, à Aix-en-Provence, a épousé Henriette Leblanc, héritière du château de Servanes situé à Mouriès, au pied de l'Oppidum des Caisses de Jean-Jean. Ils auront 6 enfants dont la benjamine est Louise. Le peintre Pierre Révoil est à la fois le cousin germain du père de Louise, ainsi que le propre beau-frère de Louise, quand il épouse sa sœur aînée Joséphine Révoil. Voir Joseph S. Jackson, « Louise Colet et ses amis littéraires », Yale Romanic Studies, vol. XV,‎ (lire en ligne, consulté le 7 juillet 2020).
  3. Mairie de Mouriès, Acte de mariage no 12, sur Archives et bibliothèque départementales Gaston Defferre, (consulté le 8 juillet 2020), vue 10.
  4. a b c d et e Thierry Poyet, « Relire Louise Colet, évidemment ! », sur salon-litteraire.com, .
  5. Anne Boquel et Étienne Kern, Une histoire des haines d'écrivains de Chateaubriand à Proust, Flammarion, 2010, p. 160-161.
  6. a et b « À travers Paris », Le Figaro, no 70,‎ (lire en ligne, consulté le 7 juillet 2020).
  7. « Hippolyte Colet : (1808-1851) », sur Musica et Memoria (consulté le 7 juillet 2020).
  8. Paris Archives, « 1876 , Décès , 05 : fiche 29/31 », .
  9. Voir Correspondance de Flaubert, la Pléiade.
  10. « Informations », Le XIXe siècle, vol. 6, no 1555,‎ (lire en ligne, consulté le 7 juillet 2020).
  11. Site de Grenoble, 1 h 50 min/6 h 04 min

BibliographieModifier

IconographieModifier

  • Le musée Calvet d'Avignon possède un fonds Louise Colet, dont un médaillon en bronze de Franz Woltreck (1800-1847), un autre médaillon en bronze d’Hippolyte Ferrat, réplique de celui de la tombe de son époux au cimetière de Montmartre, Paris.

Liens externesModifier

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