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Louis de Salgues de Lescure

général français

BiographieModifier

OrigineModifier

Il naquit de Marie-Louis-Joseph de Lescure et de Jeanne de Durfort de Civrac (fille de Aimeric Joseph de Durfort-Civrac). La famille de Lescure est originaire de la terre de Lescure en Albigeois, où l'on voyait encore avant la Révolution française son château sur les bords du Tarn.

Au commencement du XVIIIe siècle, un abbé de Lescure, évêque de Luçon, attira près de lui son neveu, qui épousa mademoiselle de Surgères ; le fils de celui-ci se maria aussi en Poitou et fut tué à la bataille de Plaisance[Laquelle ?][Quand ?], étant encore fort jeune. Son fils, père de l'illustre chef de la Vendée mourut en 1784 ; c'était un homme fort dissipé, qui laissa sa fortune en grand désordre (il avait dilapidé toute sa fortune au jeu).

Issu d'une famille désargentée, Louis Marie de Lescure réussit toutefois un beau mariage en épousant en 1791 sa cousine Victoire de Donissan. Il était le cousin de Henri de La Rochejaquelein, autre héros de la Guerre de Vendée.

Avant la Révolution françaiseModifier

Il fut élève de l'École militaire. En entrant dans le monde à l'âge de seize ans, il y parut bien différent de ce qu'étaient alors les jeunes gens de son rang et de son état. Il était gauche, timide et taciturne ; il vivait, pour ainsi dire, isolé au milieu d'une société brillante, frivole et animée : sa piété était grande et presque austère, sans nulle ostentation ; ce qui était le contraire de la mode de ce temps-là : aussi le mérite de son caractère et l'étendue de son savoir étaient-ils fort méconnus. On le trouvait bizarre et sauvage, ses manières et jusqu'à sa toilette le faisaient taxer d'une singularité qu'on lui pardonnait cependant à cause de son inaltérable douceur et de la bienveillance qu'il mettait dans toutes ses relations ; seulement on regrettait qu'un homme de sa naissance et dans sa position, fait, comme on disait alors, pour aller à tout, s'écartât de la route qui menait au succès.

Il obtint, peu de temps avant la Révolution française, une compagnie de cavalerie dans le régiment de Royal-Piémont.

Pendant la Révolution françaiseModifier

Aux débuts de la Révolution, ce jeune officier, au goût très prononcé pour les études, parlant trois langues et d'une très grande culture, n'est pas tout à fait hostile aux idées nouvelles.

Déjà, à cette époque, l'émigration a débuté. Cependant, Lescure et beaucoup de nobles du bas-Poitou restent dans la région. Cependant, après la fuite manquée de Varennes, il émigre, pour une courte durée, en juin 1791. À son retour, engagé dans la garde royale, il participe à la défense des Tuileries, lors de la Journée du 10 août 1792. Retiré dans son château de Clisson (commune de Boismé), en Poitou, il accueille nombre de ses parents et amis qui fuient Paris.

Bientôt les paysans du Poitou, déjà blessés dans leur foi religieuse, doivent partir à l'armée, recrutés lors de la levée en masse. Leur refus entraîne leur révolte ; se rapprochant des nobles, les paysans des environs de Châtillon se rendent à Clisson, chez Lescure, chercher la Rochejaquelein, son cousin, propriétaire dans une de leurs paroisses.

L'engagement royalisteModifier

Il n'hésita point sur le parti qu'il devait prendre, et M. de Lescure l'y encouragea. M. de la Rochejaquelein se rendit vers Châtillon ; mais les paysans des environs de Clisson ayant commencé par se soumettre, M. de Lescure, qui ne pouvait s'éloigner du canton où son influence devait être utile, resta exposé aux poursuites des autorités républicaines : il fut, avec toute sa famille, emmené en prison à Bressuire. Quoiqu'il fût vénéré des habitants de cette bourgade, et que les principaux d'entre eux n'eussent d'autre désir que de le sauver, ce fut presque par miracle qu'il échappa aux violences des soldats accourus en hâte pour combattre les insurgés. Au bout de quelques jours, il fut délivré par l'armée vendéenne qui s'empara de Bressuire. Dès lors, il fut compté parmi les premiers chefs de cette armée, à laquelle se joignirent les paysans de son canton. Il prit la part la plus active aux travaux et aux dangers de cette vaste insurrection.

La VendéeModifier

Lorsque le triomphe de la Révolution fut décidé, il alla organiser la première insurrection vendéenne. Dès le début du soulèvement de la Vendée, et à la demande de ses paysans, il se met à la tête de l'insurrection.

Dès les premiers jours, il étonna les Vendéens par son intrépidité, en se précipitant le premier, et seul, sur un pont barricadé et gardé par les troupes républicaines devant Thouars (25 mai 1793). À Fontenay (16 mai 1793), il entra aussi dans la ville sans que personne osât d'abord le suivre, tant il était pressé d'aller délivrer des prisonniers vendéens qui y étaient enfermés. À Saumur dont il s'empare, il fut blessé ; enfin, en toute affaire, nul ne fut plus empressé et plus dévoué que lui. Au combat de Torfou, qui fut le dernier succès des Vendéens sur la rive gauche de la Loire, et où leurs efforts héroïques parvinrent à repousser pour quelques jours les troupes aguerries du général Kléber, on vit M. de Lescure mettre pied à terre et crier aux paysans découragés : «Y a-t-il quatre cents hommes assez braves pour venir périr avec moi? - Oui, monsieur le marquis !» répondirent les gens de la paroisse des Echaubrognes ; et, à leur tête, il se maintint pendant deux heures. Après l'attaque infructueuse de Nantes (29 juin 1793) qui marque un tournant dans la guerre de Vendée, il s'installe à Bussières où il tente en vain de rassembler les troupes dispersées de l'Armée catholique et royale.

 
Le Général Lescure blessé passe la Loire à Saint-Florent, peinture de Jules Girardet, 1882.
Musée Birkenhead.

La Virée de GalerneModifier

Chassé de son quartier général par le général François-Joseph Westermann, il prend sa revanche à Tiffauges. Blessé grièvement, atteint d'une balle à la tête, à la bataille de La Tremblaye, il est porté agonisant par ses hommes, tout au long de la retraite de l'armée vendéenne après le désastre de la bataille de Cholet (la Virée de Galerne), emmenant avec elle la population fugitive.

Bien que blessé, Lescure aide encore de ses conseils l'état-major vendéen, contribuant à faire nommer la Rochejaquelein chef de l'armée. Après le passage de la Loire, il suit la marche pénible des Vendéens à travers l'Anjou et la Bretagne.

 
Calvaire Les Besnardières

Il séjourne à l'hôtel de Montfrand à Laval, soigné par son chirurgien Louis-Jean-Baptiste-Étienne Baguenier Desormeaux.

 
Calvaire Les Besnardières - détail

Les Mémoires de sa veuve évoquent longuement sa mort. Celui qu'on appelait le "Saint du Poitou" meurt le 4 novembre 1793 dans la voiture au lieu-dit "Les Besnardières" près de La Pellerine sur la route entre Ernée et Fougères. Son beau-père, le général Guy Joseph de Donnissan, le fait enterrer dans un lieu resté inconnu, sans doute afin d'éviter la profanation de sa sépulture.

Sa veuve, l'ayant suivi dans la Vendée, acquiert plus tard une grande célébrité, sous le nom de Madame de La Rochejaquelein, du nom de son nouveau mari Jean de La Rochejaquelein, frère de Henri, autre héros de la Guerre de Vendée. Elle a publié ses Mémoires au début de la Restauration.

Regards contemporainsModifier

« Il unissait à une admirable piété une grande bravoure, ce qui faisait que, tout en s'exposant avec intrépidité, il évitait toujours de verser du sang. Il portait souvent pendu à son côté un grand sabre remarquable par son ancienneté. Ses pistolets étaient rarement chargés. S'il poursuivait les fuyards, il les excitait à fuir promptement, pour éviter d'être tués. Personne n'était plus humain. Il a sauvé infiniment de prisonniers de la mort. S'il donnait son avis, c'était toujours par de bon motif ; mais on lui reprochait la chaleur avec laquelle il soutenait son opinion dans le conseil, ce qui peut quelquefois entraîner autant que la solidité des raisons[1]. »

— Comtesse de La Bouëre, Mémoires.

IconographieModifier

Une médaille anonyme à l'effigie de Lescure a été réalisée à la Monnaie des médailles dans le cadre de la série dite "Galerie de la fidélité" en 1824. Un exemplaire en est conservé au musée Carnavalet (ND 0346).

Notes et référencesModifier

  1. Étienne Aubrée, Le général de Lescure, librairie académique Perrin, , p.40.

Source partielleModifier

Liens externesModifier