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Louis Rose, né à La Férée (Ardennes), le , décédé en 1851 est un militaire français de l'armée napoléonienne. Il émigre en Amérique et combat au sein des troupes de James Bowie contre les troupes mexicaines. Il aurait combattu ou tenté de rejoindre les troupes américaines à l'intérieur de Fort Alamo. Il meurt en Louisiane à l'âge de 66 ans.

Sommaire

Parcours militaire françaisModifier

Il est le fils de Pierre Ro(z/s)e, employé dans la ferme du Roi, au poste de la Férée, et de Marie Henaux[1].

Combattant dans l'armée française pendant l'Empire, Il sert dans les campagnes de Naples, du Portugal, de l’Espagne, ainsi qu’en Russie. En 1814, le jeune Louis Rose (29 ans), devenu lieutenant et aide de camp auprès du général Jacques de Monfort, reçoit la Légion d’honneur pour son parcours militaire[2].

Émigration au TexasModifier

Après la défaite de Napoléon, il émigre en Amérique et est installé au Texas, à Nacogdoches, vers 1827. Il y travaille dans une scierie et devient messager entre Nacogdoches et Natchitoches (Louisiane). Le Texas est alors une partie de l'État mexicain de Coahuila y Texas. Un grand nombre de colons provenant des États-Unis s'y sont établis et y sont devenus majoritaires. La remise en cause d'une partie de leurs avantages provoque en 1835 leur révolte contre le gouvernement mexicain.

Louis Rose rejoint la rébellion, et en particulier des aventuriers réunis autour de James Bowie, lui-même lié au flibustier français Jean Lafitte. À 51 ans, Louis Rose fait figure d’ancien parmi ces colons Américains dont certains ne sont encore que des adolescents. Ils le surnomment Moses (Moïse).

Fort Alamo et les légendes associées à ce combatModifier

 
Fort Alamo.

Le 5 mars 1836, un commandant texan, William Travis, qui a repris trois mois plus tôt le fort Alamo aux mains des Mexicains avec l'aide de James Bowie et de ses hommes, trace selon la légende une ligne au sol, avec son sabre, pour donner le choix à chacun de rester ou de partir. En forte infériorité numérique, il sait que la position ne peut être tenue longtemps et que ses soldats sont condamnés. Les Mexicains ne feront pas de quartier, d'autant que les défenseurs sont considérés comme des flibustiers. Toujours selon la légende, les hommes décidés à combattre doivent passer la ligne et un seul homme ne le fait pas : Louis Rose. L'ancien grognard de Napoléon n’est pas prêt à mourir.

Depuis 1927, le revolver de l’Ardennais Louis "Moïse" Rose fait partie de la collection du musée d’Alamo. Mais le départ de Louis Rose est-il avéré ou est-ce une légende de plus ? Il n'est pas sûr, en fait, qu'un Français ait figuré dans les défenseurs de ce camp. Son nom n'est trouvé sur aucune des feuilles d'appel de la troupe américaine. Une des survivantes d'Alamo, Susanne Dickinson, a témoigné en 1853 puis en 1857 que le seul homme dénommé “Rose” qu'elle ait connu à Alamo était James Rose, qui accompagnait Davy Crockett et qui est mort lors des combats[3]. L'historien Thomas Ricks Lindley fait l'hypothèse que Louis Rose, dit Moïse, avait l'intention de se battre à Alamo et qu'il ait tenté avec d'autres volontaires de renforcer la troupe à l'intérieur du fort, mais qu'il ait été empêché par les Mexicains[4]. Ayant retrouvé ensuite quelques survivants, il aurait recueilli leurs récits sur cette bataille et les aurait relayés.

Louis Rose ouvre un commerce à Nacogdoches peu de temps après. En 1842, il gagne Logansport en Louisiane. Il y décède en 1851. Il ne s’est pas marié et n’a pas de descendance connue. Son frère, Isaac Rose, a eu par contre sept fils.

Quelques exploitations ultérieures de ces récitsModifier

Le combat de Fort Alamo représente un moment majeur de l'histoire des États-Unis.

En 1952, le film Le déserteur de Fort Alamo, avec Glenn Ford, s'appuie en partie sur la légende de Louis Rose, mais le personnage interprété par Glenn Ford n'est pas un lâche. Il est tiré au sort pour s'échapper d'Alamo et protéger les familles des défenseurs. L'intrigue du film a été critiquée par certains groupes traditionalistes texans.

Quand Jacques Chirac s’est prononcé contre la guerre en Irak, l'histoire de Louis Rose a resurgi à nouveau, mise en avant par certains comme un exemple de la lâcheté française[5]. Au delà de la difficulté à comprendre la part de légende et la part de vérité historique, c’est oublier le parcours de Louis Rose dans l'armée napoléonienne et son engagement volontaire, malgré son âge, auprès des amis de James Bowie.

Bande DessinéeModifier

L'histoire du “lâche" Louis Rose et du siège de Fort Alamo ont fait l'objet de deux adaptations en BD :
Alamo

T1 : En première ligne, Scénario de Dobbs (scénariste BD) / Dessins de Fabio Pezzi et Darko Perović (couleurs Simon Quemener), collection 1800, Soleil Productions, 2011

T2 : Une aube rouge, Scénario de Dobbs (scénariste BD) / Dessins de Darko Perović (couleurs Simon Quemener), collection 1800, Soleil Productions, 2012

Moses Rose

T1 : La balade de l'Alamo, Scénario de Patrice Ordas & Patrick Cothias / Dessins Christelle Galland (couleurs Morgann Tanco), collection Grand Angle, Bamboo Éditions, 2015

RéférencesModifier

  1. Acte de baptême en ligne, image 473 des registres 1692-1792, sur le site des Archives départementales des Ardennes
  2. Fiche de Louis Roze dans la base Leonore
  3. Wallace O. Chariton, Exploring the Alamo Legends, Dallas, 1990,, p. 179.
  4. Thomas Ricks Lindley, Alamo Traces: New Evidence and New Conclusions, Lanham, 2003, p. 227.
  5. Nathalie Diot, journal L'Union, 26 février 2008

SourcesModifier

  • Wallace O. Chariton, Exploring the Alamo Legends, Dallas, 1990, (ISBN 9781556222559)
  • Thomas Ricks Lindley, Alamo Traces: New Evidence and New Conclusions, Lanham, 2003, (ISBN 1556229836)

Liens externesModifier